MERCIER
bre- d'ouvrages de grammaire et de lexicographie hébraïques, entre autres une nouvelle édition du Dictionnaire hébraïque de Santés Pagnin. — Voyez la Nouvelle Biographie générale où se trouve le catalogue complet des ouvrages de Mercier.
MERGDQl(Josias), sieur des Bordes et de Grigny, critique savant et modeste, avait hérité de la science et de la pénétration de son père, que ses nombreux et importants commentaires sur la Bible avaient conduit au protestantisme. Après sa mort, Josias fût rebaptisé à Saint-Sulpice, le 29 octobre 1572, mais n'en devint pas moins un zélé protestant. Les édits de pacification rendus pendant les guerres de religion, et la déclaration de Henri IV concernant la reddition de Paris, avaient relégué Fexercice du culte réformé à dix lieues de la ville. Cependant il fut toléré au Louvre jusqu'au départ de Catherine de Bourbon, sœur du roi pour la Lorraine. Ce départ eut lieu au printemps de 1599 ; en mai Texercice fut mis à Grigny, canton de Longjumeau, arrondissement dé Corbeil (Seine-etrOise), à cinq lieues de Paris, dans le château de Josias Mercier, et y resta six mois, au bout desquels il fut transféré à Ablon-sur-Seine (novembre), moins éloigné d'une lieue. Les prédicateurs de Grigny étaient au nombre de trois: Antoine de la Faye, François de Lobéran de Montigny et Pierre du Moulin. Il fallut planter deux potences, l'une en place de Grève et l'autre à la Toumelle, destinées au supplice de quiconque outragerait de fait ou de paroles les protestants qui se rendaient à Grigny, et cette menace ne suffit pas toujours à empêcher les désordres excités par le capucin frère Ange de Joyeuse. En 1601, les Eglises de l'Ile-de-France, assemblées en synode à Jargeau, envoyèrent Josias Mercier à l'assemblée politique de Sainte-Foy, qui le nomma secrétaire et ensuite député général auprès du roi. Il assista aussi aux assemblées de Ghàtellerault (1605), Saumur (1611) et Grenoble (1615), qui lui confièrent plusieurs missions importantes. Après quoi il rentra dans la vie privée et se consacra à des travaux littéraires dont il n'a publié qu'un petit nombre. Il mourut en 1626. Ce fut lui qui, le 4 mai 1604, acheta le jardin de Joachim Meurier, pour remédier à l'insuffisance du cimetière Saint-Germain ou Saint-Père, ancien cimetière des pestiférés, qui ne pouvait contenir qu'une douzaine de corps, et dont les protestants étaient en possession depuis 1576. Ce cimetière est représenté aujourd'hui par le petit jardin qui fait l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue des Saint-Pères, et où nous avons aperçu des ossements lors de la plantation des marronniers. Le nouveau cimetière Saint-Germain ou Saint-Père était situé un peu plus bas, à main gauche en descendant la rue des Saints-Pères, sur remplacement de la maison qui porte le numéro 30. Il faut citer parmi les personnes qui y furent inhumées: le pasteur de la Faye (1609), le peintre Jacob Brunel (1614), le teinturier Alexandre Gobelin (1619), Odet de la Noue, fils de la Noue Bras-de-fer (1625), l'architecte du Luxembourg, Salomon de Brosse (1626), le professeur arminien Tilenus (1633), Marie Grotius, fille du célèbre écrivain condamné à la détention perpétuelle, pour cause d'arminianismè (1635), l'illustre
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Saumaise, gendre de Josias Mercier (1641), et le véritable fondatear de rAcadémie française, Yalentin Gonrart. A la révocation de Tédit de Nantes, ce cimetière fut confisqué au profit des religieux de la Charité. — Voir La France prou ; U BuUet. de la Soc. d'hist. du prot. » 2* série, I, 467. 0. Douen.
MÉRIADEG (Saint). La Bretagne péninsulaire, qui compte prèsqu'autant de saints que Tlrlande, avoué un véritable culte à Termite saint Mériadec, sous l'invocation duquel elle a placé beaucoup de chapelles. Il faut avouer cependant que nous ne connaissons que bien peu de choses sur ce saint. Né vers 605, il mourut en 666 avec le titre d'évèque de Vannes. La légende lui attribue des guérisons sans nombre et des miracles, et nous le montre renonçant aux splendeurs de la cour du duc Judicael et à Tamitié du roi Dagobert pour se consacrer à la prédication de TEvangile et terminer ses jours comme ermite auprès de Pontivy au sein des austérités les plus rigoureuses. — Sources : Acta SS., juin, II, 36; Lobineau, Histoire des Saints de Bretagne.
JS&SBky nom de Fendroit où Moïse, dans le pèlerinage des Israélites par le désert arabique, fit jaillir de Teau d'un rocher. Le peuple ayant murmuré à cause du manque d'eau, ce lieu fut appelé Massàh ou Meribâh, Tcetpacfxbc xai XotMp7)(7ic (Exode XYII, 1 ss.). La même dénomination doit, selon Nombres XX, 13, avoir été donnée à un endroit près de Kadesch, où Moïse aurait aussi fait jaillir de l'eau d'un rocher. La plupart des commentateurs estiment que c'est le même fait qui a été rapporté deux fois par une tradition, incertaine de la localité où il se serait passé.
HÉBIGHON (Jehan) est le premier par ordre de dates de cette chaîne d'historiens de La Rochelle qui se continue par Amos Barbot, Baudoin, Bruneau, de la Haize, Jacques Merlin, Colin, Mervault, Reveau, Philippe Vincent, Tessereau, Masse, Jaillot, Arcère, Dupont, Daniel Massiou, Callot, Jourdan, Cholet, Rainguet, Grasilier et se termine à Léopold Délayant qui a fait revivre le souvenir de ses devanciers en imprimant à l'histoire de La Rochelle sa physionomie définitive puisée aux sources vives qui seules font les œuvres durables. Jean Mérichon, sieur d'Uré, La Gort, le Breuil Bertin, les Halles, né à La Rochelle au commencement du quinzième siècle, marié à Marie de Parthenay-Soubise, cinq fois maire de la Rochelle en 1443, 1457, 1460, 1463, 1468, conseiller et maître des requêtes du roi Louis XI, bailli d'Aunis, magistrat vigilant, actif, courageux, doit le titre de premier historien de La Rochelle au précieux manuscrit connu sous le nom de La Paterne et dont le titre complet est : « En ce présent livre sont contenuz les noms et seumoms de tous les maires et recteurs de la communité de ceste ville de La Rochelle, depuis la fondation et institucion d'icelle et lesquelx ^nt esté icy rédigez par écrit et extraiz des anbiens livres et cartulaires de ceste ville en mémoire perpétuelle, par noble homme et saige maistre Jehan Mérichon, seigneur d'Uré, Lagort et le Breuil Bertin, conseiller du Roy et baillif d'Aulnis, en sa quinte mairie, mil quatre cens sesante et huyt. »
MÉRICHON — MÉRITE ^
Mérichon mourut vers 1498 et ce ne fut qu'en 1863 (Jue M. L. Délayant fit revivre la mémoire de celui qu'il se plait à appeler Fabius Pictor en publiant ses études sur les Historiens de La Rochelle lues à la Société littéraire de 1833 à 1860. Une attaque d'apoplelie vient d'enlever le dernier historien de La Rochelle à l'âge de soixantetreize ans, le 34 juin 1879. L. db Richbmond.
HteUB. Les théologiens catholiques définissent le mérite, la bonté morale et surnaturelle de nos actions, et le droit qu'elles nous donnent à une récompense de la part de Dieu. Ils concèdent que nous ne pouvons avoir aucun droit à l'égard de Dieu qu'autant qu'il a bien voulu nous l'accorder par une promesse qu'il nous a faite ; mais ils estiment que, comme il est de la justice de Dieu d'accomplir exactement ses promesses, on peut sans abuser du terme, nommer droit l'espérance bien fondée dans laquelle nous sommes d'obtenir ce que Dieu nous a promis, si nous remplissons les conditions qu'il nous a prescrites. Ces mêmes théologiens distinguent le mérite de condignité, meritum de condigno, et le mérite de congruité ou de convenance merUum de congrue ; ils disent que le premier a lieu, lorsqu'il y a une juste proportion entre la valeur de l'action et la récompense qui y est attachée ; que, quand cette proportion ne se trouve pas, l'action ne peut avoir qu'un mérite de congruité. Ou bien encore, ils soutiennent que le mérite de condignité est fondé sur une promesse formelle de Dieu, au lieu que le mérite de congruité n'est appuyé que sur la confiance à la bonté divine. Dans le premier cas, la récompense est un acte de justice; dans le second, c'est ane pure grâce et un trait de miséricorde. Pour établir cette doctrine, ils se fondent sur des passages de l'Ecriture, tels que Exode I, 20; Ruth 1,8; Esaïe I, 16; Daniel XXIV, 4; Ecclésiastique, 15; Matth., V, 12; Luc, XX, 35; Actes X, 1 ss.; Rom. II, 6; IV, 4 ; VIII, 18 ; 1 Cor. II, 9 ; 2 Tim. IV, 7 ; Jacq. II, 25 ; Apoc. III, 4. — Pour le mérite de condignité, les théologiens catholiques exigent plusieurs conditions. Il faut : 1*^ que l'homme soit juste ou en état de grâce sanctifiante ; 2* qu'il soit encore vivant sur la terre, car le mérite n'a plus lieu après la mort ; 3" que son action soit libre, exempte de toute nécessité ; 4° qu'elle soit moralement bonne et vertueuse ; 5* qu'elle soit rapportée à Dieu et à une fin surnaturelle, et faite avec le secours de la grâce actuelle ; 6o qu'il y ait de la part de Dieu une promesse formelle de récompenser cette action. De là, ils concluent que l'homme ne peut mériter en aucune manière la première grâce actuelle ; autrement elle serait la récompense d'actions faites sans son secours, d'actions purement naturelles : ce qui est l'opinion des pélagiens et des semipélagiens. Il ne peut pas mériter non plus de condigno la première grâce habituelle ou sanctifiante, puisque celle-ci est absolument nécessaire pour le mérite de condignité ; il peut cependant la mériter de congnwy aussi bien que le don de la foi, par le moyen des bonnes œuvres faites avec le secours de la grâce divine. — Cette doctrine du mérite des bonnes œuvres se développa de bonne heure au sein de l'Eglise catholique. Nous la trouvons