DOUEX
MERLIN (Jacques), fils du précédent, pasteur de T Eglise réformée de La Rochelle, né à Alençon, le 5 février 1566, décédé à La Rochelle., vers 1620. D'une piété profonde, d'un mérite réel, d'une rare prudence, il reçut, dans toutes les circonstances, des témoignages de confiance et d'estime de ses coreligionnaires. Son père le confia à un précepteur nommé Gabriel, et lui faisait, tout jeune, résumer ce qu'il avait entendu an prêche. Obligé de quitter La Rochelle à la suite de l'amiral, Pierre Merlin se rendit à Paris, où sa femme et son fils ne purent le rejoindre qu'au prix de mille dangers, en raison des troubles. Le plus grand de tous les périls les attendait à Paris. « Deux jours après (notre arrivée), écrit Jacques Merlin, fut cet horrible massacre qui esteignit presque l'Eglise, duquel toutefois mon père, qui étoit en la chambre de M. l'amiral, fut délivré par une grâce de Dieu spéciale, comme aussi ma mère et moi, qui étions logés en la rue de Grenelle, vis-à-vis d'un petit hôpital de femmes veuves, chez un tailleur nommé maître Pierre. Certains gentilshommes de la suite de M. de la Châtre qui étoient logés près de nous, sauvèrent ma mère et moi, et nous ayant gardés une nuit, le lendemain nous menèrent en un jardin, tout au bout du faubourg SaintrHonoré, et nous laissèrent en garde à une femme âgée, concierge du logis et du jardin. De là environ le midi, ils firent conduire ma mère à l'hôtel de l'An, chez M"* la duchesse de Ferrare, me laissant entre les mains de ladite femme, en espérance que madite mère me renvoierait bientôt quérir après, ce qu'elle fit dès le jour, mais la femme ne me voulut rendre, disant qu'il lui falloit cinq cents écus. Le lendemain elle envoya de rechef avec quelque argent : mais encore ne voulut-elle me rendre, menaçant de me donner à un Italien, escuyer de la grande escuyerie du Roy, si on ne lui bailloit quelque bonne somme d'argent. De sorte qu'il fallut prier les gentilshommes qui nous avoient mis là-dedans de m'aller retirer de ses mains, ce qu'ils firent, faisant entendre à ma mère que pour me ravoir ils avoient baillé dix écus. Ainsi je fus rendu sain et sauf à mon père et à ma mère, le mercredi après le massacre. Vray est que cette femme me fit apprendre VAve Maria et me fit baiser les idoles, ce que mon père et ma mère m'ont souvent depuis reproché : et le vendredy suivant, M"" la duchesse de Ferrare nous ayant tous fait mettre en un coche, nous emmena avec soy à
Montargis, où nous arrivasmes le dernier Jour d'aousl, ayant été conduits par une escorte de gens de cheval qu'avoit baillés M. de Guise, petit-fils de .madite dame. Je demeuray là jusques au jnois d'avril suivant, pendant lequel temps mon père me fît lire la plus grande partie du Vieil et du Nouveau Testament, me faisant surtout rendre rayson de Thistoire, comme du nom et du nombre des rois de Juda ei d'Israël. » Le jeune Merlin Qt ses études à Genève, puis à Berne et à Zurich, et, dans cette dernière ville, il fut élevé aux frais du comte de Laval. Ses humanités achevées, il entra à l'Académie comme étudiant en théologie, et il y resta jusqu'en 1582, époque à laquelle son père le fit venir auprès de lui. En 1586, il prit ses grades à Oxford, et en 1589 fut appelé par l'Elglise de La Rochelle. II reçut l'imposition des mains du pasteur Odet de Nort en 1590. Pendant un ministère de plus de trente années à La Rochelle, il acquit une légitime réputation comme orateur chrétien. Ses talents, la pureté et la simplicité de ses mœurs, le lustre que son mérite personnel empruntait au souvenir des honorables services de son père et de son aïeul lui valurent une grande considération. Député à plusieurs synodes provinciaux, en 1598 au synode national de Montpellier , en 1601 à l'assemblée politique de Sainte-Foy^ en 1607 au synode national de La Rochelle, il fut nommé modérateur-adjoint et appelé à la chacge de modérateur en 1609 au synode national de Saint-Maixent. Fils pieux autant que pasteur zélé, il entreprit plusieurs fois de dangereux voyages pour aller consacrer quelques jours à son père et à sa mère qu'il chérissait. A la mort de son père, il ramena avec lui sa mère à La Rochelle. Jacques Merlin a laissé deux journaux ou diaires manuscrits, cités avec éloges par le père Arcère et utilisés dans soii\Histoire de La Rochelle et du pays d*Aunis, Le premier : Namance et courslde la vie de moy Jacques Merlin^ qui suis par la grâce de Dieu^ ministre de sa Parole^ contient un.joumal exact et fidèle de sa vie et a été publié par le pasteur A. Grottet en 1855. L'éditeur a omis un passage qui faisait l'objet d'un renvoi et n'était pas à son ordre chronologique. M. Délayant a rétabli ce passage dans ses Historiens Rochelais, p. 94 et 95. Le second, apprécié par M. Délayant dans l'ouvrage précité, est intitulé : Diaire ou Recueil des choses les plus mémorables qui se sont passées en cette ville {de La Rochelle) du 3 novembre 1589;au 2ô juillet 1620. L'autographe (n** 3204) se compose de 568 pages, d'une écriture souvent fort difficile, dit M. Dunan (n"* 3206), où il y a]beaucoup de mots et même des phrases entières qui sont indéchiffrables (n* 3205). La bibliothèque, outre cet original, en possède une copie. On y a rétabli l'ordre chronologique; mais on y a omis plusieurs passages, comme hostiles à l'Eglise catholique, dont quelques-uns sont loin d'être insignifiants, entre autres les divers mémoires concernant l'église réformée et le collège de La Rochelle. Il est vrai que le père Jaillot les a copiés dans le manuscrit n° 3182, à la suite de V Histoire de la réforma^ lion du pasteur Philippe Vincent, et dans le manuscrit n* 3185. La copie n"* 3205 a été reproduite par l'abbé Cholet. — Le grand diaire vient d'être publié dans le cinquième volume des Archives historiques de la
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Saintonge et de VAunis, 1878, p. 63 à 380, sans le contrôle du comité de publication. Bien que roratorien Arcëre n*ait fait aucune réserve à cet endroit, Téditeur a cru devoir faire remarquer que « Merlin, protestant, a employé, à Tégard des catholiques et de leur culte, certaines expressions méprisantes, et a lancé quelques insinuations qui sentent le préjugé et l'hostilité. » Il a cru devoir supprimer: i* tous les faits généraux de l'histoire de France, quand ils ne se rapportaient pas à rhistoire locale (la controverse du Du Plessis Mornay avec le cardinal Du Perron a ainsi été omise) ; 2* certains détails de famille, comme les maladies de Fauteur; 3* certaines anecdotes grivoises (les désordres de mœurs constatés dans les couvents des deux sexes par la police municipale) ; 4^ les discours de Merlin à ses concitoyens, qui ne sont, pour la plupart du temps, qu'une reproduction délayée du texte qui les précède (les lettres inédites de Sully, de Du Plessis Mornay, de La Milletière, ont eu le même sort, ainsi que les pièces de vers, comme VAve Maria des jésuites à la reine mère, qui couraient chez les réformés, et les Œufs de Pâques de Merlin auprédicateur de Sainte- Marguerite) . Les mémoires concernant TEglise réformée de La Rochelle ,. supprimés par la copie n^ 3205, ont été rétablis dans l'imprimé. Ils offrent un grand intérêt historique. M. L. Délayant signale comme les passages les plus intéressants du diaire : le récit de la lutte des pasteurs contre le corps municipal pour défendre leurs privilèges (1591); celui de la résistance que rencontrent à La Rochelle l'acceptation et la publication de l'Ëdit de Nantes (1599), imprimé par D. Massion» Délayant et Dunan ; celui du procès de Saint- Vivien et de Ghollet de la Maillotière (1609) ; celui de l'émotion de La Rochelle à la mort de Henri IV (1610); le récit des dix années qui préparèrent et amenèrent enfin l'assemblée de 1620. Cette narration très vivante montre l'abaissement du corps de ville de La Rochelle et que l'indépendance de la commune ne pouvait survivre aux dissensions intérieures qui en appelaient sans cesse à un arbitre trop puissant. « Le siège de 16S^, ajoute M. Délayant, a été la forme dramatique et terrible de cette ruine ; mais, ce siège n'eûtr il pas eu lieu, cette ruine était inévitable. » — Jacques Merlin a publié les sermons de son père, Pierre Merlin, et les passages propres à la controverse qui terminent l'édition de la Bible imprimée à La Rochelle par Hartmann, en 1616, en exécution de la décision du synode de Saint-Maixent. D'un premier mariage, le 19 avril 1591, avec Elisabeth Rivette, J. Merlin eut huit enfants. Charlotte Merlin, veuve de Matthieu Meschinet, fut marraine, avec Michel Meschinet, de Marie, fille de Jacques Meschinet, sieur de Richemond^ avocat en la cour présidiale de Saintes, et de Renée Merlin, laquelle Marie fut baptisée à Saintes, le 22 septembre 1624, par le pasteur
RoSSel. L. DE RlCHEMOND.
HÉROÉ. Voyez Saba.
MÉROM (Jos. XI, 5 ss.), lac situé dans une large et haute vallée au nord de la Palestine. Il est traversé par le Jourdain qui prend sa source à 3 lieues en amont. D'après Josèphe (Amt^., 5, 5,1 ; De belle jud,, 3,9. 7 ; 4, 1. 1), qui lui donne le nom de 2i\urm>n'^^^ ou SafAocd^ÎTic
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XfivTi, il a 60 stades de long sur 30 de large, nourrit beaucoup de poissons, mais n'a d'eau qu'en hiver, une eau trouble et malsaine, tandis qu'en été il ne forme plus (ju'un marécage dans lequel croissent pêle-mêle des roseaux, des lis sauvages et d'autres plantes aquatiques, qui servent de repaire aux bêtes fauves. Les Arabes l'appellent aujourd'hui Bahhrat el Hhoutch, c'est-à-dire lac de la vallée. — •Voyez Rosenmûller, Bibl.Alferlh,,}!, 1, 175; Burckhardl, iîew«, II, 353: Reland, Pulœsiina, p. 261 ss.
HÉSA. Voyez Monb,
MÉSGHEG, nom d'un peuple qui se trouve rangé Gen. X, 2 parmi les Japhélites, et Ezéch. XXVII. 13, comme faisant le commerce avec Tyr et soumis à Gog (Ez. XXXVIII, 2 ss.; XXXIX, 1). Dans plusieurs passages Méschec est joint à Thubal et placé dans le voisinage de TAssyrie et de la Perse (Ez. XXXII, 26). Bochart (PhaL, 3, 12) et les commentateurs qui l'ont suivi n'ont pas hésité à identifier les Méschec avec les Moschi, peuple asiatique établi entre la mer Noire et la mer Caspienne, dans l'Ibérie (Josèphe, Aniiq.^ 1, 6. 1; cf. Strabon, II, 408 ss.; Pline, 6, 11). De temps immémoriaux ce peuple faisait un grand commerce d'esclaves, payait les impôts et fournissait des soldats à la Perse. Les montagnes qu'il habitait étaient riches en mines de cuivre. Les Méschec avaient une réputation particulière de bartarie (Ps. CXX, 5).
MSSGHINET DE RIGHEMOND (Samuel-Louis), officier supérieur de la marine, membre et doyen du consistoire de l'Eglise réformée de la Rochelle, né dans cette ville en 1783, décédé en 1868, réalisa dans tout le cours d'une longue et honorable carrière sa noble devise : La vraie piété est la base du bonheur. M. Hippolyte Viault «a retracé sa vie maritime dans un Eloge de Vamiral Duperré, honoré d'une médaille d'or par le ministère de la marine, et dans les Marins rochelais. L'historiographe de la marine, M. Alfred Doneau du Plan, a rendu hommage dans l'Océan à ce u gardien fidèle de l'honneur du pavillon français. » Plusieurs de ses ancêtres furent victimes des persécutions religieuses et demeurèrent inviolablement attachés à la foi évangélique. Sa mère, Henriette Boue, de Hambourg, était issue de réfugiés français chassés de la patrie par la révocation de TEdit de Nantes. Son père, armateur, trésorier des vivres de la guerre, membre de la chambre de commerce et du conseil municipal de la Rochelle, abritait dans sa maison de campagne les réunions religieuses de ses coreligionnaires privés de temple depuis la Révocation et logeait le pasteur da désert, le pasteur sous la croix. La piété personnelle et vivante du capitaine de corvette Meschinet de Richemond était donc aussi une préci'*.use tradition de famille. Elle inspira toute une vie de foi, de sacrifice, de dévouement à ses semblables. On lit une touchante prière composée par lui dans les notes de Vlnstmction morale d*un père à son fils, par Silvestre du Four, réimprimée par la Société des Livres religieux de Toulouse. D'une rare modestie, d'une haute intelligence, de Richemond se montra toujours l'homme du devoir, obligeant et serviable entre tous, un homme de bien, dans la plus haute
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expression de ce mot. GhevaUer de la Légion d'honneur, Meschinet de^ Richemond était également chevalier de Tordre du Mérite militaire» décoration uniquement réservée aux officiers professant la religion réformée et qui, à ce titre, étaient exclus de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, institué pour les seuls catholiques romains. II avait épousé la fdle d'un officier de marine, Jean Pichez, tué en défendant contre les Anglais la Daurade qu'il commandait. M*"* de Richemond mourut en donnant le jour à un fils.
MESLIER (Jean) naquit en 1678, au village de Mazerni, près de Rethel, en Champagne, et mourut en 1733. Fils d'un ouvrier en serge, il fit ses études au séminaire de Châlons par la protection d'un ecclésiastique de la contrée. Entré dans les ordres, il fut fait curé d'Estrepigny. On a dit que Tisolement dans lequel il vivait au sein de ses paroissiens, Tavait plongé dans une profonde mélancolie dont il cherchait à se distraire par la lecture des ouvrages de sa bibliothèque composée de livres sceptiques, comme par exemple, de ceux de Montaigne et de Bayle. On se représente difficilement la bibliothèque d'un prêtre du dix-septième siècle constituée sur de semblables bases. On affirme, de plus, que ces lectures amenèrent le curé d'Estrepigny à rejeter tous les dogmes du christianisme. Meslier est devenu fameux parla publication d'un écrit paru sous son nom, écrit dont Voltaire s'était fait Téditeur, et qu'il publia, pour la première fois, en 1762, sous le titre d'extrait du Teslament de Jean Meslier^ et pour la seconde fois, en 1768, dans VEvangile de la Raison, in-24, avec cet intitulé : Extrait des sentiments de /. Meslier. On trouve encore ce morceau étrange dans les Œuvres de Voltaire données par M. Beugnot. C'est un écrit en très mauvais style, où les déclamations les plus hardies sont avancées sur un ton de cynique impiété, contre toutes les doctrines chrétiennes. Voltaire prétend qu'on avait trouvé après la mort de Meslier, un gros manuscrit du curé d'Estrepigny, et dont il existait trois copies, toujours selon Voltaire; mais, jamais personne que lui seul n'a vu ce manuscrit, malgré les trois prétendues copies qui n'ont jamais pu être retrouvées. De plus, entre la première édition du Teslament de Meslier, donnée en 1762. et les éditions subséquentes, dont la dernière est contenue dans Tédition Beugnot, il y a une grande difi'érence de rédaction. En 1762, Voltaire qualifiait le style de Meslier de style de cheval de carrosse, mais plus tard, Meslier, quoique mort depuis longtemps, écrit beaucoup mieux sous la dictée de son illustre éditeur. Prétendre que Voltaire a voulu seulement améliorer un style trop dur, est un argument peu admissible, c'eût été perdre en authenticité ce que Ton gagnait en élégance. En ce qui nous concerne, nous admettons pleinement l'idée émise par M. Tabbé A.-F. James, que Voltaire est tout simplement l'auteur du Testament qu'il a imputé à Meslier. Il est établi, d'ailleurs, que Meslier fut un homme de mœurs pures, charitable envers les pauvres et qui ne donna jamais à ses paroissiens un motif de supposer qu'il avait perdu la foi. Quoi qu'il en soit, il est au moins permis de douter de Tauthen-
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licite de l^écrit paru sous le nom de Meslier et qui lui a valu sa tristecélébrité. A. Maulvault.
MESNARDS (Etienne-Laurent-Lucien, Guenon des) [1809-1871] est; un des hommes qui ont le plus contribué au réveil de la foi, dans Fancienne Salntonge, pendant le second tiers du dix-neuvième siècle. Il naquit à Saintes, le â avril 1809. Il descendait d'une ancienne famille noble dont une partie avait, à la révocation de TEdit de Nantes, suivi dans Texil le pasteur Mesnards, de Saintes, qui avait épousé une demoimoiselle Guenon de la Tour, et dont une autre partie, protégée par le duc de Montausier, était restée en France, mais à la condition de ne pas tenir de réunions religieuses. Les parents de Mesnards le destinaient à la marine militaire. Il avait déjà fait avec succès des études et passé des examens en vue de cette profession ; mais on était sous la^ Restauration et il n*y avait, pour un officier app'irtenant à VEglise réformée, que bien peu de chances d*avancement. D'un autre côté,, sou frère aîné, qui était entré dans la même carrière, étant mort aux colonies, sa famille voulut le garder auprès d'elle. Dès lors, le jeune des Mesnards, n'ayant plus d'occupation régulière, se livra aux plaisirs de la société, aux fêtes, à la chasse et aux autres distractions dèspersonnes de son âge et de sa position, qui le recherchaient à cause deson esprit et de l'amabilité de son caractère. La révolution de 1830* et les agitations dont elle fut suivie l'arrachèrent à cette vie d'oisiveté. Il appartenait, ainsi que sa famille et presque tous les anciens nobles, au parti légitimiste. Il s'associa, de cœur d'abord, et puis d'unemanière plus active, aux efforts qui furent faits pour replacer sur letrônelabranche aînée des Bourbons. Jeune (il n'avait alors que23ans)^ d'un caractère ardent et généreux, mais manquant encore de cette prudence et de cette modération par lesquels il s'est distingué plus tard,, il se laissa entraînée dans la Vendée où, sous les inspirations de la duchesse de Berry, devait s'allumer la guerre civile. L'entreprise échoua. Des Mesnard et quelques autres, n'ayant pas reçu le contre-ordre qu» leur fut envoyé, se rendirent au lieu où l'on devait se réunir; mais, aa lieu d'y trouver leurs amis, ils y trouvèrent des soldats qui les arrêtèrent. Il fut emprisonné au château de Niort où, pendant les sept mois qui précédèrent son jugement ou, pour mieux dire, son acquittement,. il eut le temps de faire de sérieuses réflexions. L'œuvre que Dieu accomplit en lui, pendant ces jours de captivité, ne fut d'abord bien connue ni des autres, ni de lui-même. Cependant il n'était pas homme à tenir longtemps enfoui le talent que Dieu lui avait confié : « L'époque où je commençai à m'occuper un peu d'évangélisation^ a-t-il écrit, remonte à 1833 ou 1834. » Quelque temps après, des colporteurs bibliques, sortis du catholicisme, excitèrent par les livres qa'ils vendirent et par leurs conversations, un esprit de recherche assez remarquable dans une partie des arrondissements de Saintes et de Saint-Jean-d'Angély. Se sentant incapables de répondre aux besoins qu'ils avaient en quelque sorte créés, ils s'adressèrent, pour y satisfaire, au pasteur de Saintes, Delon, et plus particulièrement h Mesnards, plus libre que le pasteur de se transporter partout où il
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était appelé. Ce fut le coramencement d'une œuvre d'évangélîsation à laquelle il consacra le reste de sa vie. Quoique son travail ait été celui d'un fidèle ministre de Jésus-Christ, tellement que plusieurs le regardaient comme un pasteur et lui en donnaient le titre, il n'a jamais voulu demander l'imposition des mains. Il pensait, avec raison, que les laïques pieux peuvent, en beaucoup d'occasions, faire plus de bien que les pasteurs, parce qu'ils n'ont pas l'air, comme ces derniers, de faire leur métier et que, par conséquent, ils inspirent moins de défiance ; une de ses œuvres de prédilection fut TAU liance évangélique. C'est dans l'esprit de cette association qu'il fonda et qu'il dirigea, pendant dix-sept ans, de 1850 à 1866, les Cnvfêrences des Deux Charcutes et le journal le Témoin de la vériié. L'idée qui avait présidé à la fondation des Conférences des Deux-Charenies, a été reprise, en 1872, par la Miasion intérieure de Nîmes, et étendue à toute la France. Malgré la fermeté de ses principes religieux et l'ardeur de son zèle, il était avant tout un homme de paix. Quelles qu'aient été sa prudence et sa charité, il était trop fidèle pour ne rencontrer aucune opposition. Il fut, par l'évèque de la Rochelle, dénoncé au gouvernement comme perturbateur de la paix publique (1844) ; et, par les pasteurs rationalistes, signalé aux protestants qui avaient plus de zèle que de lumières, comme un dangereux novateur. Cela ne l'a pas empêché d'être toujours plus estimé par les protestants et par les catholiques, à mesure qu'il était plus connu. Une dizaine d'années avant sa mort, ses concitoyens, en très grande majorité catholiques, le pommèrent membre du Conseil municipal de sa ville natale, qui avant lui ne comptait aucun protestant.
MÉSOPOTAMIE, MeooiroTafjLta, pays situé entre l'Euph rate et le Tigre et borné au nord par la chaîne du Taurus (Strabon, 15, 746 ss.; Ptolémée, 5, 18; Pline, 5, 13 ; 6, 9). 11 ne forma jamais un Etat indépendant et autonome, et son nom, qui ne remonte guère au delà des temps d'Alexandre le Grand (Tacite, Annales^ 6, 37), appartient à la géographie physique plutôt qu'à la géographie politique. C'est dans ce sens que l'employaient les Romains qui comprenaient la Mésopotamie dans la Syrie (Pline, 5, 13 ; cf. Actes II, 9). Dans l'Ancien Testament, ce pays est aussi rangé avec Aram, et appelé la plaine d'Aram (Padan Aram) ou l'Aram des deux fleures (Aram Naharaïm). C'est dans la partie septentrionale de cette contrée, peuplée dès les temps les plus anciens et riche en pâturages, que vivaient les ancêtres nomades des Hébreux (Gen. XI ; cf. Actes VII, 2) ; c'est là qu'Isaac alla chercher sa femme Rébecca (Gen. XXIV, 10 ss.; XXV, 20) ; c'est là que Jacob fut en condition chez Laban pour épouser Rachel (Gen. XXVIII). Le long des deux fleuves se trouvaient des villes importantes dont quelques-unes fortifiées, en particulier Nisibis, Edesse, CarrsB, Circesium, etc. Les habitants étaient de race syrienne et parlaient la langue ar?iméenne (Strabon, 16, 737 ; 2, 84). La partie méridionale de la Mésopotamie est un steppe aride, inculte et presque dépourvu d'eau, où séjournent les lions, les autruches et les ânes sauvages, parcourue par des hordes d'Arabes