MER ROUGE — MERCATOR
d'Israël, voulu par Dieu, a-tril pu être facilité par des facteurs naturels ? Ici la narration biblique tout autant que le chant d'actions de grâces nous indiquent comme un pareil facteur le vent violent d*est •qui, après avoir soufflé pendant toute la nuit, chassa les eaux et mit à sec le fond de la mer (Exod. XIV, 21 ; XV, 8) ; et cet autre vent d'ouest qui ramena rapidement les eaux dans leur lit primitif (XV, 10 ; XIV, 27). Que le flux et le reflux aient joué un certain rôle dans ce passage merveilleux, on ne le saurait nier. Dans la mer Rouge ces deux mouvements se font sentir jusque dans les plus petits recoins, mais c'est surtout à Suez que Teau monte et baisse rapidement, grâce surtout à l'influence du vent. Pendant que la difi'érence de niveau de l'eau n'est que de trois pieds dans les circonstances ordinaires, elle peut être de neuf, voire même de onze pieds quand soufflent d'avril en novembre lèvent de nord-nord-ouest, ou celui du nordest. — Quant à l'endroit où passèrent les Israélites, les uns le cherchent au nord, les autres au sud de Suez. Si l'on admet la première hypothèse, on ne saurait songer qu'aux bas-fonds qui, au moment du reflux, sont desséchés de telle sorte que l'eau qui reste peut être traversée à gué ; la distance entre les deux rives est de huit kilomètres, parce qu'il faut passer en biais à cause des rapports de terrain. Plus au sud de l'embouchure du Wadi Tawarîk, où la largeur de la mer est de vingt kilomètres, on ne comprendrait plus la direction du vent indiquée dans le récit biblique et certainement le passage ne s'est pas efi'ectué dans cette direction. Mais même de Suez à Ajûn Mûsa, où d'après la tradition les Israélites chantèrent leur Te Deum (Exod. XV), on ne saurait, même au moment du plus bas reflux, passer à gué sans être obligé de recourir à la nage ou de profiter du gué que nous venons d'indiquer. Au nord de Suez se trouve, tout près de quatre îles sablonneuses, un autre gué, qu'on passe fréquemment au moment du reflux; mais le passage est toujours dangereux pour quiconque ne connaît pas exactement la conformation du terrain, quoique le bras de mer n'ait que deux kilomètres de large. Il importe de savoir par quel gué passèrent les Israélites, car le terrain n'est plus aujourd'hui le même qu'autrefois. Quant à la question de savoir si le temps du reflux (6 à 7 heures) était suffisant pour permettre à tout le peuple de passer, elle n'offre qu'un médiocre intérêt, parce que nous ne savons pas quelle était la largeur du bras de mer, ni celle du gué mis à sec par le vent. Le fait du passage est indubitable et trouve ses analogies dans l'histoire profane. Ën'tout cas si l'on reconnaissait dans les circonstances extérieures qui facilitèrent ce passage la puissante intervention de Dieu, Israël devait voir dans cet événement par lequel il échappa au joug de la servitude un fait digne d'être conservé dans le souvenir reconnaissant des générations futures. Aussi sont-ce les conséquences de cette délivrance que célèbrent les chants d'Israël à toutes les périodes de son histoire, et surtout dans ce recueil éternellement jeune qui s'appelle le Psautier. EUG. SCHERDUN.
MERCATOR (Marius), écrivain ecclésiastique du cinquième siècle.