MER MORTE
4uit par Teffet de la sécheresse de Fair et de la chaleur intense reflétée par les rochers qui bordent ses rives. Les montagnes du rivage occidental sont formées par des terrains appartenant à Fépoque crétacée, auxquels sont mêlées des couches de bitume liquide ou durci et des couches de sel gemme. Toute la chaîne répand une odeur très prononcée de bitume, mais c'est à tort qu'on a parlé d'une odeur de soufre. Le rivage oriental qui a été particulièrement exploré par les voyageurs modernes (Hartet, le compagnon du duc de Luynes et Otton Kersten) appartient à l'époque du grès, qui forme le pied delà montagne ; plus loin on trouve du basalte, surtout du côté du nordest. Des formations géologiques plus récentes proviennent de terrains d'alluvion ou diluviens, parmi lesquels se distingue d'une manière particulière le coteau qui. s'étend sur la langue de terre de Hisân. Ce coteau a été formé, d'après les géologues, par des déclivités de terrains amenées à une époque très ancienne jusque sur les bords de la mer. Ce terrain est un mélange de gypse et d'argile fortement imprégné de sel. Le lac est peu profond de ce côté-ci (10 mètres au plus), tandis qu'au milieu sa profondeur est de 350 mètres. Le poids ^éciflque de l'eau (et par suite les parties de sel qu'elle renfer^ie) varie d'après la position géographique du lieu et la profondeur du lac. Au milieu l'eau n'a que 3 à 4 parties de sel h sa surface ; à une plus grande profondeur il y en a jusqu'à 27 parties. Les sels dissous -sont des bromites et des chlorites, c'est-à-dire du chlore et du brome, combinés avec le kalium, le calcium, le sodium, le magnium« Des eaux mères pareilles qui sont le produit d'une longue concentration, dueà l'évaporation, tuent nécessairement toute vie organique. Aussi ne trouve-tron dans la mer Morte ni coraux, ni mollusques ; des poissons de mer même qu'on y a mis meurent immédiatement, à plus forte raison les poissons d'eau douce qu'amène le Jourdain. Par contre il est absolument faux qu'aucun oiseau ne passe par dessus la mer Morte et qu'il n'existe sur ses bords aucun être vivant. Bien au contraire, partout où jaillissent des sources, il se développe une végétation des plus luxuriantes. — Dans les temps anciens les bords de la mer Morte étaient habités, comme le prouvent les ruines nombreuses qu'on y trouve ; du temps de Josèphe et même encore à répoque des croisades les eaux étaient sillonnées par des bateaux nombreux. Aujourd'hui on n'y trouve plus auprès des sources et des pâturages que quelques familles de Bédouins qui fournissent Jérusalem de sel et font le commerce de bitume. Pour aller de la mer Morte à Jérusalem, on passe par le couvent de Marsaba, fondé au cinquième siècle. De là on atteint sans difficultés les hauteurs qui dominent la mer et on y jouit d'une vue admirable sur cette grande nappe d'eau et les hauteurs voisines du pays de Moab. Le chemin par Jéricho au contraire conduit par un désert affreux et c'est lui qui, en grande partie, a donné naissance à cette opinion erronée qui.regarde le séjour sur les bords de la mer Morte comme particulièrement dangereux pour la santé. — Sources: Lynch, Voyages; Ritter; Die Sinat-Halbtnsel^ Pakestma und Syrien^ Berlin, 4848-55; Robinson, Païjestina^ Halle,