MER MORTE — MER ROUGE
1841-42 ; Robinson, Physische Géographie des ïieiligen Lnndes, Leipzig*, 1865 ; Tobler, Zwei Bûcher Topographie von Jérusalem, Berlin, 1853 ; Layard, Voyages ; Porter, Handbook, London, 1868. Ë. Sgherdlin.
HER ROUGE (îam sûph; IpOp&OoXacaa). Le nom hébreu de la mer Rouge (mer de roseau) provient des roseaux {fucus) qui croissaient en grand nombre sur ses bords ; le nom mer Rouge a une origine douteuse. D'après les uns, il proviendrait de la couleur rouge que donnent aux eaux les feuilles d'une espèce de fucus ; selon d'autres, il serait dû au roi Erythras (c'est-à-dire le roux) qui vivait dans les temps héroïques. Les anciens désignaient par mer Rouge la mer située entre la côte orientale de l'Afrique et l'Inde alors connue, c'est-à-dire aussi le golfe Persique; ce qui porte aujourd'hui ce nom, s'appelait dans l'antiquité le golfe arabique. Il n'y a guère qu'un siècle qu'on a commencé à explorer les bords de la mer Rouge et on ne la connaît bien que depuis une cinquantaine d'années. Elle s'étend depuis le détroit de Bab-el-Mandeb (large de six lieues seule*ment) entre des parois de rochers abrupts, entrecoupées çà et là par des vallées et bordées, du côté de l'Arabie, par une large bande de terre avancée, du sud vers le nord-ouest, avec une largeur variable de cinquante à quatre -vingt lieues et présente une longueur de près de trois cents milles. Vers le nord elle se divise en deux golfes qui entourent la presqu'île du Sinaï : le golfe élanitique, peu étendu, étroit, mais extrêmement profond et le golfe de Suez ou d'Hierapolis,. sensiblement plus grand, mais moins profond. A cause de la configuration défavorable des côtes, des bancs de sables, des îles et des bas fonds, la navigation est extrêmement dangereuse sur la mer Rouge et la chaleur y est intolérable. — Ce qui toutefois importe spécialement pour l'étude de la Bible, ce sont les deux golfes, dont l'un, le golfe élanitique, a été le point de départ des voyages maritimes entrepris sous Salomon vers Ophir et de la malheureuse expédition faite sous Josaphat (voir les articles Josaphat et Ophir), et dont l'autre, à l'ouest, a été le témoin du passage des Israélites et de la destruction de l'armée qui les poursuivait. Il faut écarter tout d'abord l'hypothèse d'après laquelle les Israélites auraient traversé, non la mer Rouge, mais le lac Sirbonis, car elle est en contradiction flagrante avec les données bibliques. Nous ne saurions admettre non plus l'hypothèse de Hitzig, d'après lequel l'endroit où passèrent les Israélites serait situé à trois journées de marche au nord de Suez^ tout près de la barre qui sépare le lac Ballâh du lac des Crocodiles (Birket Timsâh). Sans doute la mer Rouge s'étendait autrefois bien plus au nord des lacs Amers, mais les études géologiques de Fraas et de Schleiden ont prouvé que cela remonte à une époque préhistorique. C'est pourquoi nous nous rangeons à l'opinion générale qui cherche le passage des Israélites dans les parages mêmes de Suez. Toutefois la détermination exacte de l'endroit précis présentera, à notre avis, toujours des difficultés considérables, à cause des changements de terrain survenus depuis. D'ailleurs cette détermination n'a d'importance que pour un point spécial. Comment le salut