‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 4 sur 157 · MATTHIEU — MATURIN · texte numérisé non relu

MATTHIEU — MATURIN

pour les judéo-chrétiens avait une pointe offensive dirigée contre le judaïsme contemporain. Voilà (pourquoi chaque récit évangélique est presque représenté comme un accomplissement de quelque antique prophétie, pourquoi Jésus se place dans un rapport positif avec la loi qu*il vient accomplir et non détruire, avec le peuple qu*il veut sauver et qui ne périra que par sa propre incrédulité. De ce double caractère général qu'il serait trop facile d'établir, il ressort que la composition de notre évangile, même sous sa forme définitive, ne saurait être trop reculée. La conscience du rédacteur se meut encore dans la sphère du judaïsme. Certains détails comme les paroles prophétiques sur la ruine de Jérusalem et la parousîe comparées avec les rédactions parallèles de Luc et de Marc pourraient fait croire que le livre est antérieur à 70 ou du moins tout près de cette date. Enfin il a certainement été écrit en Palestine, probablement de Tautre côté du Jourdain à Pella, pendant les jours de la grande tribulation (voy. Tart. Synoptiques). A. Sabatier.

MATTHIEIJ PARIS, MatthaBUS Parisius, célèbre chroniqueur anglais, né vers Tan 1199, mort en 1259, entra dans le monastère bénédictin de Saint- Alban en 1217. Son surnom lui est venu, selon les uns, de ce qu'il était né à Paris, et, selon les autres, de ce qu'il avait fait ses études dans cette ville. Il était l'un des hommes les plus savants de son temps. Le pape Innocent IV l'envoya en Norvège pour y réformer divers couvents, et le roi Henri III, qui le tenait en grande estime, lui accorda divers privilèges pour l'université d'Oxford. On a de lui, outre les biographies des fondateurs du couvent de Saint-Alban et de vingt-trois abbés de ce monastère, une histoire d'Angleterre, qui commence à la conquête normande et s'étend jusqu'à Tannée de la mort de l'auteur. Elle est connue sous le nom de Historia major Angliae, et a été publiée pour la première fois à Londres, 1571, in-f*, par les soins de Parker, archevêque de Cantorbéry ; Zurich, 1606, 2 vol. in-f^ ; Londres, 1640, 3 vol. in-f^, avec des additions de William Wats; reproduite à Paris, 1644, 4 vol. in -f^; Londres, 1684, 5 vol. in-f*. V Historia major a été continuée par Guillaume Rishanger jusqu'en 1272. Matthieu Paris en a donné un résumé dans son Historia minor. Cette chronique est l'une des principales sources pour l'histoire d'Angleterre. L'auteur s'exprime avec une grande liberté à l'égard de TËglise romaine, ce qui lui a valu d'être fort maltraité par les auteurs catholiques.

MATURIN (Gabriel), pasteur du Désert, était, d'après Agnew, un enfant trouvé, ramassé dans les rues de Paris par le cocher d'une grande dame catholique, à laquelle il dut son nom, son prénon, et une éducation qui semblait devoir l'éloigner à jamais du ministère évangélique. Cependant, vers l'âge de quarante-cinq à cinquante ans, il remplissait les fonctions de ministre de la Chambre de l'Ëdit transportée de Marmande à Saint-Macaire, puis à La Réole (Gironde). Il demeurait dans cette ville chez le sieur de Virazel, conseiller au parlement de Guyenne, lorsqu'il fut arrêté, en 1683, pour avoir tenu des assemblées contrairement aux ordonnances. On l'enferma au Château-

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