‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 36 sur 157 · METS — METZ · texte numérisé non relu

METS — METZ

que la Bible n'en dise rien ; elle ne parle que des cailles (Ex. XVI, 23). Les poulets doivent être entrés fort tard dans la consommation, car ils ne sont mentionnés que dans le Nouveau Testament (Matth. XXIIl, 27). Les riches avaient une table plus somptueusement servie; ils mangeaient du gibier, de la volaille, des cerfs, des gazelles ^Deut. XIY, 5; 1 Rois V, 3) et probablement aussi des oies (Néhémie V, 18). Eux seuls se permettaient de manger de la viande tous les jours. Chez les gens de condition moyenne et chez le peuple, la viande ne faisait pas partie intégrante de la nourriture quotidienne ; d*ailleurs les Orientaux en font aujourd'hui une consommation moins grande que les peuples de rOccident. Il est un mets encore que les Israélites affectionnaient particulièrement depuis leur séjour en Egypte ; ce sont les poissons, non défendus par la Loi. Le poisson était fourni en grande quantité par le lacTibériade (Matth. XIV, i7;XV,34,etc.), et plus tard lesPhéniciens apportaient au marché de Jérusalem des poissons de mer (Neh. XIII, 16). Lachairdespoissons était salée et séchée et mangée en partie avec le pain (^Ydtpiov, Jean VI, 9. 11). Les sauterelles enfin, soit grillées, soit cuites et salées, étaient la nourriture de la classe pauvre (Matth. III, 4): elle servent encore aujourd'hui de moyen de consommation chez certaines tribus arabes, mais elles sont ou bien séchées ou bien frites avecunepâte. Les mets étaient quelquefois préparés par des hommes (2 Rois IV, 38 ; Gen. XXV, 29), surtout par des esclaves, mais leur préparation était généralement du domaine exclusif de la maîtresse de maison (Gen. XXVII, 14; 1 Sam. VIII, 13; XXVIII, 23; Luc X, 38).

Ë. SCHERDLIN.

METZ (Divodurum Mediomairicoi-um, MelliSy Metx), évêché dépendant de la province de Trêves. Les origines religieuses de Metz n*ont pas d'histoire; la légende en a été racontée par le confident de Charlemagne, Paul Warnefrid ou Paul Diacre {Gesta episc, Mettens., vers 784, Calmet, I, et Pertz, II). Saint Clément, envoyé par saint Pierre, vint au pays des Médiomatriques et se logea dans les ruines d'un amphithéâtre, hors de la porte Serpenoise {serpentina, dit la légende, mais bien plutôt Scarponaise), où il éleva un autel au nom de saint Pierre (aux Arènes). Ce lieu était infesté par des serpents; Tapôtre de Metz noua son étole autour d'une guivre énorme, et la conduisit en laisse jusqu'au delà de la Seille; c'est pourquoi, à la fête du 23 novembre, on promenait en procession l'image du dragon de saint Clément, le Graauli. Saint Clément construisit encore, d'après Paul Diacre, une autre église dédiée à saint Jean-Baptiste (est-ce l'église de Saint- Arnould, basilica SS. Apostolorum, consacrée d'abord à saint Jean l'évangéliste?) et une troisième dédiée à saint Pierre (puisa révêque saint Félix), près d'une fontaine miraculeuse; c'est le monastère de saint Clément, où il fut enterré. Au dixième siècle» on montrait sur son tombeau l'épitaphe : FI. Clemens consul Romanorurh,., Les auteurs postérieurs ont encore ajouté au récit de Paul Diacre beaucoup de fables; mais saint Clément est inconnu des martyrologes ; son culte n'était pas célébré dans Metz avant Tévêque Hériman ; l'église où était son corps ne portait pas son nom, et, au dixième

siècle, on remarquait qu'il ne faisait pas de miracles et que ses Actes étaient perdus. Une autre tradition, conservée à Saint-Arnould, attribue cette église au quatrième évêque de Metz, saint Patiens, disciple de saint Jean. L'histoire des évoques de Metz ne commence pas davantage à saint Victor, mentionné au faux concile de Cologne, à peine à saint Auctor, sous lequel Attila (cf. Greg.Tur., II, 6) épargna miraculeusement Toratoire, aujourd'hui cathédrale de Saint-Etienne. Saint Arnoald, saint Arnoul (614-628?), l'ancêtre des Carolingiens, dont Charlemagne parlait à Paul Diacre, Termite d'Epinal, saint Goeric ou Abbon, Clodulphe, fils aîné de saint Arnoul, Sigebaud (v. 708), qui édifia Hilariacum ou Nova Cetla (c'est Saint-Avold ou Saint-Nabor), et, paraît-il, Neuwiller en Alsace, ont laissé un nom. Ghrodegang (742-766; voyez ce nom), archevêque à titre personnel, « instruisit abondamment le clergé dans la loi de Dieu (par sa Règle), lui enseigna le chant romain et lui apprit à suivre le mode et l'ordre de l'Eglise romaine, ce qui n'avait jamais été fait » (Paul Diacre). L'école de Metz, en effet, joua, sous Drogon (826-855), un grand rôle dans la réforme du chant sacré. Ghrodegang embellit Saint- Etienne et rapporta à Gorze, à Saint-Avold et à Lorsch les reliques qui ont fait la fortune de ces couvents. On a conservé, sous le nom d'Angilrame (768-791), les fameux Capitula^ qui sont étroitement mêlés à l'origine des fausses décrétales (voyez l'édit. de Hinschius, Décr. P$. IsLL et capit. Angiralmui, Leipz., 1863). Hériman ou Hermann (1073-1090), confident des pensées les plus hautaines de Grégoire VII, régna vacillante imperio. Vers 1199, la Bible, traduite en français, se répand, sous l'influence des vaudois, dans Metz, et Innocent III ordonne de couper court à son usage (ép. II, 141 s). S'estil conservé quelque chose de cette Bible des vaudois messins? Nous le saurons peut-être quand M. Bonnardot aura publié le Psautier lorrain. L'action des vaudois, mentionnée par tous les chroniqueurs, est encore attestée par les relations que les Amis de Dieu entretenaient au quatorzième siècle (1377) avec Metz (G. Schmidt, Nie, v. Basel, 1866). En i374, la singulière épidémie de danse qui continue l'apparition des flagellants, s'abat sur Metz, où l'on voit onze cents hommes danser en un jour. Les procès de sorcières s'y sont prolongés bien au delà du moyen âge. — Les sources de l'ancienne histoire de Metz, énumérées dans Wattenbach [Geschichlsquellen), sont réimprimées dans Galmet et dans Pcrtz, Scriptores, vol. II, IV etX; il faut étudier VHisioire des évêques de Metz de Meurisse (M., 1634, in-f'^), le Gallia Cliristiana^ XIIÏ, V Histoire de Lorraine^ de dom Galmet, 4 vol. în-f*, 2« éd., Nancy, 1745, et V Histoire générale de Metz, par les bénédictins de Saint-Vanne (dom François et dom Tabouillot, 6 vol. in-4**, M., 1769-1791). — Voyez encore Prost, Et. sur l'hist. de M., les légendes, M., 1865; Valladier, La basiL de S. Arn(û, P., 1615, in-4»; diverses monographies de M. de Bouteiller; Quépat, ffist. de Woippy, 1878 ; Rettberg, Kirchengesch. Deutschl.,!, 1844; Friedrich, mômetitre, 1867.

S. Berger.

METZ (La Réforme à). Au seizième siècle, Metz était depuis près de quatre cents ans ville libre impériale et possédait une banlieue de plus

cent villages. Plus heureuse que Toul et Verdun, elle avait, après des luttes prolongées, secoué le joug de son évèque qui, dès lors, avait presque toujours résidé à Vie. La cité était gouvernée par un maître échevin, assisté de deux conseils : les Treize et les Echevins. Elle envoyait ses députés aux diètes de Pempire et ne devait à Tempereur ni impôts ni soldats. On y comptait onze paroisses et nombre d'abbayes et de couvents « lesquels accumulent rente sur rente, revenus « sur revenus qui jamais après ne partent de leurs mains. » En 1551 elle fut occupée par Henri II. L'histoire de la Réforme messine se divise en cinq périodes. — I. 1517-1560. Dès 1519 Luther avait des partisans parmi lesquels on cite : Corneille Agrippa alors au service de la cité, Didier Abria et Jean Rougier, curés de Saint-Gorgon et de Sainte-Croix, le céleslin Claude Dieudonné, Pierre Toussaint, chanoine de la Grande église. «Beaucoup de bourgeois, hommes et femmes, étaient infectés de cette secte et ne parlait-on en la cité que d'icelle luthérerie, tellement que pour cestuy fait plusieurs prestres, grands cl*^rcs furent mis en prison » (Hug., Chron, mf,w., s. 24). « Les magistrats n'étaient pas délibérés changer leur ancienne religion, ains voulaient tenir leur loy sans soi mesler de la doctrine luthérienne ni rien oppiner on dicte affaire sinon qu'il leur sembloit qu'il y eût un concile général» {Instruction pourladiète (TUim^QnoY, 1524). Aussi le maître échevin fit-il placarder un « huchement » contre les doctrines de Luther sous peine de confiscation de corps et biens (21 oct. 152i). — Les évangéliques de Metz, trop confiants dans l'intervention souvent renouvelée des princes protestants et du magistrat de Strasbourg, difi'érèrent de se constituer en Eglise. La Réforme y fut prêchée en 1525 par Farel qui y fut appelé par Nie. d'Esch et vit Jean Leclerc de Meaux, brûlé au Champ à-Seille le 29 juillet pour bris d'images ; par Jean Châtelain, arrêté traîtreusement et brûlé à Vie le 12 janvier 1525. En 1542 l'exercice ayant été permis un instant, l'E- Tangile fut annoncé par Pierre Brusly et Walrin Dubois et de nouveau par Farel ; en 1555 par Villeroche qui convertit Ant. de Vienne, sieur de Clervant; en 1558 par François Peintre dit Lachapelle. Il y avait alors, dit-on, quatre à cinq mille luthériens. En 1544 Jean Palier imprimait le Manuel diS abus de l'homme ingrat par Math, de la Lande, « avec la copie des lettres de Martin Bucer envoyées au dit Mathieu preschantàMetz.» —IL 1561-1598. En 1561 uneEglise s'organise. Les évangéliques qui avaient adhéré à la confession d'Augsbourg ont adopté les doctrines de Calvin. Us ont des temples, des écoles, un collège. Non seulement l'Eglise est nombreuse mais elle devient un foyer d'activé propagande au dehors. Il y a des imprimeurs réformés. Jean Darras et Odinet Basset publient : Brièoe insiilution pour kî familles de CEgl, réf. de Metz, 1562; Proverbes de Salomon, ensemble i'EcrAésiaste mis en rimes friinçaises selon la vérité hébraïque ^ par A, Duplessis, 1564 ; Vraie et droite intelligence de ces paroles de la sainte cène dff J.-C. : ceci est mon Ciirps, etc. « Traité clair et utile composé premièrement en allemand par Thomas Eraste, docteur, et nouvelleoient traduit en françois » par Pierre de Cologne, min. de l'Egl. réf.

de M. , 1564 ; Autre brief trailè des Sacrements « fait en latin par M. Th. de Bèze et nouvellement traduit en français » par Louis Desmazures, avec épitre dédicatoire au sieur de Glervant, 1564; Abrégé de ladoc^ irine évangélique et papistique « fait par articles opposés l'un à Tautre, composé par H. Bullinger, » 1564 ; Goliaify ou conférence de la Messe et df la Cène par Jean Garnier, serviteur de J.-C en TEgl. de Metz, 1" éd., 1565; 2' en 1566. En 1569 à l'entrée de Charles IX le culte est interdit en ville et le temple démoli. En 1571 l'exercice est permis à Montoy, puis en ville à la paix de 1576. Un temple y est b&ti ; ouvert en novembre, fermé en février 1577. A Pâques 1570 on compte 3197 communiants. En 1585 nouvelle interdiction, 87 réformés sont dépouillés de leurs charges. En 1592 leurs charges leur sont rendues et le culte rétabli hors la ville et en ville 1597. Une Eglise existe à Courcelles. — Pasteurs : P. de Cologne (1559-1568), Jean Taffia (1561-1568), J. Garnier « le grand ministre du retranchement qui deschiffre la messe d'une terrible façon » (1562-1566), Olivier Valin (1567-1 572),prÔté par Dandelot, Nie. François (1565-1580), Franc. Christophe à Courcelles (1561-1568), Jean Poliander (1562-1568), J.-B. Duchastelet (1562-1566), Jean Albin, min. ail. (+1568), Jean Carbon (1566), Des Mazures (1562-1567), Gardesy (1575-1580), de la Carrière 1564-1565), Malot, prêté par l'amiral (1566), Gautier (1564\ Franc, du Jon (1564-1567), Guil. Holbracque, min. ail. (1862-1563), Le Roy (1580-1585), Ph. Maillard (1584 + 1590) tous deux à Courcelles, de la Chasse ou Chassanion (1576-1598), Tenans (1567-1580), Fr. de Combles (1580-1633); Buffet (1582 + 1611», Simon CoUot (1590 + 1592), Mozet (1592.) — Jean Chassanion publie : La réfutation des erreurs étranges « et des blasphèmes horribles contre Dieu et l'Ecriture sainte et les saints prophètes et apostres d'un certain malheureux qui pour telles impiétés a esté condamné à mourir et estre brûlé en la cité de Metzle 29 juin 1582 » etc., par J.-Ch.min. de l'Egl. réf. deM., Strasbourg, Nie. Wyriot, 1583, dédié à Catherine sœurdu roy (non mentionné dans la France prot.^ se trouve à la bibliothèque de Grenoble). — III. 1598-1685. L'Eglise jouit, durant un siècle, d'une paix relative. Il n'y a plus de persécutions, mais d'incessantes tracasseries qui vont croissant jusqu'en 1662 et redoublent depuis lors. Les réformés ont trois temples ; un en ville, un deuxième à la Horgne pour les villages, le troisième à Courcelles; vingt-deux écoles. On baptise en moyenne plus de trois cents enfants par an. En 1609 défense d'enterrer les réformés dans les cimetières catholiques, on en établit dans vingthuit villages ; en 1609-1614, différend au sujet de la distribution du pain et du vin de la cène par les anciens, soumis au synode de saintMaixent (1609) et de Privas (1614), quoique l'Eglise de Metz n'ait jamais fait corps avec celles de France. Mozet publie '.Admonestation apologétique d'Est. M. min. de l'Egl. réf. de M. tnur.hant la droite et légitime adminis^ trat ion des Sacrements, etc., 1 vol., 1613, sans lieu (se trouve à la bibliothèque de TOratoire). En 1622, établissement des jésuites qui ouvrent un collège, à qui l'on donne en 1642 l'ancien temple de 1576. En 1625 Ferry publie à Sedan le dernier Désespoir de la tradition

^auquel Is. Legault gardien du couvent des recollets répond par La Sainlelé de CEglUe ro*nnint et V impiété calviniste en l'observation du dâca' logue, Saint'Mihiel, 1625. En 1634 ouverture d'un collège réformé avec quatre-vings-trois élèves, bientôt interdit. Etablisbement d'un Parlement dont quatre conseillers sont réformés.En 164â première édition de V Histoire de la naissance ei de la décadence de l'hérésie à Metz par Meurisse, suffragant de Metz, à laquelle le consistoire décide qu'il sera répondu. En 1648 le traité de Munster abandonne le pays messin à la France avec la condition que la religion y demeurera dans le même état qu'en 1624. En 1654 Ferry publie son Catéchixme de la Réformation que réfute Bossuet, alors archidiacre de la cathédrale de Metz. En 1657 controverse entre D. Ancillon et le jésuite Mandait <iui en fait imprimer une relation véritable. En 1656 fondation d'une maison de Propagation pour les filles, et en 1662, d'une seconde pour les hommes. Bossuet père, conseiller au Parlement, est du conseil de celle-ci. En 1662, le jésuite Lécossois présente un mémoire sur les crimes impunis dfs PR^ qui donne le signal de graves et nombreuses tracasseries ; en 1664, démolition du temple de la ville et construction d'un nouveau au Retranchement; en 1680, suppression du temple de la Horgne ; en 1681, interdiction aux pasteurs de visiter le colonel marquis de Broussac, malade, qui meurt néanmoins réformé ; en 1683, lecture des lettres-circulaires du clergé, en consistoire, et fermeture des écoles, sauf quatre; en 1685, le culte est interdit le dimanche 21 octobre, et l'édit de révocation est enregistré au Parlement le lendemain 22, le même jour qu'à Paris. Le temple démoli le 25, réglise de Gourcelles subit le même sort. — Pasteors : en ville, J. Divoy(1597 f 1608), Et. Mozet (1592-1614, f 1635), Géd. de Marsal (4615 f 1645), Paul Ferry (1610+1669), Théophile Le Coullon (1602 1 1652), Fr. de Combles (1580 f 1633), J. Jassoy (1640 f 1675), Ab. de la Cloche (1633 f 1656), D. Ancillon (1653-1685), Bancelin (1669- 4685), Is. de Combles (1656 1685), Paul Joly (1675-1685); dans les villages, Cl. Galtrin (1591-1614), Fabrice de la Bassecourt (1609); à Gourcelles, G. Gastines (1607-1618), J. Jassoy (1619-1640), CouCt du Vivier 1656-1664), J.Jennet (1665-1685). Fr. de Combles publie: Homeiies ou méditations consolatoires pour ceux à qui quelqnun est mort^ Genève, 1611, in-12; Consolations générales et particulières pour des malades, en deux hyres, Gen., 1619, in-12. Durant ce siècle, Metz donne à l'Eglise de France ou à l'étranger plus de vingt pasteurs. — lY. 1685-1787. Dès le lendemain de la démolition du temple, Témigration commença. Cependant, les réformés furent ménagés jusqu'en septembre 1686. Mais alors, les dragons de Pinssonnel furent logés chez eux, et ils abjurèrent en grand nombre. Plusieurs furent condamnés pour réunions illicites, d'autres envoyés aux galères ou déportés aux colonies ; quantité de femmes, de filles, de jeunes garçons enfermés à la Propagation. Des morts relaps furent condamnés à être traînés sur la claie, mais trois seulement exécutés : Chènevix, conseiller au Parlement; Daniel Robin, cord., et Suzanne Gentilhomme. « Il y eut, écrit en 1699 l'intendant Turgot, beaucoup de rigueurs.

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Plusieurs particuliers envoyés aux galères (cinquante et un en une fois, en 1687). On ne peut se souvenir sans horreur de ces temps. Un grand nombre se réfugièrent en Brandebourg, les autres sont restés unis ,entre eux^ très zélés, contenus, sans exercice public, dans un état violent... Le commerce a beaucoup souffert... G*est un mal auquel il n'est pas possible de porter remède. » Les émigrations furent nombreuses et continuèrent durant la première moitié du dix-huitième siècle. En 4699, il restait dans la ville et dans vingt-cinq villages trois mille deux cent trente non-convertis, dont trois cents enfants élevés à Tétranger. Les réformés s*établirent en Hollande, en Saxe, en Hesse, à Gassel et Hanau, mais surtout en Brandebourg et à Berlin, où le Grand Electeur leur fit un accueil favorable et chercha aies attirer (une liste de réfugiés, dressée en 1705, porte treize cents noms messins). Les pasteurs se retirèrent : Ancillon à Berlin, Bancelin à Francfort-sur-l'Oder, Joly à Gassel, de Gombles à Heidelberg et Jennet en Hollande. En 1714, David Vér>', de Courcelles, fut condamné à être brûlé pour avoir craché Thostie, mais il put se sauver. Moins heureux fut, en 1730, Nie. Ghardin, pauvre à Thospice Saintr Nicolas, qui, pour avoir jeté Thostie aux pourceaux, fut brûlé. — Jusque vers 1760, on ne trouve aucunes traces d'assemblées tenues par des pasteurs. Les Messins assistent, déguisés en soldats, au culte célébré par les aumôniers des régiments étrangers de la garnison. Mais, vers cette époque, on commence à s'assembler à Gourcelles, que visitaient des pasteurs du duché de Nassau et de Deux-Ponts, où les réformés de Metz allaient d'habitude communier, se marier, etc. Un pasteur/ Ervieux de Nanteuil, vient donner la cène ; dénoncé, il n'est pas poursuivi. En 1764, il y a un consistoire de quatre anciens et de quatre diacres; on obtient un cimetière. En 1779, le pasteur Fontbonne-Duvernet passe un mois à Metz, y exerçant son ministère. Emprisonné, on le relâche. Enfln en 1787^ on célèbre régulièrement • le culte dans une maison privée, à Metz et à Gourcelles, où peu après Holzach, pasteur de Ludwiller.et fort âgé, vient passer les dernières années de sa vie. — V. 1787-1870. L'édit de tolérance fut enregistré au parlement de Metz le 10 mars 1788. Il ne restait alors, dans tout le pays messin, que cent dix familles comprenant quatre cent quatrevingts personnes. En 1802, l'église des Trinitaires est accordée au.\ réformés de Metz ; ceux de Gourcelles ont une salle. Un seul pasteur dessert ces deux localités jusqu'en 1830. En 1822, un consistoire est créé, qui embrasse les Eglises de la Meurthe et de la Moselle. Il est subitement supprimé en 1850. Les premiers pasteurs furent : de Félice 1 1809', Molly (1809 f 1814}, Thouron (1814), Tachard (1815- 1825). En 1870, l'Eglise réformée du pays messin avait trois pasteurs: à Metz et à Gourcelles ; quatre temples : Metz, Ars, Gourcelles Boulay; quatre écoles communales : Metz (deux), Ars et Gourcelles. La population pouvait s'élever à dix-huit cents âmes ou deux mille. — Sources : Registres dtsbapt,, mar. ei eut., 1561-1685 ; archives départementales et municipales; celles du Parlement; Huguenin, Chroniques de Mtiz, in-8o ; Grespin, HiaL des Martyrs; Meurisse, Hist. de la

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