METAUX
mafnif. H trn ktnwnig 'Sfignmr4i^ rédté le 2 mai 1^90 par son propre n^rea^ ^Milit ^œs Ters qui donnMllaBole sérieuse :
<2ôii tentons-nous de voir qne Oenève est le lieu
Oé MHhiienteaitoal ies uMi-teiiies de Dieu,
Ok «s grAoe m voit sans «MRSure espsndtt&,
Biffu f u'il me sett^Via poiftclem «afaïUe^sieBdiM.
Voyez 4. Oftbarel^ SM.'dê FEpl.^e^^f^ève, UI, Mè ss. i86â; Seae- Mer, BitU ^ètiù-. de Owète, H, SM ss,, ITM; at6/. de la $oc. de kcture de Omème^, - Giarubs Dàhmsii.
MBOUB («iwz les Hébreux). Voy«z ^iâs €L Meeuree.
■ÈltAmâSII. Voyec Sienion 4e Hh^aphteseie.
■ÉtASX (^vs la KUe). D'apnès leur c^MislitutÎNMi géotogi^tte les BMfttagties de la Syrie et delà P^^testine sont pauvres en nrineraî; en n*y trouve fue des uMiies de fer oxydé et de fer ptsifornue. Les nvotttagaes . de gneiss de la presfifu'tte du Sinaï seuies offrant les cobAîlîMis requises peur fat formation de minéraux de quelque valeur. HéanuMiBS les Israélites •ent de tout temps attaché une grande mpoiiaiBceà tm poesession des métaux précieux. A r<^>oque des patriardws d^à, nous voyons que Tor couslitue une ceitaine piartie de leurs ri€liessesi(Oeu. J[nUâ4 XXIV, ». 35 n et les i£Mélitesrevenmtd*Egypte omtdiieaeniponerAveeeuxdes quantités trèsoonsidérables(Exod.XI, 2; XH, M; XXXV, 32). lie oonmieiroede Tor éUrit entre les «lains des katutauts de Tyr> qui s'approvisionnaient par rinterraédiaire de mar« duuddstde Salba et de RaMna. Vw «ffl»a à Jérusalem sous te règne de Salomon, à la suite de ^expédition à Opliir, situé, d'après les déoouvertes modernes de Spreniger^ sur la oôie occidentale de rYemen. L'or n'étant pas monnayé, servait à la confection de vases de teute espèce, de oowpes et plus spécialement aux ustensiles destinés au service du temple; iou en décorait les murs, les plafonds, les portes, les autels ^ on en recowmit les statues des dieux païens (Ex. XX, 2a; Es. II, âO). On en faisait des M|oux, des bagues et des bracelets, et quelquefois l'or en barres servait de moyen de payement. Nous ne savons teutefois rien de sa valeur ^ il n^est pas téméraire de dire qu'H avait cbez les Hébreux la même valeur que dans TAsie occîdesitate. L'argent arrivait aux Hébreux par le même canal que for, cependant «on te lirait phis spécialement de Tarsis par l'intermédiiâre des Phémctens (Jér. X, 9). L'argent servait dès les temps tes plus anciens de moyen de payement. Abitatem déjà paya quatre cents sicles d'ïargent à Ephron pour la cession du «bamp de Mamré (Gien. XXin, W); les irères de Joseph emportèrent en Egypte de l'ai^gent pour payer te Ué qu'ils y aMatent «cboter^ mais ce n'e«A qu'après l'exil que rar^ent Ait monnayé (i Mach. XV, 6). On employait l'argent eomme fw perur en fairo des bqenx, des ustensiles, des instruments de musique et pour •ornerde ce métal te eanotuaira et les mai^ sons des rîdies II a dû se trouva en quantités «considétubtes •chez les Hébreux, sil'en en juge par tessommes «olossates q«e IDavid eA, les princes donnèrent pour l'éi^etion du temple (I Ghron. XXX . 27 ; XXX, 4. iy Un métal plus précieux pour l'antiquité, était toutefois l'airain
124 METAUX — METEMPSYCHOSE
de Chypre (xs cyprium)^ le cuivre. Ce dernier métal ne se trouve que dans peu de pays, on dut en faciliter la production au moyen d'amalgames et surtout de Tétain pour lui donner la dureté de Tacier. Le cuivre servait à la confection de pots, de pelles, de bassins, de poêles, de chaudrons, de couteaux et de truelles ; les casques, les armures, les boucliers, les pointes des hallebardes et les arcs étaient en airain. Les anneaux du tabernacle, les pieds des colonnes, étaient d'airain et Tautel lui-même en était recouvert. Du même métal on avait confectionné, au moyen de la fonte, le grand bassin (mer d'airain) du temple ; c'est en airain aussi qu'était le serpent dont parle le Deutéronome (XXYIII, 23). Les Israélites tiraient le minerai qui servait à la confection de l'airain, en partie des mines du Sinaï (vallée de Mégara), en partie des Phéniciens qui s*en fournissaient en Golchis. Le fer a, dans l'antiquité, une valeur bien inférieure à celle de l'airain ; quand la Bible parle de fer, il est toujours question de fer forgé. Avec l'argent, les Phéniciens rapportèrent de leurs voyages en Espagne rétain et le plomb. Le premier de ces métaux ne semble avoir été employé que comme alliage; au moyen du second on confectionnait de grandes tablettes pour l'écriture (Job XIX, 24) et les niveaux employés par les charpentiers et les maçons (AmosYII, 7). Le plomb entrait pour une certaine proportion dans les monnaies, comme Ta prouvé l'analyse chimique d'une monnaie de cuivre du quatrième siècle avant J.-G. Quant aux alliages, la Bible n'en cite qu'un seul, le laiton (1 Mach. YUl, 22 ; XIY, 18. 2&. 48), et encore n'est-il pas sûrque î^Xxoc soit véritablement du laiton. Ne serait-ce pas plutôt, comme il s'agit des tablettes sur lesquelles fut transcrit le traité d'alliance entre les Romains et les Machabées, du bronze ou de l'airain?
Ë. SCHERDLIN.
METEMPSYCHOSE signifie transmigration de l'âme d'un corps dans un autre, existence d'une même âme dans plusieurs organismes qu'elle anime (i^L^M^wù) successivement. Celte doctrine est une des formes de l'idée plus générale que notre vie n'est pas bornée aux quelques années de l'existence actuelle ; et son caractère distinctif, c'est qu'elle conçoit nos diverses existences comme se passant sur la terre. C'est là ce qui la différencie de la doctrine d'Origène, qui professait que notre séjour ici-bas n'est qu'une phase momentanée d'une immense évolution, commencée dans le ciel et toute spirituelle d'abord, emprisonnée dans la matière par suite d'une déchéance, et se poursuivant par un mouvement ascensionnel dans des mondes plus éthéréb ; au t. XIII, /// Mitth., le grand docteur combat l'idée d'une « métensomatose » toute terrestre. La métempsycbose se sépare plus encore du dogme de la résurrection des corps, en vertu de laquelle chaque âme, dans l'état de choses définitif, sera revêtue d'un organisme parfaitement harmonisé à sa condition spirituelle. La croyance à la transmigration paraît avoir été extrêmement répandue chez les peuples primitifs, et nous en trouvons des traces dans l'Asie orientale, le Caucase, en Grèce, en Italie, chez les druides, en Amérique, chez les Péruviens, chez des nègres de l'Afrique. On comprend dès lors
MÉTEMPSYGHOSE iiS
qu'elle ait offert des nuances diverses, tantôt l'âme étant appelée à parcourir tous les degrés de Tordre organique, tantôt confinée dans le genre humain, la transmigration étant conçue tantôt comme fatale, tantôt comme réglée par nos déterminations morales. Dans rinde, le brahmanisme et le bouddhisme sont d'accord pour enseigner que Fâme est tenue'de séjourner longtemps dans une enveloppe corporelle, et selon le degré de vertu ou de vice qu'elle atteint, elle occupe un rang plus ou moins élevé dans l'échelle des êtres, à partir de la plante, jusqu'à ce qu'elle soit parvenue, par une purification complète, à se dégager du joug humiliant de la matière. Les prêtres égyptiens, au témoignage d'Hérodote (1. Il, § 123) professaient que chaque àme, immédiatement après la mort, passe dans le corps d'un animal et ne rentre dans un corps humain qu'après avoir traversé tous les animaux de la terre, de la mer et de l'air, par une évolution qui s'accomplit en trois mille ans. Pythagore paraît être le premier qui l'ail introduite dans la philosophie grecque ; il prétendait se souvenir d'avoir prib part, sous le nom d'Euphorbe, à la guerre de Troie ; mais tandis qu'il restreignait au règne animal le cercle de nos pérégrinations, Empédocle estimait que l'âme passe aussi par les plantes. Platon, dans un langage poétique dont il est difficile de préciser la portée doctrinale {Timée^ République^ X), nous dépeint l'âme qui s'est souillée de vices, passant dans le corps d'une femme, ou même de divers animaux mâles ou femelles, d'un oiseau de proie, si elle a été rapace, d'un pourceau, si elle s'est adonnée à la gloutonnerie ; mais par suite de circonstances favorables, elle peut devenir meilleure et s'élever jusqu'au séjour du bonheur suprême, pour reparaître ensuite dans un corps nouveau. Selon Virgile (^^i^t^/e, L YI), l'âme ne revient animer un nouveau corps qu'après avoir été purifiée des souillures de l'existence précédente et avoir bu les eaux du Léthé. Le peuple juif conjectura que Jean-Baptiste (Jean 1, 21) et Jésus-Ghrist (Matth. XVI, 14) étaient d'anciens prophètes, revenus pour continuer leur ministère, et Hérode le tétrarque craignit un instant que Jésus ne fût une nouvelle incarnation de Jean-Baptiste (Matth. XIV, 2). Le Talmud aussi semble admettre que certains personnages apparaissent plusieurs fois dans l'histoire. Des rabbins professèrent que Dieu a créé un nombre liniité d'âmes israélites, qui reviennent sans cesse, aussi longtemps qu'il y a des juifs sur la terre. La Gabbale déclare que ces pérégrinations cessent quand l'âme est digne de rentrer dans le palais du roi céleste. Les néoplatoniciens aussi. Porphyre et Jamblique, dispensent les âmes les plus pures d'un retour sur la terre. Plusieurs sectes gnostiques adoptèrent l? métempsychose ; Basilide (Origène, Comment in epuL ad Rom. ,ch. v) invoquait le témoignage de saint Paul, Rom. VII, 9, et Garpocrate celui de Jésus-Ghrist, Matth. V, 25 (Irénée, I, 25, 4). Ghez les manichéens, le simple « auditeur » devait s'attendre à passer par bien des plantes et des corps humains, avant de devenir un « élu » ; et chez les cathares, les membres fidèles dp la secte étaient seuls préservés de migrations ultérieures à travers le règne animal et le règne humain ; ceux qui
126 MÉTEMPSTCHOSE --- MÉTHODE
avaiefti été né^igemls. étaiest, à leur mort, obligés d'Mitrer dans «a nouveau corps p<Mur achever lewr pénileiMe. Le» Dr«ses crôîeai que le Bonbre dea hommes créés i>ar ITiiifteèligeftee suiMrèaae est e<»stant, et qu'ika vepavaîsseni pliisîeiiiffs fois surla tefre^ leur eondilAett variaaît seioa le degré de leur vespeet pour la vérité. •««• La oiétempsycliose fat combatlne par Jttstia Martyr, Ùiahf. e. ft^pk, ; Iiéadès, C^ ^anr., II, 33 ; lettuUien, D$ mnima^ ck. xxxu^xxxr ; A«gifôtîn. CitA. dn, X, »^ et C^ f^mt.^ 5, i& ; Théedorel, Grmarmn afiweiiêtyim cupoêimf XI; Buée de Gaza^ TMêphraM. Los Pérès ol^eeikâeat : que uoua n'avons aneiin souvenir d'une eaisleace aniérîeoreet ne pemrriteins faire«pènî* tence depéehés ioeonnus ; que Tidée de diiérenls corpe hakitéasuceessivemeal ne se eoneilie guère avec la doclrkte de ta réaurrecAîon, «pu statue la restitution d'un orgaûsmieietnoa Vamalgame ée plusieurs. Mais ce qui a surtout eflapêehé que cette dectrine fût aec^tée dans VKg ise, c^est FantagcMaîsme fosidamental des denx cooe^lions^ païenne et càréàîenne. La croyance à la méteaupsychase repeee sur cette idée^ qise la terre est le sijour de la «raie etpleîoe vie, keice«tre du monde ; dèa le«rs, ref^aâlrft ici est la condition de rimmortalité complète ; c'e^ ainsi que rinetincl de la oonserratien> le. paees^iitimeni d'une vie futnre put sa sntisfaîre d'akord; et si les.diveKes Ihéories qui représentèrent les s^éyours snoceseifs coauna une ptépa* ratiem pour une vie sapérienreoeaskituaient une translonnatîatt yiàlosophiqne de ce teihirisnie naïf, c^fMudant elles demeureienl tdèles à la coaccfition première, p«isqu'ettss ^tuaient que ht terre^ est le seul lieu uà ceae purification puisse s'accomplir. Par contre^ longtemps avant que Tastronooftie eût démontré que notre gioW n'est pas le centra du monde, le christianisme^ à son poinA de wke reli* gieus, avait tnen diminné rimtpoflance de la terre, et sans méeen* naîtra la r6la de noire séjour iei-has;, il iio«a invitait à oansidérar comme secondaires les avantages et lea Uens de la réalité présente. De nos jours, on a décoré du mam da métempsycbose diverses rdwries pantbéistiqnes (Cb. laurier cA autres) qui reposent sur l'idée de la permanence de la Tie ; mais cette appdiatia» est inexacte, car les théertes en question ne sauvegardent pas la distinction individuelle des âmes dans les transformations de la substance ceeraiqne. — Voyez Scblosser, Vebér ém Setéêuwai»d0rmt§^ liai ; Ckina, Diù aaJe iér Smèeuwanéevun^kifpoikese, 1791 ; i. A. Wendel, Dt Umpsychoei% nuper defêtwè, 1B28 ; T. Delitaseb, BM. PipchohgiBy 1861, ^h. VII, § d. A. MArnm.
. HtlBOBB (Saint), évèque d'Olympe el de Patara en Lycie, puis de'Tpr en Pbénicie, subit le martyre vers Tan 311 pendant la perséeution ordonnée par Mazimin. II est souvent mentionné, à cause del'o^iiosltion qu'il fil aux idées d'Origène, bien qa'ii eût Ini-mème subi leur influence. Méthode reproche an grand docteur d'Alexandrie le dualisme qu'il établit entre Tesprit et la matière, il combat la théorie de la préexistence des âmes et celle du rétablissement final. La chair aussi participe, d'après lui, à la résurrection, et le monde aduel n^eat pas détruit, mais seulement purifié par le feu. Bn morale. Méthode
METUDOE 127
peaefce vers TascéàisiDe^ et «ft exégèse iii se aevt ée bi Méikode allégorkpief toaiecMiKDe sea iUasIre adversebre. Sesprineipeux ouvrages soeA : i* D^ rtiuFrM<t0»« ; ^ Ih «rvaiîf , dait il ne reste que des fra^ ne«ts insérés daas EpîpbaAe {Smrtt., §4) et dans Piielîiis (Cmi. 201- 23(2) ; 3^ De TaM.a^ii^iie nirgiMië et éê la chmmè^ inpritté peur Léo AUatîuSy sous le iictre Convimium Awtm vivginymy Rone, 168$ ; par le P. Poossines, Parie^ l€&7 ; par le P. fiesabefisy dans sou AmtnàaT. BUL PP. firaro., l67âL Le traité IM làèer» arbiâno, aUribuépar Jérûniê {De vitëlttsir.^^; Epi$t^M) à Méthode et puhKé par Gomkels, en grée et en latio, avee des nolesy Parisy 1644. in-f, fait partie de Feutrage du philosophe Maxînae np) Ski^ç. Lee OHivres conpIMes de Méàhode esl été réimprimais dans la BibL «lear. P«^r. de LyoDr I. IH ; cf. A^Maji^ Scfij^t. va. mm\ wU., VU^ I, pv4a, ^^ iOft; HeHcheaiiis, .d^. ^iS., I. Yll, >0Mi ; Tilleiaoat, MAmm-m, V, 461 ; GeUier» Mist. des mui. Mcr^ ek eeti.^ Yl^ 26 ss.
HfclHOUr a^ôAre des Slaves. Les Slaves qiû recottnaissaîenl un Dieu uni%iie, ducfuel prooédaieni lesi- divinités bonnes on maarvaîses, entrèrent en rapport aeee la civilisatistn occidentale à la suite des conquêtes, aussi fugiiives que brillantes, de Gbarlemagne. Le grand empereur franc chargea de la conversion des tribus slaves, que ses armes ui'aivaienl fut qo*effleurer, rarchev4qae de Salzbouvg et Tévèque de Pamau. Mais comment des tribas anraient«eUes pu accepter une rehgion, quâ s'appu^rait sur leurs ennemis mortels^ l^nr imposait une langue inconnue et réclamait surtout la dlme? Cette répugnance légitime nous explique Tappel et les succès de Méthode, irère de CyTiUe(voirC£i»'i^), et comme hsi apAtre des Slaves. Méthode, né à Sahmique vers la fin du huitième siècle, appartenait à une fomille inAusnte, que Ton croît, avoir été d'origine slave. Elève des couvents du mont Olympe, il se consacra à l'étude des lettres, et des arts, tandis que son frère méritait le nom de philosophe par la profondeur é» ses Invaux et les succès de sa petémîqoe. Pendant que Goustantin cjhmchaît à gagner à TEvangile les chaxares de Grimée, Méthode devenmt un peintre éminent et il ne prit part aux trayaux de son frère qu'à partir de 860. Bogoris, roi des Bulgares, tribu émigrée des bords du Yolga lors de l'invasion mongole, entra en relations avec t^B^ise. grecque et la légende rapporte que Méthode accomplit sa conversîett en peignant sur les murs de son palais une série de scènes do jugement dîernîw, qui éveillèrent dans Fàme du barbare une ter* reur salutaire. Ce fut dîans la grande Moravie que Méthode remporta sas triomphes les plus durables. 11 les dut à la largeur chrétienne de son esprit affranchi des préjugés étroits de secte, à son respect pour les langues nationales, dont il favorisa l'essor en répandant l'usage ^e l'alphabet, dont son frère fut le créateur, à son indépendance de earaetère, qui lui permit de se rattacher au siège de Rooae, sans rien sacrifter de ses origines et de ses principes. Le champ de son activité dépassait d'ailleurs de beaucoup les limites de la Moravie actuelle, car le royaume de la grande Moravie, fondé par Morimir, embrassait, outre la Silésie, une partie de la Groatia et de la Hongrie, la
rouge et Gnesen, ce qui nous explique la légende de la conversion de la Pologne entière par Méthode. Après avoir infligé à Morimir en 846 une défaite décisive, Louis le Germanique donna la couronne à Rastislav, qui sut reconquérir son indépendance avec le concours des Bulgares déjà slavisés et qui entra en rapport avec l'empereur grec Michel m en 863. Désireux d'assurer à ses peuples les bienfaits de la civilisation par leur entrée dans TËglise chrétienne, mais jaloux en môme temps de maintenir son indépendance en face du clergé allemand et de Rome, ayant déjà entendu parler du succès des deux frères, il les appela à sa cour à Welckrad ou Kradisch. GoUaboraleor de son frère pendant quatre années (864-869) dans la traduction des livres liturgiques en langue slave gr&ce à Talphabet cyrillique, dans les premiers travaux de traduction des livres saints et dans la fondation d'une Eglise nationale. Méthode, qui l'avait accompagné à Rome et qui l'assista dans ses derniers moments, revint en Moravie avec le titre d'archevêque métropolitain sans demeure fixe, suivant la cour dans les diverses résidences royales et souvent contraint par les vicissitudes politiques de passer d'une contrée dans une autre. Dès 870, le neveu de Rastislav, prince ambitieux et sans scrupule, fit son oncle prisonnier avec le concours du prince Carloman, fils de Louis le Germanique. Menacé à son tour dans son indépendance parles Allemands, il sut la défendre avec succès grâce à l'appui de Borziwoî, duc de Bohême, et obtint en 874 une paix honorable. Méthode, qui avait des raisons sérieuses de craindre l'inimitié du nouveau souverain favorable aux prétentions du clergé allemand, se retira en Pannonie. L'archevêque de Salzbourg avait cherché à le rendre suspect au pape Jean YIII qui, dans une lettre adressée à l'évêque de Moravie, lui défenditde se servir de la langue slave en dehors de la prédication. Revenu en Moravie en 877, Méthode baptisa l'année suivante Borziwoi et mérita par là le titre d'apôtre de la Bohême, qu'il a peut-être visitée et évangélisée. C'est à cette époque que fut construite, à trois heures de Prague, l'une des premières églises de la Bohême. Mais le parti clérical allemand ne perdait pas une occasion de lui nuire. Devenu encore une fois suspect à S watopluck et à Jean YIII, Méthode se rendit à Rome, démontra victorieusement au pape que le fameux filïoque ne figurait point dans les anciennes confessions de foi œcuméniques et défendit avec succès l'usage de la langue slave dans le culte en montrant, comme l'ont fait depuis les protestants, que Dieu veut être célébré dans toutes les langues des enfants des hommes et non pas en langue inconnue. Contre toute attente Jean YIII se prononça en sa faveur et il n'est pas malaisé de connaître les mobiles de cette résolution plus politique que religieuse. Jean YIII cherchait dès lors i rattacher les Bulgares à l'Eglise latine et prévoyait avec raison que les Slaves, favorisés dans leurs sentiments religieux, se rapprocheraient sans espoir de retour de l'Eglise grecque. S w^atopluck, changeant une fois encore de politique, se réconcilia avec Méthode par haine dés Allemands, mais mourut dès 882. Ce fut un coup cruel pour Méthode, exposé sans défense aux attaques d'ennemis implacables. Les
MÉTHODE - METHODISME ii9
traditions varient sur les dernières années de Méthode ; nous le voyons consacrer en 884 Téglise de Saint-Pierre de Briinn, lutter contre Wiching de Reichenau, que ses ennemis lui opposent, puis enfin être une fois encore appelé à Rome, où la mort ne lui permit pas de se rendre. Nous suivons la tradition qui Ûxe sa mort au 6 avril 885 ; d'autres traditions prolongent sa vie jusqu*en 910. Son successeur, Gosred, dut abandonner la place à Wiching. Les disciples de Méthode persécutés se réfugièrent en Bulgarie, d*où leur alphabet et leur liturgie passèrent plus tard aux Russes. Dès 879 les Croates qui, eux aussi, luttaient pour leur indépendance contre les Allemands, adoptèrent avec enthousiasme la liturgie et Talphabet cyrilliques. — Outre les sources indiquées à Tarticle CynUf, voyez Louis Léger, Cyrille ei àîélhode; Morawetz, ifor. Hùt. excLy Brunnii 1785 ; Dobrowsky, Cyrill und Meth., Prague, 1823. A. Paumibr.
HÉTflODS, surnommé le Confesseur, patriarche de Constantinople, né à Syracuse, mort en 846. Il était entré dans les ordres, lorsque le patriarche Nicéphore Tenvoya auprès du pape Pascal, aûn de solliciter son intervention auprès de l empereur Michel. De retour à Constantinople avec une lettre du pape, il fut condamné par Tempereur, irrité de cette missive, à recevoir sept cents coups de fouet et à être jeté dans une prison d'une île de la Propontide, où il ne subsista que par rhumanité d'un pêcheur. Rappelé par Théophile, successeur de Michel, il se montra, comme par le passé, ferme adhérent du culte des images, offensa le nouvel empereur en refusant de renoncer à ses idées et fut de nouveau exilé, après avoir été fouetté de nouveau. Toutefois, l'empereur révoqua peu après son ordre d'exil et rappela Méthode qui, après la mort de ce prince (842), devint patriarche de Constantinople. Son premier soin fut d'assembler un concile pour rétablir le culte des images. Méthode a laissé plusieuris ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Eiicomium sancii Dionisii Areopagitx (Florence, 1516, in-S*") ; Encomium sanctx Agalhx^ inséré dans la Diatribe de Méthode d'AUalius; des homélies publiées dans la Bibliothèque des pères de CombéÛs, etc. On croit qu'il est l'auteur des Aevelationes de rébus qux ab initio mundi conligerunl el deinceps contingere debant^ plusieurs fois éditées, et qu'on attribue ordinairement à saint Méthode, évèque d'Olympe et de Patara. — Voyez Allatius, Diairibade M^ihodio; Fabricius, BibL grxca, vol. VII.
MÉTHODISME. Ce mot a été d'un usage assez fréquent dans la langue religieuse avant d'entrer définitivement dans l'histoire ecclésiastique comme nom d'une importante fraction du protestantisme. On le trouve employé en Angleterre comme synonyme de puritain, au commencement du dix-septième siècle. En France, on appela méthodistes, à la même époque, les polémistes catholiques qui combattirent' le protestantisme. Aujourd'hui, ce nom s'applique à peu près exclusivement à la nombreuse famille d'Eglises qui se rattachent au mouvement religieux dont les deux Wesley et WhiteÛeld furent les initiateurs dans la Grande-Bretagne, au siècle dernier.
I. HISTOIRE. On trouvera dans des articles spéciaux des détails bio-
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^aphiques sur les fondateurs du méthodisme (voy. art. Wesley, WhiteMU ^ *«» Aabury, Fletcher, etc.). Ce fut vers 1729 que le terme de méthodistes fut appliqué par dérision à quelques étudiants de Tuniversité d'Oxford, qui se distinguaient de leurs camarades par leur piété entachée d'ascétisme. Ces jeunes théologiens, qui ne furent jamais plus de quatorze ou quinze, formèrent une association pieuse 6t studieuse, que Ton appela plaisamment le club des saints {thfhidy cliib), et dont les principaux membres furent John et Charles Wesley, Georges Whitefleld, James Hervey, YsLuienr des Méditations, Benjamin Ingham, Tévangéliste du Yorkshire, John Gambold, Tévôque moraye, qui marquèrent à des degrés divers dans révolution religieuse du dixhuitième siècle. A ses débuts à Oxford, le méthodisme diffère profondément de ce qu'il sera par la suite; il est mystique, rituaUste, tourné -vers la vie contemplative, et semble plutôt en voie de produire une confrérie d'ascètes qu'une puissante association missionnaire. 11 y a toutefois un trait commun entre les deux phases du mouvement : <5'est la môme sève morale que l'on retrouve chez ces étudiants, qu un vif sentiment du péché pousse aux macérations, et chez ces ardents évangélistes qui sauront parler aux consciences avec tant de force. Pour que ce besoin de sainteté aboutit à quelque chose de mieux qu'un stérile néo-catholicisme, il fallait que les méthodistes d'Oxford retrouvassent le principe vital de la réformation, la justification par la foi, que l'anglicanisme avait à peu près abandonné. Une courte mission en Géorgie, colonie nouvelle, que venait de fonder en Amérique le général Oglethorpe, mit les deux Wesley en relation avec des émigrants moraves qui les initièrent à un christianisme plus intérieur et plus efficace que celui qu'ils connaissaient. De retour à Londres, ils se rapprochèrent de la petite société morave de Petler- Lane, et ce fut dans ce milieu que John Wesley conquit de haute lutte cette assurance de foi, que les entretiens du morave Boebler lui avaient représenté comme le privilège du chrétien, (hose remarquable ! ce fut en entendant lire, dans la préface de Luther à l'épître aux Romains, la description du changement que la foi opère dans les relations de l'homme avec Dieu, que Wesley trouva la paix intérieure. A deux siècles de distance, la grande voix du nioine saxon apporta la lumière dans une âme qui devait à son tour la faire rayonner sur d'innombrables multitudes. Whitefield avait traversé une crise analogue pendant que ses deux amis étaient en Amérique. La simple prédication de la doctrine de la grâce qu'ils portèrent aussitôt dans les chaires de l'Eglise anglicane, avec un enthousiasme de néophytes, eut un succès d'étonnement et bientôt de scandale. Le peuple était fort ignorant en religion, et le clergé officiel, sauf de rares exceptions, était endormi dans la routine ecclésiastique. Nous avons, sur l'état religieux de l'Angleterre à cette époque, lé témoignage de deux Français qui la visitèrent; l'un d'eux, Montesquieu, résumait ainsi son impression : « Point de religion en Angleterre ! » et l'autre. Voltaire, écrivait dans le même sens : « On est si tiède en Angleterre, qu'il n'y a plus guère de fortune à faire pour une religion nouvelle ou renou-
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-velée. » L'empressement que mirent les foules à écouter TEvangile, prdché avec une éloquence passionnée par Whitefield, et avec une •calme et puissante logique par Wesley, donna un démenti à la prédiction pessimiste de Voltaire; et, d'autre part, Tattitude, d'abord réservée et bientôt hostile du clergé, ne justifia que trop l'accusation nie tiédeur. Les ministres«qui avaient fait prêcher dans leUi^s chaires ces jeunes prédicateurs, gradués d'Oxford et munis de l'ordination épiscopale, s'effrayèrent des hardiesses et des sévérités de leur enseignement, et ne les invitèrent plus. Ceux-ci, éclairés par leurs premiers succès et par les besoins religieux dont ils.étaient la manifestation, obéissant d'ailleurs à une vocation irrésistible, ne se sentirent pas libres de reculer; ne pouvant plus prêcher que rarement dans les églises, ils évangélisèrent dans les maisons particulières et dans les prisons. Le 17 février 1739, WhiteÛeld prêcha pour la première fois ^n plein air, à Kingswood, près de Bristol, au milieu de mineurs à moitié sauvages, dont aucune Eglise ne prenait soin ; il en eut deux cents le premier jour, deux mille le lendemain, à sa troisième visite •quatre ou cinq mille, et bientôt dix et quinze mille. Au mois d'avril, "V^esley, qui avait eu quelques scrupules d'abord à imiter son ami, prêcha à son tour en plein air, au grand scandale de tous ceux qui n'admettaient pas « qu'il fût permis de faire son salut ailleurs qu'à l'église. » Cette innovation, qui parut très hardie à cette époque, fut amenée, on le voit, par l'impossibilité de faire autrement. Elle donna au méthodisme le champ de bataille sur lequel il remporta ses plus belles victoires. Sans la prédication en plein air, il serait sans doute Hievenu une simple communauté piétiste, agissant sur de petits cercles d'adhérents, mais sans action sur les masses. Cette innovation en appelait une autre ; si la prédication en plein air était le champ de bataille, Titinérance fut la faculté de s'y mouvoir à l'aise. Wesley et ses amis se refusèrent à prendre la charge d'une paroisse, afin de pouvoir se transporter d'un lieu à l'autre et répondre aux appels qui leur venaient de toutes parts. Ce ministère irrégulier et noiuade souleva les vives protestations de l'épiscopat, qui essaya pair tous les moyens de le faire cesser. A l'évèque de Bristol, qui lut déniait le droit de prêcher dans son diocèse, Wesley répondait tranquillement que le formulaire de son ordination* l'avait fait ministre de l'Eglise universelle. A des amis qui le pressaient de prendre la direction d'une paroisse, il répondait qu'il serait temps pour lui d'y penser lorsqu'on lui en offrirait une, et qu'en attendant, il regardait le monde entier •comme sa paroisse, « par où, ajoutait-il, je veux dire qu'en quelque part du monde que je me trouve, je considère que c'est mon droit et mon devoir strict d'annoncer à tous ceux qui veulent m'entendre la bonne nouvelle du salut. » La prédication liSque naquit, elle aussi, de la force des choses, bien plus que de la volonté de Wesley et de ses amis. Dès 1739, un laïque, John Cennick, commença à prêcher à Kingswood, mais ce ne fut qu'en 1742 que cette innovation, qui parut alors très hardie, se produisit avec un certain éclat à Londres même. Wesley, qui avait d'abord senti tous ses préjugés ecclésiastiques se
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soulever contre cette intrusion des laïques dans la prédication évangélique, s'inclina devant ce qui lui parut une nécessité providentielle. A Bristol comme à Londres, dès cette année 1739 (que Ton considère avec raison comme celle de la naissance du méthodisme), Wesley groupa les convertis en petites sociétés sur le type morave ; ce fut le germe de ces classes {cla s meeting^), qui ferment Tun des trait essentiels de Torganisation du méthodisme. Ajoutons, qu*en cette même année, Wesley construisait un lieu de culte pour la société de Bristol et une salle d*école pour les mineurs de Kingswood, et qu'il achetait à Londres une ancienne fonderie de canons pour la transformer en chapelle. A la fin de Tannée, non seulement Londres, mais Bristol et ses environs et le pays de Galles avaient entendu la prédication des ardents évangélistes, et elle avait produit partout des effets extraordinaires. « Une éloquence austère et animée, qui ne ménageait aucune des faiblesses de ceux qu'elle voulait gagner, qui ne savait que maudire le péché et effrayer la conscience, troublait d'une émotion profonde des multitudes insensibles jusque-là à tout ce qui n'était* pas la vie de la chair. Des pleurs, des sanglots, des cris de douleur couvraient par moments la voix de l'orateur. Des pécheurs, saisis d'épouvante ou ravis d'enthousiasme, tombaient avec des frémissements presque convulsifs » (Rémusat, Wesley et le Méthodisme^ p. 37). Ces phénomènes physiques furent fréquents pendant ces premiers temps, et ils ont reparu à diverses reprises dans l'histoire des réveils religieux. Ils ne furent qu'une manifestation transitoire d'une œuvre profonde de régénération morale, mais ils fournirent un prétexte de récriminations à tous ceux qui préféraient crier au fanatisme que de s'associer au mouvement religieux. Rien n'égala l'âpreté des colères .qui accueillirent le méthodisme à ses débuts, si ce n'est la sérénité imperturbable avec laquelle ses chefs subirent toutes les attaques et toutes les avanies. Admonitions de la part des évèques, dénonciations du haut de la chaire, articles virulents dans les journaux, pamphlets en prose et en vers (il en parut une vingtaine en 1739), l'hostilité au réveil prit toutes ces formes dès la première heure, en attendant qu'elle dégénérât en persécution violente. A peine né, le méthodisme traversa une crise intérieure plus redoutable que l'opposition de ses adversaires. Wesley et ses amis avaient les plus grandes obligations aux moraves, qui lesavaient mis en possession de la doctrine centrale de la réformation, et, pendant quelque temps, ils travaillèrent d'accord. Toutefois, il existait entre eux une incompatibilité d*humeur qui devait finir par éclater : l'esprit pratique de Wesley ne pouvait s'accommoder du jargon, mystique et du quiétisme sentimental qui étaient en honneur dans la^ société morave de Londres, et celle-ci ne savait pas prendre son parts des ardeurs conquérantes du réveil anglais Deux types très distincts de piété et de théologie, le type allemand et le type anglais, se trouvaient rapprochés momentanément et l'union n'eût été possible entre eux que par des concessions réciproques, qui ne furent pas faites. La situation, déjà délicate, s'aggrava par l'arrivée à Londres d'un morave
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alsacien, Philippe-Henri Molther, qui prit là haute direction de la société morave, et lui inculqua un enseignement antinomien et quiétiste qui, aux yeux de Wesley, dénaturait la doctrine du salut. Les partisans de Molther, considérant Wesley comme incapable de s'élever jusqu'à la haute spiritualité à laquelle ils avaient pris goût, lui fermèrent la chaire de Fetter-Lane, le 16 juillet 1740. Quatre jours plus tard, il rompit lui-même définitivement avec les moraves, après leur avoir lu une déclaration où il indiquait ses motifs. Le 23 juillet, les membres qui étaient d'accord avec lui, se réunirent en société distincte dans la chapelle de la Fonderie. Zinzendorf intervint pour faire cesser ce schisme ; il n'y réussit pas. Le méthodisme, quoique issu du moravianisme, et d'accord avec lui sur les questions essen* iielles, devait se créer une voie distincte pour répondre à des besoins différents. Un schisme, plus grave encore que celui-là, divisa, l'année suivante, le méthodisme en deux tronçons. Whitefield était devenu partisan convaincu du point de vue calviniste sur la doctrine de l'élection et de la prédestination, sous l'influence des presbytériens d'Ecosse et des indépendants de la Nouvelle-Angleterre. Wesley, au contraire, était resté sur ce point fidèle à la tradition arminienne qui prévalait dans l'Eglise anglicane. Les. deux amis avaient l'âme trop chrétienne pour ne pas être disposés à se faire de mutuelles concessions sur une question d'importance secondaire. Leurs partisans ne furent pas aussi sages, et, à Londres comme à Bristol, des querelles théologiques divisèrent les sociétés. Wesley crut devoir défendre son point de vue dans un sermon sur la Libre yrâce^ qu'il publia en 1740. Whilefield, de retour d'Amérique quelques mois plus tard, répondit •en livrant à Timpression une lettre qu'il adressait à Wesley et où il le prenait à partie personnellement avec une grande vivacité. La séparation devenait inévitable, et le méthodisme se divisa en deux branches: l'une calviniste et l'autre arminienne. Cette dernière, sous la direction d'un homme à qui l'historien Macaulay reconnaît des dons de gouvernement comparables' à ceux de Richelieu, devait prendre des développements considérables et pousser dans toutes les directions ses jets vigoureux. La branche calviniste ne créa qu'un nombre restreint de communautés, qui durent leur naissance plus encore au zèle ardent et généreux de lady Huntingdon et aux travaux de Howell Harris, l'évangéliste du pays de Galles, qu'à l'action directe de Whitefield. Celui-ci, plus remarquablement doué que Wesley comme prédicateur et, à tout prendre, l'une des organisations oratoires les plus brillantes que l'Eglise chrétienne ait produites, manquait de ce talent d'organisation qui marqua l'œuvre de Wesley du cachet de la consistance et de la durée. Il vivifia, par sa prédication enflammée, beaucoup d'Eglises en Amérique et dans la Grande-Bretagne, mais il ne laissa pas après lui un organisme ecclésiastique pour continuer son œuvre. Malgré ces crises intérieures, le méthodisme étendait son action d'année en année. Un simple maçon du comté <!' York, John Nelson, converti pendant un séjour à Londres, s'était mis à annoncer l'Evangile dans son pays natal et devint par la suite
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rùn des collaborateurs laïques les plus distingués de Wesley. Cette classe d'agents, qu'il appelait ses auxiliaires (helpers)^ se multiplia rapidement. A Torigine, ils menaient de front leur humble ministère et les travaux d'une vocation souvent manuelle. Us devaient se considérer comme de simples laïques et, sauf la prédication, s'interdire toute ingérence dans les fonctions ecclésiastiques. A ces auxiliaires improvisés, qu'il empruntait aux travaux de la charrue ou de l'atelier, Wesley demandait trois choses : une piété claire et vivante, par où il entendait le sentiment du pardon et de l'amour de Dieu, avec une conduite sans reproche; des dons pour l'évangélisation, tels qu'une bonne dose d'intelligence, une claire conception du salut par la foi, la faculté de s'exprimer avec précision et clarté; et enfin des fruits, des conversions déjà obtenues qui fussent comme l'attestation divine de leur vocation. Leur culture intellectuelle laissait fort à désirer, nul ne s'en rendait mieux compte que Wesley; mais, en présence du mauvais vouloir que le clergé régulier témoignait au réveil, il n'hésita pas à se servir de ce qui était sous sa main. Admirablement dirigés et disciplinés, tenus en haleine par l'itinérance, encouragés à l'étude par les conseils et l'exemple de leur chef, ces agents ne furent pas inférieurs à leur tâche ; ils formèrent une milice qui, à défaut de l'instruction technique, posséda ces qualités de bravoure et d'endurance qui assurent la victoire. Rien n'égala leurs travaux si ce n'est leurs souffrances. Ils eurent à subir l'opposition des magistrats qui les faisaient mettre en prison ou enrôler dans l'armée comme vagabonds, des ministres anglicans qui les dénonçaient du haut de la chaire à Tanimadversion publique, des populations elles-mêmes qui les abreuvèrent d'insultes et de mauvais traitements. La plèbe anglaise avait à cette époque des mœurs grossières et des instincts brutaux ; elle avait gardé des révolutions du siècle précédent un goût prononcé pour lès émeutes, et l'intolérance, que ne pratiquait plus le gouvernement, était restée dans les mœurs du peuple. Chapelles * saccagées et démolies, assemblées religieuses dispersées par la violence, prédicateurs assaillis de projectiles et plus d'une fois mourant des mauvais traitements qu'ils avaient subis, ces faits se renouvelèrent souvent à cette époque et ne découragèrent pas le zèle des prédicateurs méthodistes. En 1744, ils étaient déjà une cinquantaine, et les membres des sociétés se comptaient par milliers. C'était le moment de coordonner tous ces travaux et d'unir par un lien fraternel tous ces ouvriers. La première conférence eut lieu à Londres en 1744, et dès lors Wesley réunit chaque année, autour de lui, ses prédicateurs pour s'entretenir avec eux des intérêts de l'œuvre. En organisant ses sociétés, il n'entendait en aucune façon fonder une Eglise rivale de TEglise établie. Dès cette première conférence, cette question se posa: « Sommes-nous dissidents? » La réponse fut celle-ci : « Non. Quoique nous appelions les pécheurs à la repentance en tout lieu, que nous usions fréquemment de prières improvisées, et que nous formions une société religieuse, nous ne sommes pas dissidents dans la seule acception où nos lois emploient ce terme, en
rappliquant à ceux qui renoncent aux services de l'Eglise. Nous ne nous séparons pas, nous ne voulons pas nous séparer de l'Ëglise. » L'attitude hostile de la plupart des ministres de 1 Eglise établie devait, sinon lasser Taffection de Wesley, au moins paralyser son bon vouloir. Il espéra longtemps qu'une entente cor* diale finirait par s'établir entre le clergé régulier et ce corps d'évangélistes itinérants qu'il formait en vue du relèvement de TEglise; mais cette espérance fut déçue. A l'exception de quelques ministres, tels que Fletcher, Grimshaw, Perronnet, etc., tous ou lui firent la plus vive opposition ou lui témoignèrent Tindifférence la plus complète. Une circulaire qu'il adressa, en 1764, aux pasteurs pour les inviter à chercher avec lui les bases d'une entente, n'obtint aucune réponse. L Eglise anglicane repoussait dédaigneusement la loyale main que lui offrait l'un de ses fils les plus dévoués et les pluscapables de l'arracher à la décadence qui la menaçait. La situation qui était ainsi faite au méthodisme était singulière : désavoué par TEglise anglicane, il s'attachait à elle malgré elle et se refusait absolument à se constituer en Eglise distincte ; il envoyait ses convertis participer au culte et à la communion dans les églises paroissiales, au risque de les voir exclure de la sainte cène par des ministres qui y recevaient sans scrupules les pécheurs scandaleux. Cette situation ecclésiastique mal définie fut la source de nombreuses difficultés, mais il est permis de penser qu'elle fut plus utile à la cause du réveil que ne l'aurait été une attitude plus tranchée. En un siècle où le non-conformisme était en pleine décadence, le méthodisme, en faisant cause commune avec lui, se fût réduit à l'impuissance: Indépendant par choix à l'égard de la dissidence, indépendant malgrélui à regard de l'anglicanisme, il put vivifier l'un et l'autre ; allégé du côté des préoccupations ecclésiastiques, il se voua sans réserve à la grande œuvre d'évangélisation que la Providence plaçait devant lui. Cette œuvre se développait d'année en année. Wesley parcourait à cheval l'Angleterre de l'extrémité du Cornouailles jusqu'aux frontières de l'Ecosse, prêchant sur les places publiques et dans les maisons particulières, groupant en classes les personnes réveillées par sa prédication, instituant des conducteurs (le'iders) et des prédicateurs, aùxquel il donnait un circuit à parcourir^ avec de nombreuses localités à évangéliser. Des groupes méthodistes se formaient spontanément en une foule de lieux et se mettaient ensuite en relation avec Wesley. L'armée anglaise avait dans ses rangs des méthodistes qui évangélisaient leurs camarades, et à la bataille de Fontenoy, plusieurs montrèrent comment des soldats chrétiens savent faire leur devoir et mourir. En 1747, le mouvement religieux atteignait l'Irlande, et de nombreuses conversions s'y produisaient; nulle part le méthodisme n'a eu une histoire plus riche en dévouement et en héroïsme que dans celte île. En 1760, Nathanaël Gilbert,, riche planteur des Antilles, amené à TEvangile par Wesley pendant un séjour en Angleterre, introduisait, le méthodisme à Antigoa ; il pénétrait, cinq ans plus tard, à Terre-Neuve par le ministère de
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Lawrence Goughlan ; en 1775, Pierre Lesueur, de Tiie de Jersey, converti à Terre-Neuve, où il était allépourses affaires, introduisait ieméthodisme dans les îles de la Manche, d^oii, en 1790, il passa en France. Ce fut en 1760 que quelques émigrants méthodistes débarquèrent à New- York. Ce premier noyau grossit peu à peu, et, neuf ans plus tard, deux prédicateurs, Boardman et Pilmoor, furent envoyés d*Angleterre par la conférence pour prendre la direction des sociétés qui s'étaient formées «spontanément. Lorsque les Etats-Unis se déclarèrent indépendants de TAngleterre, il s'y trouvait déjà quinze mille méthodistes. L'Eglise anglicane, à laquelle ils se rattachaient, n'avait jamais eu en Amérique la prépondérance qu'elle avait eue dans la mère patrie, et son caractère d'Eglise politique amena sa complète dislocation au sein d'un ordre de choses qui ne reconnaissait plus d'Eglise d'Etat. Le méthodisme américain se fût fermé l'avenir, s'il eût lié ses destinées à celles de cette institution. Wesley le comprit et prouva qu'il était, lorsque les circonstances le demandaient, à la hauteur des déterminations les plus hardies. L'Eglise qu'il fonda de toutes pièces, porte l'empreinte de son caractère à la fois respectueux du passé et courageusement novateur. Il lui donna un épiscopat, mais dépouillé de toute prétention sacerdotale, un épiscopat tout moral, comme celui qu'il exerçait lui-même. Se considérant, lui simple prêtre de l'Eglise d'Angleterre, comme « un episcnpos au sens de l'Ecriture, » il conféra, le 2 septembre 1784, l'ordination épiscopale au docteur Coke (voy. art. C"ke), et en fit le premier évèque de l'Eglise méthodiste d'Amérique. Celui-ci convoqua à Baltimore (déc. 1784) une conférence, qui sanctionna le plan préparé par Wesley et adjoignit à Coke, pour collègue dans l'épiscopat, Francis Asbury (voy. art. Asbury), qui fut le vrai fondateur de l'Eglise méthodiste épiscopale. Dans toute cette affaire, qui lui valut une vive opposition, même de la part de son frère Charles, Wesley avait obéi à ce qu'il croyait une nécessité impérieuse, et ce qui le prouve, c'est qu'il s'abstint de faire pour ses sociétés d'Angleterre ce qu'il venait défaire poiir celles d'Amérique. Malgré leurs réclamations de plus en plus vives, il se refusa, sauf de très rares exceptions, à autoriser ses prédicateurs à administrer les sacrements. Mais il reconnaissait luimême que cette situation d'auxiliaires bénévoles et toujours désavoués de l'anglicanisme ne pourrait convenir à ses successeurs et que l'heure des transformations nécessaires suivrait de près celle de sa mort. AOn d'assurer la continuation de son œuvre après lui, il fit enregistrer à la chancellerie du royaume un document, dit Deed of Declaraiinn^ qui assurait une sorte de reconnaissance légale au méthodisme et qui constituait, pour veiller à ses intérêts, une conférence annuelle de cent prédicateurs désignés nominativement et se renouvelant eux-mêmes par l'élection. A sa mort, survenue en 1791, Wesley laissait derrière lui, comme résultats visibles de ses travaux, 540 prédicateurs itinérants, dont 313 en Angleterre et 227 en Amérique; 134,599 membres, dont 76,968 en Angleterre et 57,631 en Amérique. Cette communauté déjà si considérable avait reçu de son
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fondateur une organisation admirablement adaptée à une œuvre d'évaogélisation populaire, une psalmodie incomparable, une littérature riche et variée, des établissements d'éducation qui ne demandaient qu*à grandir, une impulsion missionnaire qui devait être féconde. — Le dualisme ecclésiastique, qui n*avait pas cessé d'exister dans la pensée de Wesley et qui Tavait empêché de rendre ses sociétés complètement indépendantes, se retrouvait à Tétat latent dans les sociétés elles-mêmes, et ne pouvait manquer de provoquer des luttes et des schismes, après la disparition de la puissante personnalité qui leur servait de lien. Un grand nombre de sociétés demandaient pour leurs prédicateurs le droit d'administrer les sacrements ; d'autres menaçaient de faire schisme si ce droit. était admis. Celte question fut, pendant plusieurs années, l'occasion de péniblesdébats. La conférence qui suivit la mort de Wesley, embarrassée devant des prétentions opposées, recommanda qu'on s'en tînt au «plan de Wesley. » Gela ne satisfit personne, et l'agitation redoubla. La conférence de 1792, partagée entre deux courants contraires, eut recours à une pratique qui n'est pas défendable, quoique s'autorisant d'un précédent apostolique : elle consulta le sort, qui prononça le maintien du statu qiio. L'année suivante, on fît un pas . en avant ; on autorisa, « afin d'empêcher la discorde, » l'administration des sacrements à toutes les sociétés qui seraient unanimes à les réclamer. Il fut entendu aussi que toute distinction cesserait entre prédicateurs consacrés et non consacrés, et que l'admission définitive d'un candidat par la conférence serait considérée comme l'équivalent de la consécration. La pratique de l'imposition des mains ne devint générale que quelques années plus tard. En 1794, on décida que la cène ne serait administrée que là où elle serait jugée indispensable au maintien de la concorde, et on autorisa 58 circuits sur 137 à l'établir. L'année suivante enfin, à la suite de troubles qui s'étaient produits au sein des sociétés, la conférence vota un « Plan de pacification, » qui les autorisait à instituer les sacrements partout où la majorité des curateurs (trustées), économes (stewards), et conducteurs (leaders) en exprimerait le désira la conférence. On pouvait, aux mêmes conditions, établir le culte public aux heures des offices de' l'Eglise anglicane, en évitant toutefois de donner la cène les mêmes jours qu'elle. On devait d'ailleurs suivre la liturgie de la cène du Prayer-Bji k, abrégée par Wesley. Ce plan fut une sorte de ynodus vivendi qui ramena la paix dans la plupart des sociétés, en préparant les voies à une émancipation plus complète. L'un des chefs de l'agitation libérale, Alexandre Kilham, trouvant insuffisantes ces mesures, entraîna dans le schisme environ 5,000 membres (1796). Ce fut le premier noyau de la New Connexion, qui s'organisa sur une base démocratique, en faisant à l'élément laïque une large place dans la conférence. En Irlande, vingt ans plus tard, lorsque le méthodisme voulut s'émanciper de la même manière à l'égard de l'anglicanisme, un schisme se produisit en sens inverse, et une fraction importante se détacha, sous la conduite d'Adam Averell, en prenant le nom de mé-
thodistes primitifs, pour protester contre radministration des sacrements dans les sociétés ; ce schisme a cessé il y a deux ans. Les méthodistes dits primitifs d'Angleterre doivent leur origine à une tout autre cause ; ils se séparèrent à cause du refus de la conférence d'autoriser la tenue de camp meetings, grandes assemblées en plein air importées d'Amérique et qui furent fréquemment l'occasion de désordres. Un nouveau schisme s'organisa en 1835, sous la direction du docteur Samuel Warren, en opposition à la création d'une faculté de théologie, et fonda l'Association mélhodiste wesleyenne, qui s'est fondue plus tard avec d'autres séparatistes ppur former l'Eglise méthodiste libre. Mentionnons enfin le dernier et le plus considérable des schismes, celui de 1849, qui entraîna près de 100,000 membres, à la suite de longues et pénibles controverses relatives à l'organisation de la conférence. Depuis trente ans, l'ère des schismes semble être close; le méthodisme anglais a enfin compris que le meilleur moyen de les rendre impossibles est de réaliser tout ce qu'il y a de pratique et de juste dans le besoin de réformes qui leur donne naissance. C'est ainsi que la composition de la conférence, corps longtemps composé exclusivement de pasteurs, s'est modifiée en 1878 dans un sens démocratique; elle renferme désormais deux chambres : l'une, dont les pasteurs seuls font partie, règle les questions de discipline et de doctrine ; l'autre, composée de laïques aussi bien que de pasteurs» s'occupe des questions générales. La tendance au fractionnement, qui a affaibli le méthodisme pendant le premier siècle de son histoire, fait place de nos jours à une tendance au rapprochement et à la fusion. En attendant que l'union se consomme, si ce jour doit venir, les diverses branches de la famille méthodiste entretiennent des relations fraternelles, et un congrès œcuménique doit réunir leurs représentants à Londres en 1881, dans la chapelle de City-Road, construite par Wesley. Les crises que nous venons de mentionner n'ont pas empêché le méthodisme anglais de suivre une marche constamment ascendante depuis la mort de Wesley jusqu'à nos jourç. Il a poursuivi avec un zèle infatigable son œuvre d'évangélisation auprès du peuple des villes et des campagnes, gagnant à l'Evangile des classes de la population jusqu'alors réfractaires à son influence. A côté des chapelles qu'il a construites par milliers; il a fondé des écoles pour le peuple, des collèges pour les fils de pasteurs, des facultés de théologie pour les candidats au ministère. Il a élevé le niveau intellectuel de ses ministres, sans leur enlever cette ferveur qui fait leur force. S'il n'a pas produit de théologiens ou de penseurs de premier ordre, il a eu cependant des écrivains de mérite, tels que Adam Glarke, Benson, Watson, Townley, Drew, Edmondson, Sutcliffe, Jackson, William Arthur, Pope, etc.; des prédicateurs éminents, tels que Bradburn, Newton, Punshon ; des organisateurs habiles, tels que Coke et Bunting. L'influence du méthddisme sur la civilisation et la moralisation de la Grande-Bretagne est hautement reconnue aujourd'hui partons,, et l'histoire impartiale confirme ce jugement de M, Edmond Scherer qui appelle le méthodisme « un mouvement religieux qui a changé
la face de rAngleterre. »» Les missions du méthodisme sont encore sa plus pure gloire. Nous avons noté l'origine de celles qui naquirent avant la mort de Wesley. Un homme voua son intelligence, sa fortune et sa Tie à cette grande œuvre ; ce fut le docteur Coke, à qui Wesley avait confié la tâche d'organiser le méthodisme américain. Cette œuvre achevée, il se consacra au développement de la mission aux Antilles, qui arracha à la dégradation des milliers d'esclaves noirs et hâta Theure de leur émancipation. Cette mission s'étendit en 1814 à la Guyane britannique, dans l'Amérique du Sud. A la mort de Coke (1814), la mission des Antilles comptait déjà 31 missionnaires et 17,000 communiants. Ces chiffres s'élèvent aujourd'hui à 103 missionnaires et 50,000 communiants. Au docteur Coke revient aussi l-honneur d'avoir fondé la mission de Ceylan, quoiqu'il soit mort sur le navire qui l'y transportait, avec sept autres missionnaires (1814). En 1817, l'œuvre missionnaire s'étendit à l'Inde continentale. La première mission méthodiste en Afrique fut celle de Sierra-Leone, en 1811 ; dix ans plus tard, la Sénégambie était occupée ; en 1835, ce fut le tour de la côte d'Or. L'im des missionnaires qui accompagnaient Coke lors de son dernier voyage en 1814 fut laissé au Cap de Bonne-Espérance et fonda, au sud de l'Afrique, la première station méthodiste, commencement d'une œuvre qui a prospéré admirablement et qui compte aujourd'hui plus de cent missionnaires et 90,000 communiants. Les missions océaniennes commencèrent en 4815 dans la Nouvelle-Galles du Sud ; cinq ans plus tard, elles atteignaient la Tasmanie ; deux ans plus tard, l'archipel Tonga ; l'année suivante, la Nouvelle-Zélande: douze ans plus tard, les îles Fidji ; trois ans plus tard, l'Australie méridionale; un an plus tard, l'Australie occidentale. Les victoires remportées dans ces contrées de l'hémisphère austral sont parmi les plus brillantes qu'ait enregistrées l'histoire des missions modernes. Les missionnaires wesleyens ont conquis à la foi et à la civilisation des archipels entiers, naguère habités par des peuplades de féroces cannibales. Le méthodisme océanien est constitué en organisation autonome, et comprend plus de 60,000 communiants, 450 pasteurs et près de 350,000 personnes fréquentant le culte. A la mort du docteur Coke, qui avait fait de l'extension des missions wesleyennes l'œuvre de sa vie, il devenait nécessaire, pour que cette œuvre ne périclitât pas, de lui donner une organisation régulière. La société des missions wesleyennes fut fondée en 1818, et à elle se rattachèrent bientôt, sur tous les points de rAngleterre, de nombreuses associations auxiliaires Cette société» qui a donné un développement considérable à l'œuvre commencée par Wesley et par Coke, se rattache étroitement à la conférence britannique, dont elle n'est en réalité qu'une commission executive et permanente. Les recettes de la société des missions wesleyennes se sont élevées en 1880 à 4,767,150 francs. — Le méthodisme américain, organisé en Eglise distincte par Wesley, a eu une fortune encore plus rapide que le méthodisme anglais. Sous la direction de ses grands éTêques missionnaires, Asbury et Mac-Kendree, il marcha, avec une
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ardeur tout apostoliqqe, à la conquête spirituelle de ces immenses régions que les colons ajoutaient d*année en année au domaine primitif des treize Etats fondateurs de rUiïion. Au commencement du dix-neuvième siècle, la nouvelle Eglise avait vu le chiffre de ses membres s'élever en seize ans de 15,000 à 64,000. Sept ans après, ce chiffce montait à 444,000; il était en 1817 de 224,000, en 1827 de 384,000, en 1837 de 658,000; dix ans plus tard, il avait décru, par suite de la scission amenée par la question de l'esclavage, et il tombait à 636,000; mais en 1857 il remontait à 820,000 ; dix ans plus tard, en 1867, il s'élevait à 1,146,000, et il est aujourd'hui de 1,700,000, et, en comprenant les diverses branches détachées successivement du tronc primitif, de 3,437,000. Les schismes n'ont pas plus manqué au méthodisme américain qu'au méthodisme anglais. Le plus considérable fut celui de 1844, amené par la question de l'esclavage. Les méthodistes du Sud, ayant vainement tenté de faire abolir la règle disciplinaire de l'Eglise qui interdisait la vente et l'achat d'esclaves, se séparèrent des méthodistes du Nord. Cette sécession fil perdre à l'Eglise près d'un demi-million de membres, avec 1,-U5 ministres itinérants. La cause dedésunion ayant disparu avec l'esclavage, il est permis d'espérer que la fusion s'opérera dans quelques années, d'autant plus facilement que les deux grandes fractions du méthodisme américain ont conservé la môme organisation ecclésiastique. Ces divisions n'ont pas empêché l'Eglise méthodiste épiscopale de grandir et de prospérer. Elle a célébré en 1866 le centenaire du méthodisme américain, et a créé à cette occasion, pour l'extension de ses œuvres générales, un fond spécial qui s'est élevé à plus de 43,500,000 fr. En 4872, elle a fait de sa conférence générale, qui se réunit tous les quatre ans et est le corps suprême de l'Eglise, un corps composé par égale partie de délégués pasteurs et de délégués laïques. Elle possède, depuis 1819, une société missionnaire, dont le budget, en 1880, s'élève à 3,394,345 fr.; sur cette somme, 1,397,580 fr. sont consacrés à soutenir des missions en Afrique, au Mexique, dans l'Amérique du Sud, en Chine, dans l'Inde, au Japon, en Bulgarie, dans la Scandinavie, en Allemagne et en Italie. Le reste est consacré à la mission intérieure, parmi les populations de diverses races qui se partagent les Etats- Unis. — On trouvera plus loin, sous la rubrique staiisiique, l'énumération des autres branches du méthodisme, avec l'indication de leur force respective. Nous croyons devoir ajouter ici quelques détails historiques sur le méthodisme français. Wesley avait prévu que ses disciples des îles de la Manche, où la langue française s'est conservée, auraient leur part dans l'évangélisation de la France. Déjà avant sa mort, en 1790, un laïque, John Angel, et un pasteur, Jean de Quetteville, visitèrent quelques localités de la Normandie, où ils trouvèrent des protestants privés de tout secours religieux. L'année suivante, la conférence plaçait un prédicateur de Guernesey, William Mahy, en Normandie, et, peu de temps après, le docteur Coke le visitait et lui imposait les mains à Couseulles -sur-Mer. Une tentative qu'il fit à Paris, avec de Quetteville, cette même année, échoua; ils avaient
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acheté Tune des églises mises en vente par le gouvernement, mais,. devant TindifTérence religieuse et reffervescence politique qui prévalaient, ils jugèrent qu*il n'y avait rien à faire pour le moment et résilièrent leur marché. Mahy demeura en Normandie, et y fit une œuvre étendue d*évangélisation et de conservation protestante et chrétienne. Au bout d*une vingtaine d'années, sa santé ruinée l'obligea à rentrer dans son pays natal. A partir de 1804. il fut secondé par DuPontavice, jeune Breton réfugié aux lies de la Manche et qui s'y était converti à la foi évangélique. Après avoir exercé le ministère au milieu des communautés méthodistes de la Normandie, Du Pontavice entra au service de l'Eglise réformée et mourut pasteur de Bolbec, en 1812. Les hostilités entre la France et l'Angleterre interrompirent l'œuvre méthodiste en France de 1810 à 1815; mais; précisément pendant ces années, les prisonniers de guerre français en Angleterre offrirent un nouveau champ d'évangélisation à l'activité des méthodistes anglais. Toase, Le Sueur, Ollivier et d'autres firent une œuvre des plus intéressantes sur les pontons où étaient entassés les prisonniers français. Dès que les traités de 1815 eurent rendu la paix à l'Europe, les wesleyens anglais reparurent en France. Ollivier, Toase, de Kerpezdron (un autre Breton émigré aux îles de la Manche), bientôt après Charles Gook, Henri de Jersey, etc., furent des premiers à travailler au réveil des Eglises de France. La Normandie, le Gard, les Hautes-Alpes, la Drôme, ont été les principaux champs de leur activité évangélique, qui, si elle n'a pas réussi à fonder en France une Eglise méthodiste considérable, a contribué pour une bonne part à vivifier le protestantisme français.
IL Théologie. Le méthodisme n*a pas été un mouvement théologîque, et son apparition, qui a marqué une date si importante dans rhistoire de la vie religieuse et de l'évangélisation, n'a pas fait époque dans Fhistorre de la pensée religieuse. La théologie de Wesley, devenue celle des Eglises qui se réclament de lui, ne diffère pas, dans ses traits essentiels, de celle de la Réformatien anglaise. Les articles de' foi qu'il prépara pour l'Eglise méthodiste des Etats-Unis sont un abrégé des trente -neuf articles, qu'il réduisit à vingt-cinq, en retranchant les articles relatifs à la descente aux enfers, aux livres apocryphes, aux symboles des apôtres, de Nicée et d'Athanase, à la régénération baptismale, à la prédestination, à l'autorité de l'Eglise et des conciles, au ministère, à l'efficacité des sacrements indépendamment du caractère moral de celui qui les administre, à la consécration des évêques et des ministres, au pouvoir civil, etc. Aux sociétés anglaises, Wesley ne donna pas de confession de foi, et aujourd'hui encore elles n'en possèdent pas. Leur enseignement doctrinal a pour type les sermons de Wesley. Les ministres sont tenus d'adhérer à l'ensemble de cet enseignement, mais aucune adhésion à un formulaire dogmatique n'est requise des simples membres de FEglise. « Le méthodisme, comme l'a remarqué le docteur Abel Stevens, contrairement aux autres Eglises qui essaient de sauvegarder leur vie spirituelle par leur orthodoxie, a sauvegardé son orthodoxie
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par sa vie spirituelle. » La doctriae de la justification par la foi est la doctrine fondamentale du méthodisme, comme elle fut celle de la Réformalion. La foi est pour lui, non une adhésion à la doctrine évangélique, mais « un complet repos sur le sang du Christ, un recours à lui comme à notre propitiation et à notre vie. » Le Saint Esprit rend témoignage dans la conscience du croyant à son pardon et à son adoption; cette assurance de foi est le privilège du chrétien, mais non la preuve indispensable de la régénération. Wesley enseigne que Tœuvre de la rédemption s'étend à tous les hommes, que « tous peuvent recouvrer par le second Adam tout ce qu'Us ont perdu par le premier et que nul ne sera finalement perdu si ce n'est par son libre choix. » Aussi rejette-t-il de toute sa force les doctrines de la prédestination et de l'élection au sens calviniste. Il n'admet pas davantage la doctrine dite de la persévérance finale ; plaçant la liberté et la responsabilité de l'homme au point de départ, il se refuse à le dépouiller ensuite de cette périlleuse prérogative. L'originalité de l'enseignement méthodiste gît surtout dans sa doctrine de la sanctification entière ou de la perfectioa chrétienne, non qu'il ait .été le premier à la formuler (l'histoire ecclésiastique nous montre que Wesley a eu dans cette voie de nombreux prédécesseurs ; voy. Hocart fils, Etufie sur Cétêndue de la saneiifioation^ Lausanne, 1871), mais son système est le plus considérable, tant par le soin avec lequel il a été élaboré que par le succès qu'il a obtenu. La perfection chrétienne est pour Wesley l'accomplissement du commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. » Cet amour parfait doit produire la soumission entière de l'âme à Dieu, et la victoire habituelle sur le péché. Elle est, non le résultat de l'efi'ort de l'homme sur lui-même, mais l'œuvre de la grâce en lui et le résultat de l'union de l'âme à Christ. La perfection chrétienne n'exclut ni les erreurs de jugement, ni les transgressions involontaires ; elle ne niet pas le chrétien à l'abri des tentations ; elle n'exclut pas le progrès et elle est admissible. Quelque jugement que l'on porte sur cette doctrine, à laquelle on peut reprocher à la fois d'être trop systématique et de ne pas s'appuyer toujours sur une exégèse rigoureuse, on ne saurait contester qu'elle ait contribué à former des âmes d'une grande élévation morale et qu'elle les ait entraînées dans la voie de la consécration entière à Dieu et à l'humanité.
III. Organisation. Les Eglises méthodistes diffèrent des autres par une organisation sui generis, qui ne se rattache à aucun des types connus. Pour s'expliquer sa raison d'être, il faut se souvenir que le méthodisme a pris naissance au confluent de deux courants ecclésiastiques fort distincts, l'anglicanisme et le moravianisme, et qu'il s'est longtemps défendu de vouloir constituer une Eglise nouvelle. Depuis lors, il a subi des nécessités que lui imposaient des temps nouveaux et des situations nouvelles, mais, en modifiant sur quelques points sa constitution, il a conservé partout les traits essentiek de son organisation primitive. A la base de cette organisation, se place la société ou Eglise locale, dans laquelle on est admis sans qu'au-
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cune adhésion à un formulaire dogmatique soit requise. Wesley ne demandait rien d*autre que « le désir de fuir la colère qui est à venir «t d'être sauvé de ses péchés. » La règle, pour demeurer membre, règle qui s*est un peu relâchée de nos jours, est de faire partie d'une classe {class^rrteeting)j réunion hebdomadaire d'édification mutuelle, placée sous la direction d'un conducteur (leader) ordinairement laïque. On ne devient membre qu'après une probation qui est de trois mois en Angleterre et de six mois aux Etats-Unis. L'assemblée des conducteurs {leader's meeting) forme, sous la présidence du pasteur, le conseil de l'Eglise; chaque conducteur y verse entre les mains de l'économe (steward) le produit des cotisations des membres de sa classe. L'assemblée trimestrielle {quarterly meeting) groupe les conducteurs des diverses sociétés d'un circuit ou circonscription ^vec les trésoriers des divers fonds et les prédicateurs locaux, laïques ^ui consacrent leurs dimanches à l'évangélisation; c'est cette assemblée qui administre les fonds destinés à Tentretien des pasteurs; elle adresse vocation au nom de l'Eglise aux pasteurs qu'elle désire appeler; elle admet ou repousse, en premier ressort, les candidats au saint ministère ; aucun ne peut être admis dans le ministère par les corps supérieurs de l'Eglise sans la recommandation préalable de ce conseil de l'Eglise locale qui a pu apprécier ses premiers travaux. L'assemblée de district réunit les pasteurs et les délégués laïquesd'une circonscription assez étendue ; elle correspond aux synodes régionaux des Eglises presbytériennes. En Angleterre, elle exerce une sur- ▼eillance générale sur les affaires matérielles et spirituelles du district, veille sur la pureté du ministère et examine les candidats qui se présentent pour entrer dans le pastorat et les proposants qui font leur probation. En Amérique, ces assemblées dont les attributions diffèrent un peu, sont placées sous la présidence d'un ftresiding elder^ pasteur qui, sans avoir lui-même une paroisse, a.cbarge d'inspecter les Eglises de sa circonscription. La conférence annuelle est, en Angleterre, le corps suprême de l'Eglise; c'est elle qui légifère, juge en dernier ressort les causes qui lui sont soumises, prononce sur l'admission définitive des pasteurs, exerce à leur égard la discipline, fixe chaque année leur résidence et veille, en un mot, sur les intérêts généraux de TEglise. Nous avons dit plus haut que, depuis 1878 seulement, la conférence britannique n'est plus un corps exclusivement pastoral. Aux Etats-Unis, l'immensité de la contrée a rendu impossible la tenue d'une conférence générale annuelle. On lui a substitué des conférences régionales annuelles qui n'ont pas d'autorité législative, et au-dessus desquelles est placée la conférence générale qui se réunit tous les quatre ans et se compose de délégués pasteurs et laïques nommés par les conférences annuelles. Celles-ci, présidées toujours par un évoque, sont actuellement au nombre de ^uatre-vingt-«eize pour l'Eglise méthodiste du Nord, en y comprenant celles organisées dans les missions. Elles se composent jusqu'à présent uniquement de pasteurs. La conférence générale élit et, au besoin, juge et dépose les évêques; elle nomme les titulaires aux
diverses fonctions générales et édicté les lois et règlements de TEglise. Les évêques, qui sont actuellement au nombre de douze, n'ont pas de diocèses et exercent leur juridiction sur Tensemble de rCglise aux Etats-Unis et à l'étranger. Ils sont sans cesse en voyage pour inspecter les Eglises, présider les conférences annuelles et apporter le poids de leur avis partout où il est nécessaire. Ils désignent, en s'entourant de toutes les lumières, à chaque pasteur le poste qu'il doit occuper ; ils confèrent aux candidats au ministère les ordres de diacre après deux ans de probation et, deux ans après, les ordres d'ancien ; eux-mêmes, lors de leur entrée en office, reçoivent la consécration épiscopale. Parmi les méthodistes .anglais,, la consécration, qui n'est donnée qu'après quatre années de noviciat et par la conférence, a une forme purement presbytérienne. Dans les diverses branches du méthodisme, ntinérance est demeurée la loi suprême du ministère évangélique, et nul pasteur ne peut, ni en Angleterre ni aux Etats-Unis, demeurer à la tête d'une Eglise plus de trois années consécutives. Il est permis de trouver que cette oi^nisation, si fortement centralisée, ne tient pas assez compte des droits des Eglises et des individus. Mais l'histoire montre qu'elle a été admirablement adaptée aux nécessités d'une vaste entreprise missionnaire, et il n'est pas douteux que c'est à sa discipline presque militaire tout autant qu'à sa vie religieuse intense que le méthodisme doit sa puissance d'expansion.
IV. Subdivisions et statistique du méthodisme. — i. Méthodistes en Grande-Bretagne. A" Eglise méthodiste wesleyenne, 1,887 ministres» 18,711 prédicateurs locaux (laïques), 401,596 membres. Missions de cette Eglise, 571 ministres, 5,600 préd. loc, 95,914 memb.; 2<> méthodistes dits primitifs, 1,138min., 15,517 préd. loc, 182,887 memb.; 3" méthodistes dits de la New-Connexion, 180 min., 1,149 préd. loc, 30,805 memb.; 4** méthodistes àelviWesleyan Reform Union, 17 min., 611 préd. loc, 7,623 memb. ; 5» Eglises méthodistes libres unies, 429 min., 3,469 préd. loc, 78,659 memb.; 6'' chrétiens de la Bible (voy Tart. sur ce mot), 302 min., 1,874 préd. loc, 31,089 memb.; 7"* méthodistes calvinistes gallois, 565 min., 1,560 préd. loc, 119,809 membres. Total pour la Grande-Bretagne et les missions : 5,089 min., 48,491 préd. loc, 948,382 memb. — 2. Conférences alfiUéesàla conférence wesleyenne d'Angleterre : 1° Wesleyens irlandais, 251 min.» 1,800 préd. loc, 26,206 memb.; 2*" Eglise évangélique méthodiste de France, 28 min., 106 préd, loc, 1,927 memb.; 3* wesleyens d'Australie, 432 min , 3,771 prédic loc, 65,832 memb. Total pour les conférences affiliées : 711 min., 5,677 préd. loc, 111,065 memb. — 3. Métiiodistes èpiscopaux aux Etals-Unis : i"" Eglise méthodiste épiscopale, 11,453 min., 12,402 préd. loc, 1,696,837 memb.; 2'' Eglise méthodiste épiscopale du Sud, 3,763 min., 5,762 préd. loc, 795,099 memb.; 3^ Eglise méthodiste épiscopale africaine, 1,418 min., 3,168 préd. loc, 214.808 memb. ; 4"* Eglise méthodiste épiscopale africaine de Sion, 1,500 min., 2,500 préd. loc, 190,900 memb.; 5« Eglise méthodiste épiscopale noire, 638 min., 683 préd. loc, 112,300
MÉTHODISME — METROPHANE GRITOPOULOS 145
memb.; 6*" Association évangélique dite d*Albrecht, 828 min., 540 préd. loc , 105,013 memb.; 7* Frères unis, 2,152 min., 154,796 memb ; 8<* méthodistes épiscopaux de TUnion américaine, 101 min., 22 préd. loc , 2,550 memb. Total des méthodistes épiscopaux aux Etats-Unis : 21,853 min., 25,077 préd. loc, 3,272,253 memb. — 4. Méthodistes tion épiscopaux aux Etats-Unis : 1° Méthodistes protestants, 1,314 min., 925 préd. loc, 113,406 memb.; 2» wesleyens américains, 250 min., 200 préd. loc, 25,000 memb.; 3* méthodistes libres, 313 min., 233 préd. loc, 10,682 memb.; 4» méthodistes primitifs, 196 min., 162 préd. loc, 3,210 memb.; 5"* méthodistes indépendants, 24 min., 12,550 memb. Total des méthodistes non épiscopaux aux Etats-Unis, 2,097 ministres, 1,520 prédicateurs locaux, 164,847 mem^ bres. — 5. Méthodisies au Canada. 1» Eglise méthodiste wesleyenne, 1,200 min , 3,537 préd. loc, 123,013 memb.; 2'» Eglise méthodiste épiscopale, 267 min., 201 préd. loc, 27,285 memb.; 3"" méthodistes primitifs, 97 min., 270 préd. loc, 8,307 memb.; 4*" chrétiens de la Bible, 81 min., 197 préd. loc, 7,793 memb.; 5* Eglise méthodiste épiscopale (noire), 41 min., 20 préd. loc, 2,100 memb. Total des méthodistes au Canada : 1,686 min., 4,325 préd. loc, 168,498 memb. — Total général : 31,436 ministres, 85,083 prédicateurs laïques, 4,665,045 membres. Pour se rendre compte de Faction qu'exerce le méthodisme et du chiffre de personnes qui sont placées sous son influence religieuse, il faut multiplier au moins par quatre ou cinq le chiffre de ses membres professants, et Ton arrive ainsi à une popii iation d'environ vingt millions d'âmes. — Sources : Les biographies de Wesley, par Moore, Lond., 1792; Whitehead, Dublin, 1805 ; Southey, Lond., 1820; Watson, Lond., 1831 ; Lelièvre, Paris, 1868; Tyerman, Lond., 1871; Œuvres de Wesley, 14 vol., Lond., 1831; Histoire du méthodisme/de G. Smith, 3 vol., Lond., 1857-62; d'A. Stevens, New- York, 1858 61, 3 vol.; Histoire du méthodisme américain de Bangs, 4 vol., New-York, 1839 1841 ; d'A. Stevens, 4 vol. New-York, 1865-67 ; une foule de monographies dont Ténumération formerait un long catalogue; art. Méthodisme dans V Encyclopédie d'EQTzog, et dans celle de Mac-Glintock et Strong; art. Wesley et le Méthodisme^ de Gh. de Rémusat, dans la Revue des Deux-Mondes, 15 janv. 1870; art. sur Wesley et le wesley anisme^ par Ed. Scherer dans la Réfnrmatiôn au dtx-neuvième siècle , année 1847, p. 241, 249, 289, 329, 363; Toase, Wesleynn mission in France, Lond., 1835. Matth. Lelièvrb.
HÉTROPHANEGiaTOPOnLOS, théologien grec, néàBerrhœavers 1569, mort en 1641. Il était protosyncelle de TEglisede Gonstantinople, lorsque le patriarche Gyrille Lucar le chargea de se rendre en Angleterre pour y examiner l'état des doctrines religieuses. Il débarqua à Hambourg et demeura longtemps en Allemagne, mais on ne sait pas s'il gagna la Grande-Bretagne, et il fut nommé, après son retour en Orient, patriarche d'Alexandrie. Métrophane, pendant son séjour en Allemagne, écrivit une Confession de foi de V Eglise grecque (Helmstaedt, 1661, in-4'').. On a tort de soutenir que cette confession se rapproche, sor plusieurs points, des doctrines protestantes. On a encore de lui:
146 MÉTROPHANE CRITOPOULOS — METS
DemcibvkS quihusdum liiurgicisepist.j éd. J. J. Crudelius, Juterb., 1737; Responsio ad quxstionem de dicto apoHolico spiriiu ambulate^ gr. et lat. éd. Rindero, etc. — Voyez Dietelmnier, De MetrophaneCriiopoulo, Alt., 1769 ; Fabricius, Bibl. gr,, XI; Sathas, Littérat. grecque moderne, Athènes, 1868 (en grec); Dimitracopoulos, La Grèce orthodoxe^ Leipz., 1872.
MÉTROPOLITAINS. Voyez Eglrn catholique (Constitution de T).
METS (chez les Hébreux). Dès la plus haute antiquité les Hébreux connaissaient Tartd'apprôter les mets au moyen du feu ou artificiellement. Dans rhistoire d*Abraham, Sarah sert à ses bAtes du rôti de veau et des'gàleaux (Gen. XVIU, 6); Jacob apprête un plat de lentilles (Gen. XXV. 29) et Rébecca sait mettre à la venaison à tel point qulsaac s*y trompe (Gen. XXVU, 7). Nous ne savons pas, il est vrai, comment les Hébreux produisaient le feu, car c*est dans le livre des Machabées 2 Mac. X, 3) seulement qu'il est question de pierres à fusil, mais les exemples cités tantôt présupposent Tusage du feu dans les temps les plus reculés. Les Hébreux se livrant à Tagriculture et à Télève du bétail, tiraient leur nourriture du règne végétal et du règne animal et se servaient de sel pour Tassaisonner. Si les premiers hommes et les animaux se nourrissaient exclusivement de végétaux (Gen. I, 29. 30), nous voyons par contre, dès le déluge, Tusage de manger de la chair des animaux s'introduire. La nourriture la plus ordinaire et qui formait la partie essentielle des repas chez les Hébreux, était le pain: le mot lechem qui signifie proprement le manger, la nourriture, désigne en effet dans la langue courante le pain et ensuite le repas en général (1 Sam. XIV, 28). Le pain était fait de farine de froment, de seigle, de millet ou d'épeautre. Néanmoins on employait les céréales comme nourriture en grillant les grains dans les épis ou en les égrugeant d'abord pour en faire du gruau (Lévit. H, 14; XXIH, H; 2 Rois IV, 42). En fait de légumes, les Hébreux mangaient surtout des légumes secs comme les lentilles et les haricots (Gen. XXV, 30; 2 Sam XXIU, 11; XVII, 23), soit sans mélange, soit hachés et mêlés à d'autres végétaux et cuits sous forme depain(Ezéch. IV, 9 ; on cuisait aussi des légumes verts, cultivés soit dans des potagers spéciaux, soit en plein champ (1 Rois XXI, 2; Deut. XI, 10). Mais ce que les Hébreux aimaient par-dessus tout depuis leur sé^ jouren Egypte, c'étaient les poireaux, les oignons, les concombres et l'ail (Nomb. XI, -5). Gomme aujourd'hui encore en Orient, le lait était consommé en grandes quantités, mais les Hébreux ne buvaient pas le lait de chamelle; le lait était bu frais, ou mangé sous forme de fromage (Deut. XIV, 7; Sirac. XXXIX, 31; Prov. XXVU, 27; Job XX, 17) car nous savons par Josèphe qu'il existait près de Jérusalem une vallée de fromagers. On mangeait en outre du miel, soit pur, soit mêlé aux pâtisseries. Quant aux viandes, les nombreux troupeaux qu'élevaient les anciens Hébreux, leur fournissaient une nourriture abondante. La chair du bœuf, du veau, du mouton et de la chèvre était en grand honneur, surtout celle des animaux jeunes. Comme les pigeons et les tourterelles servaient pour les sacrifices, il est plus que probable qu'on les employait aussi pour les besoins de la vie, quoi-