‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 39 sur 157 · MEXIQUE — MEYER · texte numérisé non relu

MEXIQUE — MEYER

pendant de la métropole européenne, et naturellement ces richesses donnaient au clergé une influence politique considérable. Tous les gouvernements qui se sont succédée au Mexique jusqu'en 1859 ont été plus ou moins les tributaires du haut clergé. En 1859, le parti libéral s'empara du pouvoir, avec le président Juarez. Les mesures anticléricales du nouveau gouvernement déterminèrent entre TEtat et les évoques un violent conflit. Juarez proclama l'entière liberté des cultes, introduisit le mariage civil, supprima les couvents, déclara les biens de TEglise propriété nationale, et enfin exila les plus récalcitrants d'entre les évoques. Plusieurs de ceux-ci passèrent en Europe, et leurs excitations n'ont peut-être pas été sans influence sur la désastreuse expédition du Mexique (1862-1867). L'archevêque La Bastlda, de Mexico, notamment, joua un rôle considérable dans les négociations qui appelèrent au trône du Mexique le malheureux archiduc Maximilien. Après sa victoire, Juarez accentua encore sa politique anticléricale. Après sa mort, le parti clérical tenta de reconquérir le pouvoir. Les évêques mexicains appelèrent à leur secours les jésuites qui venaient d'être chassés de la république de Guatemala. Mais le congrès national de 1873 confirma toutes les mesures du gouvernement de Juarez, décréta l'expulsion des jésuites et fit traduire en Justice et condamner à la prison un certain nombre d'évêques, de prêtres et de moines qui résistaient à ces décisions de l'autorité. A la faveur de ce régime anticlérical, le protestantisme,' longtemps inconnu au Mexique, a cherché à y prendre pied. Il semble que, depuis quelques années, de sérieux progrès ^ient été accomplis. Le peuple sans doute ne voit pas de bon œil la religion nouvelle. Des troubles, des émeutes sanglantes quelquefois sont venus témoigner de cette antipathie. Néanmoins il s'est formé depuis quelques années une Eglise protestante mexicaine, qui compte aujourd'hui environ soixante paroisses avec quarante pasteurs ou évàngélistes. Cette Eglise, appelée récemment à se constituer, a adopté la forme épiscopale et s'est placée ^ous la juridiction d'un évêque protestant de Mexico. — Bibliographie : Boletiii de ia sociedad de geografia y estadistica de la Republica Mexicana^ Mexico, 1878-79; Diccmtario geografico y estadhiico de la Republica Mexicana, 5 vol., Mexico, 1874-76; J.-E. Ferez, Almanaquo estadistico,.. vara 1879, Mexico, 1879. E. Vaucher.

MITER (Jean-Frédéric de), jurisconsulte et théologien, né en 1772 à Francfort, nourri des lettres anciennes et doué d'un sens esthétique très fin, débuta 'à Leipzig par une série d'articles d'archéologie, de philosophie et de littérature qu'il publia dans la Bibliothèque de Heeren (1793) et dans le Mercure deWieland (1794-95). Après avoir exercé diverses fonctions juridiques à Wetzlar et à Mannheim^ il se retira en 1802 dans sa ville natale où il employa ses efi'orts à relever l'art dramatique et où il fut successivement nommé membre -du Sénat, syndic du Conseil des échèvins, président de la Cour d'appel, bourgmestre et ambassadeur à la Diète germanique. Ces divers postes qu'il occupa avec distinction ne détournèrent pas Meyer de l'étudedela Bible et des questions religieuses auxquelles il avait voué»

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dès son jeune âge, un intérêt particulier qu*accrut encore le sérieux des événements publics dont l*Europe fut le théâtre de 1789 à 1815. Il publia en 1806 et 1807 une traduction des écrits théologiques de Gicéron, en 1813 une traduction de la Cyrouédit de Xénophon (2«éd., 1823). En 1807, il apprit Thébreu et dès 1812 il publia ses. Explications blblique.s dans lesquelles il rompit en visière avec Texégèse rationaliste de son temps ; puis en 1819 il ût paraître sa révision de la traduction de Luther avec des notes explicatives précieuses dans lesquelles il déposa, sous une forme d'une concision magistrale, le vaste trésor de ses connaissances archéologiques, philologiques, ainsi quedeses expériences religieuses ( Die A«t/. Schrift in berichngier Utber.\eizung mit liurzen Anmerkungen , Francfort, 3 vol. ; 2*éd., 1823; 5® éd., 1835). L*esprit de Meyer était porté au mysticisme et à la théosophie. Dans son exégèse, volontiers allégorisante, parfois arbitraire, toujours ingénieuse, il cherche à démêler le sens profond de la Parole deDieu^ caché sous le sens grammatical ; il a une prédilection marquée pour les problèmes eschatologiques : témoins son ouvrage sur le Èadès (1810), sa Clef de l' Apocaly^tse (1833), son Miroir de la parole prnphéifq'te (1847). Il s'intéressait vivement à la franc-maçonnerie, au magnétisme, à la doctrine de la Cabale, et publia une série d'écrits sur ces sujets. D mourut le 28 janvier 1849. — Voyez l'article de Steitz dans la Real- Encykl, de Herzog. IX, 505 ss.

METER (HenA-Augu^te- Guillaume) [1800-1873], pasteur et membre du consistoire supérieur de Hanovre^ exégète célèbre, outre uaebonne édition des livres symboliques de l'Eglise luthérienne, publia, à partir de 1832, un Commentaire critique et exégèiique du Nouveau- Testament qui eut un nombre considérable d'éditions (ladernière revue par l'auteur est la 5% Gôttingue, 1864). L'auteur unit des convictions chrétiennes sérieuses et un supranaturalisme biblique solide à un esprit vraiment scientifique, à des connaissances philologiques étendues, à une grande impartialité et à une perspicacité critique remarquable. Meyer, fidèle à la méthode grammatico-historique, combat sans pitié les velléités confessionnelles, ainsi que les artifices de l'exégèse allégorique. Il a su tirer, par d'abondantes citations, un heureux parti de- la littérature exégétique ancienne et moderne, et a maintenu son ouvrage, à travers les nombreuses éditions qui se sont succédé assez rapidement, au niveau des progrès^ de la science..

MEYER (LouiS'George-Frédéric), pasteur, président du consistoire de Paris, inspecteur ecclésiastique de l'Eglise de la confessioa d'Augsbourg. Né à Montbéliard le 1" janvier 1809, il étudia la théologie à Strasbourg, mais s'occupa avec une préférence marquée de philosophie et de littérature. Ne se sentant guère attiré vers le saiat ministère, il pensa se vouer à l'enseignement, et accepta en 1829 une place dans une institution, eQ Suisse ; en 1831 il devint professeur de français à l'Ecole de commerce nouvellement fondée à Leipzig. En 1833 il vint à Paris comme gouverneur de deux jeunes gens, et demeura avec eux dans la maison du pasteur Jean Honod.

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Cest là qu'il fonda avec ses élèves la Société des Amis des pauvres^ dans laquelle, ayant été amené à la foi par la pratique de la charité, il y amena à son tour beaucoup de jeunes gens distingués. Nommé directeur de l'Ecole normale de Strasbourg, il nô put occuper ce poste, parce qu'on ne voulait point y recevoir un protestant. M. Guizot le nomma alors rédacteur en chef du Journal de Vlnstruciion publique^ ce qlii le mit en rapport avec la plupart des hommes marquants de l'époque. En 4837, il succéda à M. Boissard, comme pasteur de l'Eglise luthérienne de Paris, et dès lors l'histoire de sa vie se confond avec celle de cette Eglise, à laquelle il a consacré, jusqu'à son dernier jour, ses dons, sa force et toute l'énergie de sa foi ; si cette Eglise a pris un si beau et si rapide développement, elle le doit, en grande partie, à L. Meyer. En 1840 il fonda la Mission Allemande; en 1846 VOEuvre d'apprentissage; en 1847 YŒuvre de Saint-Marcel, En 1848, L. Meyer travailla contre la séparation de l'Eglise et de l'Etat et contre l'Union. Dans ses nombreux voyages, il se lia d'amitié avec les hommes les plus marquants par leur piété, tels que Haerter, Spittler, de Valenti, Vinet, etc. En 1857, il devint président du consistoire et inspecteur ecclésiastique, et, à ce dernier titre, il prit chaque année part aux travaux et aux débats du consistoire supérieur, oh il défendit toujours avec fermeté les droits et la foi de l'Eglise ; c'est dans cet intérêt aussi, qu'il écrivit en 1861 une brochure remarquable: Simple exposé du débat, L. Meyer a été avant tout un « réveilleur » ; il est devenu le père spirituel de toute une génération croyante. Sa prédication était très personnelle ; derrière le prédicateur on sentait toujours l'homme ; en prêchant l'Evangile, eu insistant avec force sur la corruption de l'homme et Tinfînie miséricorde de Dieu, il racontait indirectement sa propre histoire, l'histoire de son développement spirituel. Il avait un don particulier pour instruire et intéresser les enfants ; mais c'est surtout par la cure d*âmes qu'il exerça une grande action ; il était un vrai directeur des âmes, tempérant la sévérité par l'eiTusion, la sérénité, qui est un trait particulier de son caractère. « Tristesse, écrivait-il un jour : paresse de l'âme, on peut être si triste et si peu sérieux. » Il mourut le 11 octobre 1867, usé par l'excès de travail et brisé en pleine activité. Ouvrages publiés après sa mort : Sermons^ Leltres et Fragments, Une biographie complète et détaillée de L. Meyer doit paraître très prochainement. Gh. Pfender.

HEZZOFâNTE (Gaspard-Joseph), surnommé « la Pentecôte vivante», pour sa mémoire et sa connaissance des langues, naquit en 1771 et mourut en 1849, sans laisser un ouvrage qui puisse convaincre la postérité de ses mérites linguistiques. Gavedoni affirme qu^ayant composé un traité sur la philosophie des langues et sur la grammaire générale, il le brûla par trop de modestie ; c*est fort possible, mais rien ne peut nous en assurer. En 1788 Mezzofante se voua à la carrière ecclésiastique et après avoir étudié le grec à Bologne, l'hébreu avec le jésuite du Ponte et le père Oliveri, il apprit les langues vivantes et l'arabe avec une rapidité, et une facilité surprenantes. En

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1796 et 1797 ses connaissances polyglottes lui permirent d'être, à Bologne, un précieux infirmier des blessés des guerres d'Italie. De 1804 à 1814 il fut successivement professeur de grec, de langues orientales et soiis-bibliothécaire de la ville de Bologne. En 1814, Pie VII le nomma secrétaire du collège de Propagantla Fidt^ mais il refusa et fut, toujours comme professeur de langues orientales, élevé à la charge de recteur de l'université de Bologne, puis jusqu'en 1830, bibliothécaire de la ville, comme successeur de Pozzetti, lequel avait succédé au célèbre littérateur et historien Tiraboschi. Dès 1826 il fut en relation suivie avec le cardinal Capellari (Grégoire XVI en 1831) et lui servit dans plus d'une occasion. En 1830, après la révolution de Bologne et les sanglantes représailles de la curie et de l'Autriche, Mezzofante fut l'un des députés envoyés à Rome par Mgr Oppizzoni pour déposer aux pieds du pape l'obéissance de la ville cruellement décimée. Sa soumission parfaite fit nommer Mezzofante prélat protonotaire apostolique, non assistant, avec une foule d'autres charges honorifiques. Il dut s'établir à Rome ; y fut en 1832 chanoine de la basilique de Sainte-Marie majeure, puis premier gardien de la bibliothèque vaticane, chanoine de Saint- Pierre, professeur dans le collège de la Propaganda, et enfin en 1839 cardinal de l'ordre des prêtres, avec le titre de Saint-Onuphre. Il était chargé tout spécialement de corriger les compositions des élèves de la Propaganda qui célébraient dans plusieurs langues l'octave de TEpiphanie. Mezzofante comme prêtre était confesseur et pendant son séjour à Rome il parcourait les basiliques, confessant avec beaucoup de zèle, presque toute la ville éternelle. Les souverains des peuples catholiques l'accablèrent de décorations, quoique sa science polyglotte admirable et admirée n'ait servi à personne après sa mort. Mezzofante ne fut qu'un phénomène passager. Troublés par les révolutions de 1847 et 1848, son âme profondément catholique et son esprit ignorant de tout ce qui ne se référait pas à la linguistique, eurent une grande influence sur sa santé physique. Vivant en dehors des intrigues politiques, leur dénouement fatal alors pour la papauté, l'accabla et il mourut simple et bon, comme il l'avait toujours été, en mars 1849. — Sources : A. Manavit, Esquisse historique sur le cardinal Mezzofante, Paris, 1853 ; Toulouse, 1853 ; Paris, 1854 ; 6. Stolz, Biografia del cardinale Mezzofante^ Giomale di Roma du 8 février 1850 ; Memarie di religions, di morale e di leUere ; XV, XVII Modènel854; Revue Britannique, janvier 1855 ; De Josepho Mezzofaniio sermones duo, auctore A. Santagata, Bologne, 1854 ; G. G. RusseK Life of the card. Mezzofanti vith comparative memoirs of others eminent linguiste ancient and modem, Londres, 1857. On a beaucoup exagéré le nombre de langues parlées par Mezzofante ou connues de lui ; mais d'après les détails les plus précis, on peut affirmer qu*il parlait bien et écrivait 29 langues : qu'il en connaissait passablement 11, et imparfaitement 8 ; qu'il connaissait sans les parler 13 autres langues, parmi lesquelles le chinois. Total 61 langues. Il parlait et comprenait en outre 31 dialectes. P. Long.

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