‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 34 sur 157 · MESOPOTAMIE — MESSE · texte numérisé non relu

MESOPOTAMIE — MESSE

qui se livrent au brigandage (Strabon, i6, 747). Une route de caravanes traversait ce désert inhospitalier depuis les rives de TEuphrale jusqu'à Séleucie et à Babylone. — Nous avons peu de données sur Fhistoire de la Mésopotamie avant la domination persane. Le roi Guschan Rischataim qui pendant huit ans opprima les tribus israélites situées à Test du Jourdain (Judith III, 8. iO) ne gouvernait vraisemblablement qu*un petit Etat, près de TEuphrate. A Tépoque du règne de David, les rois de Syrie étendaient leur domination sur les tribus mésopotamiennes (2 Sam. X, 16). Au commencement du huitième siècle avant Jésus-Christ, Saltnanassar, roi d'Assyrie, avait déjà soumis les divers Etats de la Mésopotamie (2 Rois XIX, 13), et, depuis lors, ceux-ci partagèrent les destinées des grandes monarchies qui se succédèrent en Orient. Ce fut Trajan qui la réunit à Tempire romain.

MKSRATM. Voyez Egypte.

MKSSAIiTKNS (MaffaoXtavoC, Eù/Crw). — 1* Nom d'une secte païenne de TAsie Mineure au quatrième siècle. D'après Bpiphane [Hxrex. 80), ils étaient issus de l'hellénisme, reconnaissaient plusieurs dieux, mais n'en adoraient qu'un seul, s'assemblaient dans des omtoires où ils récitaient des prières et chantaient des cantiques à la lueur des cierges. On les confond souvent avec les hypsistariens (voy. cet article). Leur tendance était ascétique. Les autorités chrétiennes les persécutèrent voyez Cyrille d'Alexandrie, De adoratitme in spiriiu et veritate, lib. III; Walch, KetzerhUtorie, III, 481 ss. ; Ullmann, De hypsistariis, p. 26); " 2* Nom d'une secte chrétienne, originaire de la Mésopotamie et qui se répandit vers l'an 361 jusqu'à Antioche. Ces nouveaux messaliens (euchites, enthousiastes, pneumatiques, adelphiens, marcianistes, eustathiens, etc.), qui exagéraient les principes de l'ascétisme monastique, enseignaient que les hommes sont naturellement placés sous la domination des démons contre laquelle le baptême est impuissant et partant inutile ; que l'on peut néanmoins arriver à une vertu assez avancée pour ne plus commettre aucun péché et pour égaler la divinité en perfection ; que la participation aux sacrements est chose indifférente : que ce n'est que par une prière persévérante que l'on peut chasser les démons et s'assurer la présence du saint Esprit qui nous permet de connaître l'avenir au moyen de visions et de songes, et de voir des yeux de notre corps la sainte Trinité. Les niessaliens se livraient à des danses effrénées pour célébrer leur tnomphe sur Satan ; ils admettaient les femmes à toutes les fonctions ecclésiastiques, rejetaient le jeûne et pratiquaient la mendicité. L'assertion de Théodoret {Hisi.eccl.y lY, 10) que les messaliens se rattachent aux manichéens manque de fondement. Ils furent condamnés dans les conciles d'Antioche, de Side (381) et d'Ëphèse (431). — Voyez Théodoret, ffxrei. fabuL, IV, 11 ; Photius, cod. 52 ; Jean Damascène, De Màssalianorum hœresibus ; Herment, //»x(. des hé restes , II, 314; Tillemont, ffist. eccL, VIII ; Gieseler, Kirchevgnch.y II, 244. MESSE. L'Eglise eatholique voit dans l'eucharistie, non seulement un sacrement par lequel Dieu communique à l'Eglise la personne

môme du Christ et lui approprie les fruits de Tœuvre du Sauveur, mais encore un sacrifice, dans lequel TEglise offre à Dieu, par la main du prêtre, le corps et le sang du Seigneur, renouvelant ainsi de jour en jour, pour la rédemption des vivants et des morts, la grande immolation du Calvaire. Lorsqu'on veut parler de Teucharistie envisagée comme un sacrifice, on emploie de préférefice le mot de messe (sur rétymologie de ce mot, voir Tart. Culie, t. III, p. 519), qui, depuis le quatrième siècle, a été, dans TEglise latine, le terme le plus usité pour désigner les prières et les cérémonies liturgiques qui se font pour la consécration des espèces de la sainte cène. Dans cet article- <;i, qui se réfère aux deux articles Cène et Culte , nous exposerons successivement : 1* le développement historique de la messe ; ^ la doctrine de la messe selon le concile de Trente ; 3"* les pratiques actuelles de l'Eglise catholique relativement à la messe.

I. HISTOIRE. — I. Le* trois premiers siècles. Bien que, durant son activité historique, Jésus n'ait pas délié ses disciples juifs des obligations de la loi mosaïque ; bien qu'il soit même parti de l'idée qu'ils continuaient à offrir des sacrifices (Matth. y, 23 ss.), il se prononça très nettement pour ce principe, déj.à proclamé par les prophètes, que <i miséricorde vaut mieux que sacrifice » (Matth. IX, 13; XII, 7) ; il fit de l'amour le commandement suprême qui rejette au second plan l'institution du sacrifice (Marc XII, 28-34), et il prescrivit une adoration a en esprit et en vérité, » dégagée de toute condition de forme •et de toute limite de lieu (Jean IV, 21-24). Après la jnort de Jésus, les apôtres, se basant sur plus d'une parole de leur maître (Matth. XX, 28 ; XXYI, 28, etc.), enseignèrent tout d'une voix que cette mort avait été le véritable sacrifice offert à Dieu pour l'expiation des péchés des hommes (Eph. V, 2 ; Rom. III, 25 ; 1 Pierre I, 18. 19 ; Apec. Y, 6, etc.). L'abrogatioa des sacrifices lévitiques devait forcément ressortir de ces prémisses. Cette conclusion est tirée avec de longs développements dialectiques dans l'Epître aux Hébreux ; l'auteur y oppose aux sacrifices offerts par les prêtres juifs, et dont l'incessante répétition établit à elle seul^ l'absolue insuffisance, le sacrifice unique et parfait offert par le Grand prêtre étemel ; la participation aux cérémonies typiques de l'ancienne alliance apparaît dès lors comme inutile, et même, dans certaines circonstances, comme dangereuse pour le salut. Ce n'est pas que les apôtres aient absolument ««xclu de la vie chrétienne et du culte chrétien l'idée du sacrifice, élément intégrant de l'idée même de la religion. Ils enseignent, au contraire, ■que tous les rachetés sont autant de prêtres, appelés à offrir des sacrifices : mais ces sacrifices sont à leurs yeux des sacrifices spirituels (1 Pierre II, o. 9). Us entendent par là la louange du Seigneur et la bienfaisance à l'égard des frères (Héb. XIII, 16) et, plus généralement, la consécration au service de Dieu et du prochain (Rom. XII, 1 ; Phil.

II, 17. 18; IV, 18). C'est à peine s'ils songent quelquefois à associer l'idée du sacrifice au fait de l'eucharistie ; dans les passages 1 Cor. X, 18-22 et Héb. XIII, 10, la sainte cène est peut-être comparée aux repas <le sacrifices. — Il était réservé aux siècles suivants de donner du corps

4 cette dernière assimilation. Les Pères les plus anciens ne peuvent assez répéter que Dieu ne prend aucun plaisir aux sacrifices extérieurs, que ceux des Juifs n*ont été qu^une institution temporaire, que les sacrifices des chrétiens sont la foi, Tobéissance, la justice (Irénée), ou encore la prière et la bienfaisance, et aussi Tascétisme et le martyre (Tertullien). Cependant, ils commencent à appeler la cène un sacrifice. Le motif de cette désignation a été donné dans Fart. CuUe (p. 520 et 321). Le pain et le vin qui étaient employés pour la cène, et qui servaient aussi à Talimentation du clergé et des pauvres, étaient fournis en nature par les fidèles, puis mis à part et présentés à Dieu par Tévèque dans une prière d'actions de grâces et de consécration, Teucharistie proprement dite. L'offrande du pain et du vin devenait ainsi le signe et le gage de la consécration du chrétien au service de Dieu De là l'emploi du mot de sacrifice. Mais il s'agissait là d'un sacrifice d*actions de grâces, et non d'un sacrifice d'expiation; c'était un acte de l'Eglise, et non du clergé seul ; l'on entendait offrir à Dieu du pain et du vin, et non le corps et le sang du Christ. — Ce fut vers le milieu du troisième siècle que l'assimilation du sacerdoce chrétien au sacerdoce lévitique et de l'eucharistie à ui^ sacrifice devient complète. Ainsi que cela a été rappelé aux articles Cène (p. 681) et Culte (p. 521), ce fut Cyprien qui, suivant en cela les. indications de Tertullien, fut le principal auteur de ce développement du dogme. Chez Cyprien (£p. 5, ch. n) comme chez Tertullien (De exhort. eastU,, ch. vu), le verbe afferre^ sans régime direct, est déjà employé pour désigner l'ensemble des actes du prêtre dans la célébration de la sainte cène, y compris, bien entendu, la distribution des espèces. Cyprien désigne comme étant les objets de cette ifblatio, non-seulement le pain, l'eau, le vin fournis par l'Eglise (Ep. 34, ch. I ; Ep. 63, c. rv, xi, xii, xvii), mais encore le corps et le sang du Christ [Ep. 63, ch. xvii) et les noms des fidèles qui apportaient les éléments et pour lesquels l'officiant intercédait avant ou après la consécration {En. 16, ch. n). Au reste, Cyprien ne voit dans le sacrifice de l'eucharistie qu'une commémoration (men^to) et non un renouvellement de la passion du Christ. S'il va jusqu'à affirmer qu'en instituant la cène, Christ s'est sacrifié lui-même, et qu'en célébrant la cène, tout prêtre offre de même un sacrifice « vrai et plein » {Ep. 63, chap. xiv), le contexte montre qu'aux yeux de l'évêque de Gartfaage, le Christ ne s'est sacrifié au moment de la première cène que parce qu'il s'est alors virtuellement uni à son Eglise afin de la sauver, et que le sacrifice vrai et plein offert par le prêtre est surtout celui de l'Eglise, envisagé comme étant le corps du Seigneur, dans son union sacramantelle avec son Chef. Aussi le sacrifice de l'eucharistie n'existe-t-il pas pour Cyprien sans la communion des laïques, -et si l'évoque de Carthage transforme loffrande que l'Eglise fait d'elle-même à Dieu en une offrande que le prêtre fait de l'Eglise à Dieu, il n'en continue pas moins à faire découler les bienfaits de la • cène de la participation des fidèles au sacrement. — 2. Les Pères de rEglise. Les auteurs ecclésiastiques postérieurs à Cyprien procla-

ment tous que Teucharistie est un sacrifice, mais ils hésitent dans la détermination de cette notion Augustin enseigne que le sacrifice visible de la cène n'est qu'une figure du sacrifice invisible que nous faisons de nous-mêmes à Dieu et au prochain {He cwii. Dei^ X, 5; cf. Enarr. in Ps, IV, 7) et que la cène n est qu'une memoria peracii sacnficii [Cnntra Faust. ^ XX, 18; cf. Enarr. in Pu. LXXV, 15, et les citations de Tart. Cè/te, p. 783). Cependant, il n'éprouve aucun scrupule à appeler la communion verisnmum sncnficium et à enseigner que le prêtre y offre le corps du Christ, savoir l'Eglise incorporée dans son divin chef (£//. iAl aUPavlmutn, ll,i^). En revanche, Grégoire le Grand est convaincu de la présence réelle du corps et du sang de Christ dans la cène, et il y voit un sacrifice par lequel «l'immolation» du Seigneur est « renouvelée » pour l'absolution des croyants {Ht»m^ in Ev.y 37). Cependant il ne sépare pas celte immolation de la communion; ce qui constitue à ses yeux le sacrifice de la cène, c'est que cette cérémonie <c imite » la passion de Christ, c'est que le corps du Seigneur, de nouveau rompu, et son sang, de nouveau répandu, sont livrés aux fidèles, qui s'approprient ainsi la vie de Christ (hial., IV,. 58). Au reste, Grégoire réclame, comme Augustin, des fidèles qui veulent goûter les bienfaits de la communion, qu'ils se sacrifient eux-mêmes à Dieu par la repentance et la mortification. Tune pro nobiSf dit-il, hosUa eril Deo [Chrisius)^ .quum nos ipsos hoyliam fecerimus. Le sacrifice et le sacrement sont donc toujours à ses yeux deux choses concomitantes. — Le quatrième canon du concile de Maçon, tenu en 585, montre bien que l'idée du sacrifice de la messe se fondait, alors encore, sur le fait des ofi'randes des fidèles. Le concile se plaint de ce que plusieurs n'apportent plus d' <( hostie » sur l'autel et il décide que les fidèles devront, chaque dimanche, faire l'oblation du pain et du vin, afin que, par ces « immolations », ils soient délivrés du fardeau de leurs péchés et qu'ils méritent d'entrer dans la communion d'Abel et des autres justes qui ont ofi'ert des sacrifices agréables à Dieu. 11 ne faut pas oublier que ces oblations servaient en partie à subvenir aux besoins des pauvres, et qu'on leur attribuait déjà en cette qualité une certaine vertu expiatoire, vertu qui ne pouvait qu'être accrue par l'usage sacramentel et par l'intercession liturgique. Quel que fût, du reste, le point de vue variable auquel on envisageait alors la messe, on lui prêtait déjà des effets propitiatoires et préservateurs. Elle était censée expier les péchés véniels commis après le baptême (car, ni les catéchumènes, ni les excommuniés n'étaient autorisés à apporter des oblations, à figurer dans les intercessions ou à participera la communion). On offrait également le saint sacrifice pour conjurer toutes les calamités possibles (maladies, épidémies, épizooties, sécheresses, inondations, tempêtes, guerres) et pour implorer du ciel toutes les faveurs imaginables (un ministère fidèle,un règne glorieux, un bon voyagé, uneheureuse entreprise,etc.) Grégoire le Grand raconte sur ce point des faits légendaires qui l'engagent à recommander chaudement la pratique des messes pour les morts {In Ev. Hom. 37 ; DiaL IV, 55, 57), Il n'avait point été eii

cela le premier. Déjà Tertullien avait positivement déclaré que les oblations offertes annuellement pour les défunts le jour de leur mort pouvaient leur procurer dans Thadès un refriyertum (De monng., ch. X ; De coronâ, ch. ii). Cyprien avait parlé de célébrer le sacrifice pro dortniiione defuncii {Ep, I, â). Augustin avait déclaré que ce sacrifice, joint à des prières et à des aumônes, était utile à ceux qui étaient morts dans la communion de TEglise, et déterminait Dieu à les traiter avec plus de miséricorde qu'ils ne le méritaient (Serwo i72, 2); il avait déduit cette pensée du fait de Tunité mystique de TEglise avec son Chef, unité en vertu de laquelle Tindividu participe à ce que la collectivité accomplit et éprouve {Hp. 187, ch. vi, n" 20). Cette notion reçut son couronnement dans la doctrine de Grégoire le Grand sur le purgatoire, doctrine d*après laquelle les vivants viennent en aide aux morts non encore entièrement purifiés, non seulement au moyen de leurs bonnes œuvres et de leurs prières, mais aussi parle sacrifice de la messe. — Les païens offrant des sacrifices aux mânes des défunts qu'ils voulaient honoi er, les chrétiens prirent de bonne heure l'habitude de se rendre sur la tombe des martyrs, au jour anniversaire de leur mort, afin d'y faire des oblations en leur nom, en rendant grâce au Seigneur pour la victoire qu'il leur avait accordée. On intercéda d'abord aussi pour eux, en demandant à Dieu le pardon de leurs péchés, comme le prouve l'ancienne liturgie nestorienne. Mais plus tard, une telle intercession parut une impiété : Augustin (Serw. 451, Senn. 17. ch. i) estime que c'est faire injure aux martyrs que de prier pour eux et qu'il faut, bien plutôt, se recommander à leurs prières; et Cyrille (5* hïsc, my^iaqogique^ ch. ix) dit de la prière offerte après la consécration de l'eucharistie qu'on y fait mention des patriarches, prophètes, apôtres et martyrs pour que, grâce à leur intercession. Dieu accepte les oraisons des fidèles. A l'ancienne formule liturgique, qui parlait de Toblation comme devant profitera l'âme du saint, fut peu à peu substituée une nouvelle formule, exprimant l'idée que l'oblation profite aux fidèles par l'intercession du saint. — 3. Le moyen âge. Dans l'ancienne Eglise, on n'avait guère célébré la cène que les dimanches et jours de fête, comme c'est encore le cas dans l'Eglise grecque. Ici et là, cependant, on se mit à la célébrer tous les jours, ce qui devint bientôt la coutume générale de l'Eglise latine. L'article Culte (p. 522) a déjà raconté comment on en vint, au cinquième siècle, à répéter plusieurs fois la messe le même jour et dans la même église, comment il en résulta peu à peu que le peuple ne communia plus guère qu'aux grandes fêtes, et comment la nouvelle coutume des messes privées, après avoir été longtemps condamnée par les conciles (elle l'est encore dans l'Eglise d'Orient), finit par être jusliftée, au neuvième siècle, par Walafried Strabon. Cet écrivain admit que les communiants, et spécialement ceux en faveur desquels le prêtre célébrait, participaient, en vertu de leur foi, à la grâce de l'oblation et de la communion. La théologie ecclésiastique n'en continua pas moins, jusqu'à la fin du douzième siècle, à lier étroitement les deux notions de sacrifice et de sacrement. Paschase Radbert enseigne

la transsubstantiation ; mais, en parlant du renouvellement de l*im* molation de Christ pour le pardon des faiblesses de la chair« il pense manifestement, non à Tacte de Toblation seulement, mais surtout à celui de la communion {De corpare et sanguine Christi^ ch. ix, § 1). Le cardinal Robert Pulleyn relie aussi Tidée du sacrifice à Tacte de la manducation {Seni,^ VIII, ch. ui), sans compter qu'il condamne le commerce des messes comme une infamie pire que celle de Judas (Yll, xvn). Et Pierre Lombard lui-même ne voit dans Toblation et la consécration des espèces qu'une commémoration et une représentation du vrai sacrifice de Christ, celui de la croix, et c'est à la communion qu'il relie le pardon des péchés véniels et le perfectionnement de la vertu, au moins en ce qui concerne les vivants, car il admet aussi les messes pour les morts {Sent., lY, dist. 12). — Mais le commencement du treizième siècle marqua, dans le développement du dogme eucharistique, le commencement d'une période nouvelle. Le ministère de la chaire avait presque disparu, dans le culte, derrière le sacrement de l'autel ; la doctrine de la transsubstantiation avait été fixée au quatrième concile de Latran (1215), en même temps que l'obligation universelle de la confession auriculaire ; la coutume de l'adoration du saint sacrement tendait à s'établir; les anciennes oblations de l'église commençaient à être remplacées par des dons en argent, de sorte que, dans la cérémonie de la messe, le prêtre seul paraissait sacrifier quelque chose. Ce fut alors que Thomas d'Âquin posa le premier ce principe : Perfeciio hujus xaeramehti non est in uni fidtlium, sed m consecratione mnt*rîx {Summn , pars ni , qu. 80, art. 12}. Dès lors, la communion prise par l'Eglise ne fiit plus envisagée que comme un élément secondaire du sacrifice de la messe; la consécration opérée par le prêtre en devint l'acte essentiel. — C'est dans Thomas que la doctrine de la messe se trouve pour la première fois formulée dans son ensemble. Il distingue nettement les deux notions du sacrifice ofi'ert par le prêtre et du sacrement goûté par les fidèles (pars III, -qu. 83, art. 4). Il ne voit point encore dans le sacrifice eucharistique une répétition réelle du sacrifice de Christ; il n'y voit, lui aussi, qu'une « image représentative de sa Passion, » une « commémoration de sa mort. » Mais il admet que la cène profite, comme sacrifice, aux personnes qui ne la prennent pas comme sacrement, lorsque le prêtre intercède pour elles en se fondant sur le sacrifice de Christ et qu'elles sont elles-mêmes, par la foi et Tamour, dans la communion des soufi'rances de Christ et du sacrement de Teucharistie {ibid.y qu. 79, art. 7). Il attribue de plus une valeur salisfactoire aux oblations offertes par les fidèles, c'est-à-dire aux salaires de messes qui les avaient remplacées, pourvu qu'elles soient offertes dans un sentiment de vraie piété (tftût., qu. 79, art. 5). Thomas distingue avec soin les efi'ets de reucharislie en tant que sacrifice, de ses effets en tant que sacrement. Si le sacrement assure le pardon de tous les péchés véniels, et même des péchés mortels commis inconsciemment, à tous les croyants qui y participent avec piété {ibid., qu. 79, art. 1 et 4), le sacrifice agit sur ceux-là mêmes

qui sont en état de péché mortel ; il leur procure le pardon indirectement, en obtenant pour eux la grâce de la contrition, et il sup-* prime, comme les autres satisfactions, la peine, au moins dans la mesure où la dévotion du fidèle qui Toffre répond à la culpabilité du péché pour lequel, le sacrifice est offert {Comment, in 4 Sentent,^ dist. là, qu. 3, art. S). Thomas enseigne enfin qu'en vertu de la réversibilité des mérites, le sacrifice de la messe, et spécialement la messe pour les morts, influent grandement, comme les aumônes et les prières, sur la condition des morts (Swnin. Supplem., pars III, qu. 71, art. 10). — Les inconséquences et les lacunes qui se trouvaient encore dans cette théorie de Thomas d*Aquin furent réparées par d'autres scolasUques. Albert le Grand enseigna {Comm, in 4 Sentent.^ dist. 13, art. 23), comme Innocent III Tavait déjà fait {Mysteria missx, ch. xii), que le sacrifice de Christ dans la messe n*est pas une figure, mais une réalité. Le même Albert le Grand enseigna aussi (lib. IV, dist. 9, art. 1 etâ), de concert avec Bonaventure (lib. lY, dist. 9, art. 1), et contre Favis d'Augustin, de Paschase Radbert, de Pierre Lombard, de Thomas d'Aquin, d'Innocent III lui-même, que la méditation sur la passion de Christ, accompagnée de la célébration de la messe, peut avoir les mêmes efifets que la participation effective au sacrement ; la fréquentation de la messe célébrée par le prêtre devait dès lors arriver à remplacer la communion du fidèle.

IL DOCTRINE GATHOLiQiJB. Le coucile de Trente formula la doctrine du sacrifice de la messe dans sa vingt-deuxième session (156â), session postérieure de onze ans à celle où il avait fixé la doctrine de l'eucharistie. Le concile lui-même et son interprète le plus autorisé, Bellarmin (Di*patottoties^ pars III, I. 5 et 6), produisent, à l'appui de l'idée que l'eucharistie est un sacrifice, divers arguments scripturaires qui méritent à peine l'honneur d'une discussion. Christ, disent-ils, ne peut être sacrificateur éternellement, à l'instar de Melchisédec (Héb. YII, 11\ si son sacerdoce n'est pas perpétué ici-bas par le prêtret qui offre, comme le roi de Salem, du pain et du vin. Christ ne peut être le véritable Agneau pascal (1 Cor. Y, 7) si son sacrifice ne se renouvelle pas comme la Pàque. Le verbe hébreu as à h et le verbe latin facere ayant quelquefois le sens de sacrifier^ l'impératif grec voum (Luc XXH, 19; 1 Cor. XL 24) peut avoir ce même sens I Bellarmin découvre le sacrifice de la messe jusque dans le XeiToupYsTv de la .primitive Eglise d'Antioche (Act. XIII, 2). ^ Suivant le concile, le sacrifice de la messe est identique au fond au sacrifice de la croix : ^ c'est la même victime, la même oblation, le même grand prêtre. Seulement, dans la messe, le sang de Christ n'est pas répandu, et Christ agit, non plus directement, mais par l'intermédiaire du prêtre ; -de là l'inégalité des deux sacrifices. Les Décrets de Trente disent en passanjt (sess. XXII, cap. i) que le sacrifice de la messe « représente » «celui de la croix; mais leCatéchisme romain déclare positivement (ll,iv, -qu.GO) qu'il le « renouvelle.» Le sacrifice de la messe n'est pas un simple sacrifice d'actions de grâces, ni une simple commémoration du sacrifice de la croix (opinions anathématisées), mais un sacrifice de pro-

pitiation. Le concile décida même, malgré Tavis d'un grand nombre de ses membres, qui sentaient bien Timbroglio théologiquè dans lequel on allait se jeter, que Christ avait lui-même célébré le premier sacrifice de propitiation en instituant la sainte cène à la veille de sa mort. — L'effet « propitiatoire » du sacrifice de la messe consiste en ce quMl assure le pardon des péchés, et cela de deux manières : l;* U applique aux « péchés véniels » la vertu salutaire du sacrifice de la croix. On se demande pourquoi il faut un nouveau sacrifice pour appliquer les fruits du premier. C'est à la participation au sacrement que cet effet devrait être attribué, comme le concile le reconnaît luimême (sess. XIII, cap^ ii). Mais les Pères de Trente sont guidés par la pensée de substituer les messes dites par le prêtre aux communions journalières tombées en désuétude, et c'est à peine s'ils consentent à promettre un u fruit plus abondant » (sess. XXII, cap. vi) à l'eucharistie à laquelle le fidèle a pris part, non seulement en esprit, mais en réalité ; 2" Le sacrifice de la messe a en outre une efficace propre; étant une prière d'intercession en action, il apaise la colère de Dieu envers le pécheur, pourvu que le prêtre qui l'offre et le fidèle qui le fait offrir agissent avec la dévotion voulue. Le sacrifice de Christ dans la messe est corrobor.» et complété parle mérite et l'intercession des saints dont le souvenir est célébré et le secours invoqué dans le canon delà messe. Apaisé par ce sacrifice, Dieu peut accorder aux plus grands coupables le don de la pénitence, et par cela même, indirectement, le pardon de leurs « péchés mortels » eux-mêmes. C'est dans ce sens qu'il faut entendre, selon Beilarmin {fie missd, II, v), le passage du Décret de Trente (cap. ii) qui attribue au sacrifice de la messe le pardon des péchés mortels. Le même théologien établit également que, si la vertu du sacrifice de la croix est « infinie, » celle du sacrifice de la messe est « finie. » Aussi ce dernier doit-il être répété. (La question de savoir s'il est aussi efficace lorsqu'on l'offre pour plusieurs personnes à la fois que lorsqu'on l'offre pour une seule personne est résolue aujourd'hui dans le sens négatif). — La messe est de plus un sacrifice « impétratoire, » qui doit être célébré pour obtenir de Dieu tous les secours temporels et spirituels dont les fidèles peuvent avoir besoin (Concile de Trente, cap. ii et can. 3). La messe assure alors un état de grâce, mais l'entrée dans cet état peut se faire attendre (Beilarmin, II, v). — Le sacrifice de la messe peut être offert non seulement pour les vivants, mais encore pour ceux qui sont morts dans la communion de l'Ëglise, et il abrège les châtiments satisfactoires que les défunts subissent dans le purgatoire. Les personnes mentionnées nominativement dans les prières de la messe participent d'une manière toute spéciale au fruit du saint sacrifice. L'Eglise ne peut prier pour ceux qui sont morts en dehors de sa communion et qu'elle place dans l'enfer. On peut bien offrir le saint sacrifice à l'intention des catéchumènes et des excommuniés, des infidèles et des juifs, des hérétiques et des schismatiques; mais le prêtre ne peut pas prier publiquement, dans la cérémonie, pour une « personne » excommuniée, ni par conséquent pour un individu hérétique

(Bellarmin, II, vi). — Dans leur doctrine du sacrifice de la messe, les Pères de Trente ont manifestement diminué, sinon annulé, Tacte du fidèle au profit de Tacte du prêtre. Le concile déclare bien qu'il désirerait (pptaret) que les fidèles reçussent le sacrement lors de chaque sacrifice; mais en même temps, il cherche à fortifier Tidée erronée qu*il n*y a pas de messe à laquelle n'assistent un certain nombre de personnes qui y communient spirituellement, et il s'ingénie à faire de la participation positive des laïques au sacrement une sorte de hors-d' œuvre. Ainsi la représentation de Tunion de l'Eglise avec son chef se fait par le prêtre avant la célébration du sacrifice, au moyen de la mixtion de l'eau et du vin (cap. vu], et non par le fidèle au moyen de la participation au sacrement. En outre, selon le rite romain, la liturgie doit être récitée en latin, et en partie à voix basse. En effet, ainsi que le remarque Bellarmin (II, xii), sacrifier, c'est agir et non parler ; ou, si c'est parler, c'est parler à Dieu et non aux hommes. — Ce sacrifice de la messe, qui se célèbre chaque jour et en tout lieu, par le ministère de l'Eglise, comme la continuation et la répétition du sacrifice de Christ, devient ainsi comme l'incarnation de la pensée fondamentale du catholicisme : la médiation indispensable de l'Eglise, c'est-à-dire du prêtre, pour l'appropriation à l'humanité des fruits de l'œuvre de Christ. On comprend, dès lors, que l'acceptation de la messe soit devenue le critère principal de la foi catholique, et sa célébration l'acte principal du culte catholique; le concile de Trente veut (cap. v) qu'elle soit entourée de toutes les démonstrations extérieures qui peuvent rehausser la majesté du sacrifice et frapper l'esprit des fidèles (bénédictions mystiques, lumières, encens, ornements, etc.). — Voilà pourquoi aussi la Réformation a de prime abord adopté, à l'égard de la messe, une; attitude de blâme absolu (Articles de Smalcalde, II, 2, Draconis caada, missam intelligo, ptperit mulnplices aàominationes et idololatrias; Thèses de Berne de 1528, V. Missa,., blnspfiema et propter abusus eoiam Deo abomiiiabilis; Catéchisme de Heidelberg, 2* éd., Execrantfaiditlolatria). Les luthériens les plus convaincus de la présence corporelle de Christ dans la sainte cène n'ont jamais admis cette présence que in usu^ et non anie usum sumentium. L6s protestants sont unanimes à repousser l'idée que Christ, aujourd'hui rentré dans la gloire du ciel, continue à être sacrifié sur la terre par la main du prêtre, et ils trouvent, soit dans le recours aux mérites parfaits de Christ et à son intercession continue, soit dans les exercices de la prière et de la communion, tout ce que les catholiques vont chercher dans le sacrifice de la messe.

111. PRATIQUE CATHOLIQUE. Le développement successif de la cérémonie de la messe a été décrit dans l'art. Culte, p. 316-323. La liturgie actuelle de cette cérémonie peut se trouver dans le premier missel ou paroissien venu, ou encore dans VAnatomie de la messe de p. Du Muulin, éd. de 1872, II, 40-47. Nous devons cependant rappeler ici que la messe se divise en trois grandes parties, la Préparation ou messe des catéchumènes (l'introït et le graduel), l'Oblation (l'of-

fertoire, la préface, le canon de la messe, la fraction de l'hostie et la communion) et la Post-communion ou action de grâces, et qu'elle se compose d'une série d'invocations et de doxologies, d'intercessions et de bénédictions, de prières et de déclarations de toute nature, fixes ou variables, prononcées par le prêtre ou par le peuple, et en grande partie empruntées aux psaumes ou aux prophètes. La confession des péchés du prêtre et du peuple, l'absolution donnée par le prêtre au peuple, la lecture de l'Evangile et de l'épître du jour, la récitation du symbole de Nicée, la consécration des espèces et la communion du prêtre font naturellement aussi partie de la cérémonie. Les paroles de la messe sont accompagnées d'un certain nombre d'actions symboliques également prescrites par le rituel : le prêtre monte à l'autel et il en redescend, il se place du côté de l'Evangile ou du côté de TEpître, il élève les mains et les yeux vers le ciel, il s'incline, se frappe la poitrine ou s'agenouille, il fait fumer l'encens ou répand l'eau bënite, etc. Il ne doit célébrer la messe que dans les lieux, avec les accessoires (vases, cierges, crucifix, etc.), et sous les vêtements et ornements consacrés par l'Eglise et bénits par l'évêque. — La théologie romaine éprouve un certain embarras quand elle doit déterminer le moment spécial de l'eucbaristie qui coïncide avec le sacrifice de la nouvelle Alliance. Selon l'opinion la plus autorisée, c'est la consécration, et plus vraisemblablement celle des deux espèces, qui constitue le sacrifice. Mais, au point de vue catholique, les éléments ne sont encore que du pain et du vin au moment où le prêtre commence à les consacrer. Aussi Bellarmin croit-il que le sacrifice ne peut être consommé sans le dépôt sur l'autel des éléments transsubstantiés. Quelques docteurs catholiques prétendent que la communion du prêtre est aussi de « l'essence » du sacrifice, mais la plupart assurent qu'elle est seulement de son « intégrité ». L'oblation est de l'intégrité du sacrifice, mais n'est pas de son essence. La communion du peuple n'est ni de son essence ni de son intégrité. — D'après le mode de leur célébration, on distingue les messes en messes publiques et privées (soit particulières), en messes très solennelles (soit messes hautes ou grand'messes), solennelles et moins solennelles (soit messes basses). Les messes publiques se célèbrent au maître-autel de l'église, tous les dimanches et jours de fête s*il s'agit d'une église paroissiale, tous les jours s'il s'agit d'une église cathédrale ou collégiale. Les messes privées ne se célèbrent que dans un simple oratoire ou à un autel latéral de l'église ; on les range dans cette catégorie, soit quand elles ont lieu un jour ouvrier, soit quand elles sont dites à l'intention d'une personne déterminée, soit quand l'assemblée est réduite à un seul « assistant» ou «répondant », lequel est d'ordinaire un jeune garçon. Les messes publiques sont toujours solennelles, c'est-à-dire qu'elles sont, non pas seulement récitées, comme les messes basses, mais chantées ; elles deviennent très solennelles lorsqu'elles sont célébrées avec le concours d'un diacre et d'un sous-diacre et chantées avec l'aide d'un chœur, lorsqu'on y fait fumer l'encens et que le saint-sacrement y est exposé dans l'ostensoir.

MESSE 11 i

L'expression de messe « solitaire » ne désigne plus aujourd*hui qu'une messe qui serait célébrée par le prêtre sans aucun répondant, ce qui serait illicite. Les auteurs catholiques soutiennent, du reste, à la suite du concile de Trente, qu*à proprement parler, toutes les messes sont « communes », quMl n'y en a point où les fidèles n'aient le droit de communier. En attendant, si au milieu d'une messe privée, un laïque venait demander la cène au prêtre célébrant, il le mettrait dans le plus grand embarras, et la question de savoir si le prêtre serait tenu, dans ce cas, d'obtempérer à son désir, n'est point encore absolument tranchée dans le sens de l'affirmative. — D'après leur but, on distingue les messes en quatre catégories : 1^ les messes « du jour »; propres au temps où l'on est, qui se disent les dimanches ordinaires et à l'occasion de quelques fêtes; 2"* les messes 'des saints, qui se disent surtout le jour de leur fête, pour remercier Dieu des grâces qu'il leur a accordées et pour obtenir leur intercession auprès de lui ; 3^ les messes votives, que la liturgie ne prescrit pas au prêtre, mais qu'il dit, dans les circonstances extraordinaires, soit spontanément, soit sur l'ordre de ses supérieurs, soit à la demande ou sur la commande des fidèles (il en existe plusieurs variétés) ; 4*" les messes pour les morts ou de Requiem., qui se disent pour délivrer du purgatoire les âmes de ceux qui sont morts dans la communion de l'Eglise. — Tout prêtre doit,isauf excuse valable, célébrer la messe tous les dimanches et jours de fête solennelle ; s'il est curé, il doit le faire en outre quelquefois pendant la semaine. Avant de célébrer, il est obligé de se confesser de tout péché mortel, même douteux; il doit avoir récité matines et laudes et s'être lavé les mains; il faut de plus qu'il soit à jeun, c'est-à-dire qu'il n'ait pris aucune nourriture ni aucune boisson depuis minuit (sauf le cas du viatique donné à un mourant). Depuis Innocent III, aucun prêtre ne peut dire plus d'une messe dans un jour, sauf à Noël ou dans les cas de nécessité (viatique, sépulture, annexe à desservir). Dans la règle, on ne doit célébrer la messe ni avant Faurore, ni après midi, ni le vendredi saint. Les traités catholiques sont du reste remplis de mille prescriptions relatives aux divers cas embarrassants qui peuvent surgir à propos de la messe. On y discute gravement la question de savoir ce qu'il faut faire si le vin se gèle, s'il s'y mêle du poison, si l'on y trouve une mouche ou une araignée, si l'hostie tombe à terre ou dans le sein d'une femme, etc. — L'usage de recevoir une rétribution pour dire la messe à l'intention des personnes qui Font donnée, est approuvé par l'Eglise, qui voit dans cet honoraire, non le prix de la messe, mais une aumône qui remplace les anciennes oblations et qui facilite l'entretien du ministre. Il est cependant défenduau prêtre: l'*d'exîger(sinon d'accepter) une rétribution supérieure à celle qui est fixée par la loi et par la coutume; 2* de recevoir plus d'un honoraire pour une seule messe ; 3^ de faire acquitter par un autre prêtre, pour la rétribution ordinaire, un certain nombre de messes qui ont été payées plus largement, en retenant pour soi la différence (interdiction fréquemment éludée par les prêtres et spécialement par les religieux des couvents) ;

4** d'anticiper le sacrifice, en l'ofi'rant d'avance pour ceux qui pourraient le demander dans la suite (à moins que le prêtre ne le fasse, au risque de perdre ses honoraires, en faveur d'une personne déterminée) ; 5"* d'accepter de nouvelles messes à dire avant d'avoir acquitté les anciennes (à moins que le prêtre ne soit sûr d'avoir acquitté ces dernières dans le délai de deux mois, ou encore que le donateur ne consente à un délai plus long). Beaucoup de catholiques pieux tiennentà entendre la messe tous les jours. L'Eglise a imposé, dans un grand nombre de conciles, à tous les fidèles adultes et sous peine de péché mortel, l'obligation d'assister à la messe tous les dimanches et jours de fête (et, pour le moins, de trois dimanches l'un à la messe paroissiale), à moins qu'ils n'en soient empêchés par l'impuissance physique, par quelque danger couru dans leur vie, leur honneur ou leurs biens, par les soins de la charité ou par d'autres devoirs civiques, domestiques, etc. La messe joue ainsi dans la vie religieuse du catholique le rôle essentiel que la prière et la méditation de la parole de Dieu jouent dans celle du chrétien protestant. Ofi'rant le triple attrait d'une solennité mystérieuse, d'un spectacle imposant et d'une œuvre méritoire, elle est beaucoup plus fréquentée que la prédication catholique. Les messes basses permettent aux personnes pressées de remplir leur devoir religieux en moins d'une demi-heure. Elles ne le font pas toujours avec tout le recueillement désirable, et les protestants sont quelquefois scandalisés de l'aspect profane que cette cérémonie revêt en certains temps et en certains lieux. — Le concile de Trente a avoué que, durant les siècles d'ignorance, il s'était glissé dans la célébration de la messe des abus fort graves dus à l'irrévérence, à l'avarice ou à la superstition (promenades indécentes, musique mondaine, exactions sordides, etc.). Les catholiques romains d'aujourd'hui affirment que le concile de Trente et les conciles provinciaux qui l'ont suivi ont fait disparaître tous ces abus. 11 s'est cependant élevé, dans notre siècle, au sein de l'Eglise catholique, des voix moins optimistes qui ont condamné plus ou moins nettement les messes privées, le retranchement de la coupe, l'usage du latin, la récitation des prières à voix basse, et qui ont demandé qu*on rendît à l'eucharistie son caractère primitif de communion du peuple chrétien. Nous nous bornerons à rappeler ici les réformes tentées par l'évêque Wessenberg, de Constance (1806), par l'abbé Ghâtel, créateur de l'Eglise catholique française (1830), et plus récemment, par les vieux catholiques allemands, les catholiques chrétiens de la Suisse et TEglise gallicane de M. Hyacinthe Loyson. Les anglicans et les luthériens ont plus sérieusement tranché dans le vif. Tout en s'eflTorçant de conserver, dans leurs liturgies, les éléments vraiment évangéliques de la messe catholique, ils ont cherché à les purifier radicalement de tout alliage juif ou païen. — Sources : Les traités généraux de dogmatique, d'histoire des dogmes, de symbolique, de polémique, de liturgique, d'archéologie chrétienne, et les ouvrages sur les sacrements en général. Traités historiques ou dogmatiques sur la cène. En latin: Selnecker (1561, 1582), Bullinger (1562), Flacius (1567),

F. Socîn (1618), Alstedius (1630), Alberlini (1654), J.-H. Hotlinger (1663), J. Cosin (1675). Hospinian (1681), Marheineke (1811). En allemand : H. Stephani (1811), G. K. Horst (1815), J. G. Scheibel (1823), J. Schullhess (1824), J, Dœllinger (1826), D. Schulz (1831), P. W. Lindaer (1831). Sartorius (1832), F. K. Meier (1832), G. F. Fritzsche (1834), F. S. Bittner (1838), A. Èbrard (1845-46), K. A. Kahnis (1851), A. W. Dieckhoff (1854), L. J. Rûckert (1856). En anglais : Ch. Heberl (1879). En français : P. Martyr, Traité du saci-emeut de Veucharistk, Gen., 1557 ; Manessier, Traité du saint sacrement de Veucharistie, 1608 ; card. Duperron, Tr. de Veuchar., 1629; Auberlin, Veucharistie de ïanc, Éuiise, Gen., 1633; Le Faucheur, Tr. de la cène du Seigneur, Gen., 1635 ; D.Blondel, Eclaircissements de la controv, de Veuchar., Quevilly, 1641; Derodon, Disp. de l^ eucharistie, Gen., 1655; Arnauld et Nicole, La per^fétuité de la foi de lEijlise caih. touchant Veachar., Paris, 1669-1713; J. Claude, rép. à ce traité, Gen., 1671 ; Larroque, Histoire de l'eucharistie, Amst., 1669; Lortie, Tr. de la sainte cène, La Rochelle, 1674; Jurieu, Exam. deVeuchar. deVEgl. rom., Rott., 1683; La Placette, Traité contre la transsubstantiation, Amst., 1700; Jac. • Yemet, Pièces fugit. sur Ceuchar., Gen., 1730 ; Steeg, Hist. de Ccuchar,, Bord., 1872; Giiers, La cène du Seigneur et ses divers aspects, 1868; Goût, La sainte cène, sa nature et ses grâces, 1876. — Traités spéciaux sur lamesse. Catholiques. En latin : Lambertini (1745), Hirschep(1821). En allemand : Galura (1827), Gau (1830), Ed. Michelis (1841). En français : Bossuet, Explic. de quelques diffic. sur les prières de la messe, 1689; P. Lebrun, KxpL liitér,, histor. et dogm. des prières et des cérémonies de la messe, 1726. — Protestants. En latin : Capito (1540), G.Calixt (1614, 1644, 1650), Fecht (1725). En allemand: Hœfling (1831). En français : P. Viret, Les cautèles et cartons de lamesse, 1563; Ph. de Mornay (du Plessis), De r institution, usage et doctrine de C eucharistie en l'Eglise ancienne, ememble quand, comment et par quels degrés la messe s* est introduite en sa vlace, 1598, etc. ; Du Moulin, Anatomie de lamesse, 1636-39, etc., 1872; J. de la Place, Exam. des raisons pour et contre le sacrif. de la messe, 1639; Derodon, Le tombeau delà messe, Gen., 1659; Dispute de la messe, Gen., 4 662; Et. Henry, Thèses sur le sacrif. de la messe, Gen., 1845. — L'auteur de cet article a profité surtout du remarquable article Messe publié en 1858 dans la Real'Encyclopxdie de Herzog, par G. E. Steitz. F. Chaponnièrb. MESSIE. Voyez Omt.

KESTBJBZAT (Jean), célèbre prédicateur protestant et controversiste de la première moitié du dix-septième siècle, naquit à Genève en 1592 et mourut à Paris le 2 mai 1657. D'après Aymon (Syn. nat., II, 525), sa famille serait originaire de Vérone, et d'après Galiffe {N'U. généalog. , 1, 477-479), de Vigone, bourg situé à deux lieues est-sud-est de Pignerol ; elle était venue s'établir à Genève depuis le commencement da seizième siècle. Il était fils d'Ami Mestrezat, qui était alors conseiller d'Etat, et qui devint syndic en 1608, 1612 et 1617. Il commença ses études à Genève, où il entrait en belles-lettres en 1606 ; et il les continua à Saumur où l'illustre professeur Arminiu^ avait inauguré

un ensagnemeat jdas libéral que ce qnon trouvait à Cieuère, arec les caMnîstes EsafeCoRadon, Jean Diodati et Théodore TroneUn. U* coaroKUia brillanimenl ses élades théotogiques (1610) par la soutenance <rune tbèse où 3 Femporta sur son professeur. Drr Piessis Moraay était an nombre de ses auditeurs et le tînt depuis lors en très banle estime. On hif offrit une chaire de philosophie dans F automne de Tannée f6fl;maîïil décKna cet honneur, parce qu'il ne reçut pas à temps Fapprobation de ses parents. H étendit le cerdé de ses connaissances en voyageant en Allemagne. En décembre I6f â il était à Heîdelberg; en avril 1613^ à Francfort. Quinze lettres (en latin, sanf une) qu*André Archinard a publiées pour la première fors en 1865, et qui étaient écrites à son frère Domeine Mestrezat, son aîné de neuf ans, de 1611 à 1613» nous initient à sa vie intime, à ses aptitudes, à'ses goûts et montrent aussi Hutérët qu'il prenait aux événements politiques dont FEurope était alors le théâtre et qui pouvaient d*une manière ou d'une autre avoir quelque influence sur les destinées des Eglises protestantes. L'Eglise de Paris réclama ses services^, en f614; elle désirait s^attacher un jeune homme d*nn si bel avenir. B refusa encore, vu sa jeunesse : il préféra poursuivre ses études encore pendant deux années. Mais au bout de ce temps, armé de toutes pièces pour les combats qu'il pressentait dans la capitale, il accepta, et fat consacré à Charenton, où se recueillait FBglise de Paris, par le célèbre Pierre du Moulin (1616;. Et depuis lors, jusqu'à sa ioaort, c*est-àdfre pendant quarante-trois ans, il y exerça son ministère avec une grande distinction et un complet dévouement . C'était fépoque des duels et des tournois de parole. En 1617, notre jeune pasteur, en collaboration avec ses collègues Drelincourt, Daillé, Du Moulin, Aubertin, présenta la />é/eme de la confession de foi des BglvfU réformées, L^année suivante, 1618, le fameux jésuite Véron publia^ à Ronen, son Abrégé de Vart et méthode nouvetie de bdilionner les minisires. Mesiresat répondit par son Véron ou le Hibou des jésuites^ opposé à la corneiiU de Charenton. La première édition portait les initiales de Fauteur: J. M.; Vîllefranche (Genève), sans millésime, in-lS. Cet ouvrage, d'une dialectique serrée, fut accueilli avec faveur. Il fut réimprimé (s. 1. ) en i6i4, in- 12, sans le nom de Véron : Le Hibou des jésuites opposé à la corneitle de Charenton, Les deux adversaires en vinrent bientôt plus directement aux prises dans une conférence publique ; mais elle ne tourna pas à la louange du jésuite. Du Moulin, qui était sans doute présent, nous apprend que celui-ci fut battu. La réputation du vainqueur s*»ccrut ainsi à la cour et à la ville. Un autre jésuite, Regourd, se flattant d'être plus habile que son confrère, appela le jeune pasteur en combat singulier. Anne d'Autriche était là, la salle était comble, toutes les avenues encombrées par la foule. Regourd se fit attendre. Pour entrer il dut passer par la fenêtre. Mestrezat tira parti de cet incident; il cita fort à propos les deux premiers versets du chap. X du quatrième Evangile : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui l'escalade par nn autre endroit, est un voleur et un brigand ; mais celui qui entre

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par ia porte esl «a berger des krebis. » Outre ce tr^uk d>$ppit, le pasleur eut âo a«Hobreu$ee et solides ratsôns à faire valoir, qui aekevèrent 4e déeoDoeriersoaamtagdiiisIe et la tideire lui resta. Anne d'Autriche^ à l'iasligatîoa de-laqiiette le teurSK^ théelegiqtte avatteu Itea, éèÊtmiii qu'en pabKât le proeès-v^bal de la comféreaee. Regoard, espéra»! ae rattraper la plume h la iiiaki, publia ses ifémonairations e0ihoë^uêSj par lesifueUes il attaquait Tautarité et la perfèetio» des Ecriture». C^é^it aller au devaat d\»fte nouvelle défaMe, et qui fut plus retentissante. Mestreaat fit, ea eSét, uae réponse Tietorieiise: Tfaicté de tBscfiptur» sainte « où est monstrée la certitude et pleailii^e de la foi et de soa îactepenâaaee de Tautborité de l^llse. Geatre les pré> teadaes démoasinitions catbeHques du jésuite Hegourd. En qaey est «eaipfise la létatation du troislèiae Hvre de la Réplique du cardinal <lu Perron toucbant les traditions par Jean Mestreaat, pasteur de l'Bgtiseféfomée de Paria. A Genève, imprimé pour Jacques Gbouêt,» ItSâ, ian^, Wft p. et un kmg Indice des passage» de FÉcriture qui sent on aUégaés ou exposés dans le Kvre. L*épltre dédicatoire datée 4^ Paris^ 1*^ octobre 1633, est adressée « à baut et puissant seigneur^ Jlgr Jacques Niempar de Caumont, marqnis de la Perce, marécbal •de France, lleuflenant général du Roy en son armée de Languedoc. » €e lélé protestant avait assisté, comme président, à Tune des conféreaces. « Yeos at^ esté en TËglise de Dieu, lui dll Fauteur, un sin> gnHer exemple de constance et de fermeté en la profession de la véiilé..c« irons avés esté en Testât un singulier exemple de Sdelité et d^affiction an service du Roy... Ainsi, monseigneur., esles-vousboneré eten l'fistat et en l'Eglise. Or, ai-)e en celle-ci an devoir particulier ^e vous présenter ce traicté, puisqu'il répond aux prétendues démonstrattoiis oatbqlique» qu'a publiées le jésuite Regourd desquelles vous avée ony un sommaive de sa bouche en une partie de nostre oonMrroce, -oli vous assistastes en qualité d'un des modérateurs ; aftii que comme TOUS nousavés entendu le réfutant de vive voix,vous voyiés par escript Ja laesme victoire de la vérité... » Après avoir signalé la conformité ée la procédure des adversaires à celle des anciens hérétiques, Mestreaat attaque les «ix prétendues démonstrations du jésuite: la première, qui est un amas de doutes contre la vérité et divinité des livres de rScriture ; la seconde, qui prétend qu'on ne peut avoir assurance 4e l^hitégfité des exemplaires de TEcriture sainte, et que les originaux oat été altérés, corrompus et mutilés ; la troisième, qui combat Ja 'Cartitude des versions ; la quatrième, qui détend les livres apocry- ^lea ; )a einqirtèiDe qui accuse les Ecritures d'obscurité ; la sixième enRn, qui eiitre autres choses soutient rimperfection de FEcriture aainfle et la nécessité des traditions. Et tout cela pour inférer qaa« nos esprifis, quelques efforts qu'ils fassent, ne pourront reii- «ontrer leur senrté hors du tribunal de FE^Ilse; la Providence divine aryant peraris ces altérations de TEcriture sainte pour nous 4)ontraiadre, dit-il, à subir le joug de TEgtise avec humilité* » L*imi^radent |ésufle ne craignait donc pas de détruire le fbndemeHl sur lequel s^appuyait FEglise réformée, pour la fbrcer à se

jeter dans les bras de Rome. Il s'ingéniait à répandre l'obscurité sur la Bible, pour qu'on fût forcé de regarder à la tradition catholique Comme si cette tradition était assez lumineuse pour nous euider dans la recherche de la vérité et dans la vie ! C'était vouloir fonder la foi sur le scepticisme universel, et vaincre les résistances par l'horreur du vide. Mestrezat maintient « l'honneur des Ecritures en faisant resplendir leurs qualités divines au-dessus de tous les témoignages des hommes, et monstrant que la doctrine chrétienne a des bases et fondemens de sa certitude et de sa plénitude beaucoup plus solides que ceux que luy donnent les docteurs de l'Eglise romaine; et que si la foy par ces hypothèses de Regourd et ses semblables est rendue toute humaine, incerUine et fautive, par les nostres elle est toute divine, et l'âme en reçoit une si grande certitude que rien ne défaut à sa consolation. » L'ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, l'auteur montre que nous avons une pleine certitude de foi par les saintes Ecritures sans dépendre de l'autorité de l'Eglise, et il réfute, en cinq livres, tout ce que le jésuite a mis en avant contre la certitude de la divinité de la Bible, contre l'intégrité de ses livres et de ses éditions, contre la certitude de ses versions, contre sa clarté et sa perfection. Dans la seconde partie, il examine le prétendu tribunal de l'Eglise que son adversaire a voulu ériger sur les ruines de l'Ecriture sainte, et réfute ainsi non seulement les assertions de Regourd, mais aussi celles du cardinal Du Perron. Le synode des <« Eglises de l'Isle-de-France, Picardie, Champagne et pays chartrain » chargea les pasteurs Drelincourt, Aubertin et DaiUé d'examiner l'ouvrage ; et ceux-ci déclarèrent « n'y avoir rien trouvé que très convenable à nostre croyance. » Mestrezat était toujours prêt à défendre le protestantisme; mais tout en attaquant les principes de ses adversaires il savait ménager leurs personnes. C'était un galant homme dont on savait apprécier la délicatesse au plus fort du combat. Nous laissons aux Mémoires du cardinal de Retz (coll. Petitot, Paris, 1825, t. XLIV, p. 130 ss.) le soin de raconter un incident de cette nature où le beau rôle fut pour notre pasteur : « Je trouvai par hasard, dit de Retz, Mestrezat, fameux ministre de Charenton, chez M"' deRambure, huguenote précieuse et savante. Elle me mit aux mains avec lui par curiosité : la dispute s'engagea et au point qu'elle eut neuf conférences de suite en neuf jours différents. M. le maréchal de la Force et M. de Turenne se trouvèrent à trois ou quatre... Il m'embarrassa dans la sixième, où l'on traitait de l'autorité du pape, parce que, ne me voulant pas brouiller avec Rome, je lui répondois sur des principes qui. ne sont pas si aisés à défendre que ceux de Sorbonne. Le ministre s'aperçut de ma peine ; il m'épargna les endroits qui eussent pu m'obliger d'une manière qui eût pu choquer le nonce. Je remarquai son procédé, je l'en remerciai au sortir de la conférence, en présence de M. de Turenne, et il me répondit : « Il n'est pas juste « d'empêcher M. l'abbé de Retz d'être cardinal. » Cette déhcatesse, comme vous voyez, ajoute l'historien, devenu en effet cardinal en 16S1, n'est pas d'un pédant de Genève. » Au reste, Mestrezat conser-

vait son sang-froid et sa présence d'esprit dans les circonstances les plus critiques. En 1623, il eut une audience de Louis XIII qu'il avait sollicitée sur le mandat qu'il avait reçu du synode de.Gharenton. Le cardinal de Richelieu y assistait, -et c*était lui qui avait suggéré au roi les questions que celui-ci adressa au pasteur réformé. L'une de ces questions était : <( Pourquoi souffrez-vous les ministres non Français? — Il serait à souhaiter, répondit le pasteur, que tant de moines italiens qui sont en France eussent autant de zèle pour Sa Majesté qu'en ont les ministres étrangers qui ne reconnaissent dans le royaume aucune autre souveraineté que celle du roi. » A ces mots, le cardinal de Richelieu lui touchant l'épaule, s'écria : « Voilà le plus hardi ministre de France ! » — Sa réputation de controversiste s'accrut encore par la publication de son Traitté de r Eglise, Genève, 1649, in-4« de 695 pages et 14 p. d'indices des matières principales. La dédicace au prince Henri de la Tour, vicomte de Turenne, est datée de Paris, 18 août 1648. L'auteur lui applique le passage de l'épitre aux Hébreux, relatif à Moïse : « Etant déjà grand, il refusa d'être nommé fils de la fille de Pharaon... Il avait égard à la rémunération.» «Ce traitté, monseigneur, monstre quelle est l'Eglise que Jésus-Christ appelle à la participation de ces richesses de la gloire par celle de son opprobre et de ses souffrances, et dont par conséquent la communion doit estre préférée à tous les avantages du monde. Je vous le présente très volontiers, monseigneur, d'autant que Dieu vous a maintenu en celte communion jusqu'à présent, et qu'il vous y a béni abondamment, tant en vous couvrant de sa protection au milieu de plusieurs dangers, ausquels vostre vocation vous a exposé depuis plusieurs années : qu'en manifestant vostre valeur par des exploits que la France, l'Italie et l'Allemagne célèbrent hautement, etc. » Cette dédicace et ce traité n'empêchèrent pas Turenne de changer de religion quelques années plus tard. L'auteur donne lui-même un résumé de son ouvrage (p. 695) dans les termes suivants : « Et ainsi avonsnous par la grâce de. Dieu achevé le traitté de l'Eglise en trois livres : ayant ?eu au' premier quelle est l'Eglise quant à son estre intérieur, qui consiste en vraye foy, piété et sanctification de l'ame par la vertu du sainct Esprit en l'usage de la parole et des sacremens. Auquel esgard l'Eglise se restreint aux seuls eleus et vrais enfans de Dieu, et est l'Eglise proprement dite, le vray corps mystique du Christ, dont tous les membres sont unis à leur chef par le sainct Esprit en piété et charité, et son espouse laquelle il conduit en la vérité nécessaire a salut et maintient en la terre contre toutes les forces de l'enfer, pour la glorifier éternellement dans te ciel* Au second, quelle est l'Eglise quant à l'estre extérieur de son assemblage, par la profession de la foy, et participation aux sacremens sous des pasteurs, avec plusieurs hypocrites et meschans ; quel est son chef; quelle la vocation de ses pasteurs ; quelle son unité, sa perpétuité et ses marques. Et au troisième, quelle est l'autorité de ses pasteurs et conducteurs, s'ils ont un tribunal infaillible pour juger les controverses de la foy, et s'ils peuvent imposer des loix aux cons-'

HH MfîSSTiifiKAT

ciences.». D*oà s'easuit ^ue la vraye ËgUse n*a point d'Miires loix et ofdonna&ees pour la Mibstaoce du service de Oieu, et ^ ehKgeift absolument la conscieRoe, ^e celles ^e Jésiis4jhrist «on maîstreM seigneur a establ«e&. » L'ouvrage est surtout dirigé conlre le cardtaal Du Perron et BeUarmin. L'auteur ne laisse sans i^onee «aucaDe des objections inÂses en avant ^r ces coniroversistes romaîiis» & éome à chaque instant des preuves 4e sa grande connaissance des Pères ée TEgUse et d<e rficniure. Swk traité a eu les henneurs^'urneinadiielion en alleffianfd (Gassel^ 1649), et on laiin (Blrème» l#76V. — £n péipei»e aux Attaques ées mêmes contpover^istesi, BellftraiMi ^ Du Pen<eD,^ Mestreâiat avait publié :l>e4a Oonimtimen é JésuS'Cknigij ^êu moremeni de tEuoharûtie^ Sedaa» i%3As in-8«4 ^éd^ iê&i, in^; trad. m allmi., Francf., I«24, i«63 ; en a^g^aia, A6S4 ; M U^eu^ l«38 : DMa communione €ùnj€su Ghrisio neWEw>hari$tia cènim t'CûrtHnaUSeikar^ nwnoi, ^ (De Ptiron^ Oenève, in-^% â04 4^. Le ktaductefUf , Vincent P^aMi^ vicino, A 4édié son cum'uge au «[^ic tSenni «de ftohin« Mestfeaeat avMt dédié te sienèLettîs ^e CSbiunnpagne) ceinte 4e lia Suce^ oICm^o^ seiUer du roi. Le traité a deux livres : le premier ladeuise chapitt«s^ nécessité delacomnunicm avecMsus-Cbrist; mode de cetrte ^oownmunion (cUe ne p^eut 9e foire que par le samt fisprii «t la iei). Lcsecond livre <a diK4iuit ckapilres»» de Tusage du sacrement de l'euobari^e^ réfutation du sensdonné parles caiholiquesaupassaife: iBocâ$teorpu$ «i«fm/ . En i^9, Mestnezat publia un extrait de cet ouvrage à Orange : ûiscùurs de '4fi mtnvière dont Jésuë^Ckrist nous tU donnée tant en fEvan- Qik qtu''mt sacpemewt de rtEuckêristie. Il supprima tout ce qui regardait la croyance des PèKes de TEgUse sur ce potnt Pour épuiser la Uele de ses cuvrages de controverse, signalons un opuscule qui tie nous est connu qoe par la ^réponse de son adversaire, publiée 4 Paris, l<632.. Le tiii«e de Topusdule était t Àfùois 4M siew ^airml iêartin^ -ûbbé ée €laiU9onne,^ïffBrwi. personnage requit atle M amaiour *de viriêé. Sîiçnnlons enfin «on ékicours de J« ^nioe etmtre 4os /prétendus mérites et IfiJuaS^ka- Uon pùfr les mfpopes^ Ohàrent^ 4*638^ in-i^ centre La Milietière. ^ Mestreeal «a piaMié un gramd nombre de sermons, ^i n'ont peut-être pas le caiClMA oraftoim» usais ^i se font remarquer par une girande élévation de pensée», let une profonde érudition. Il visait plus à convaincre ^qu^à «entraîner. €'é4iak la mé&ode de tous les prédicaCeters pretestnalts de ^oetèe époque de lutte. Les catholiques Tappréciaient fort. Un îour <qù*dl ronceintraîl un«odésiasttqae de cette communion, qui avsdt précisé mi carême avec applaudissements, et qu'il le félioi^ taH de œ snooès.» cehn<^ci lui répliqua : « J'ai pris dans vos sermons tout ce que j'^sâidit de meilleur* » Dans le Journal d'un f>ayageé Parés, en i^7 «et 1658, par doux HollaRidais (publié par A.-P. Faugère, Paris, 1^6âi), «MUS lisons à la dated<u 42 mars 1657.: « M. Mestrezai fit un fort bean sonnon et capable de loueur tes âmes des vrais chrétiens. » &fUk iortkodoxie était assez mitigée. On sent courir dans son système dagmaAîqne unie veine de mysticisme qu'on ne trouve pas dans dalx^n. 11 nn^ intimement l'expiation qui fait disparaître la peine dû pédbé^et la sanctification qui en fait disparaître la souillure^.

MËSTREZAT 119

II ne prècbe j>as la prédestnation. 11 avait sur la grAca universelle las opinioiis de TAcadénûe de Saumur, qui étaient dans ie sens de Tarminianisoie. a il n*y a point de péri!, disait-il, à croire la ^ràce tini- TerseUe. Jésus-Christ est mort pour tous, jnsqne-ià que, s*ils croient), ils soient sauvés. Quaat à moi, je trouve une grande consolation de considémr notre Père céleste Âtre mîsérîcordieax envers tous^ .car il s'ensuit de là, gu*U Test beaucoup plus envers ses enfants, et déconsidérer que Jéaus-Ghrisi 'est ie sauveur de tous. » Sermons sur àwert texteâ^ Sedan, 16ââ, in-lâ; Trois semions sur un jour deje&ne^ Charenton, iG3ùj S* ; Sermmide la Stulificatiou par la foy sans les œuvr£S^le .te loy, sur le^ vers. 4ô et i6 dn chap. Il aux Galates ; se vend à Cbanenton et à Paris, Jlelcbior Jtf oadiera» aux deux vipères, 1639, ih-ii. La dédicaoe est datée de Paris, 9 mai 1639, a A Jlf« de Saint- Aforc, ^sodseiller du iioy„ etc. » « Le 4ésir que vonis m'avez fte&moô^néfd'avoîr ce sermoUf m'a obVgé <de vous Je ipréseoiiter. Le nèle que vous avez pour la vérité de la confession de foy de nos Eglises, et le sensible 4esplaisir que vous avec i«çeu de la voir combattue par une personne que vous avez sdfectionn^ vous porte à un particulier examen -des choses parleurs fondememsi... •> — (Gomme complémentde eesemioB^ Mestreasat en publia,, trois mois a^r.è8, deux autres : /ie la nécesiUié des bonnes munres « jointe à la justification par la ioy^ «en deux sermons, sur r^tre aux ^laites«ohap. Il, «vers 17. lÂ. i9 et 2ûv» La dédicaoe estvdatée de Paris, i^ août tô39, « A dame Maiiguerite de Pbelipeaux^ vesve de t&u M. de Launay, danae 4e la Eavinière. » L'auteur loi St qu'elle fait pailie des personnes « qui, joignant à la piété la punoté et intégrité do vifif^soeUent la vérité de laxeligicm qu'seUes professonL'» U la trouve d'autant plus remarquable m qu'astant au milieu d'une parenté de profession contraire «t puissante, vous avez, ajouie-t-il, acconipa^é vostre ierraeté en la religion d'ime «i sage ^conduicte, que cela n'a pu lompescber que vous aoyés aimée et iMmonée •d'einx. » Du combat de la 'ekair n de i'^prit^ 1642, in-iS ; Trois sermons «mt te fyetmen naissance de Jésus-Christ au maude^ iR-^ ^e 144 p., £ienève, 16i^. Le premier, our Malachie, !¥„ 2 ; île second, sur Ësaie, VU, 14 ; prononcés à Gharenton le iO et âoKléoembre 4^4& Le lPoisiènM,aur saint Luc l, â9-43. La dédicace À son irère^ Domeine Aiestneziit, est datée de Paris, âÈ mars 16494 La Itsiete deJacob^ sermon prononcé à Ghacenton le 12 sejptembre 163Û, Gbareaton, 1630, in-^"*; Sermon sur ces motsde Jé6«s-<jhrist^ « Jia chair estvrayment viande tet mon sang est vrnymeiiit bneuvage. » Cbarentan, 4631, iU'S*;Ewptaii4onde la premiers épùÈre de Va/yostre «a»Mi Jeaa sn J^rmenc, prononcés à ,Ckarentan, 2 voL in-8% fienève^ 1631 . 11 y a quarante sermons, dont viQgt-4rois dans le premier vol. Us^ntétépronQnoésdtt27 septend^e 1643 aa 14 aevembne 1648^ On conte Ue^oejourS:, aermon sur Ps. XC, 11 «et 12, Ciiarenton, 463i„ ia-A*; 4h la tr.i9teese tielon /iteu, aermon pr^ionoé à iCbaronton le 23 ectohre 1634, Charenton, 4654, ini8<»; ETp'fsuéaa de VEutsire ttmx Mèbreuo!^ ^n sonnons^ divisés <en cinq parties. Genève^ ¥èSi. Ges parties avaient été publiées séparément les années précédentes. La premièFe est : De la dignité et glaire du médiateur du

Nouveau Testament, vingt sermons sur (*h. I et II; la seconde, De la révérence et obéissance deûe à l'Evangile, vingt sermons sur les ch. m, IV, V et VI; la troisième, De la saciificature de Jésus-Christ, vingt-sept sermons, sur ch. VII, VIII, IX et X, 31; la quatrième. De la vertu de la foy, vingt-cinq sermons sur ch. X, 32-XI ; la cinquième, Des fruits de lafoy ou vertus chrétiennes, dix-huit sermons sur ch. XII et XIII. Le 1. 1 est dédié à M"" la maréchale de Ghastillon; le t. II, à Philippe Mestrezat, son neveu, min. du s. Evangile en TEglise de Genève, et professeur en théologie ; le t. V, è « très illustre princesse Charlotte de La Tour d'Auvergne. » « Ce nous est, lui dit Fauteur, une grande satisfaction quand nous pouvons joindre à nos sermons des exemples publics de la piété et des vertus chrestiennes que nous y recommandons. Celuy que nous avons en vostre personne est des plus considérables. Et si fe public en reçoit grande édification, j'en ai reçu une particulière, Tespace de plusieurs années. Car dans la diversité des accidents par lesquels la Providence divine vous a fait passer, j'ay toujours veu une ferme et constante piété en vostre âme, une humble sousmission à la volonté de Dieu, un recours ardent au throne de sa grâce, une vive espérance de la vie éternelle (laquelle tempérait et addoucissait toutes vds amertumes) et un grand zèle à la gloire de Dieu et à Tadvancement de son Evangile, avec un esprit sublime, et un courage viril,, et principalement une pureté de vie autant exquise que franche et exempte de toute contrainte... » Du pain de vieet de la manière de le manger, sermon prononcé te jour dePasques, 1656, in-8*; Sermon sur le ch. XI de la seconde épistre de saint Paul aux Corinthiens, verset 4, prononcé à Charenton le 22 octobre 1656, in-8®; Vingt sermons sur divers textes de VEcriinre, Sainte, prononcés en divers temps à Charenton tes-Pnris, Genève, 1658, in -8°. Quelques sermons, qui étaient épuisés, sont réimprimés; la généralité était inédite. Le volume fut dédié par Philippe Mestrezat, neveu de notre auteur, au gendre de celui-ci, Jacques de Maubert, sieur de Boisgibault, qui venait de perdre sa femme, fille unique de Jean Mestrezat, peu après la mort du beau-père. La dédicace est datée de Genève, 10 septembre 1657 : « Je vous présente l'impression de ces sermons, comme une exécution de la volonté de M. Mestrezat leurautheur. Il me les avoit envoyés quelque peu de temps avant que Dieu Tait appelle en son repos, après les avoir reveus, pour les faire imprimer en cette ville, dans le mesme ordre et le mesme nombre, auquel ils voyent le jour... La bonne odeur de sa vie et de son ministère est tellement répandue, qu'il est regretté généralement comme un grand serviteur de Dieu, qui possédoit des dons excellens, en un haut degré et en très grand nombre, soit pour la piété et pour la doctrine, soit pour le conseil et pour la conduite; et qui les a employés à la gloire de ce souverain Maistre, et à rédification de son Eglise, avec fidélité, prudence, zèle et magnanimité merveilleuses, qu'il a veu couronnées par la bénédiction divine, de glorieux succez. » Exposition du cha/fiire Mil de Cépître. de C apôtre S. Paul aux R'miains, en trente-iroîs sermons, prononces à Charenton deux tomes ; Ig premier, du vers. 1 au 17, en seize sermons, Anister

MESÏREZAT 12f

dam, 1702, in-8''. Les libraires-éditeurs ont publié ces deux volumes et les ont dédiés à l'évoque de Londres, Mgr Henri. L'un d'eux, Tirel, s'était procuré le manuscrit dans un voyage qu'il avait fait en Angleterre, au commencement de 1702. Cet évêque s'était signalé par une infatigable charité à l'égard des réfugiés français, Tirelen avait été témoin, il s'était réfugié en Angleterre à l'âge de neuf ans. Le t. II est de 1703, et va du vers 18 au 38, en dix-sept sermons. Signalons enfin quelques Lettres de consolation escrites à M. et à M^* de la Tabarière, «sur le déceds de feu M. le baron de Sainct-Hermine, leur fils aisné, mort au siège de Bosleduc, en un assaut donné le quatrième jour d'aoust 1629, » 192 pages in-12, 1632 II y a aussi dans ce volume des lettres écrites dans cette douloureuse circonstance à l'une des filles de Du Plessis-Mornay, par les pasteurs Pierre Du Moulin, Le Blanc de Beaulieu, Daillé, Ghaufepied, Rivet, Turretin, Drelincourt. On peut voir un beau portrait à l'huile de Jean Mestrezat, à laBibl. publ. de Genève, salle Lullin. — Voyez Bulletin, passim.; La France prot,^ t. YII; A. Archinard, M^moirfs et documents^ publ parla Soc. d'hist. et d'arc . de Genève, t. XV, 29-72, avec fac-similé d'une lettre en latin.

Charles Dardier.

MESTREZAT (Philippe), neveu du précédent, pasteur et professeur à Genève, né dans cette ville le 14 octobre 1618 et mort le 2 février 1690,' n'atteignit pas à la réputation de son oncle; mais il mérite quelque attention par son savoir et sa tolérance. Il fut professeur de philosophie en 1641, pasteur à la ville en 1644, professeur de théologie en 1649, recteur de l'académie en 1649 et en 1670. Dans la séance de la Compagnie du 11 juin 1669, il se joignit à Louis Tronchin pour demander qu*on n'exigeât pas des candidats au minist^^e évangélique la promesse qu'ils n'enseigneraient « aucune doctrine nouvelle, comme l'universalité de la grâce et la non imputation du péché d'Adam. » De violentes paroles s'échangèrent sur ce sujet entre les membres de ce vénérable corps, soit dans cette séance, soit da^s les suivantes. Les magistrats s'en mêlèrent, pour condamner les nouveautés, imposer le silence le plus absolu sur ces questions et menacer de l'exil, de l'amende ou de la prison ceux qui seraient entachés d'hétérodoxie. Bâle, Berne, Zurich et Schaffouse enveniment les débats en déclarant par lettres qu'on n^enverrait plus les étudiants à Genève si l'hérésie venait à y être supportée. Mestrezat trouva indigne le règlement du Conseil. « Défendre les conversations particulières ; ne pas permettre aux frères de conféfrer ensemble sur les diverses méthodes touchant la grâce, c'est intolérable I s'écria-t-il. Il faut que Messieurs réforment leur arrêté pour laisser la liberté de réfuter les raisons contraires, de quoi on promet d'user avec, modération. » Le conseil modifia l'article relatif à la défense de discuter, enleva la pénalité, mais le reste fut maintenu. Le 28, les partisans de la liberté d'examen signèrent les thèses calvinistes « par amour de la paix. » Après le Omsensus^ par amour de la paix encore, Mestrezat et son collègue Tronchin consentirent, en 1680, à refuser euxmêmes les premiers les propositions des étudiants qu'ils entendraient,

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^aad ces ^ropositkms in^mueraieait les doctrines de la giâce individtfeUe, oomiae }e cidvînisèe Fr« TiirreCia s'engageail de se«i o6lé i ne pas permettre qoe les aiiti>es proposants affèotasseat de combattre les doctrines anwnîennes. On sait q«e les coofeesieas de ioi obliga- Urnes ne furent abolies 4 Oeaève q«i'ea ilM «t sur iles instances de J.«-Alph. Turretm, iils de François. Ifestresat a œmposé plusmirs dissertations sur des (points de phystqae et des tbèses tkéelosifnes, g^ie les proposants devaient défendre en séance {HiUHjue. BUnb ne parlerons ^ne de •ceUe4à : i)^ !kbaro arUftrio, tO fé^rrier IffôS; DiMimUitiê thêahgica •de I\erse^m^ntia m fide tt êanotéUtte^ Pars piior, âl mars i&tâ; pars akera, 28 noi^remhre 1659^ a¥ec les coronaires s«h vante : An £ecksia sit ^mMoari^ûB? êftgpi. An jÉdamt» mi »fâ€u «omh œfnlim fuisset immoruUig ? IHttwtg. An muHeotMê deèermittiUvolwnliÊÊBm'f ÀffifynaU Seconde section de la seconde partie, â7 mars 1660, a^ec lescoroU. An Chrisiu9^qua madiai^ Biimëarmèémf Anpasêûrêsevangelici iegUUnt voctniurf AffirmaL Ja «alirjbcuto futfril nêcnsariaf A^irmat. An êjM lr«s /pertonœ in £ssf.nUà DivivA? Affirmai. Treisième section de la seconde partie, juillet IMl : (De Adùratiom hoêi/tx mimakXy utgravimimaéi>mu8isob quas Heformati in communionem rwnanam tienire nanpmim, œaidi, U ao4t 1661 ; 4k i$ioaimaiiom filn M, Méécembre ia61. JDe umane perâonali in Chfisio, ^ mars 1663; De l^ieranda ohrùtiana frani^um diùidenHum in prjBèerfundameniûlibui; pan pritma r Dbi êlauu venir wtrsix ^enodatur, et iolenttniiaprobalmr digère S* Setiptur« firmaapiis^ i"^ juin 1663^ Die isapp^ia «oau «timlthri^ «akMOoiîc humoMB fameso amàninnoram commentOf 27 décembre 1664. Dans ces tbèses, Tantenr roTtise «aux sodnieos 'le nom de cbrétiens en ce qu'ils renversent et aiHtaot qu'il est en ^ux détruîsetnt pkistenrsfMideoienl» delà religion chrétienne. Lesaraniniens, est-il dît aussi, laLvooieentde graves erreurs ; De culiu êunctorunL, 28 novembre è671 ; -De eacpowkmi* «oiHM» ^4)vi fœdêrinifittejOppesiUe LxlUS^innide smorarnentiedisseniationi^ 21 ayrîl 1673. Nous donnons, à titre de ouriostié littéraire, le titre et Tanal^e d'une plaquette rarissiime à laqpieUe Pk. Me^ezat a «ûs son nom avec celui die eon Irère aine Jeian et de eon flrene cadet IMerne:. Leaembatdu Gmsnlleir et du M^nxifueMire^-^, 1. (6enèi?e), 1630,â3tp.(in-4<>^ L'opuscule est dédié « à noble Jean de Tudept de Jif a»eres, TQf deemousquetaires genevoia, «i qui état le irère de leur >mèr^ ^osnèna femmede leur ,père Don»ine Mesttrezait. €'est «rne lutlelbéitoïioonnquo en paroles d'aiaîopd, entre le cava:iier et le mou8qii:œtaîre, Tun disant qu'il ny a rien'ûoniine le cavalier, l'atftre comme lemousquet'vîrelé. Bienlét la hstte devient plus sérieuse, ot ils ^se battent avec la peraai»sîon-du pcd des mousiquetaires. Us font preuve de eounaga, «et finalement ils. «'embrassent. Le mousquetaire finît ^r dire à son anta«-

Je ^tom eittimetpirea& >M vttlbnit camlUer. Le aavaher* «« HeiirenK est le <oonibaft qui «noo» âiit rallier.

Je vous aime et -v'^udrois vous en donner nn^fage. Je sais jojeaa d^avmr cogna <vei»treeoarage«

Bans le Remerciement du roy des Meneqmtm^es gawwis fait aum

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