L. Mâssebieau
HIRâGLE. Voyez Surnaturel,
MIRAMION (Marie Bonneau, dame de), fondatrice de l'ordre religieux des miramiones, née à Paris en 1629, morte en 1696, épousa en 1645 Jean-Jacques de Beauharnais, seigneur de Miramion, qu'elle perdit la môme année. Dès lors elle se consacra à Dieu et se voua au soulagement des pauvres et des malades. Elle fît établir à THôlel- Dieu une salle particulière pour les ecclésiastiques, nourrit pendant plus de six mois vingt-huit pauvres religieuses que la guerre avait chassées de la Picardie, établit la maison du Refuge et celle de Sainte- Pélagie, dont elle dressa les règlements, contribua à la fondation du séminaire des Missions étrangères, et fonda en 1661 une communauté de douze filles destinées à tenir les petites écoles de campagne, à panser les blessés et à assister les malades. Elle les réunit plus tard aux filles de Sainte-Geneviève, qui avaient déjà été instituées dans le môme but, et elle consentit à devenir supérieure de cette communauté, qu'elle établit dans une vaste maison sur le quai de la Tournelle. Enfin l'hôpital des Enfants trouvés et les Filles de la Providence eurent aussi part à ses bienfaits. — Voyez l'abbé de Ghoisy, Vie de M^"" de Miramion, Paris, 1706; Glaire, Diction, des sciences ecclcs., II, 1501.
MIRANDOLE. Voyez Pic de la Mirandole, MIRE (LE). Voyez Lemire.
MIREPOIX [Mirapicum, Ariège), évôché suffragant de Toulouse érigé en 1318 et supprimé en 1801. Le pape Benoît XII et plusieurs Lévis, seigneurs de Mirepoix, l'avaient occupé. L'ancienne cathédrale, d'abord abbaye, est dédiée à saint Maurice. — Voyez le Gallia Christiana, t. XIII.
MISGHNA. La collection des lois mosaïques avec commentaires des rabbins les plus célèbres et connue sous le nom de IfiscAna, est l'œuvre personnelle de Juda Hakkadosch (voy. ce nom), que les juifs désignent spécialement sous le nom de«Rabbi ». Elle est la reproduction exacte de la manière de voir des sages juifs touchant la conservation de la loi »
MISGHNA 183
Juda y a intercalé, à cet effet, non seulement toutes les doctrines rabbiniques incontestées, mais aussi celles qui ne le sont point. A ce point de vue la Mischna doit être considérée comme un ouvrage his* torique, écrit par un savant dans un but spécial ; elle doit son influence à rautorité de son auteur. Les principes dogmatiques qu'il y a déposés, quelques fragments isolés exceptés, ne remontent pas au delà de répoque d'Hérode. Cette circonstance est importante, car elle permet de constater le revirement qui s*est fait dans les opinions juives par suite des victoires des Machabées et de Tinfluence romaine qui assigna aux Juifs une voie nouvelle. Sous le régime de Toppression les Juifs devaient renoncer à bien des choses extérieures pour pouvoir conserver d'autant plus intimement certaines particularités qui leur étaient propres. De là, dans la Mischna^ cette prudence avec laquelle les conducteurs du peuple juif font tous les sacrifices nécessaires à leur position sociale, sans pouvoir être accusés d'avoir cédé sous le rapport des principes. Pour justifier leurs empiétements sur ta lettrede la Loi, ils devaient chercher à en trouver le principe dans la Loi même et sauvegarder ainsi leur conscience. Par des procédés pareils, une loi ancienne est valable d'après sa forme, quand bien même elle a varié dans son essence à travers les siècles. Les Juifs n'ont fait en cela que se conformer à l'usage des peuples, auxquels le changement de la tradition n'est pas constitutionnellement permis. La Mischna comprend une période d'à peu près trois cent cinquante années, si l'on en retranche les additions qui, d'ailleurs, ne sont pas de beaucoup postérieures. Cette époquecaractérisenettement le temps néo-judéen ou, pour être plus précis, la période de droit judéo-romaine. La do- . mination des Perses, celle des Séleucides et desPtolémées ne nous ont laissé, les Ecritures exceptées, aucun document de la science juive. Les commencements des écoles savantes parmi les Juifs remontent à l'époque des Asmonéens ; mais là aussi on était tenu, par des motifs de prudence politique, à décider tous les cas critiques plutôt d'après l'appréciation momentanée que d'après des lois fixes. Sans doute, et c'est là ce qui caractérise la Mischna^ elle admet comme base une tradition orale à côté de la lettre de la loi. Mais cette tradition autorisait une transformation progressive qui, tout en s'appuyant sur la loi mosaïque, permettait de l'adapter aux besoins du moment. Cela nous explique dans ce recueil la présence d'une foule de lois et d'explications légales, sanctionnées dans la suite des temps par un usage constant. Les lois y sont classées d'après une certaine analogie de l'objet qu'elles traitent, et ce classement n'a été fait évidemment qu'en vue de l'utilité pratique des élèves qui devaient consulter le recueil. En voici la division : 1® Mischna pure, c'est-à-dire explication du texte mosaïque pour le développement des points juridiques qu'il ne cite point ; 2^ Hàlacha^ usages généralement répandus et admis par la pratique; 3^ Dibrt Hachamim^ sentences des sages, émises dans des discussions publiques; 4° Z>t6re/0cMdtm, opinions de rabbins isolés, dont la considération était plus ou moins grande ; Maasijoth, conclusions tirées de cas spéciaux; 6" Geseroth^ lois issues de besoins
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momentanés; 7"^ Tkekanoihi changements nécessaires d'un usage généralement répandu ; 8"* Clalimj principes généraux résumant les cas isolés. — JudaHakkadosch n*a pas donné à son ouvrage une divi* sion nette et claire ; il Ta divisé en six parties : !• Seraïm (productions du pays, impôts, consécration, usages et prières qui s'y rattachent) ; 2* Moëd (jours de fôte et toutes les questions qui en dépendent) ; 3"^ Naschitn (toutes les questions qui ont trait aux femmes et au mariage); A'* Nefikim (questions des dommages et intérêts); 5*" KodasrMm (les sanctuaires) ; 6' Taharoth (les choses pures et impures). Chaque division est sous-divisée en Masichtoth^ c'est-à-dire en traités spéciaux et ceux-là, à leur tour, sont répartis en Perafctm, sous*divisions. — Pour nous résumer ,nous dirons que la Misckna est un résumé de tous les travaux scientifiques antérieurs à R. Juda Hakkadosch, qu'il regardait comme découlant du texte de la loi et que, partant, il regardait comme sacrés. Pour toutes les questions où les sources lui faisaient défaut, il s'en rapporte à ses propres lumières ou a recours à des récits devant corroborer l'ancienne tradition. Il devient par suite difficile de distinguer dans son œuvre les différentes sources auxquelles il a puisé et la valeur de la Mischna consiste en ceci qu'elle nous fournit une notion exacte des antiquités juives du second et du troisième siècle après la destruction du temple. Quant à l'usage qu'en ont fait les rabbins, nous renvoyons à l'article Ecoles juives. — Sources : Jost, Geschichte der Israeliten^ V; Dentsch, Talmud {Quaterly Review^ 1879). E. Sgherdlin.
MISERERE, prière liturgique du culte catholique dont le texte est emprunté au psaume LI, parfois aussi au psaume LYII. Outre la mélodie grégorienne qui y est adaptée, elle a été mise en musique par Palestrina, Orlando di Lasso, Allegri, Scarlatti, Zingarelli, Pergolese, Fétis, Neukomm et beaucoup d'autres compositeurs. La plus célèbre de ces compositions est celle de Gregorio Allegri (1590-1640), dans laquelle un chœur de quatre et un autre de cinq voix se répondent, jusqu'à ce que dans le finale les neuf voix s'éteignent ensemble dans un pianissimo harmonieux et toujours plus lent. C'est le Miserere d'Allegri qui, chaque année, est exécuté dans la chapelle sixtine à Rome, le mercredi et le vendredi de la semaine sainte : il était autrefois la propriété exclusive de la chapelle papale. Pendant qu'on le chante, le pape est agenouillé devant l'autel, ainsi que les cardinaux devant leurs pupitres, et l'impression religieuse est encore augmentée par le fait qu'une lumière s'éteint après l'autre : ad union quemque psalmum extinguitur unacandela^ una post aliam, quia apostoli paulatim defecerunt a Christo (Gavanti, Thetaurus sacror, rituum^ Turin, 1736, II, 99).
HISÉRIGORDB (OËuvre de la), association qui a son symbole, ses observations et ses emblèmes, et qui s'est surtout révélée par un livre intitulé : Opuscule sur des communications annonçant i^Œuvre de la Miséricorde. Cet Opuscule est l'exposé des communications surnaturelles qui auraient été faites à un habitant de Rilly-sur-SeuUes, diocèse de Bayeux, nommé Pierre-Michel Vintras. On y lit que le monde
a véca sous Tempire de la crainte depuis Moïse jusqu*à Jésus-Christ ; sous le règne de la grâce depuis Jésus-Christ jusqu^à nos jours; et qu'il va passer sous le règne de Tamour dans VŒuvre de la Miséricorde. C'est dans cette troisième période que le Seigneur choisit pour organe Pierre-Michel Vintras qu'il charge de recevoir, d'écrire et de répandre ses communications divines au sujet de l'alliance qu'il va renouveler avec les hommes en les régénérant par le saint Esprit. Le chef de l'association, simple laïque, choisit parmi ses adeptes des apôtres chargés de répandre ce (\\i{\iLommeiYŒavredela Miséricorde^ leur donne une sorte de consécration par l'imposition des mains et l'onction du baume de la croix. L'association de Vintras fut condamnée comme contraire à l'enseignement et à la foi de TEglise catholique par une lettre de l'évêque de Bayeux à son clergé (8 nov. 184!) et par un bref du pape Grégoire XVI (3 nov. 1843). Un jugement du 20 août 1842 condamna Vintras à cinq années de prison pour délit d'escroquerie. Cependant la secte subsiste toujours, et elle publia, sous le titre de la Voix de la «ep/am^, une série d'opuscules au moyen desquels elle cherche à propager sa doctrine.
MISÉRICORDE (Religieuses de Notre-Dame de la), ordre fondéàAix, en Provence, l'an 1637, par le père Yvan de l'Oratoire et par Marie- Madeleine de la Trinité. Ces religieuses n'avaient à lire que le petit office de la sainte Vierge. Outre les trois vœux ordinaires, elles en faisaient un quatrième, qui était dé recevoir sans dot les filles de qualité qui ne pouvaient entrer dans les autres ordres, et elles suivaient la règle de saint Augustin. Cet institut fut approuvé en 1642 par (Jrbain VIII, et en 1648 par Innocent X. — Voyez Gilles Gondon, Vie du P. Yvan; le père Groset. Vie de la mère Madeleine de la Trinité^ Lyon, 1696; le père Alex. Pyny, Vie de la môme, ibid., 1680.
MISRAIM. Voyez Egypte.
MISSEL ou Messel, Missale, livre d'église qui renferme : l"" les rubriques générales de la messe ; 2^ la préparation à la messe et les prières que récite le prêtre en revêtant chacun des ornements sacerdotaux; 3° les prières après la messe; 4* l'ordinaire de la messe; 5' le propre de chacune des messes de l'année; 6° les préfaces; 7** le canon; 8* le commun des saints; 9' le commun des messes votives. Tel est le contenu du missel romain ; mais il y en a d'autres qui renferment de plus les bénédictions diverses des objets servant au culte ou à l'usage particulier des fidèles. On donne aussi le nom de missel au livre d'église à l'usage des laïques. Il contient le missel sacerdotal, à l'exception des rubriques, des prières de préparation et d'action de grâces du prêtre et des bénédictions. Le missel romain a été d'abord dressé ou recueilli par le pape Zacharie et perfectionné par Grégoire le Grand, qui l'appela le Livre des sacrements. Chaque diocèse et chaque ordre religieux a son missel particulier ; mais le missel romain tend à supplanter tous les autres. — Voyez les articles Liturgie et Messe.
MISSION nrrfolEDKE. — I. But bt origine. Avant do se séparer de ses disciples, Jésus-Christ [leur donna Tordre d*évangéliser toutes les
nations, en commençant parla Palestine (Matth. XXVIII, 16-20; Act. I, 8 ). Cet ordre est le point de départ de Tactivité missionnaire de TEglise et de celle des croyants. L'Eglise chercha d'abord à amener à la foi ceux qui ne la possédaient pas. Mais lorsqu'elle fut organisée, on dut s'occuper d'entretenir et de vivifier la foi des croyants, de faire naître ou de réveiller la piété chez ceux de ses membres qui ne connaissaient pas, par une expérience personnelle, la vie de la foi. La mission intérieure n'a pas d'autre but que celui-là. Dans l'ancienne alliance, les prophètes d'Israël donnèrent l'exemple de l'activité missionnaire. Jésus-Christ ne voulut pas exercer hors de la Palestine son ministère. Par les appels qu'il adressa à son peuple, par l'action qu'il exerça sur ses apôtres, par son œuvre rédemptrice, il prépara, avec la fondation de l'Eglise, le réveil des consciences au sein de sa nation (Matth. V-VII, XI, 20-24; Marc VI, 1 ss. ; Jean IV, 1 ss. ; Luc VII, 18-23). Plus tard les apôtres, suivant l'exemple laissé par leur Maître, s'appliquèrent à entretenir la piété et à développer au sein des communautés la vie spirituelle qu'ils avaient fondée, en les visitant, en leur écrivant, en les dotant d'une organisation qui, si simple quelle fût, suffisait à pourvoir aux nécessités du présent,' tout en préparant l'avenir (voyez Encyclopédie deHerzog, art. Innere Mission), Marchant sur leurs traces, l'Eglise, toutes les fois qu'elle se réveille, fonde des institutions et exerce une activité dont l'objet est la conversion des âmes et le développement de la piété en pays chrétien. A cet égard, l'histoire de la mission intérieure se confond d'une façon si étroite avec celle de l'Eglise qu'il faudrait refaire celle-ci, afin d'avoir une idée exacte de la marche et des progrès de cette œuvre de relèvement. Il y a eu cependant dans l'Eglise des hommes dont l'activité a été particulièrement remarquable : parmi les précurseurs de la Réforme, "Wiclef ; au siècle dernierWesley et Whitefield, les apôtres de la Grande-Bretagne et de l'Amérique, Spener, le chef du piétisme allemand, les évangélistes américains (M. Lelièvre, Les prédicateurs pionniers de VOuest américain)] dans ce siècle, Oberlin, P. Nefi", Wichem, le fondateur de la mission intérieure en Allemagne, etc.
II. Théorie de la mission intérieure. En un sens, toutes les œuvres de foi et d'amour qui voient le jour au sein des peuples chrétiens et qui se développent dans les limites de l'Eglise, peuvent se rattacher à la mission intérieure. Cependant le nom de mission intérieure s'applique plus spécialement à l'évangélisation. Il est vrai que Jésus- Christ a exercé sa miséricorde, tout en prêchant l'Evangile (Luc VII, 22), et que ces deux modes d'activité se retrouvent chez ses apôtres (Luc X, 1-20), mais, dans la théorie comme dans la pratique, il est aisé de les distinguer. Cette distinction nous permettra d'ailleurs d'acquérir une idée plus précise de notre sujet. La mission intérieure est une forme de l'activité de l'Eglise : l'idée que nous nous ferons de l'Eglise déterminera dans une très grande mesure celle que nous nous formerons de la mission intérieure. L'Eglise catholique, qui est une théocratie, subordonnera cette œuvre tout
entière à racLîon et à la direction du clergé. Les Eglises évangéliques, qui croient au sacerdoce universel, feront de chaque chrétien un missionnaire. Parmi celles-ci, les Eglises de professants s'occuperont moins du nombre des âmes sur lesquelles doit s'exercer leur activité, que de la pureté de la foi individuelle ; les Eglises de multitudes, s*adressant aux foules, s'efforceront de les gagner à l'Evangile sans se croire le droit d'établir elles-mêmes une ligne de démarcation précise entre les convertis et les âmes chez lesquelles le travail de la conversion n'est pas achevé. Pour toutes les Eglises chrétiennes, quelles qu'elles soient, la mission intérieure comprend trois parties bien distinctes : 1° réveiller et développer la vie religieuse au sein des communautés déjà 'constituées ; 2* rattacher à l'Eglise par un lien organique et officiel les fidèles privés de tout moyen de grâce ; 3" évangéliser les membres des autres Eglises chrétiennes, ens'efforçant de combattre parmi eux l'incrédulité, de redresser leurs erreurs et de les amener à la foi. Pour pouvoir entreprendre avec quelque chance de succès cette œuvre, une Eglise doit posséder une vie religieuse intense, des doctrines nettes et précises, une organisation tout ensemble large et solide. Il en est ainsi de tout évangéliste digne de son nom: pour communiquer la foi, il faut la posséder; pour gagner les âmes, il faut un programme intelligible à tous ; pour les retenir, il faut un édifice spirituel capable de les abriter. On doit aussi tenir compte de l'état général des esprits, de l'état de l'Eglise et du caractère national. La première chose à faire lorsqu'on s'occupe d'une paroisse, c'est de s'assurer si elle possède les organes nécessaires pour vivre (conseils ecclésiastiques, écoles de la semaine et du dimanche, catéchuménat, union chrétienne de jeunes gens, bibliothèque, réunions d'édification, etc.) ; on pourra ensuite mettre en œuvre les autres moyens d'action qui s'adressent soit aux individus (cure d'âmes, visites), soit à la famille (culte de famille;, soit à la communauté tout entière (prédications d'appel, conférences, classes bibliques, réunions d'Eglise, fêtes chrétiennes). II est quatre signes auxquels on peut reconnaître une Eglise vivante : union des croyants, chant nourri, libéralité chrétienne, activité des membres de l'Eglise s'unissant à celle de ses conducteurs spirituels. — Les disséminés doivent d'abord être rattachés à une paroisse, puis être visités, instruits et encouragés (mission itinérante, bibliothèques circulantes, lecture des journaux religieux) ; leurs enfants réclament des soins tout spéciaux (écoles pour les enfants disséminés, catéchuménatsécoles), car si on les néglige ils tomberont aisément dans l'incrédulité ou daus la superstition. « — Quant aux membres des autres communautés chrétiennes, ils se divisent naturellement en deux classes parfaitement distinctes, selon qu'ils sont membres ou qu'ils ne font pas partie d'Eglises évangéliques. Rien n'est plus nuisible à l'œuvre de Tévangélisation que ce prosélytisme ecclésiastique qui, contrairement à l'enseignement apostolique (Rom. XV, 20-21), pousse parfois les diverses fractions du christianisme évangélique à se disputer les âmes arrachées au joug de l'erreur et du péché. L'alliance évan-
gélique est un devoir, tant que Tunité ne sera pas établie entre les croyants (Jean XVII, 21 ; cf. Eph. IV, 13-16). Cette alliance ne peut s*étendre jusqu'à TEglise catholique romaine, d'abord parce que cette Eglise réclame non l'union des chrétiens, mais la soumission des Croyants, ensuite parce que ses enseignements sont contraires à ceux de TEcriture, enfin parce qu'elle a confondu sa cause avec celle de partis politiques dont l'alliance ne peut que compromettre la cause de l'Evangile. Le prosélytisme parmi les catholiques romains s'impose à tout croyant. Il s'exercera par tous les moyens que possède la mission intérieure : par la parole (entreliens, prédications, conférences), par la presse (diffusion de l'Ecriture sainte, traités, gravures, livres), par l'instruction (écoles, classes bibliques, etc.), par la philanthropie, quoique ce dernier mode d'action exige un tact tout particulier. L'ouvrier de la mission intérieure doit se garder d'intervenir dans les affaires particulières (Luc XII, 13-15), de prendre parti dans les querelles politiques (Jean XIX, 36) ; il ne perdra aucune occasion de montrer que l'Evangile, source de tout progrès, n'est pas responsable des égarements de ceux qui se couvrent de son nom. Il parlera la langue de tous, il s'adressera à la raison et à la conscience, jamais à la passion, il ne posera d'autre fondement pour l'édifice qu'il veut élever, que Jésus-Christ crucifié.
IIÏ. Statistique. Il est absolument impossible de. dresser une statistique complètement exacte des œuvres de mission intérieure, par la raison que beaucoup d'entre elles ne publient aucun rapport. D'ailleurs nous n'avons à nous occuper ici ni des œuvres philanUiropiques (voyez Paupérisme) y ni de l'instruction (voyez Ecoles protestantes et Ecoles du dimancke), ni de la diffusion de la Bible (voyez Propagation de la Bible) , ni des œuvres purement locales ou de celles qui forment un tout par elles-mêmes (Unions chrétiennes, etc.}. Nous devons aussi nous contenter de mentionner les principaux ouvriers de la mission intérieure qui sont actuellement vivants : Moody et Sankey, dans la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis d'Amérique, Spurgeon en Angleterre, lord Radstock en Russie et dans les pays Scandinaves, le D' Somerville en Australie, en Ecosse, en France et en Italie, Waldenstrœm en Suède, MM. de Pressensé, Th. Monod, Réveillaud, Fourneau, E. Vernier en France, etc. Quant aux œuvres de mission intérieure, nous les diviserons en œuvres générales et œuvres ecclésiastiques. — 1. France, Œuvres générales : La Société évangélique de France, qui compte quarante-sept années d'existence^ est fondée sur le principe de l'Alliance évangélique et s'occupe spécialement de l'évangélisation .des catholiques. Elle a créé des Eglises à Chatelcensoir, Alençon, Limoges, etc. Elle a des œuvres remarquables dans la Nièvre, la Creuse, etc. Elle a 47 agents et son budget s'est élevé en 1879 h 156,842 fr. La Mission intérieure évangélique, fondée au lendemain de la guerre de France, afin de travailler au réveil de l'Eglise et à l'évangélisation de la France, a son siège à Nîmes. Ses moyens d'action sont la création de groupes destinés à unir en un faisceau les chrétiens évangéliques
d'une môme localité, les prédications et conférences, les réunions dites de consécration. Son budget s'élève à environ 20,000 fr. A cette œuvre se rattache le Comité parisien de Mission intérieure qui s'occupe exclusivement de Tévangélisation des catholiques au moyen de conférences données dans le nord, l'est, l'ouest et le centre de la France (le Comité central s'occupant des catholiques du midi et de révangélisation des protestants de la France entière) qui en un an a reçu environ 8,000 fr. et fait visiter 14 départements. La Mission évangélique aux ouvriers créée par M. Mac-AU, il y a sept ans, a 21 stations dans le département de la Seine et des stations à Bordeaux, Lyon, la Rochelle, Rochefort-sur-mer. Dans son dernier exercice, elle a reçu pour l'œuvre générale 117,222 fr. 60 et pour la Mission aux enfants 17,526 fr. 30. Elle a tenu dans Pans et la banlieue 5,451 réunions auxquelles ont pris part 556,218 personnes, prêté 2,781 livres et distribué 556,218 traités. Une œuvre similaire existe à Marseille, Valence, etc., et est en partie soutenue par la mission intérieure. Le Comité auxiliaire de l'évangélisation de Paris, fondé sous le patronage de la Home City mission de Londres, se propose de créer à Paris d'abord, puis en province, une œuvre de visites à domicile. JE^nfin, il existe à Paris (rue Royale, 23), une œuvre quotidienne d'évangélisation qui, en 1875-76, a reçu 11,085 fr. (Armand-Dclille, Journal de l'œuvre de Dieu à la rue Royale, 1877). Le Comité protestant de Lyon pour l'évangélisation des vallées de F. Neff et des départements du sud-est de la France a dans son 23* exercice reçu 27,072 fr. et dépensé 22,237 fr. Le Comité pour l'évangélisation des soldats est de création toute récente. A ces œuvres on peut joindre la Société d'évangélisation d'Alsace (36' exercice, recette : 17,046 fr. ; dépenses 16,168 fr.), le Comité des femmes bibliques de Paris, l'Ecole de Sainte-Philomène ( préparation des évangélistes), la Société missionnaire américaine de'Paris. Œuvres ecclésiastiques. A l'Eglise réformée se rattachent les œuvres suivantes : La Société centrale d'évangélisation, qui fut précédée de la Société chrétienne protestante de France (Bordeaux, 1835) et de la Société chrétienne du Nord (1843), s'occupe de l'évangélisation des disséminés et de celle des catholiques, avec le concours des consistoires; elle entretient deux écoles préparatoires de théologie, l'une à BatignoUes-Paris, l'autre h Tournon, a créé plus de quarante Eglises, devenues des paroisses officielles : elle a 12 sections qui travaillent à l'évangélisation de 67 départements et des colonies, avec 139 agents, 320 postes, 53 écoles. Recettes en 1878-79 : 213, 452 fr. L'GEuvre pour Tencouragement au saint ministère, dont le siège est à Marseille, a reçu dans son 3* exercice (1877-1878) 15,745 fr. 40. La Société de prévoyance et de secours établie à Bordeaux pour les veuves et orphelins des pasteurs a reçu en 1879 23,12^ fr. 75. La Caisse de retraite des pasteurs, à laquelle sont affiliés 353 pasteurs, a un capital social de 513,994 fr. De plus, la Caisse synodale (du synode officieux) a des ressources spéciales qui sont en partie destinées à venir en aide au Comité de la faculté de théologie de Montauban. La Mission intérieure
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protestante du Gard, qui se rattache au parti libéral, a un budget d'une dizaine de mille francs, elle pourvoit aux études classiques des jeunes gens qui se destinent au saint ministère, fait visiter les églises libérales, etc. L'Eglise de la confession d'Augsbourg a sa mission intérieure avec des stations d'évangélisation à Elbeuf, à Paris, dans le département de la Seine, etc. La Commission d'évangélisatiou des Eglises libres reçoit environ 47,000 fr. L'Eglise méthodiste, outre ses stations d'évangélisation de Granville, Fiers, Honfleur, Saint- Malo, Saint-Dizier, etc., a une Mission aux ouvriers (Paris, Saint- Denis, Rouen, etc.), dirigée par M. Gibson. L'Eglise baptiste a quelques stations d'évangélisation dans la Seine, l'Aisne et le Nord. Organes de la Mission intérieure : Le Bulletin de la mission intérieure^ le Signal (politique et religieux), les Nouvelles de révangélisation en France, le Bulletin dé la Société évangélique, VAmi de la maison (illustré) le' Témoin de la vérUéy la Chambre haute, VAmi chrétien des familles etc. Voyez Math. Lelièvre, V Evangélisation en France et en Belgique {Siebente Hauptversammlung der Evang. Âllianz, I, p. 317-337) ; E.Bovéi, Statistique des associalions protestantes, Paris, 1864; A. Decôppet, Paris protestant, 1876 ; de Pradt, Annuaire protestant ; P. Puaux, Agenda protestant, 1880 ; Almanach du sou protestant. — 2. Belgique. L'Eglise évangélique unie à l'Etat a un Comité d'évangélisation qui, avec un budget de 16,000 fr., fait célébrer le culte dans 14 localités, entretient 8 écoles et 3 colporteurs. La Société évangélique ou Eglise chrétienne missionnaire belge a une quarantaine de lieux de culte et 22 pasteurs ou évangélistes. L'Eglise wesleyenne a un poste à Bruxelles. — 3. Hollande. En 1843, se fonda à Amsterdam une Société pour la diffusion de la connaissance du christianisme et pour le développement de la piété par le moyen de visites et par la lecture de la Bible. D'autres ne tardèrent pas à l'imiter, ce sont : La Société pour la diffusion de la vérité ( Vereeniging ter verbreiding van waarheid, 1847), la Société néerlandaise évangélique protestante créée en 1853 par le docteur Cappadoze pour combattre les erreurs de l'Eglise romaine, et qui, en 1876, soutenait dans le nord de la Hollande 22 évangélistes et recevait 17,672 florins ; la Compagnie évangélique ; la Foi efficace par la charité, qui s'occupe d'évangélisation, d'écoles, d'œuvres philanthropiques, et avait en 1876 73 sections ; la Société des amis de la vérité qui, en 1876, avait 46 sections et recevait 15,540 florins ; Jésus seul, société qui, en 1876, travaillait dans 23 localités au moyen de 7 évangélistes et soutenait ^ écoles du dimanche avec 1,694 élèves ; l'Union néerlandaise protestante, qui travaille au développement de la vie chrétienne; l'Union militaire ; la Société pour l'évangélisation des marins, etc. Voyez Heldring, Inwendige Zending en GémeenXe, Leyde, 1877. — 4. Suisse. Il existe en Suisse un très grand nombre de sociétés d'évangélisation et de mission intérieure. Chaque Eglise (nationale, libre, wesleyenne, morave, etc.) a les siennes. Il existe en outre des sociétés embrassant plusieurs cantons, d'autres qui sont propres à une vUle ou à un canton. Parmi les premières, il faut noter : la Société de secours
religieux pour les protestants disséminés, dont le siège est à Bâle et qui comprend 15 comités cantonaux, avec un budget total de 100,000 fr. Le comité de Genève, qui a dépensé dans son trente* cinquième exercice (1878-79) 28,067 fr., s'occupe de Tévangélisatioa des disséminés de la Suisse (Pribourg, Vaud, Valais, Schwytz), de la France et des Etats autrichiens ; l'Union évangélique suisse (Schweizerischer evangelisch-kirchlicher Verein), qui est le centre d'action du parti évangélique au sein de l'Eglise nationale, dont le comité central est à Bâle, qui, sans négliger l'édification proprement dite (cultes du dimanche matin, réunions d'édification, de missions, etc.), se livre à l'évangélisation, a des missionnaires pour les villes (4 pour Bâle), des colporteurs, etc. ; l'Union suisse du christianisme libéral qui entretient des boursiers (en vue du saint ministère), répand des traités (10,000 dans le dernier exercice) et est pour le parti libéral ce qu'est l'Union évangélique pour Je parti évangélique, un centre d'action et de propagande religieuse et ecclésiastique ; l'Union pastorale suisse. Parmi les œuvres particulières, nous mentionnerons les Sociétés évangéliques de Genève, du Jura bernois, de Berne^ de Zurich, de Saint-Gall, de Schaffhouse, de Coire (sociétés qui sont absolument indépendantes les unes des autres). Celle de Berne, fondée en 1831, a une assemblée générale de 200 membres qui nomme le comité central et, avec un budget de 120,000 fr., elle fait visiter par une dizaine d'ouvriers 160 localités, entretient deux colporteurs, deux écoles normales de régents et de régentes ainsi qu'un collège. Celle de Genève, qui, en 1878-79, a reçu 229,512 fr. 81, a un département théologique duquel relève l'Ecole de l'Oratoire, un département d'évangélisation à l'intérieur (culte de Carouge, visites, bibliothèques), un département de colportage et d'évangélisation à l'extérieur (France, Allemagne, etc.), lequel entretient 62 colporteurs, dont 56 dans 31 départements de la France, 3 pasteurs, 10 évangélistes, 4 instituteurs ou institutrices. La Société évangélique de Zurich, indépendante des précédentes, est depuis 1874 rattachée à l'Union évangélique ; elle dépense 318,000 fr., a 7 sections ; la Mission urbaine de Bâle (Stadtmission) ; le Vereins^ haus à Bâle qui fait donner des conférences et des prédications d'une façon régulière ; la Société pour l'évangélisation de la France, dont le siège est à Neuchâtel et qui s'occupe de l'évangélisation de FAllier et de plusieurs autres départements, entretient une voiture biblique, etc. ; la Société pour l'évangélisation de l'Espagne dont le siège est également à Neuchâtel ; la Commission d'évangélisation pour la mission intérieure, qui a dans le canton[de Genève une dizaine d'agents et a dépensé, en 1878, 17,198 fr. 65; l'Association des dames de l'Eglise nationale de Genève, en faveur des missions évangéliques et des protestants disséminés ; les Comités de Genève et de Lausanne pour l'évangélisation de l'Espagne ; le Comité genevois pour l'évangélisation de la Bohême et de la Moravie. Il existe en outre à Genève une œuvre identique à l'œuvre Mac-AU. Voyez Annuaire philanthropique, Genève, 1879 ; Finsler, Kirchliche Statislik d. refor-
mirl^ Schwtiz^ 1854 ; Taschenbuch fur die schweizerischen reform. Geistlichen iiS19 ; Berner StaaU Kalender^ 1877; de Mestral, Tableau dt PEglise chrétienne, 1870 ; Kalender fur Basel-Land, 1876. — 5. Italie. II n'y a pas eu jusqu'ici en Italie d'œuvre générale de mission intérieure ou d'évangélisation : chaque Eglise évangélise pour son compte particulier. L'Eglise vaudoise, outre ses paroisses constituées, a, dans le champ de Tévangélisation, 39 églises, 24 stations avec 2,800 communiants, 1,600 élèves fréquentant les écoles du dimanche, 32 ministres, 21 évangélistes, 52 instituteurs, 5 colporteurs. L'Eglise chrétienne libre (des Frères) a autour de ses 8 paroisses une trentaine de groupes d'évangélisation. L'Eglise libre italienne a outre ses pasteurs 11 évangélistes. Les méthodistes wesleyens font aider leurs 22 pasteurs par 6 coadjuteurs, 6 évangélistes et 2 colporteurs. Les méthodistes épiscopaux ont 16 prédicateurs italiens et 4 lectrices bibliques (voy. Reid, The missions and missionary Society of the methodist episcopairchurch). Les baptistes stricts (américains) ont 9 pasteurs ou évangélistes pour 155 baptisés et l'Eglise chrétienne (baptiste), apostolique 200 communiants et une œuvre d'évangélisation pour les mendiants. L'Eglise libre écossaise fait évangéliser les marins de Gênes et de Naples. Parmi les œuvres individuelles, il faut nommer celle de M. van Meter qui a organisé des écoles et des services aux portes du Vatican. Sources : Vade mecum ad a$o dii pastori e ministri délie chiese evangeliche d'Italia, 1869; Gomba, PEvangélisation en Italie {Siebente Hauptoersamelung^ d. E. Allianz^
I, p. 351 ss.), et les Nachrichten ûber die Ausbreitung d. Evang. tn Italien). — 6. Espagne et Portugal, Toutes les églises évangéliques qui existent dans ces deux contrées, sont des œuvres de mission intérieure. Ceux qui s'y emploient sont d'anciens catholiques (prêtres ou lettrés espagnols), des étrangers, à la tète desquels il faut placer Fliedner, de jeunes Espagnols élevés dans des universités ou écoles protestantes. La liberté religieuse n'existe pas dans le Portugal. Elle existe de nom plus que de fait en Espagne. Les épiscopaux travaillent à Lisbonne (et ses environs), Madrid, Séville et Halaga,' les wesleyens à Polio Nao, Barcelone et dans les iles Baléares, les presbytériens d'Ecosse à Madrid, Salamanque, San Fernando et Puerto Sta Maria; ceux d'Irlande, à Madrid etàCordoba; l'Egliselibre d'Ecosse à Lisbonne ; la Société évangélique continentale à Bilbao, etc., le Comité de Lausanne, à Barcelone, celui de Genève, à Reuset Garthagène ; les Missions américaines à Santander et à Saragosse, les baptistes américains à Alcoy, Madrid, etc. ; l'Eglise évangélique allemande à Madrid et dans plusieurs autres localités. Voyez Fliedner, IHe Evangelisation in Spanien und Portugal (Siebente Hauptvers.j etc.,
II, 479-498), Blœtter aus Spanien (Leaves from Spain). — 7. AUemagne. La mission intérieure a pris en Allemagne une grande extension sous l'impulsion de Wichem. Outre les œuvres dirigées par les Eglises baptistes et wesleyenne, par les moraves (voy. le journal l'^milé des Frères et d, Briiderboté), signalons les Sociétés suivantes : La Mission intérieure (Die innere Mission) se propose de travailler au
réveil de la vie religieuse chez les Allemands, qu*ils soient ou non fixés dans leur patrie, non seulement en les évangélisant, mais encore en mettant en œuvre tous les moyens que peut employer la charité chrétienne (écoles, unions chrétiennes, maisons de diaconesses, etc.). On peut dire qu*ainsi conçue, la Mission intérieure embrasse toutes les manifestations de la vie religieuse. Le comité central a une double résidence à Hambourg (Rauhes Haus à Horn, près Hambourg) et à Berlin, où se trouve son domicile légal. Il est en rapport avec un grand nombre de comités locaux et d'instituts (voyez la liste dans le XX« rapport, p. 33-40). En 1878-79, il a reçu 23,865 marcs 03; il s'occupe de Tévangélisation dans toutes ses branches ( évangélisation des voyageurs, des ouvriers étrangers, etc). La littérature de la Mission intérieure est extrêmement riche. Citons, outre Touvrage de Wichern : D. Werk d.Inn, Miss, in Ostpreussen, Berlin, 1872; Bourwicq, D. Inn. Miss, in Westpreussen^ 1878; Dreyfus, D. In. Mission, in Pommern, 1876; Hopfner, D. Werk d. In. Miss, inder evang.Kircheder Rheinprovinz, 1876; Simon, Die Inn. Miss. ind. Proviiiz Sachsen; Die Inn. Mission in Deutsehland, I ; Die I. M. in Ifannover, par Rothert, II ; Die I. M. in Wûrtenberg, par Schmidt; W. Beyschlag, Vortnige ûber d. In. Miss.; Geschichien und BUder aus d. I. M.\ Borner, Ein Blick in die Arbeil der L M. in d. lelzten dreissig Jahren, 1878, etc., etc. L'organe ofQciel du comité est le journal : Fliegende Bldlter aus d. Rauhen ITause, dirigé par Wichern et Oldenberg. Parmi les autres journaux, citons Bausteine publié à Dresde par Seidel et Monatsschrifi fur Diakonie und In. Mis., qui paraît à Altona, sous la direction de Schœfer. La société de Gustave-Adolphe {Gustave-Adolph Verein), fondée en 1832, s'occupe de Févangélisation de l'Allemagne, de l'Autriche et de quelques autres contrées. Elle a reçu, dansrexercicel878-i879, 697 ,000 marcs. Depuis sa fondation, elle a soutenu 2,731 communautés, pris part à la construction de 1,090 temples, chapelles, etc., de 665 écoles, entretenu 16 prédicateurs itinérants et dépensé près de 15 millions de marcs pour l'œuvre de Févangélisation. Elle a pour organe : FUegendes Blalt des evang. Vereins d. Gust. Ad, Stifi., Stuttgart; Der Bote d. eu. Vereins d. Gust. Ad. Stift., Darmstadt, et un certain nombre de feuilles locales. Elle est comme la précédente une œuvre d'alliance évangélique. L'union protestante libérale (Protestantenverein) est le centre d'action dexe parti. Outre ces grandes sociétés qui embrassent l'Allemagne entière, il en existe d'autres qui sont locales, spéciales, ecclésiastiques : Stadtmission ou missions urbaines (celle de Hambourg a un organe spécial ; celle de Berlin , qui en a deux , un bulletin et d. Evang. Sonntagsblait , 15.900 ex., emploie 24 missionnaires) ; la Mission intérieure luthérienne de Bavière {Gesells-' chaft fiir d. In Mis. in dem Sinne der tut h, Kirche in Bayern); Comité fur kirchliche Pflege der Deutschen in Paris, qui entretient deux pasteurs à Paris. Un autre comité s'occupe des émigrants et des immigrants, entretient deux pasteurs, l'un à Hambourg, l'autre à New- York; un autre s'occupe des Allemands établis au
Brésil (voy. plus bas). L'Eglise évangélique de Prusse a collectéen 1876, 341,950 marcs, dont 11,500 ont été employés à la mission intérieure. L'Eglise luthérienne recueiUe aussi des fonds spéciaux (Gotuskatlen), qu'elle emploie à l'éyangélisafaon des disséminés d'Allemagne, des protesunts de lempired Autriche, des- AUemands de l'Amérique du Nord, etc. Il existe de plus en Allemagne des instituts qui fournissent soit des prédicateurs itinérants soit des pasteurs missionnaire» (pour 1 Amérique). Voyez. SdiôAer et Schneider, Sehreib-und Hûlfs Kalmder, U, Theologisches Jahrmich, i«n, 1878, 1879; Kahnis, Der inmre Gang desPr<rtey tcntimw-^. Hoffmann, /).e Innere Mission. HoUenberg, Du frète ThàtiQheUund d. kirehliche Amt; Nitzsch , Pf afei«A« Théologie, III. La mission intérieure est jugée au point de vue cathohque, nar Jorg, Geschiehlt d. Prote^anlisrmu. — 8. Aulnehe-Hongn". Dans les terres de là couronne de Hongrie où domine le rationalisme il n'y a à signaler qu'une fondation, se rattachant à VEriise 'luthérienne { Hulfsansfalt) , laquelle en 1877-78 a reçu 42 000 florins. Dans l'Autriche et ses dépendances, les communauté» luthériennes se sont élevées de 103 à 138, les réformées de 64 à 76. H existe en Bohême une Société évangélique fondée parle surintendant adjoint Kaspar et qui a pour organe : Zpravy evangelicke (NouuelUs évanailiques). Le pasteur Schwarz a créé une œuvre de mission intérieure ( Verein fur innere Mission in Oberôsterreich), qui a un organe spécial La société de Gusteve-Adolphe, qui compte dans la monarchie 12 sections et 300 comités locaux, y dépense 100,000 marcs. EUe a créé un fonds dit du JnbiU, qui a déjà reçu 20,000 florins. Il existe à Vienne des réunions d'édification. Les moraves ont fondé quelques communautés. Sources : von Tardy, Dos evang. religiôse Leben in (Esterreich-Ungarn, Sieb. Hauptvers., l, 201-222. — 9. Russie. En Russie, la liberté de conscience existe, mais le prosélytisme est interdit. Tout récemment, le gouvernement russe a expulsé un homme pieux qui. s'occupait de mission intérieure. L'Eglise luthérienne prédomine dans les provinces de la Baltique. Elle a une œuvre semblable à la société de Gustave-Adolphe : die UnUrslûxungs-Casse fur die evang. lutherisch Gemeinden in Russland, dont le siège est àSaint-Pétersbourg,. avec 22 sections, dont le budget s'élève à 40,000 roubles (environ 100,000 fr.) et qui depuis 1839 aide les Eglises luthériennes pauvres» oui 'sont réparties non seulement en Russie, mais en Sibérie. Il existe également une Eglise réformée à Saint-Pétersbourg et dans plusieurs villes des missions urbaines (Siadtmission). Voyez MonatschriftmrDiakonieund Innere Mission, 1878, 8-11. - 10. Pays Scandinaves. Les baptistes et les méthodistes ont eu quelques succès dans ces contrées. Mais l'Eglise luthérienne y prédomine. Le Danemarck possède une institution de mission intérieure {Sanct Slefamverein), qui travaille au réveil de l'Eglise. Dans la Norvège, où les paroisses sont très vastes (un pasteur pour 3000 âmes), la question de l'activité laïque s'imposait. Les conservateurs et leur organe, Luthersk Ugeskfrits, demandent que les prédicateurs laïques soient cons-
titaés en ua ordre inférieur et placés sous le contrôle de TËglise. Le Ny-Lutherskf organe du parti de la Réforme, et la Luthersk Kirketidmide (juste milieu) leur sont sympathiques. La société fondée avec leur concours en 1964, à Ghristiana, Lu//Mr5<t//e/«en, se rattache nettement à TEglise luthérienne et s'efforce de réveiller la masse des fidèles. Les piétistes de Suède peuvent se diviser en deux classes, les uns très luthériens, les autres indifférents en matière ecclésiastique. Le rédacteur du Piàisief Waldenstrœm, a exercé une grande influence et s'est détourné de Torthodoxie. Parmi les œuvres de mission intérieure suédoises, mentionnons : Tlnstitut national évangélique {Evangeliska Fosterlands-Stifielsen) qui prépare des colporteurs et des prédicateurs itinérants, ainsi que des missionnaires pour Tévangélisation des païens et est soutenu par des groupes locaux de missions ; Pro fide al ehristianismo, société qili a plus de cent ans d'existence ; Association des amis de TEglise. Voyez : Fràgor rùvande Ev. Fost. SlifuUen ; von Scheele, Dos evang. rdig. Leben i7iSkandinavien{Sieb. Hauplvers.y etc., I, 222-244) et les journaux Le Témoignage, 1 3 et 20 sept. 1S79 ; TisdkriftforsverigesNykierhegvannèr, 1877; Watkaren^iSlS.—ii, Grande- Bretagne et Irlande, Œuvres d'alliance évangélique : Parmi ces œuvres nous citerons : Home City Mission de Londres, qui en 1878-79 a employé 448 missionnaires, a fait faire 2,950,000 visites, a distribué 25,000 bibles et portions des Ecritures, et 3,642,000 traités, a organisé 63,000 meetings, a établi le culte de famille dans 619 familles, a envoyé à l'école 4,111 enfants, a régularisé 157 unions, s*est occupé de 600 femmes perdues, a fait lire la Bible par ses agents 831,000 fois, a reçu 51,964 livres sterling et a fondé à Paris une œuvre similaire ; Evangelization Society qui organise 1 ,424 réunions en Angleterre, en Ecosse et dans le pays de Galles, qui reçoit 10,796 livres sterling, et qui se propose surtout d'annoncer l'Evangile à ceux qui n'ont aucune occasion de Tentendre; Open-Air Mission^ mission en plein air, quijreçoit 1.227 livres sterling, et compte environ 400 membres non salariés; Protestant Reformation Society; Midnight Meeting Movements Mission; The Prison Missions; l'œuvre des Bible-Women (300 lectures de la Bible, 10,000 liv. st.); British and Foreign Sailors' Society; Salvation Army ; Army Scripiure Readers^ Association^ C'est ici surtout qu'une énumération complète devient impossible. Les sociétés se rattachant aux diverses Eglises sont très nombreuses. Chaque dénomination est représentée en Angleterre, en Ecosse et en Irlande. L'Eglise d'Angleterre (épiscopale) a un très grand nombre de sociétés : Society for Promoting Christian Knowledge (36,290 liv. st. en 1874) ; Colonial and Continental Church Society, qui pourvoit aux besoins spirituels des sujets britanniques résidant hors d'Angleterre (en 1874, 36,290 liv. st.); Church of England Scripture Reader's Association; Bishop ofLondon Fund for Irish Church Mission the Rom. Catholics; Society for the Propagation of the Gospel in ,Foreign parts (en 4874, 134,826. liv. st.) avec 500 clei^ymen et 800 catéchistes; Foreign Aid Society (1841), qui s'occupe de l'évangélisation de la France et d'autres contrées (3,625 liv. st. en 1874) ; Church Home Mission (541 liv. st. en
1878-79), Foreign evangelizatlon Society (1,014 liv. st. en 1878-79), qui s'occupe delà France, de TEspagne, de la Belgique, de Tltalie et du Portugal. L'Eglise anglicane a en outre des sociétés pour soutenir les pasteurs pauvres {Church pastoral Aid Society, elc), construire des églises. Le méthodisme anglais se ramifie en un grand nombre de branches. La plus importante des sociétés de mission intérieure est The Wesleyan Home Mission and Contingent Fund, qui a reçu en 1878 43,169 liv. st. et qui embrasse tous les modes d'évangélisation, visites à domicile, réunions, organisation de nouvelles paroisses, mission parmi les marins et les soldats, etc. Le Métropolitain Building Fund (1861) a élevé en 20 ans plus de 120 lieux de culte. Les méthodistes primitifs ont aussi une société de mission qui s'occupe de révangélisation à Tintérieur et au dehors {Primitive Methodist MUssiO" nary Society). De môme les Méthodistes de la nouvelle connexion. Les congrégationalistes ont une œuvre tout ensemble ecclésiastique et missionnaire (Congregational Church Aid and Home Missionary Society) pour révangélisation de F Angleterre et du pays de Galles, laquelle dans son premier exercice a reçu 2,380 liv. st.; une mission irlandaise (/ris/i Evangelical Society and Congregational Home Mission) qui, avec un budget de 3,785 liv. st., a organisé en 1878-79 plus de 300 réunions, une société de pasteurs {Board ofoong. Ministers), fondée en 1727, et qui compte 242 ministres, deux associations spéciales à la ville de Londres {London Congreg. Association, 1872, eiEast. Lond. Congreg. Associât., 1862). Les baptistes ont plusieurs sociétés ou instituts: Baptisi Home Mission (126,000 fr.), BaptUt Building Fund (162,000 fr.), Pastor's Collège de Spurgeon (136,000 fr.). Les presbytériens, qui possèdent des Eglises autonomes en Angleterre et en Irlande, ont leur centre d'action en Ecosse. L'Eglise d'Ecosse a une forte organisation. Ses divers comités embrassent tous les champs de l'activité ecclésiastique. Parmi ceux-ci nous citerons le Comité de mission intérieure {Home Mission Cumiitee) qui, en 1878, a reçu 18,088 liv. st., a entretenu 63 stations avec 63 ministres, gradués ou étudiants, 90 Eglises avec 22,000 auditeurs et 12,295 communiants, a pourvu à la construction d'églises, a aidé des jeunes gens à se préparer au saint ministère ; le Comité des colonies, qui s'occupe de révangélisation des sujets anglais au Canada, dans la Colombie anglaise, la Nouvelle- Zélande, la Tasmanie, l'Australie, l'Inde, à Ceylan, à Maurice, à Natal, dans la Guyane, entretient des chapelains dans les stations d'été (Genève, Heidelberg, Haaibourg,etc,), s'occupe de l'armée et delà marine ; Comité pour le développement de la vie et des œuvres chré-r tiennes ; Fonds pour les veuves de ministres ; le Comité des dotations (18,463 1. st.). L'Eglise presbytérienne unie s'occupe avec sollicitude d'augmenter le traitement de ses ministres {scheme for augmentation of stipends) (en 1878, onze seulement de ses ministres recevaient moins de 4,000 fr. par an), pourvoit aux besoins des ministres âgés et infirmes, possède une œuvre de mission intérieure (Home Committee ofthe Board of the Missions) eX une œuvre en Irlande, ainsi. que dans le pays de Galles (Irish and Gaelic Missions). L'activité missionnaire de
TEglise libre d'Ecosse comprend les branches suivantes : extension de TEglise, 33 stations, 37 Eglises (13,125 liv. st.) ; missions territoriales (création d'annexés), 27 pasteurs ; missions congrégationnelles, dirigées par des étudiants ou des Iaïc(ues au nombre de 95 (2,500 1. st.), 10,222 auditeurs, 2,638 ouvriers ; agents d'évangélisation et, parmi eax, députés auprès des 45 stations de pêcheurs ; mission des marins. Parmi les œuvres presbytériennes, signalons la Mission de rSglise française protestante de Bays^ater pour les Français qui habitent Londres et la Grande-Bretagne (933 livres, écoles, temple, société de placement, etc.), et la mission intérieure du pays de Galles {Wtlsh Calvinistic Home Mission). Citons encore, outre ces œuvres générales ou ecclésiastiques : la Société écossaise pour la diffusion du christianisme {Scottish Society for Propagating Christian Knowledge, 1709), œuvre de mission intérieure et extérieure; Irish Svangelical Society ; Country Towns Missions, la Société évangélique de Dames pour Tévangélisation des étrangers fixés en Grande-Bretagne {Evang, Society ofLadies for the Evangeltz, of Foreigners in Gréai Bri" tain); Svangelical Continental Society (3,769 liv. st.), qui, soit directement soit par des subventions aux œuvres religieuses, travaille & l'évangélisation de la France, du continent : les sociétés continentales de Glascow (hommes et dames), de Berlin, etc. Parmi les journaux, ' citons : The Christian, Thp Christian Week, The Christian World, The Evang, Christendem, Hand and Heart, Christian Herald, etc. Sources: Âshton, The Christian Year-Book ; Reports on the Scheme of the Church of Scoiland, 1879; United Presbyterian Church : Report presented by the Home Secretary to the Synode, 1879 ; W. E. Shmith, Address to Evange» lists, etc., etc. Dans la plupart des colonies anglaises, il existe des Eglises régulièrement organisées et qui entretiennent des rapports étroits avec les Eglises de la mère-patrie (voyez Reports on the Scheme, etc., p. 209 ss.; Sixiy fifth Report of Wesleyan Methodist Mis^ sùmary Society ; The Catholict Presbyterian, passim). Nous n'avons à nous occuper ici que des sociétés de Mission intérieure qu'elles ont fondées. Ce sont : au Canada, The French Canadian Mission Society, dont le siège est à Montréal ; The Evangel. Society Grande-Ligne, Presbyterifin Home Mission (Toronto), Wesleyan Mission Society (Toronto), PHmitive Method. Assoc. (Toronto), Board of Mission of United Breihren; dans la colonie du Cap, The Reformed Church Mission; en Australie, Presbyterian Missionary Society, dont le siège est à Mel boume. — 12. Etats-Uni^ d'Amérique. Dans ce pays, plus que partout ailleurs, la mission intérieure s'impose comme une nécessité impérieuse. Avec ses milliers d'immigrants venus de toutes parts, avec les Chinois, les Indiens, les nègres affranchis, les Etats-Unis auraient des difficultés sans nombre, si lés diverses Eglises ne travaillaient à l'évangélisation de ces éléments disparates. Elles n'y ont pas manqué. Il y a, aux Etats-Unis, 38 sociétés de mission intérieure dont les 8,780 ouvriers visitent plus de 9,000 localités et ont fondé 4,620 écoles du dimanche. Les affranchis (freedmen) n'ont pas été oubliés. Œuvres générales : American Home Missionary Society (267,691 doL)
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fût fondée par les informés, les Honondais réforrais, les preshytériens qui se sont successivement retirés et par les congrégationalistes (œuTre qui emploie 996 missionnaires dans 8â états 2,â37 communautés) ; Ammam and Foreign Christian UniUm^ société qui fat précédée en 4834 par la French Association^ et qui, tfoiUjiée de The Foreign Evang. Society ^ The American Protestant SacteH/ et The Philo Italian Society, §7occupe de la mission intérieure et 'extérieure; une société qui travaille p'armi les affranchis {F)reeâmen American MUsionary Society , 329,938 d.);. une autre qui évangëlise les marips {American Seamen Friend Society, 65,243 d.); une société qui s'occupe spécialement des femmes {American' Female Guardian Society, 82,536 d.) ; les Missions urbaines {City Mission) : celle de New- York, qui est soutenue par les diverses dénominsttions, dépense annuellement environ 40,000 dollars, emploie 40 missionnaires dçs deux sexes, entretient 5 chapelles et 5 écoles du dimanche avec 2,000 enfants). Œuvres ecclésiastiques : l^glise épiscopale a une mission intérieure (Prot Episcop. Board ofDomestic Mission, 158,162 dollars), et une œuvre pour les affranchis {Prot. Ep. Board for Freedmen, 21,308 d.). Les congregationalistes consacrent leurs efforts à la mission intérieure américaine dont il a été parlé plus'haut. Les • presbytériens ont : Cumberland Presbyt, Board of Missions (96,105 d.), Presbyi. Board of Home Missions (309,239 d.), Presbyt, {United) Board ofHom.Mis. (28,793 d.), Presbyierian Board of Sustentation {preshylériens du Sud, 26,234 d.), Presbyt. Sustentation Committee (41,073 d.), Reformed Church (Eglise hollandaise, 37,865 d.), Bef Presbyt. Board (3,812 d.), Presbyt. Commitee of Mission for Freedmen (50,195 d.), Prèsbyt. [United) Board for Freedmen (59,195 d.).Les méthodistes ont deux associations : Me:h. episc. Board of Missions (96,405 d.), et Meth. Ep. Freedm. Aid. Society (82,719 d.). Pour les baptistes, nous citerons : Baptist Home Mission Society (122,519 d.), Domestic and Indian Board of Southern Baptist Comemion (47,698 d.), Home Miss. Society ofthe Bapt. ofthe Free-Wm. L'Eglise luthérienne a des bureaux de mission intérieure {boards) à Pittsburg, York, Philadelphie, Baltimore, etc. Les moraves et les autres branches du christianisme évangélique s'occupent également de mission intérieure. Journaux : New York Observer, Evangelist, etc. Voyez Schaff, Das evang. relig. Lnben in Nord Amerika (Siebente Hauptvers., I, 181-483); Mac Clintock et Strongi, Cychpœdia (art. Missions, passim) ; Baird, La Religion atas Etats-Unis d'Amérique, t. II. — 13. Amérique centrale et Amérique du Sud. Dans le Mexique se poursuit une œuvre d'évangélisation intéressante. Il existe environ 60 communautés, et à Mexico même un millier d'âmes ont entendu l'Evangile. A Buenos-Ayres, il existe une Eglise écossaise, une Eglise anglicane, une Eglise allemafnde, une Eglise américaine du nord et une école du dimanche française, vraie œuvre de mission intérieure. Au Brésil, s'est fixée une nombreuse colonie allemande, qui est maintenant constituée en. paroisse et pourvue de pasteurs. Bon nombre de sociétés étrangères sont à l'œuvre dans ces contrées. — 14. Océanie. Nous cite-
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Tons deux sociétés : Société de mission intérieure et étrangère de Batavia et la Société missionnaire dont le siège est à Honoloulou« — Sources : Outre les ouvrages précités, les rapports des diverses sociétés susnommées et la bibliographie déjà parue dans YEncyclopédie^ consultez les Actes des Congrès de rAUiance évangélique ; Benedict, History ofthe BaplisU; The Moravian Missions Statistic, 1870; G. Meyer, LEvatigélisation de la France {Revue chrét,^ sept. 1878 et sept. 1879); Matheson, TheRiglhf. Place of Foreign Missions {Catholic Presbylerian^ janv. 1879). Gustave Meybr.
MISSION (Prêtres de la). Voyez Lazaristes.
HISSIONS. On pourrait donner le nom de missions, d^une manière générale, à tout ce qui constitue l'activité conquérante de TEglise, à tous les efforts qu'elle tente pour réaliser le dernier commandement du Seigneur et pour répandre TEvangile dans le monde. Dans le sens le plus large, on peut appeler missionnaires tous ceux qui sont envoyés (missi) par Dieu pour agir sur les nations et les individus restés jusqu'à présent en dehors de l'influence de l'Evangile. Mais nous n'avons pas à parcourir ici tout ce vaste champ. Nous ne nous occuperons pas de toute l'activité missionnaire intérieure de l'Eglise, des efiForts qu'elle fait pour s'édifier elle-même et pour rattacher plus intimement à elle tous ceux qui font partie nominalement de son organisme, mais qui en fait sont devenus plus ou moins complètement étrangers à sa vie. Nous laisserons également de côté l'action missionnaire que le christianisme cherche à exercer sur les restes du peuple juif. Notre étude sera consacrée uniquement au travail qu'a entrepris l'Eglise sar les peuples païens et mahométans, c'est-à-dire sur tous ceux qui ont été jusqu'à présent étrangers à l'action des révélations surnaturelles de Dieu. Nous abandonnons môme à d'autres articles l'exposition des travaux missionnaires de l'antiquité et du moyen âge chrétiens, et nous ne traiterons que des missions dans les temps modernes seulement.
I. Questions théoriques. Il n'y a pas lieu de faire ici une théorie complète des missions. Aussi bien ne pourrait-on l'établir qu'en y consacrant un espace bien plus considérable que celui dont nous disposons. Gomme pour tous les autres produits de la vie, la pratique dans les missions avait précédé la théorie, et lorsqu'on a voulu formuler en préceptes les règles qu'avait enseignées l'expérience, il s'est trouvé que chaque groupe missionnaire avait suivi ses voies particulières et y était attaché, de telle sorte qu'il a été impossible jusqu'à ce jour d'établir en un corps de doctrine généralement reçu une théorie des missions acceptée de tous. Chacun missionne comme il l'entend, et selon que le pousse son sentiment particulier. Aussi l'accord est-il loin de régner dans les vues, et les différentes missions apprécient-elles diversement et le but à poursuivre et les moyens à employer pour y arriver. Dans cette diversité de l'œuvre missionnaire, il y a, nous le reconnaissons, un élément béni. Les peuples auxquels on s'adresse sont assez différents entre eux pour qu'on ne puisse les traiter tous de la même manière et appliquer au travail
entrepris parmi eux des règles uniformes également appliquées partout. L'uniformité absolue n'est ni possible ni désirable. Que la pratique ne soit pas la même partout, nous y consentons volontiers, mais il nous semble que ces différences dépendent de la pratique des circonstances extérieures seulement, du milieu sur lequel on veut agir, et qu'au-dessus des manifestations diverses,, il serait souhaitable qu'il y eût, au moins dans un même groupe ecclésiastique, accord sur les principes généraux. Nous voudrions que chaque Eglise eût, si l'on peut ainsi parler, son canon missionnaire, sa loi des missions dont les circonstances variables du travail entraîneraient des applications difTérentes dans la forme, mais procédant toutes d'un même principe. Il est loin d'en être ainsi, et il n'est guère de questions de principes auxquelles nous ne trouvions, chez les amis des missions, des solutions souvent diamétralement opposées. — Entre ces solutions, nous 4i'avons pas à prendre parti ici. Nous nous contenterons de donner rapidement l'énoncé des principaux points controversés. Et d'abord, quel est le but que se propose la mission ? La réponse à cette question semble fort simple, et cependant il en a été donné des solutions très-diverses. D'après les uns, la tâche de la mission consiste à provoquer des conversions nationales, et à faire entrer des peuples entiers, en tant que peuples, dans le sein de TEglise ; d'autres restreignent son rôle à agir sur les individus, à convertir des païens isolés, à les arracher au péché et à la condamnation et à former des communautés de ces âmes arrachées aux ténèbres ; d'autres enfin veulent que la mission soit simplement destinée à rendre témoignage à la lumière au milieu des ténèbres, et lui assignent par conséquent une valeur indépendante de ses résultats. Chacune de ces solutions peut servir de base légitime à une œuve missionnaire particulière; mais aucune d'elles li'est assez générale et assez complète pour répondre à l'idée de la mission dans son sens le plus étendu. Le but de la mission est plus vaste que celui de n'importe quelle œuvre missionnaire, et ce qui suffit largement à l'activité d*une entreprise spéciale, n'épuise pas dans son ensemble l'œuvre que Jésus nous a chargés de faire. Les conversions en masse de nations païennes peuvent difficilement être bien sérieuses ; elles doivent souvent naissance à des mobiles plus politiques et mondains que religieux; mais, si elles ne font pas des peuples chrétiens, elles ont du moins l'avantage d'amener les peuples à l'école du christianisme et de placer les générations qui grandissent sous l'action de la discipline et de l'éducation évangéliques. La conversion d'un peuple n'est que rarement un résultat acquis à l'avancement du règne de Dieu ; mais on peut presque toujours y voir une espérance et une promesse d'avenir. S'adresser à des individus isolés pour les amener à l'Evangile^ sera presque toujours la meilleure méthode. Mais quelque grand que soit ce premier résultat, ce ne peut être qu'un commencement, et les petites communautés ainsi formées devront devenir des centres nouveaux d'où rayonnera la vérité évangélique sur la masse païenne qui es entoure. La mission est également un témoignage rendu à la
Térité, mais ce but ne saurait être que secondaire ; Fessentiel sera toujours d'obtenir des résultats, d'amener au salut ce qui était perdu. Aucune des trois opinions que nous avons exposées, si elle est exclusive, n*épuise le but de la mission, qui doit à la fois rendre témoignage à la vérité en face de Terreur, et convertir les peuples et les individus. Choisir entre s'adresser aux masses ou aux individus n'est donc pas une question de principe, mais uniquement une question de procédé, et l'un ou l'autre peut être à sa place suivant les circonstances. L'état politique, social, religieux du peuple auquel on s'adresse, la nature ou retendue des forces dont on dispose, doivent déterminer, suivant l'occasion, à choisir l'une ou l'autre' méthode; mais il n'y a pas lieu pour cela de condamner le système opposé qui se trouvera, lui aussi, à sa place dans un autre milieu. Du reste, au point où en sont actuellement presque partout les missions protestantes, la question n'a pas encore d'importance pratique imminente; Ton ne peut faire pour le moment que préparer le terrain et pour cela la conduite sera à peu près la même, quelle que soit la voie que Ton se propose d'adopter dans la suite. Dans l'un et l'autre cas, il faut d'abord répandre abondamment la semence, dételle sorte qu'elle ne vienne pas à manquer là où se trouve un terrain favorable ; puis fonder des communautés partout où se rencontrent les éléments nécessaires. Ces communautés devront servir de bases d'opérations à toute action future, dans quelque direction qu'elle s'exerce. — Autre question controversée. A qui revient le soin de faire la mission? Evidemment à l'Eglise entière. Mais cette tâche l'Eglise ne peut la remplir que par le moyen d'organes. Quels doivent être ces organes? Ici encore l'on rencontre des vues très divergentes, que l'on peut réunir sous trois rubriques : La mission doit être faite soit par l'Eglise môme , soit par des sociétés de membres de l'Eglise, soit enfin par des chrétiens isolés et indépendants des cadres ecclésiastiques. Au point de vue idéal, le premier système est. certainement le plus correct. Comme le soin de la mission a été confié à l'Eglise, il semble qu'elle devrait elle-même s'acquitter de ce devoir, que la mission devrait trouver place dans son organisation, être une branche de son activité comme Eglise. Mais, dans l'état, actud des choses, cela n'est possible qu'exceptionnellement. Dans les Eglises d'Etat surtout, les missions ne peuvent guère être dirigées directement par les autorités officielles de l'Eglise, et il est indispensable que la charge en soit remise à des sociétés indépendantes. On a considéré les sociétés de missions comme des associations libres et spontanées de chrétiens travaillant indépendamment de tout lien ecclésiastique à la propagation de la vérité chrétienne. Ce point de vue n'est pas exact; la mission est un devoir strict pour tous les chrétiens ; tous les membres de l'Eglise doivent s'en occuper ensemble, et dès lors il est faux de mettre l'œuvre en dehors de toute action ecclésiastique et de chercher au dehors de l'Eglise le centre de la mission. On ne comprendrait des sociétés systématiquement indépendantes de l'Eglise que si la mission était l'affaire particulière de
quelques personnes choisies et éminentes par leur piété; mais si Ton ne soutient pas que Tœuvre missionnaire soit le privilège de quelques-uns, on est obligé d* abandonner ce point de vue. Les sociétés de missions doivent n*ètre qu'une branche de Tautorité ecclésiastique placée par les évéuements dans une condition particulière. L'Eglise qui ne peut traiter directement la mission se fait suppléer dans cette <Buvre par une société qui ne doit être autre chose que TEglise même considérée dans son activité missionnaire. L'organisation des sociétés de missions n'est pas partout la même; les unes ont à leur tète un comité tout-puissant, qui se recrute lui-mêdoie; d'autres plus démocratiques remettent à l'assemblée générale des souscripteurs le droit de nommer un comité directeur ; d'autres enOn sont une confédération d'associations locales dont les représentants forment au siège de la société l'autorité centrale. Du reste, que la mission soit faite directement par l'Eglise, ou à sa place par des sociétés, il faut toujours que des personnes spéciales soient chargées de travailler à l'œuvre ; le choix et la préparation de ces personnes est une des parties les plus délicates de l'administration des missions. — Les avis sont extrêmement partagés, sur le meilleur mode de préparation des missionnaires, et sur les connaissances scientifiques et les expériences religieuses que l'on doit exiger d'eux. Nous ne pouvons discuter les différents systèmes en usage ; nous nous contentons de lès énumérer. Les uns veulent appeler aux fonctions missionnaires des jeunes gens qui ont fait des études régulières de théologie et qui ne se décident qu'une fois leurs études terminées à se consacrer à cette œuvre. Ce système, le meilleur de tous, ne donne malheureusement que des résultats numériques tout à fait insuffisants. Les autres veulent au contraire que les sociétés de missions forment elles-mêmes leurs novices et règlent leur préparation en vue de la tâche spéciale et du milieu particulier de leur activité future. En fait, comme les jeunes, gens ayant fait des études régulières ne sont pas assez nombreux, les sociétés seront bien obligées de préparer ellesmêmes des missionnaires. Gomment s'y prendront-elles? La plupart préparent leurs agents dans des séminaires de missions, où les élèves font à la fois leurs études classiques et leurs études théologiques. Les résultats de cette méthode sont presque toujours insuffisants. D'autres combinent l'enseignement missionnaire spécial, donné dans un séminaire, avec l'enseignement théologique général que les élèves reçoivent dans une faculté de théologie. Cette manière de procéder a pu avoir des inconvénients pour la foi de quelques élèves missionnaires ; mais, si sérieuse que soit cette considération, elle n'a pas suffi à détourner de ce mode de préparation les sociétés qui l'ont adopté et qui ont reconnu qu'elles arrivaient ainsi à avoir des missionnaires infiniment plus mûrs et plus solides que ceux qui s'étaient formés en serre chaude, dans un séminaire fermé. — De la méthode missionnaire et des questions qui se posent à ce sujet. Toutes les décisions à prendre au sujet de la méthode missionnaire sont dominées Qar une question préliminaire à laquelle il faut répondre tout d'abord. Beaucoup de
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personnes sodtieimexit qu'on ne peat, en pareiUe matière, établir de règles générales applicables partout. Les peuples païens étant très -diiérents, on dit que ce qui convient A l'un n'ira pas à Tautre, et qu'il ne faut pas vouloir leur inculquer à tous la même chose. C'est là ane erreur complète ; la révélation chrétienne est une, et tous les hommes, quel que soit leur degré d'avancement dans la civilisation, ont le droit de la connaître. Ce qui variera, ce ne saurait jamais être le fond de ce qui est communiqué aux païens , ce sera la forme et la ' méthode auxquelles on recourra pour leur présenter les vérités éternelles. Il n'y a qu'un seul Evangile à prêcher, le même partout et dans tous les temps ; il y aura seulement lieu, suivant les circonstances, de suivre une marche différente, pour arriver à faire connaître anx païens cet Ëvangile unique. Le missionnaire ne peut pas se tracer à l'avance un plan de campagne dont il ne sortira pas ; la part de l'imprévu est trop considérable dans ses opérations, pour qu'il puisse ainsi se lier sans danger. Mais il serait tout aussi périlleux pour lui de s'avancer au hasard. Il faut donc qu'il fixe son point de départ et son point d'arrivée, sauf à modifier, suivant les obstacles du chemin, la route à suivre pour arriver à son but. — Quel doit être le point de départ de V activité missionnaire? Plusieurs doctrines et plusieurs vérités ont été proposées comme base d'opérations. On a voulu demander au sentiment ce point d'attache que l'on cherchait. Dans ce système, le premier soin du missionnaire, sa première prédication doit être un appel à l'amour. Il exposera ce que Dieu, ce que le Christ a fait pour les hommes, et il demandera à ses auditeurs : Que voulezvous faire en retour? D'autres préfèrent s'adresser au mobile contraire, cherchant dès l'abord à réveiller, chez le païen, quelque sentiment du péché ; ils le tiennent ainsi sous la crainte, et espèrent que la peur du châtiment l'amènera à la repentance. Prêcher la loi, afin que l'homme sente ce qui lui manque, en comparant sa vie à la volonté de Dieu, a paru à d'autres un meilleur moyen. Enfin, il a été proposé de partir de l'idée du royaume de Dieu, de donner au païen la conscience de tout le plan de Dieu, et du rôle que chaque homme est appelé à jouer dans son accomplissement, afin que, sentant la place qui lui revient dans ce vaste organisme, il s'efforce d'en prendre possession. On a beaucoup et vivement discuté pour savoir auquel de ces systèmes devait être donnée la préférence. Comme ils ne présentent entre eux qu'une différence de procédé, et qu.'ils arrivent tous au même but, il se peut que chacun d'eux trouve sa place dans une situation donnée. Au fond, tous ces systèmes peuvent facilement être ramenés à l'unité; car tous sont des moyens de réveiller la conscience du péché, et chacun sera approprié aux besoins d'un certain nombre d'âmes. Quelle que soit, du reste, la méthode qu'il adopte, le missionnaire devra prendre, dès le début, une position d'autorité sur la foule qui l'entoure. Envoyé par l'Eglise, messager de Dieu, il ne doit pas se dépouiller de l'autorité que lui donne sa vocation. Qu'il S'annonce, an contraire, comme l'envoyé du Dieu suprême, chargé de transmettre à son peuple ses volontés I II est ambassadeur de Dieu,
qu'il le dise et qu'il ne renonce pas à s'en préTaloir. Chez plus d'un païen, sans doute, se Irouve encore comme une réminiscence vagne et lointaine du Dieu qu'il a perdu. Le missionnaire peut et doit rattacher sa prédication à ce reste si faible, à cette trace presque effacée de l'état primitif des créatures. Aus hommes qui ont comme un souvenir confus d'un état de communion avec le Dieu dont ils se sont séparés, le missionnaire est en droit de se présenter comme l'envoyé de ce Dieu très haut, chargé de rétablir la paix et les rapports normaux entre les païens et leur Créateur. C'est en annonçant cette fonction dont il est revêtu que le missionnaire doit se présenter au peupie nouveau auquel il a affaire. Mçssager d'en haut, il apporte la bonne nouvelle, et il annonce sa qualité d'ambassadeur à ceux auprès de qui ii est envoyé. Le contenu de cette première prédication sera encore aussi élémentaire que possible; elle ne doit être qu'un appel destiné à attirer l'attention, à grouper autour du missionnaire ceui qui seraient disposés à en entendre davantage. Aussi, pas d'exposition méthodique et complète de la vérité chrétienne, ni discussion, ni preuves de raisonnement, ni réfutation des adversaires, rien qu'appel. Tout au plus y pourra-tron Joindre l'affirmation de quelques vérilét tout à fait élémentaires sur Dieu et sur le contenu du message qu'apporte le missionnaire. Celte première prédication d'appel est à la base de presque toutes les méthodes missionnaires. Cependant, quelques groupes ont essayé une autre entrée en matière, et ont voulu qu'avant de rien annoncer au peuple, le missionnaire chercbit d'abord à gagner leur conQance comme homme, à leur rendre des services de l'ordre purement civil, médicaux, industriels, etc., et àue commencer à parler de son message que lorsqu'il pourrait compter sur des auditeurs bien disposés et conUants. Alors seulement il devrait faire, entendre son appel. Cet appel produira, en tous cas, quel que suit la chemin suivi, des effets différents sur ceux qui l'entendront; lûs uns refuseront de- recevoir son message et se retireront d'avec lui; les autres, désireux d'en savoir davantage, se rapprocheront, au contraire, pour mieux apprendre ce que l'on a à leur dire. A ce moment commencera une deuxième période du travail. A la forme du discours suivi, qui a dominé dans la premier appel, succédci:! la forme du dialogue. Ceux que la nouvelle a intéressés, s'adreshtiont au missionnaire, pour lui demander des éclaircissements ; iU lui poseront des questions et présenteront des objections à ce qu'il leur aura dit. Le missionnaire devra répondre à toutes ces demandai et chercher à convaincre les auditeurs de la réalité de sa mission. Dans ces conversations, moins publiques que la prédication précéUL'[ile, quoique encore ouvertes à tous ceux qui désireront y prendiT part, on pourra entrer davantage dans le détail, exposer aui païens les éléments de la révélation chrétienne, les conditions auxquelles ils peuvent être sauvés, la nécessité de [la foi et de la repeutance. On pourra commencsr à y joindre une réfutation des erreurs du paguritsme et de l'idolàtrte. Mais tout cela ne sera encore qu'une nréoaration destinée à provoquer un nouveau triage. Les exigences
relatives à la repentance et au changement de vie amèneront la retraite d'un grand nombre des auditeurs; ceux qui persisteront seront mûrs pour commencer une préparation plus spéciale en vue de leur admission dans TEglise. Admis à titre de catéchumènes, ils devront recevoir du missionnaire un enseignement particulier; ils seront initiés à la doctrine de TËglise, et on leur apprendra à la connaîtce autant qu'ils en seront capables. Le fond de cette catéchisation sera le même que celui des leçons que reçoivent en Europe les enfants de nos Eglises ; mais la forme en sera modifiée et appropriée aux besoins et aux habitudes d'esprit de ceux qui reçoivent cette instruction. Puis, lorsqu'il jugera la préparation suffisante, le missionnaire recevra dans l'Eglise, parle baptême, ceux qu'il aura instruits. A partir de ce moment, l'Eglise nouvelle sera fondée, et le missionnaire aura à y remplir toutes les fonctions qui, dans les Eglises d'Europe, sont attribuées au pasteur. La mission proprement dite est ainsi achevée, à l'égard des baptisés, et en môme temps qu'il en dirige le troupeau, comme pasteur, le missionnaire cherche, par les mêmes moyens, à conquérirtles âmes nouvelles. Ce cadre d'activité convient avec quelques modifications à la pratique de presque tous les groupes missionnaires ; il suppose que le missionnaire est établi à demeure dans une localité païenne, et qu'il peut ainsi suivre et diriger d'une manière continue les âmes qui ont entendu son premier appel. Ces conditions, cependant, ne sont pas toujours remplies. Certains chrétiens éminents ont conseillé une méthode toute opposée, qu'ils ont appelée la missiofi, apostolique. Ils voudraient que le missionnaire, suivant l'exemple des premiers prédicateurs du christianisme, ne s'établît nulle part à poste fixe, mais qu'il voyageât continuellement parmi les païens, annonçant de lieu en lieu la bonne nouvelle du salut. Dans ce système, le rôle du missionnaire se réduirait à adresser des appels. L'expérience ne paraît pas jusqu'ici avoir été favorable à cette méthode. Il ne suffit pas de semer, pour pouvoir espérer une moisson. La terre païenne est si dure et si stérile qu'une culture non interrompue est indispensable au succès de la récolte. Les voyages missionnaires peuvent être souvent nécessaires, surtout au début d'une mission, où ils sont en même temps une reconnaissance du pays, pour choisir de la manière la plus sage le lieu de l'établissement définitif. Mais ces voyages sont insuffisants pour amener la fondation d'une Eglise si le travail régulier et suivi ne vient continuer et achever ce qu'ils n'ont fait que commencer. Il est cependant un cas oh cette mission itinérante est la seule possible, c'est lorsque l'on s'adresse à une population qui mène une vie nomade. Il faut alors aller à la recherche des païens et faire fréquemment de grands voyages pour rencontrer ceux à qui l'on a affaire. Mais, hormis ce cas exceptionnel, la mission sédentaire devra être préférée à la mission itinérante. S'établir à demeure chez le peuple sur lequel on veut agir est si nécessaire, que l'on a cru, depuis quelques années, devoir faire plus encore, et qu'un groupe missionnaire des plus intéressants, celai de Hermannsbourg, a cru devoir transporter en pays païen, non
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pas seulement un prédicateur, mais une colonie entière. Former des villages missionnaires qui donnassent aux païens Timage de la ^e chrétienne» tel a été le plan poursuivi, plan très séduisant en théorie, mais dont les résultats pratiques n.*ont pas toujours répondu à ce que Ton attendait. — Nous n'entrerons pas ici dans les questions très délicates et très controversées des travaux scientifiques, géographiques, philologiques des missionnaires, de Tactivité littéraire qui leur est nécessaire pour fournir aux jeunes Eglises des traductions de l'Ecriture sainte et d'autres livres religieux, pour procurer aux fidèles la littérature pieuse dont ils ont besoin. Nous laisserons également de côté tout ce qui se rapporte à l'organisation, à la constitution et au gouvernement des communautés de missions, questions qui ont donné lieu à des discussions nombreuses et intéressaotes, mais que l'espace dont nous disposons nous interdit d'aborder, il en est de même des occupations scolaires des missionnaires, de l'emploi des auxiliaires indigènes, des règles et des limites du concours que l'on peut attendre d'eux. Nous passerons également sous silence les points qui ont été l'objet des polémiques les plus ardentes entre les divers groupes missionnaires, la position que l'œuvre doit prendre à l'égard des institutions païennes établies chez les populations, l'esclavage, la polygamie, les castes, etc.,' à l'égard desquels les uns veulent procéder révolutionnairement en les interdisant absolument; tandis qae les autres pensent qu'il suffit de laisser agir le christianisme pour que les fruits mauvais se détachent d'eux-mêmes et tombent de l'arbre sans qu'il soit besoin de recourir à la violence. Toutes oes questions, et bien d'autres encore, que l'on pourrait citer, montrent assez quelle est l'importance de la théorie des missions. Cette théorie est loin encore d'être achevée ; comme nous le disions en commençant, la pratique a précédé la théorie ; il semble qu'un tact délicat ait généralement conduit les anciens missionnaires protestants et leur ait fait, sans trop de tâtonnements et d'erreurs, trouver rapidement les solutions les meilleures ; mais il n'en est pas moins vrai qu'aux missions doit nécessairement répondre une science qui en établisse les principes et qui en trace les règles. Cette science a sa place marquée dans la théologie pratique, comme science du développement conquérant de l'Eglise, et elle y prendra certainement son rang. Mais, pour le moment, il faut bien reconnaître qu'elle n'est pas faite encore. 11 y a trente ans à peine, on paraissait, parmi les théologiens, en ignorer même la possibilité. Depuis lors, des progrès importants ont été faits. DulT, en Ecosse, Graul, Ëhrenfeuchter, Zezschwitz, d'autres encore, en Allemagne, ont tenté d'en établir les bases. Ce ne sont encore que des essais, et tous prêtent le flanc à des critiques méritées ; mais tout imparfaits qu'ils sont, ces essais sont une promesse, et nous pouvons espérer voir un jour cesser le déplorable divorce qui a longtemps séparé les amis des missions et les représentants de la science, les uns ne sortant pas d'une pratique, respectable et bénie, mais toute empirique ; les autres ne daignant pas quitter le domaine de la théorie pure, pour s'occuper de cette pratique, dont ils ont longtemps ignoré
les effets et les résultats, mais qui^ aujourd'hui, a conquis dans la vie de TËglise une place assez grande pour qu'il ne soit plus permis au théologien deTignorer et de n'en pas tenir compte. — Après ces quelques mots sur la théorie des missions, nous passons maintenant à rUstoire et à la statistique des missions, et nous commençons par le catholicisme.
IL Histoire et statistique des missions catholioues. Il est très difficile de se rendre un compte exact des mtssioii» catholiques. Les sources sont sans doute nombreuses. Les Lettre» édifiantes et les AnncUes de la propagation de la foi^ pour n'en pas citer d'autres, comptent un grand nombre de volumes et sont riches en détails de tout genre. Mais l'inexactitude de tant de leurs affirmations a été si péremptoirement démontrée, qu'on hésite beaucoup avant d'accorder sa confiance aux autres récits de témoins si suspects. Les autres documents catholiques ne paraissent pas en général mériter beaucoup plus de confiance, et les renseignements impartiaux pour contrôler leurs affirmations nous font très souvent défaut. Nous sommes obligés, néanmoins, de nous servir de toutes ces sources; mais nous devons déclarer en commençant que, sur la plupart des points, il nous a été impossible d'en contrôler les données par une critique sérieuse, et qu'ainsi nous sommes exposés, bien malgré nous, à reproduire innocemment des exagérations ou des événements controuvés. — Disons d'abord quelques mots de l'organisation générale des missions catholiques. A la cour de Rome, nous trouvons parmi les hautes autorités qui entourent le saint-siège, une congrégation qui, théoriquement, est placée à la tète de toutes les missions catholiques. C'est la congrégation de la propagande, ou plus exactement De propaganda fide. Elle se compose d'un certain nombre de cardinaux (actuellement 27 et d'une beaucoup plus grande quantité de fonctionnaires secondaires sous les titres de consulteurs, de minutateurs, etc. A la tête de la Propagande, se trouve un cardinal portant le titre de préfet général, et qui est le chef suprême de toutes les missions catholiques ; un autre cardinal, appelé le préfet de l'économie, est chargé de toute la partie administrative. A la Propagande se centralisent tous les rapports et tous les renseignements relatifs aux missions catholiques. C'est elle qui sert d'intermédiaire entre le pape et les vicaires et préfets apostoliques qui font fonction d'évêques dans les pays de la mission, qui transmet les instructions relatives à la direction de Tœuvre et les fonds nécessaires à son entretien. Elle a la direction effective des missions fondées par les grandes sociétés catholiques, comme la propagande de Lyon, dont les revenus annuels se comptent par millions. Mais une portion considérable des missions catholiques lui échappe presque entièrement en fait, tout en restant tenue, en droit, de suivre ses directions. Ce sont les œuvres qui dépehdent des ordres religieux, et en particulier des jésuites et des dominicains. Les missions de ces ordres ne dépendent que nominalement de la Propagande, et suivent les directions de leurs généraux, bien plus que celle de la Propagande. Pour les jésuites, notamment,
on a vu plusieurs fois leurs missions en révolte ouverte contre la Propagande. — Les missions catholiques tirent surtout leurs ressources de la France, qui seule, y contribue plus que tous les autres pays réunis. Les deux plus grandes sociétés sont : rAssociation pour la propagation de la foi dans les deux mondes par le moyen des missions, fondée à Lyon en 1822, et la Société des missions étrangères de Paris, plus jeune de quelques années. Ces deux associations ont consacré plus de cent millions de francs à leur œuvre en un peu plus d*un demi-siècle. Le budget de l'association de Lyon, pour 1878, indique 6,142,923 francs de recettes et 6,097,993 francs de dépenses. Les prêtres et religieux qui se vouent au service des missions sont en majeure partie originaires de la France et de l'Espagne. Les autres pays catholiques, même l'Italie, fournissent proportionnellement beaucoup moins de missionnaires. — Après ces généralités, il nous faut parcourir le champ de ces missions. Nous commençons parl'AsiE — 1. Htndoustan. Les franciscains portugais y fondèrent quelques établissements dès 1498. Les jésuites s'y établirent, en 1542, avec François Xavier qui fit de Goa le centre des missions asiatiques. Les succès furent rapides et, en 1565, on comptait déjà 300,000 convertis; mais la lettre de François Xavier racontant qu'il avait converti, instruit et baptisé 10,000 Hindous en un mois, permet de douter beaucoup de la solidité de ces conversions. Les missions jésuites furent plus tard détruites par les Hollandais et les carmes prirent la place des jésuites. Ceux-ci revinrent en 1723 et firent de Ghandernagor, dans le Bengale, le centre de leurs missions qui, lors de la suppression des jésuites en 1773, passèrent aux capucins italiens et aux augustins portugais, qu'ont remplacé depuis 4834 des prùires des missions étrangères, surtout irlandais et français. Statistique des catholiques de l'Hindoustan en 1844: 7 vicariats apostoliques, 7 évoques, 624 prêtres, .400,000 catholiques ; en 1860: 15 vicariats apostoliques, 500,000 catholiques; en 1878: 18 vicariats apostoliques, 18 évêques, 914 missionnaires, 887,477 catholiques. L'état moral et religieux de ces missions laisse beaucoup à désirer. On cherch'e à attirer les hommes par l'éclat et la pompe des cérémonies ; mais on s'occupe assez peu de leur donner une nourriture religieuse saine et solide. La théorie de l'accommodation, que nous retrouverons plu*^ loin, y a fait des ravages déplorables et, dans bien des localités, le catholicisme hindou n'est qu'un syncrétisme dans lequel les éléments païens sont à peine dissimulés par les cérémonies extérieures. Les progrès sont du reste beaucoup plus lents qu'on ne serait disposé à le croire d'après les chifTres cités plus haut.Ges chiffres d'abord sont très douteux, puis ils comprennent non pas seulement des païens convertis, mais, en beaucoup plus grand nombre, des chrétiens de Saint-Thomas, amenés par les missionnaires à l'Eglise catholique. C'est ainsi notamment que s'explique presque entièrement l'énorme accroissement signalé entre 1860 et 1878. — 2. Indo-Chine. Les Portugais y commencèrent l'œuvre en 1511 à Ténasserim et à Malacca, les Français à Siam en 1662, par des missionnaires envoyés par
Louis XIV; les jésuites, chassés du Japon, s'établirent chez les Annamites en 1615. Les progrès ont été rapides et les persécutions les plus atroces sont souvent venues éprouver ces Eglises sans pouvoir les déraciner. Elles forment actuellement 9 vicariats apostoliques avec 9 évêques, 82 missionnaires, 209 prêtres indigènes et 1,295,000 catholiques, plus de 5 pour cent de la population totale. L'énorme majorité de ces catholiques réside dans le roj'aume d'Annam. Malgré la fidélité qu'elle a montrée dans les persécutions qu'elle a souffertes, cette Eglise est loin d'être dans une situation religieuse florissante. Le Tonking et l'empire d'Annam sont la terre classique de la déplorable théorie de l'accommodation, et c'eçt là qu'a longtemps travaillé celui qui a eu le triste honneur d'y attacher son nom, le jésuite Alexandre de Rhodes qui, le premier avec Robert de Nobili, a établi en principe qu'il fallait rendre aussi insensible que possible le passage du paganisme au christianisme, faire que les païens devinssent pour ainsi dire chrétiens sans s'en douter, et pour cela s'efforcer de revêtir le catholicisme de toutes les formes et de toutes les apparences qui pouvaient le faire ressembler aux religions qu'il aspirait à remplacer; cette théorie qu'Alexandre de Rhodes parait avoir professée naïvement et sans en mesurer toutes les conséquences, a porté tous les fruits les plus tristes et a donné naissance à une sorte de religion mixte plus païenne que chrétienne, dont les catholiques sérieux ont été toujours profondément scandalisés, mais à laquelle les ordres et les condamnations de la cour de Rome n'ont jamais pu faire renoncer les jésuites. On connaît la triste histoire de l'évoque de la Baume, envoyé au commencement du siècle dernier, comme légat du pape, avec pleins pouvoirs pour réformer les abus des missions du Tonking et de la Chine et qui, à son arrivée à Macao, fut jeté en prison par les jésuites et mourut mystérieusement avant d'avoir pu remplir sa mission. — 3. Dans V Archipel Malais^ les missions catholiques n'ont d*importance réelle qu'aux Philippines, où les Espagnols ont fondé, à la fin du seizième siècle, une grande Eglise qui compte nominalement près de 3,000,000 d'adhérents. Cette Eglise n'est plus aujourd'hui considérée comme territoire de missions. Comme officiellement tous les habitants des Philippines sont catholiques, le saint-siège y a depuis lonptemps substitué une hiérarchie régulière avec un archevêque à Manille et trois évêques à Cebu, Nueva Cacérès et Nueva Segovia, à l'ancienne organisation missionnaire. Il semble cependant, que le paganisme se soit conservé secrètement dans les cœurs d'une grande partie de la population indigène, et qu'après s'être mis en règle avec le gouvernement et le clergé en assistant à la messe, beaucoup d'habitants célèbrent encore entre eux les cérémonies du culte de leurs pères. — 4. Chine. Les missions catholiques ont paru en Chine de très bonne heure. Dès la fin du treizième siècle, il y avait des missionnaires à Pékin. Mais de sanglantes persécutions firent disparaître toute trace de cette première Eglise catholique et l'œuvre dut être recommencée entièrement à nouveau par les jésuites. Ceux-ci y formèrent un premier établissement en 1581,
sous la conduite du père Ricci, qui sut, grâce à ses connaissances mathématiques, conquérir une importante position à la cour de Pékin et procurer aux jésuites une faveur marquée dont ils jouirent sans interruption jusqu'en 1662. A cette époque se place la première persécution, à laquelle succéda de nouveau, à partir de 1688, une époque de paix, marquée par Tédit de tolérance de 1692. Les conversions furent nombreuses jusqu'en 1722, oîi les jésuites furent définitivement exclus des faveurs dont ils avaient joui. Depuis lors, les persécutions ont été nombreuses et sanglantes, et la tolérance légale n*est acquise aux chrétiens que depuis le traité de 1860. Statistique en 1844 : Chine et pays tributaires (Mongolie, Mandchourie, Tibet, Corée), trois évêchés (Macao, Nankin, Pékin), 7 vicariats apostoliques, 10 évoques, 170 prêtres, 320,000 catholiques ; en 1877 : 3 évêchés, 20 vicariats apostoliques, 23 évêques ; 470 prêtres européens, 453 prêtres indigènes, 17 collèges avec 681 élèves, 1,000 écoles avec 15,491 élèves, 41 orphelinats avec 4,235 enfants, 9 établissements de religieuses, 772,412 catholiques. Cette Eglise mène une vie très malheureuse ; si les persécutions proprement dites ont cessé à la suite des traités, les assassinats de missionnaires sont encore chose fréquente ; on se rappelle notamment Taffreux massacre de la mission de Tientsin, le 21 juin 1870, l'assassinat du père Hué en 1873, etc. Dans les pays tributaires, et notamment en 'Corée, la situation est plus triste encore. La persécution des chrétiens coréens a eu un caractère atroce, et Ton prétend que la seule année 1873 a vu périr dans cette petite presqu'île plus de 8,000 martyrs. Malgré cette fidélité des chrétiens chinois en face du martyre, on est en droit de craindre que le système d'accommodation des jésuites n'ait produit parmi les Chinois qu'un christianisme bien peu religieux. Du reste, chose singulière, les missions protestantes en Chine n'ont pas toutes été toujours à l'abri de cette tentation de s'accommoder aux mœurs et aux superstitions païennes. — 5. Japon. La mission jésuite du Japon, fondée sous l'influence de François Xavier, eut d'abord des succès si rapides qu'en 1640, on évaluait à 400,000 le nombre des catholiques japonais. A ce moment, commença une persécution terrible qui fit à peu près complètement disparaître toute trace de christianisme dans le pays. Pendant plus de deux siècles, le champ fut abandonné, et les missions catholiques ne purent être reprises qu'après 1858, et grâce au traité conclu entre le Japon et les Etats-Unis. Pendant quelques années, les missionnaires furent très mal vus du gouvernement, et cela était du reste fort naturel ; car, comme cela a été prouvé plus tard, quelques missionnaires français, le père Roches, entre autres, étaient dans le pays des agents très actifs de rébellion et fournissaient d'armes les daïmios révoltés. En 1868, ces faits entraînèrent la déportation ou la condamnation aux travaux forcés d*un grand nombre de catholiques japonais. Depuis lors, l'œuvre n'a plus été troublée; elle compte aujourd'hui 2 évêques, 35 prêtres, 16,622 catholiques.— 6. L'Eglise romaine compte encore parmi ses œuvres missionnaires son travail de propagande parmi les mahométans et les schismatiques
MISSIONS 21 i
<Ie l'Asie occidentale et de l'Europe orientale. Dans la Péninsule des Balkhans^ 7 évèques et vicaires apostoliques dirigent la minorité catholique des principautés danubiennes, de la Grèce et de la Turquie d'Europe. Quant aux missions de la Turquie d'AsiCy de la Syrie^ de la Mésopotamie, de la Perse et de VArabiey nous trouvons à leur tête, pour le rile romain, le vicaire apostolique de TAsie Mineure, à Smyrne, le patriarche latin de Jérusalem et le délégué apostolique de Mésopotamie. Les évèques catholiques de ces pays s'occupent aussi des missions chacun pour leur diocèse. Plusieurs ordres religieux y travaillent les uns à côté des autres, franciscains, carmes, capucins, jésuites et lazaristes, sans compter un grand nombre d'établissements de sœursde charité. Les catholiques romains de cette région sont au nombre de 500,000 environ. Dans ce nombre ne sont pas compris les adhérents des petites Eglises orientales, unies à Rome tout en conservant leurs rites particuliers, maronites, arméniens unis, nestoriens unis, etc. — Afriquet. 1. Afrique méridionale. Les missions catholiques n'ont pénétré dans ce pays que depuis 4820. Il semble, du reste, que les prêtres qui y sont établis s'occupent davantage des émigrants catholiques européens, irlandais et autres que des païens, 2 évèchés (Le Cap, Natal), 2 vicariats apostoliques, 1 préfecture apostolique, 21 églises, 15 à 20 prêtres ou missionnaires, 12,000 catholiques environ. 11 n'est pas possible de dire combien il y a parmi eux de païens convertis. Il est probable qu'ils ne forment qu'une faible minorité. Depuis quelques années, les catholiques ont commencé à missionner parmi les convertis des missions protestantes ; mais il ne semble pas que leurs efforts en ce sens aient obtenu jusqu'à présent des résultats sérieux. — 2. Afrique orientale. Les catholiques y ont fondé, en 1541, une première mission très florissante. Les jésuites et les dominicains eurent à cette époque de grands succès dans les possessions portugaises, au Monomotapa, à Mozambique, à Sofala, à Inhambane, etc. Mais, dans le courant du dix-septième siècle, les progrès du mahométisme Argent à peu près entièrement disparaître ces Eglises. Depuis vingt ans, l'entreprise a été recommencée et les progrès paraissent être sérieux, surtout dans la région de Zanzibar. Cependant le nombre des convertis reste encore assez minime. L'influence de Tœuvre n'en est pas moins considérable, et les services qu'elle rend, surtout au point de vue hospitalier, méritent d'être jugés favorablenaent. — 3. Afrique centrale. Le travail y remonte à 1855 et est surtout dirigé par des prêtres allemands du diocèse de Cologne. Les résultats sont encore peu considérables, mais paraissent plus sérieux que ceux que nous avons vus en Asie. — 4. Madagascar et les îles africaines de l'Océan indien. Les lazaristes français avaient fondé une mission à Madagascar en 1642, mais elle dut être abandonnée en 1674, et n'a été reprise que vers 1845. Persécutés jusqu'en 1862, les catholiques purent, à partir de ce moment, s'étendre librement, et partagèrent ou plutôt se disputèrent, avec les protestants, la faveur du roi Radama II. Depuis la mort de ce prince, les progrès ont continué. Voici, pour s'en faire une idée, les chiffres de l'année 1872:
Baptêmes d'adultes, 1,467; baptêmes d'enfants, 478; premières communions, 757; confirmations, 556; mariages, 230; malades recueillis par la mission, 19,099; malades visités à la maison, 4,343; le culte est célébré dans 74 localités ; 26 prêtres, 19 frères des Ecoles chrétiennes, 16 religieuses. — 5. Ile Maurice, 1 vicariat apostolique, 10,000catholiques, en grande partie d'origine européenne. — 6. Iles Seyckelles. Missions dirigées par des capucins savoisiens. 6 prêtres, 3 frères des Ecoles chrétiennes, 7 sœurs de Saint-Joseph, 7,100 catholiques, 400 élèves dans les écoles, 1 orphelinat avec 70 enfants. — 7. Afrique septentrionale, Abyssinie. Dans ce pays, chrétien monophysite depuis le quatrième siècle, les jésuites portugais ont fondé, dès le seizième siècle, une mission qui réussit au point de faire proclamer, en 1626, le catholicisme religion d'Etat. Mais, dès 1632, une réaction nationale amena l'expulsion des jésuites, et l'œuvre ne put être reprise qu'en 1714 par les franciscains qui furent chassés à leur tour. La mission n'a véritablement recommencé qu'en 1825, par le moyen de&lazaristes et des prêtres des missions étrangères, qui sont dirigés depuis 1847 dar un vicaire apostolique. Les catholiques romains sont au nombre de 8,000 environ formant 9 paroisses, avec 4 missionnaires et 4 prêtres indigènes. — 8. Le pays des Gallas forme, depuis 1852, 1 vicariat apostolique, où, jusqu'à présent, les résultats ont été fort minimes. — 9. Egypte et la vallée du Nil. Les jésuites y ont tr-availlé dès le commencement du dix-huitième siècle, parmi les coptes et les mahométans. Les catholiques forment 2 diocèses avec 60 prêtres environ et 40,000 âmes, sans compter la petite Eglise copte unie, avec environ 20,000membres. — 10. Etats barbaresques.Le pays où a fleuri autrefois la grande Eglise d'Afrique et qui a joué un rôle si considérable dans l'histoire des premiers siècles du christianisme devait tenter le zèle des missionnaires catholiques. Sans remonter jusqu'aux temps de Raymond Lulle, nous dirons seulement qu'au seizième siècle, les capucins et les franciscains avaient plusieurs établissements dans ces contrées. Aujourd'hui, les missions proprement .dites ont disparu; les catholiques algériens sont presque sans exception d'origine européenne, et l'on peut sans doute en dire autant des 300 catholiques qui vivent au Maroc et des 6 à 7,000 que l'on rencontre dans les beyliks de Tunis et de Tripoli. L'action du christianisme sur les populations mahométanes de ces contrées est à peu près nulle. Tout au plus opère-t-on de temps en temps la conversion de quelques juifs. Les missions catholiques comptent encore les Iles Canaries dans leur domaine. Mais il y a longtemps que l'inquisition n'y a plus laissé subsister de païens. — 11. Afrique occidentale. Dès le commencement du seizième siècle, un évêché fut établi dans l'ile de Saint-Thomas pour présider aux missions entreprises dans les pays découverts par les Portugais et en particulier dans le Congo. Les jésuites prirent, eu 1547, la direction de cette œuvre ; les résultats en furent assez peu considérables. Les querelles entre les ordres religieux absorbaient à peu près tout le temps et toutes les forces des missionnaires et l'œuvre tomba dans le dernier degré d'abaissement jusque vers le
milieu de ce siècle, où elle fut plus sérieusement reprise. Depuis 1841, un grand nombre de missionnaires y ont été envoyés et beaucoup sont morts à la tâche. Dans les onze premières années, sur 75 missionnaires, le climat réclama 45 victimes. Depuis i865,rœuvre est dirigée par la congrégation du Saint-Esprit et du sacré-cœur de Marie. Les établissements forment plusieurs préfectures apostoliques, au Congo, en Sénégambie, à la côte de Bénin, à Tile Corisco, etc. Les résultats sont à peu près nuls jusqu'à présent; mais le travail est sérieusement entrepris. On est frappé, à l'étude des missions catholiques, des différences que présente l'œuvre en Asie et en Afrique. En Asie, malgré une très grande fidélité pour résister aux persécutions, la mission, dirigée surtout par les jésuites, produit une impression douloureuse.On ne se sent pas en présence d'une œuvre honnêtement conduite. Les résultats numériques sont très considérables ; mais les Eglises nouvelles sont plus païennes que chrétiennes. Il en est tout autrement en Afrique, où les résultats statistiques sont beaucoup moins brillants, mais où le travail est plus sérieux et plus solide et où l'on a l'impression qu'il se fait véritablement une œuvre qui, malgré ses lacunes et ses faiblesses, sert cependant à l'avancement du règne de Dieu. Celui qui passe de l'étude des missions asiatiques à celle des missions africaines, a peine à croire qu'il se trouve en présence de la même Eglise et qu'il voit à l'œuvre des ouvriers élevés à la même école et dans les mêmes principes. — Amérique. 1. Indes occidentales. Les missions commencèrent aux Antilles dès le second voyage de Christophe Colomb, qui ramenait avec lui 12 prêtres espagnols, sous la direction dû bénédictin Bernard Boil, et peu après la première église d'Amérique était construite à Saint-Domingue par le franciscain Juan Ferez. Mais l'avide cruauté des Espagnols empêcha tout progrès de l'œuvre, malgré les généreux efforts de l'évêque Las Cases qui prit, de 1511 à 1566, la défense des Indiens opprimés. Dans les missions des Antilles, les dominicains se montrèrent en général les protecteurs et les amis des Indiens, tandis que les franciscains soutenaient les colons espagnols dans toutes leurs cruautés. Mais les Indiens, premiers habitants de ces îles, disparurent de la liste des nations, avant que les missionnaires eussent pu réussir à les incorporera la religion catholique. L'introduction dans le pays des esclaves nègres eut pour effet de préparer à la mission catholique un champ d'activité nouveau; mais comme cette population toute entière était soumise à des maîtres chrétiens, ceux-ci crurent suffisant de faire baptiser de force tous leurs esclaves; mais ni eux, ni l'Eglise ne se sont préoccupés de leur donner une instruction chrétienne, de sorte que dans toutes les Antilles on ne trouve nominalement que des chrétiens, mais, en fait, on y rencontre toutes les superstitions païennes que les nègres ont apportées de leur patrie africaine, mé langées seulement du souvenir de quelques cérémonies catholiques. La mission, parmi ces nègres, est entièrement à faire et Ton peut dire sans injustice que le catholicisme n'a rien fait encore. — 2. Amérique centrale. Dès le seizième siècle, les missions y ont
commencé leur action ; mais depuis longtemps elles ont cédé la placeà une hiérarche régulière ; elle se contente, chez les Indiens, d'une ^profession purement nominale du catholicisme, qui ne les empêche en rien de persévérer dans toutes les pratiques de leur paganisme traditionnel. — 3. Amérique du nord, Mexique. Les missions y furent introduites par Fernand Gortez, qui y amena des franciscains, auxquels se joignirent bientôt des dominicains et des augustins. La puissance espagnole et Tinquisition courbèrent rapidement ces populations au joug de Rome. Dès 1529, c'est-à-dire après 6 ans d'activité, les franciscains prétendaient avoir converti 200,000 Indiens. Il n*est que trop facile de juger ce que devaient être ces conversions. Aujourd'hui encore la population d'origine indienne est beaucoup plus païenne que chrétienne, etle clergé, composé de5,000 prêtres environ, peut d'autant moins s'occuper de l'instruction du peuple, qu'il est lui-même fort ignorant et corrompu. La Californie a été colonisée par les jésuites à partir de 1697. Le père Salvatierra, qui fut le premier supérieur de cette mission, paraît avoir pris sérieusement à cœur l'œuvre qui lui avait été confiée. Actuellement, on y trouve environ 35,000 Indiens catholiques, dirigés par des missionnaires franciscains établis dans une vingtaine de stations. Dans ces dernières années, on a entrepris aussi une mission parmi les nombreux émigrants chiiaois qui affluent en Californie. Etais- Unis, Les missions catholiques ont eu une belle période d'activité dans la Floride, la Louisiane et le Maryland. Mais actuellement les catholiques de ces pays sont rentrés dans les cadres normaux de la hiérarchie romaine, et l'on ne compte plus aux Etats- Unis que quelques religieux missionnaires parmi les restes des tribus indiennes. Au Canada le catholicisme a quelques missionnaires parmi les Indiens du haut pays, 15 stations avec environ 4,000 convertis. Dans les Montagnes - Rocheuses , 6 missions desservent environ 20,000 Indiens catholiques. Dans le vicariat apostolique de la Colombie britannique, 10 missionnaires travaillent parmi 40 à 50,000 Indiens, mais les succès ont été jusqu'à présent peu considérables. — V Amérique du sud, colonisée par des nations catholiques, contient encore un assez grand nombre d'Indiens païens, mais la mission, autrefois florissante, n'y a plus que peu d'importance. A la Guyane, les jésuites ont travaillé pendant un siècle, de 1664 à 1762; quelques prêtres cherchent encore à évangéliser les tribus de l'intérieur. La république de Venezuela compte encore environ 20,000 Indiens sauvages et païens, celle de la Nouvelle-Grenade 10,000 à peine. Les missions y sont à peu près abandonnées. Les jésuites paraissent travailler avec succès parmi les Indiens de la république de VEquateur mais les renseignements que l'on a pu recueillir sur cette mission sont insuffisants pour s'en faire une opinion. Au PéroUj dans la Bolivie, les missions des jésuites et de quelques autres ordres comptent environ 30,000 âmes. Au Brésil, les missions jésuites, commencées en 1551, ont longtemps remporté de brillantes victoires. Le nom du père José Anchieta est resté attaché aux succès de cette œuvre à la fin du seizième siècle. En 1755, les Missions brésiliennes compre-
naient 60 stations : 28 aux jésuites, 15 aux capucins, 12 aux carmes, 5 aux religieux de la Merci. Depuis la fin du siècle dernier, la décadence a commencé, et il se fait peu de chose aujourd'hui pour la conversion des Indiens païens, au nombre de 500,000 au moins et des 4,000,000 de nègres que Tesclayage a amenés dans le pays. Mais la terre classique des missions catholiques de TAmérique du sud, c'est le Paraguay. Les jésuites s*y établirent vers 1580. Le père Ortega et quelques autres se mirent à Tœuvre avec le courage le plus inébranlable et le plus grand dévouement parmi ces peuplades cannibales, et, convaincus par Texpérience de l'insuffisance des tournées missionnaires, dont ils s'étaient contentés jusque-là, entreprirent la fondation d'établissements fixes connus sous le nom de districts de missions. Les jésuites y exerçaient à la fois le gouvernement civil et Tautorité religieuse et réussirent à procurer au pays une paix profonde et une grande prospérité matérielle. Cet état de choses dura jusque vers le milieu du siècle dernier. La suppression de l'ordre des jésuites vint porter à cette mission un coup fatal dont elle ne s'est jamais relevée et aujourd'hui on ne trouve plus que de misérables restes de ces établissements. Dans la république Argentinej on compte encore un grand nombre d'Indiens païens parmi lesquels les missions n'ont que peu d'importance. On en peut dire autant du Chili. Quant à la Patagonie, une première mission, fondée par Philippe II en 1572, dut être abandonnée eu 1586. Une seconde tentative faite par les jésuites vers 1740 ne fut pas plus heureuse. En 1843, le pays a été attaqué pour la troisième fois, mais il semble que l'entreprise ait été stérile jusqu'à aujourd'hui. — En Ogéanie nous trouvons des missions nombreuses à la tôte desquelles se trouve la congrégation de Picpus; Ces missions sont toutes d'origine récente. Voici les principales d'entre elles : mission de Monyareva et des îles Gambier, transportée à Uvea, aux îles Wallis, fondée en 1834. Les résultats sont insignifiants et tous les succès de la région sont jusqu'à présent pour les œuvres protestantes. Mission des îles Sandwich (1836), 1 vicariat apostolique fondé en 1856, 22 prêtres européens, 12 -catéchistes indigènes, 61 églises, 50 écoles, 1 séminaire avec 40 élèves, 1 couvent avec 14 religieuses, 24,000 convertis. Iles Marquises. Mission fondée en 1838. Soutenus par la France, les prêtres de Picpus ont cherché à détruire les missions protestantes, mais n'ont acquis que peu d'influence sur la population. Même observation pour la mission de Taïli et des îles de la Société. Iles Samoa (1845). Les rapports indiquent 5,000 convertis ; mais les missionnaires protestants prétendent que ce nombre est beaucoup trop élevé et que les missions catholiques ne comptent pas plus de 100 convertis. Varchipel Tonga ou des Amis a été, lui aussi, le théâtre de luttes violentes entre les missionnaires catholiques et protestants. Ces derniers, favorisés par le gouvernement local, l'ont emporté sur leurs adversaires, et les établissements catholiques n'ont pris que peu de développements. Ils n'ont réussi à triompher que dans quelques îles du nord de l'archipel, oh ils ont un vicaire apostolique. Aux îles Fidji, les grands succès ont été éga-
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lement pour les protestants ; mais les catholiques y possèdent 6 stations avec 600 convertis et 2,000 catéchumènes, en majorité habitants de File Rotuma. Les (les Loyaiiy sont partagées à peu près par moitié entre catholiques et protestants. A la NouvelU^Zéiande, les missions catholiques dirigées par Févèque Pompallier y ont été établies en 4837. Aujourd'hui, elles y ont 3 évôchés et un nombre de convertis assez considérable. Le continent de V Australie peut compter environ 300,000 catholiques, mais presque tous sont d'origine européenne, et la mission proprement dite n'y joue qu'un rôle tout à fait secondaire. — Pour terminer, nous empruntons à une étude sur les missions catholiques, publiée par M. Pétri, dans VAllgemeine Missions Zeisichrift (1875, n''* 3, 6, 9 et 11) la liste suivante des ordres, congrégations et associations qui travaillent à l'œuvre des missions catholiques, liste qui, malheureusement, remonte à 1846, mais qui est la plus récente que nous ayons eu sous les yeux : le séminaire des missions étrangères dans rinde, les pays de l'Indo-Ghine, la Chine et la Corée, avec 78 prêtres européens et 147 prêtres indigènes; les sulpiciens, à Baltimore, 9 prêtres; les eudistes, de Yincennes, 3 prêtres; la Société de Picpus, à Smyme, à Valparaiso et en Océanie, 30 prêtres ; la Société de Marie, en Océanie, 17 prêtres ; les barnabites, à Ava et Pégou, 4 prêtres ; les jésuites, dans l'Archipel, en Syrie, dans l'Inde, à Baltimore, à Saint-Louis, à la Jamaïque, 75 prêtres; les oblats de la vierge Marie, congrégation de Turin, à Ava et Pégou, 8 prêtres; l'oratoire de Saint-Philippe-de-Néri, à Ceylan, 100 prêtres; la congrégation des lazaristes, dans l'Archipel, à Constantinople, en Syrie, en Abyssinie et dans douze localités de l'Amérique, 123 prêtres; les passionistes, en Bulgarie, 5 prêtres; les rédemptoristes, en Turquie, 4 prêtres ; de la règle de saint Antoine, 3 congrégations de moines maronites (aleppins, de Balade, antoniens) tous en Syrie avec environ 600 prêtres ; deux congrégations arméniennes, l'une dans le Liban, l'autre qui suit la réforme de Mékhitar, à Venise et dans tout l'Orient, 15 prêtres ; de la règle de saint Basile, 3 congrégations de moines melchites en Syrie, avec environ 600 prêtres; de la règle de saint Hormisdas, en Mésopotamie, avec 3 prêtres ; trappistes, à la Nouvelle- Ecosse, personnel inconnu ; dominicains à Constantinople, au Tonking oriental, Fo-Kien, Cincinnati, Bardotown, Nashville, 50 prêtres; la règle de saint François, 4 ordres différents : minorités de l'observance, en Palestine, en Bosnie, en Albanie et en Macédoine, 250 prêtres ; minorités de la Réforme dans la haute Egypte, l'Albanie, la Macédoine et Constantinople, 30 prêtres ; minorités conventuels, en Moldavie et à Constantinople, 30 prêtres ; capucins, dans l'Archipel, à Constantinople, en Géorgie, en Syrie, dans l'Hindoustan, dans les états barbaresques, 40 prêtresj carmes déchaussés, en Syrie, en Perse, à Bombay et à Vérapaly, 30 prêtres.
UL Histoire et statistique des missions protestantes. Si, en parlant des missions catholiques, nous avons dû trop souvent nous méfier des documents qui nous étaient fournis, nous voudrions pouvoir accepter avec confiance toutes les données et les affirmations que nous
présentent les rapports protestants. Il est malheureusement loin d*en itre ainsi, et nous sommes obligés ici aussi de procéder avec prudence et de n'accepter qu'avec réserve les renseignements qui nous sont fournis. Certains rapports ne sont, j'ai le regret de le dire, que des mensonges pieux, rédigés pour exciter le zèle et la libéralité des amis des missions; d'autres, en plus grand nombre, sont faits de bonne foi; mais, pleins d'un saint amour pour leur œuvre, les rédacteurs se sont trop facilement laissé aller aux entraînements d'un optimisme enthousiaste. D'autres, par contre, disent la vérité et montrent les ombres aussi bien que la lumière. Je n'ai pas nommé ceux que j'accuse d'inexactitude; je tiens à nommer, comme inspirant confiance par leurs rapports, la société des missions de Leipzig, celle de Paris, les deux Eglises presbytériennes d'Ecosse, etc. — Etablir la stîitistique des missions prolestantes est chose fort difficile et, on peut le dire, impossible. En effet, le protestantisme travaille aux missions par l'organe d'un grand nombre de sociétés, dont les principes sont très différents et qui, par suite, 'font leurs recensements de manières très diverses. Ce que telle société appelle un chrétien ou un communiant ne sera pas toujours rangé dans la même catégorie par une autre société. Il en résulte dans les totaux une grande incertitude, faute d'une commune mesure pour apprécier les résultats obtenus parles différents groupes. — Dans l'activité missionnaire du protestantisme, il faut relever deux choses bien distinctes, le travail fait en Europe ou en Amérique, les sociétés, leur organisation, leurs principes, leurs ressources, et l'activité dans le monde païen. Nous examinerons successivement ces deux branches du travail missionnaire. Nous commencerons par dresser un tableau aussi exact que possible des sociétés et associations missionnaires principales et de leur champ de travail. Puis nous passerons au monde païen et nous dirons h l'occasion de chaque contrée ce qui s'y est fait et ce qui s'y fait chaque jour pour la propagation de l'Evangile. — Tableau des principales sociétés de missions actuellement existâmes. Nous prenons pour guide dans ce travail l'excellent article Zur Missionsstaiistik publié par M. Grundemann dans VAllgemeine Missions Zeilschrifiy en corrigeant et complétant les données qu'il a réunies et qui remontent déjà à quelques années. — i® France : Société des missions évangéliques de Paris (fondée en 1824); champs de travail : Afrique du sud, \o stations, 18 missionnaires, 57 annexes, 90 aides indigènes, 2,575 communiants, 4,252 membres de l'Eglise, 1,692 catéchumènes, 3030 élèves des écoles ; Sénégal, 1 station, 1 missionnaire, 60 élèves des écoles ; Taïti, 22 paroisses, 4 missionnaires, 742 communiants. Dépenses annuelles 220,000 francs environ; plusieurs associations auxiliaires, séminaire de missions à Paris. — 2° Suisse : Société des missions évangéliques de Bâle (1815): Inde, 19 stations, 62 missionnaires, 2,615 communiants, 5,057 membres de l'Eglise, 2,628 élèves des écoles ; côte occidentale d'Afrique, 10 stations, 35 missionnaires, 1,161 communiants, 2,414 membres de l'Eglise, 861 élèves des écoles ; Chine, 4 stations, 9 missionnaires, 618 communiants, 968 membres de l'Eglise,
250 élèves des écoles ; Perse, 2 missionnaires ; receltes de 1874, 899,850 francs ; dépenses du même exercice, 997,000 francs ; ouvriers indigènes : 8 diacres, 5 prédicateurs itinérants, 78 catéchistes, 18 évangélistes, 77 instituteurs, 31 institutrices, 461 catéchumènes, 827 enfants dans les orphelinats : séminaire des missions à Bàle, 6 maîtres, 4 maîtres-adjoints, 88 élèves distribués dans 6 classes. — 3* Allemagne. Eglise des frères moraves, mission commencée en 1732; Groenland et Labrador, 12 stations, 38 missionnaires, 1,317 communiants, 1,157 autres membres de TEglise, 641 élèves des écoles; Amérique du nord, 4 stations, 4 missionnaires, 172 communiants, 224 autres membres de l'Eglise, 53 élèves des écoles; Indes occidentales, Antilles et Surinam, 59 stations, 79 missionnaires, 18,864 communiants, 31,451 autres membres de TEglise, 11,617 élèves des écoles ; Afrique méridionale, 13 stations, 28 missionnaires; 2,067 communiants, 4,583 autres membres de TEglise, 2,340 élèves des écoles; Australie, 2 stations, 3 missionnaires, 33 communiants, 45 autres membres de l'Eglise, 49 élèves des écoles; Himalaya occidental, 2 stations, 3 missionnaires, 10 communiants, 6 autres membres de l'Eglise, 186 élèves des écoles ; budget annuel, 457,537 francs. Société des missions évangéliques parmi les païens, à Berlin (1823) : Afrique méridionale, 33 stations, 53 missionnaires, environ 2,400 communiants, 5,522 membres de TEglise, environ 1,500 élèves des écoles ; recettes annuelles, 264,090 francs. Société des missions du Rhin, à Barmen (1828) : Afrique méridionale, 29 stations, 34 missionnaires, 4,088 communiants, environ 17,000 membres de l'Eglise, 3,345 élèves des écoles ; Indes hollandaises, 15 stations, 22 missionnaires, 468 communiants, 1,934 membres de l'Eglise, 307 élèves des écoles ; Chine, 4 stations, 6 missionnaires, 100 communiants, 554 membres de l'Eglise, 100 élèves des écoles; recettes annuelles, 379,632 francs; séminaire à Barmen, avec 26 élèves. Société des missions de l'Allemagne du nord à Brome (1836) : Afrique occidentale, 3 stations, 6 missionnaires, 77 communiants, 101 membres de l'Eglise, 128 élèves des écoles ; Nouvelle-Zélande, 1 station, 2 missionnaires; recette annuelle, 101,703 francs. Mission évangélique luthérienne de Leipzig (1836) : Hindoustan méridional, 16 stations, 17 missionnaires, 3 à 4,000 communiants, 9,480 membres de l'Eglise, 1,839 élèves des écoles, 4 prédicateurs indigènes consacrés, 62 catéchistes, 96 écoles avec 115 instituteurs ; séminaire à Leipzig ; les élèves sont en même temps étudiants à l'université et doivent y subir leurs examens ; recettes annuelles, 260,000 francs. Association des missions évangéliques (de Gossner) à Berlin (1836) : Kohls, 6 stations, 14 missionnaires, 2 diacres consacrés, 6 candidats, 46 catéchistes, 44 instituteurs, 6,361 communiants, 19,959 membres de l'Eglise, 470 élèves des écoles; mission du Gange, 5 stations, 5 missionnaires, 470 élèves des écoles ; dépenses annuelles, 60,000 fr. Société des missions d'Hermannsbourg (1849) : Afrique méridionale, 50 stations, 60 missionnaires, 1,552 commniants, 2,005 membres de l'Eglise ; Inde , 8 stations , 10 missionnaires, 300 membres de l'Eglise; Australie, 1 station, 2 missionnaires; re-
celles annuelles, 237,875 francs. Mission de Sainte-Grischona près Bàle (1848) : Palestine, 2 stations, 2 frères, 50 membres ; Egypte, 1 station, 3 frères, 163 membres; Abyssinie, 2 stations, 4 frères; recettes annuelles, 96,250 francs. Association de Jérusalem à Frauendorf près Stettin (1845) donne des subventions à d'autres œuvres en Orient, n'a en propre qu'une seule station à Bethléem avec 1 école et 100 élèves ; recettes, 22,500 francs. Association missionnaire de femmes, pour la Chine, à Berlin (1860) entretient un orphelinat à Hong- Kong, avec 70 orphelines, et donne des subventions à d'autres œuvres ; budget 22,500 francs. Association pour l'éducation chrétienne des femmes en Orient à Berlin; budget 10,000 francs; fournit des institutrices à d'autres œuvres missionnaires. — 4°//« Britanniques. Société pour la propagation de l'Evangile en pays étrangers (à Londres , 1701 ) : Amérique du nord et Colombie britannique, 7 stations, 8 missionnaires, 204 communiants, 1,062 autres chrétiens; Antilles, 9 stations, 11 missionnaires, 1,296 communiants, 6,559 autres chrétiens ; Guyane , 4 stations , 4 missionnaires , 612 communiants, 1,429 autres chrétiens; Rio-Pongas, 3 stations, 3 missionnaires, 459 chrétiens ; cap de Bonne-Espérance, 1,300 communiants, 9,000 chrétiens ; Grahamstown, 13 stations, 13 missionnaires, 904 communiants, 2,271 autres chrétiens; Natal, 7 stations, 7 missionnaires, 150 communiants, 350 autres chrétiens; pays des Zoulous, 3 stations, 3 missionnaires, 7 communiants, 37 autres chrétiens ; Etat libre de l'Orange, 2 stations, 3 missionnaires, 53 communiante, 95 autres chrétiens; Maurice et Madagascar, 4 stations, 5 missionnaires, 111 communiants, 783 autres chrétiens; Hindoustan, 54 stations, 83 missionnaires, 8,547 communiants, 22,782 autres chrétiens, 12,622 élèves des écoles; Ceylan, 13 stations, 16 missionnaires, 327 communiants, 3,027 autres chrétiens; Archipel indien, 6 stations, 9 missionnaires, 356 communiants, 1,033 autres chrétiens; Océanie, 3 stations, 7 missionnaires, 60 communiants, 290 autres chrétiens; budget annuel (pour les missions parmi les païens seulement), 1,050,000 francs ; cette société appartient à l'Kglise anglicane et a la tendance de la haute Eglise. Société des missions baptistes, à Londres (1792) : Inde, 33 stations, 40 missionnaires, 2,37 1 communiants, 4,745 autres chrétiens, 2,745 élèves des écoles; Ceylan, 19 stations, 3 missionnaires européens, ^8prédicateurs indigènes, 564 communiants, 2,444 autres chrétiens, 1,470 élèves des écoles ; Chine, 1 station, 2 missionnaires, 45 communiants; Antilles, 27 stations, 9 missionnaires européens, 64 prédicateurs indigènes, 4,592 communiants ; Afrique occidentale, 3 stations, 5 missionnaires, 113 communiants, 70 élèves des écoles ; dépenses annuelles, 774,250 fr. ; la Société a de plus des entreprises de missions parmi les catholiques d'Italie et de Bretagne et parmi les luthériens de Norvège. Société des missions de Londres (1795) : Chine, 10 stations, 19 missionnaires, 1,790 communiants, 1365 autres chrétiens, 416 élèves des écoles ; Hindoustan, 28 stations, 45 missionnaires, 3,862 communiants, 35,904 autres chrétiens, 12,239 élèves des écoles; Madagascar, 14 stations, 31 missionnaires, 67,385
communiants, 213,091 autres chrétiens, 24,923 élèves des écoles; Afrique méridionale, 27 stations, 28 missionnaires, 4,872 communiants, 25,388iautres chrétiens, 3,052 élèves des écoles ; Antilles, 11 stations, 9 missionnaires, 3,800 communiants, 7,088 autres chrétiens, 2,863 élèves des écoles ; Polynésie, 29 stations, 24 missionnaires, 16,258 communiants, 54,469 autres chrétiens, 17,806 élèves des écoles; dépenses annelles, 2,667,500 fr. Cette Société ne se rattache à aucune Eglise particulière, cependant elle a des liens plus étroits avec les congrégationalistes anglais qu'avec les autres dénominations religieuses. Société des missions de l'Eglise anglicane (fondée en 1800) : Afrique occidentale, 21 stations, 12 missionnaires, 3,219 communiants, 5,608 autres chrétiens, 3,164 élèves des écoles; Turquie, 5 stations, 7 missionnaires, 136 communiants, 429 autres chrétiens, 161 élèves des écoles ; Hindoustan, 65 stations, 115 missionnaires, 14,456 communiants, 58,302 autres chrétiens, 37,077 élèves des écoles; Geylan, 12 stations, 13 missionnaires, 1,071 communiants, 3,741 autres chrétiens, 6,462 élèves des écoles ; île Maurice et Afrique orientale, 5 stations, 9 missionnaires, 251 communiants, 1,181 autres chrétiens, 349 élèves des écoles ; Chine et Japon, 11 stations, 22 missionnaires, 570 communiants, 1,054 autres chrétiens, 259 élèves des écoles; Nouvelle Zélande, 18 stations, 16 missionnaires, 1,513 communiants, 7,926 autres chrétiens, 270 élèves des écoles; Amérique du Nord, 19 stations, 12 missionnaires, 1,339 communiants, 6,372 autres chrétiens, 773 élèves des écoles ; dépense de 1874, 4,500,000 fr.; cette société, la plus considérable de toutes les sociétés de missions, représente le parti modéré de l'Eglise anglicane. Société des missions wesleyennes-méthodistes à Londres (1813) : Ceylan, 39 stations, 45 missionnaires, 2,312 communiants, 7,426 autres chrétiens, 8,056 élèves des écoles ; Hindoustan, 20 stations, 30 missionnaires, 923 communiants, 1,132 autres chrétiens, 7,220 élèves des écoles ; Chine, 6 stations, 12 missionnaires, 233 communiants, 375 autres chrétiens, 504 élèves des écoles ; Gap de Bonne-Espérance, 8 stations, 18 missionnaires, 414 communiants, 2,699 autres chrétiens, 871 élèves des écoles ; district de Grahamslown , 7 stations , 8 missionnaires , 4,243 communiants, environ 10,000 autres chrétiens, 3,298 élèves des écoles; pays des Betchuanas, 7 stations, 6 missionnaires, 1.S34 communiants, 6,i66 autres chrétiens, 1,657 élèves des écoles ; district de Queenstown, 10 stations, 14 missionnaires, 3,388 communiants, environ 13,500 autres chrétiens, 3,407 élèves des écoles ; Natal, 13 stations, 13 missionnaires, environ 1,200 communiants, 1,365 élèves des écoles; Afrique occidentale, 14 stations, 21 missionnaires, 9,178 communiants, 31,450 élèves des écoles ; Antilles, 56 stations, 88 missionnaires, 43,353 communiants, 95,000 autres chrétiens, 24,500 élèves des écoles; Polynésie, 25 stations, 25 missionnaires, 34,131 communiants, 105,269 autres chrétiens, 52,784 élèves des écoles ; Amérique du Nord, 37 stations, 27 missionnaires, 2,237 communiants ; dépenses de 1876, 3,137,500 fr. Société des missions des baptistes généraux (1817): Hindoustan, 6 stations, 5 missionnaires, 649 communiants, 1,809 autres
chrétiens, 999 élèves des écoles ; dépenses de 1873, 241 ,650 fr. Missions étrangères de TEglise (établie) d'Ecosse (1829) : Hindoustan, 5 stations, 7 missionnaires, 326 communiants, 681 autres chrétiens, 5,673 élèves des écoles ; dépenses de 1873, 272,675 fr . Missions étrangères de TEglise libre d'Ecosse (1843) : Hindoustan, 12 stations, 16 missionnaires, 783 communiants, 778 autres chrétiens, 8,798 élèves des écoles; Afrique méridionale, 6 stations, 10 missionnaires, 1,380 communiants, 1,050 antres chrétiens, 2,288 élèves des écoles ; dépenses de 1873, 434,280 fr. Missiohs étrangères des prebytériens irlandais (1840) : Hindoustan,
7 stations, 7 missionnaires, 138 communiants, 451 autres chrétiens, 1,499 élèves des écoles; Chine, 1 missionnaire, 4 station; dépenses de 4873, 83,200 fr. Société des missions étrangères des méthodistes calvinistes du pays de Galles (1840) : Inde, 2 stations, 4 missionnaires, 319 communiants, 289 autres chrétiens, 680 élèves des écoles ; dépenses annuelles, 64,955 fr. Missions étrangères des presbytériens réformés d'Ecosse (1842) : Polynésie (Nouvelles Hébrides), 9 stations,12 missionnaires, 726 communiants, 2,300 autres chrétiens, 2,000 élèves des écoles; dépenses annuelles, 10,312 fr. seulement, la plus grande partie des dépenses étant supportée par les convertis. Société des missions dans TAmérique du Sud, à Londres (Eglise anglicane, 1844): Terre de feu, 1 station, 3 missionnaires, 50 chrétiens, 30 élèves des écoles; Araucanie, 1 station, 1 missionnaire; cours supérieur de l'Amazone, 4 station, 1 missionnaire; dépenses annuelles, 92,500 fr. Missions étrangères de l'Eglise presbytérienne d'Angleterre (1845) à Londres : Chine et Formose, 4 stations, 43 missionnaires, 2032 communiants, 12 (?) élèves des écoles; Hindoustan, 1 station, 1 missionnaire, 20 communiants, 30 autres chrétiens, 263 élèves des écoles; dépenses annuelles : 202,825 fr. Missions étrangères de l'Eglise presbytérienne anie d'Ecosse (1847) : Jamaïque, 26 stations, 15 missionnaires, 5,572 communiants, 4,491 élèves des écoles ; Trinité, 3 stations^ 1 missionnaire, 215 communiants ; Afrique occidentale, 5 stations, 5 missionnaires, 134 communiants, 458 élèves des écoles; Afrique méridionale,
8 stations, 8 missionnaires, 776 communiants, 613 élèves des écoles; Hindoustan, 6 stations, 11 missionnaires, 122 communiants, 3,058 élèves des écoles; Chine, 2 stations, 3 missionnaires, 36 communiants, 34 élèves des écoles; Japon, 4 station, 2 missionnaires; dépenses de 1874, 780,150 fr. Missions étrangères de l'Eglise libre méthodiste unie (1856) : Antilles, 8 stations, 8 missionnaires, 1,962 communiants, i, 054 élèves des écoles; Chine, 1 station, 1 missionnaire, 109 communiants, 36 élèves des écoles ; Afrique occidentale, 3 stations, 3 missionnaires, 2,556 communiants, 883 élèves des écoles; Afrique orientale, i station, 2 missionnaires, 17 communiants, 12 élèves des écoles; dépenses de 1873, 72,825 fr. Missions étrangères de la nouvelle association méthodiste (1860) : Chine, 2 stations, 2 missionnaires, 242 communiants ; dépenses annuelles, 48,325 fr. Société missionnaire de l'association de lady Huntingdon, a fondé à Sierra- Leone 9 à 10 communautés, comprenant environ 6,000 âmes, que dirigent aujourd'hui des prédicateurs indigènes seulement. Mission
de rintérieur de la Chine (1865), 43 stations, 46 missionnaires, 27 évangélistes indigènes, 13 instituteurs et colporteurs, 224 communiants; dépenses de 1872, 71,925 fr. ; cette mission fait des progrès rapides, mais n'est pas à Tabri du reproche de s'accommoder trop aux mœurs et aux coutumes des Chinois. Société missionnaire d'Assam et de Cachar, à Londres (1860), 1 station, 2 missionnaires, 61 convertis; dépenses anuelles, 12,025 fr. ; cette société se rattache à rE>glise anglicane. Missions étrangères des Amis (1867). Les quakers ou amis entretiennent à Madagascar 7 missionnaires qui rfont pas d'œuvre spéciale, mais travaillent avec les missionnaires de la société de Londres; dépenses de 1874, 100,000 fr. Socîété pour les progrès de réducation des femmes en Orient (1834), entretient de nombreuse» écoles de filles (346 en 1867) dans les stations d'autres sociétés et sous leur direction, dans l'Inde, en Chine et en Afrique; recettes de 1873, 157,550 fr. Société des écoles et de l'instruction des femmes dans l'Inde (1852) ; dépenses de 1873, 178,850 fr. ; a entretenu 18 écoles avec 20 maîtresses européennes, 27 maîtresses indigènes, 875 élèves et 2 écoles normales d'institutrices avec 84 élèves. Association de dames pour le relèvement moral et religieux des femmes de Syrie (1860), 1,105 filles sont élevées dans les écoles de la société; dépenses annuelles, 150,000 fr. Société spéciale d'instruction chrétienne dans l'Inde (1859); la société forme des instituteurs, fonde des écoles et publie des livres scolaires dans les différentes langues de l'Inde ; dépenses annuelles, 127,000 fr. Société médicale des missions d'Edimbourg (1843) forme des médecins chrétiens qui entrent au service d'autres sociétés ; dépenses, 75,000 fr. Société auxiliaire des missions en Turquie (1855) fournit des subventions aux sociétés qui travaillent dans ce pays ; dépenses, 100,000 fr. Société des missions mahométanes à Londres, 1 missionnaire dans le nord de l'Afrique, 3 à Alep et dans la région de l'Euphrate; recettes de 1873: 8,175 fr. — 5° Etats-Unis, American Board of commissioners for Foreign Missions (1810, à Boston) : Afrique méridionale, 7 stations, 13 missionnaires, 524 communiants, 676 autres chrétiens, 752 élèves des écoles ; Turquie, 17 stations, 47 missionnaires, 4,256 communiants, 15,293 autres chrétiens, 7,607 élèves des écoles; Inde, 16 stations, 21 missionnaires, 2,176 communiants, 6,087 autres chrétiens, 2,349 élèves des écoles; Geylan, 7 stations, 6 missionnaires, 570 communiants, 1,710 autres chrétiens, 2,154 élèves des écoles ; Chine, 7 stations, 17 missionnaires, 238 communiants, 317 autres chrétiens, 139 élèves des écoles ; Japon, 2 stations, 5 missionnaires, 80 élèves des écoles ; Micronésie, 9 stations, 11 missionnaires, 913 communiants, 2,587 autres chrétiens; Indiens de l'Amérique du Nord, 3 stations, 3 missionnaires, 597 communiants, 1,800 autres chrétiens ; Iles Sandwich, 13 missionnaires, 14,850 communiants, 15,000 autres chrétiens ; dépenses annuelles, 2,175,000 fr. Ce board^ qui n'appartient à aucune dénomination, se recrute par cooptation et n'est pas une société proprement dite dans le sens européen, mais un comité d'amis des missions, payant une cotisation fixe et recueillant des souscriptions qui ne donnent aux
souscripteurs aucun droit de direction ni de contrôle sur Tactivité de Tassociation. Union missionnaire anabaptiste américaine (1814, à Boston) : Birmanie, 9 stations, 25 missionnaires, 19,218 communiants, 40,000 autres chrétiens, 5,732 élèves des écoles; Hindoustan, 7 stations, 12 missionnaires, 4,220 communiants, 10,000 autres chrétiens, 882 élèves des écoles ; Chine et Japon, 7 stations, 7 missionnaires, 520 communiants, 700 autres chrétiens ; Afrique orientale, 10 prédicateursindigènes, 525 communiants; dépenses annuelles, l,280,000fr. Deux sociétés de femmes pour les missions baptistes à Boston et à Chicago sont auxiliaires de cette société. Société des missions de l'Eglise méthodiste épiscopale(1819, à New- York) : Afrique occidentale, 22 stations, 23 missionnaires, 2,000 communiants, 2,000 autres chrétiens, 4,200 élèves des écoles ; Chine, 5 stations, 17 missionnaires, 1,061 communiants, 899 autres chrétiens, 615 élèves des écoles ; Inde, 16 stations, 17 missionnaires, 823 communiants, 1,200 autres chrétiens, 4,177 élèves des écoles; Japon, 4 stations, 5 missionnaires; Indiens de l'Amérique du Nord, 13 stations, 17 missionnaires, 1,516 communiants, 2,000 autres chrétiens; dépenses de 1873, 1,250,000 fr; «Board » de missions de TEglise épiscopale protestante des Etats- Unis d'Amérique (1835, à New- York): Afrique occidentale, 4 stations,
2 missionnaires, 258 communiants, 345 élèves des écoles ; Chine et Japon, 5 stations, 9 missionnaires, 95 communiants, 623 élèves des écoles ; Indes occidentales, 2 stations, 1 missionnaire, 71 communiants, 39 élèves des écoles; Indiens de TAmérique du Nord, 6 sta« tiens, 6 missionnaires ; dépenses annuelles, 575,000 fr. Société des missions étrangères des baptistes de la libre volonté (1833, à Dover, N. H.) : Inde, 4 stations, 5 missionnaires, 218 communiants, environ 600 autres chrétiens, 400 élèves des écoles; dépenses annuelles, 55,725 fr. « Board » de missions étrangères de TEglise presbytérienne (1837, à New- York) : Indiens de TAmérique du Nord, 12 stations, 15 missionnaires, 1,191 communiants, 1,800 autres chrétiens, 239 élèves des écoles; Afrique occidentale, 11 stations, 11 missionnaires, 432 communiants, 600 autres chrétiens, 125 élèves des écoles; Inde, 18 stations, 37 missionnaires, 640 communiants, 2,400 autres chrétiens, 6,834 élèves des écoles ; Indo-Chine , 4 stations, 10 missionnaires , 21 communiants , 80 autres chrétiens, 25 élèves des écoles; Chine et Japon, 11 stations, 27 missionnaires, 634 communiants, 600 autres chrétiens, 495 élèves des écoles; Syrie et Perse, 8 stations, 22 missionnaires, 1,002 communiants, 4,000 autres chrétiens, 2,975 élèves des écoles : dépenses annuelles, 2,410,000 fr. Société des missions étrangères de TEglise évangélique luthérienne des Etats-Unis (1837, à New- York) : Inde,
3 stations, 3 missionnaires, 731 communiants, 1,739 autres chrétiens, 472 élèves des écoles ; Afrique occidentale, 1 station, 1 missionnaire, 23 communiants, 41 élèves des écoles ; dépenses annuelles, 107,500 fr. Société des missions des baptistes du septième jour (à Westerly, Rh. I, 1842) : Chine, 1 station, 1 missionnaire, 20 communiants, a Board » des missions étrangères de la convention des bap-
listes du Sud (à Richmond, 1845): Afrique occidentale, 8 stations: Chine. 4 stations, 5 missionnaires, 295 communiants, 98 élèves des écoles ; Indiens de TAmérique du Nord, 907 communiants, 1,353 élèves des écoles ; dépenses annuelles, 123,750 fr. « Board » des missions étrangères de TEglise épiscopale méthodiste du Sud (1846) : Chine, 20 missionnaires, 4,590 communiants. Association des missions américaines (à New-York, 1846) : Indiens de l'Amérique du Nord, 6 stations, 1 missionnaire, 17 communiants, 246 élèves des écoles ; Antilles 10 stations, 4 missionnaires, 521 communiants, 856 élèves des écoles ; Afrique occidentale, 2 stations 3 missionnaires, 42 communiants, 60 élèves des écoles ; Chinois en Californie, 1 station, 1 missionnaire ; dépenses annuelles : 128,750 fr. « Board » de missions de TEglise des Frères-Unis (à Dayton, Ohio, 1853), 2 missionnaires ; dépenses de 1870, 1,105 fr. «Board » de missions étrangères de l'Eglise réformée hollandaise d'Amérique (à New -York, 1857) : Inde, 8 stations, 6 missionnaires, 712 communiants, 761 élèves des écoles ; Chine et Japon, 5 stations, 10 postes d'évangélisation, 9 missionnaires, 733 communiants, 234 élèves des écoles; dépenses de 1868, 518,505 fr. (?). « Board » de missions étrangères de l'Eglise presbytérienne unie (à Philadelphie, 1859) : Inde, 3 stations, 2 missionnaires, 17 communiants, 1,078 élèves des écoles; Syrie et Egypte, 15 stations, 8 missionnaires, 572 communiants, 1,155 élèves des écoles ; Chine, 1 station, 1 missionnaire, 25 élèves des écoles ; dépenses annuelles, 328,266 fr. Comité exécutif des missions étrangères de l'Eglise presbytérienne du Sud (à Columbia, Caroline du Sud, en 1861) : Indiens de l'Amérique du Nord, 4 stations, 4 missionnaires, 25 communiants, 16 élèves des écoles; Chine, 2 stations, 4 missionnaires, 14 communiants, 25 élèves des écoles; dépenses annuelles, 62,500 fr. Société allemande des missions évangéliques aux Etats-Unis (à New- York, en 1866) : Inde, 2 stations, 2 missionnaires, 74 baptisés. Missions étrangères de l'Eglise presbytérienne réformée (à Philadelphie), 2 missionnaires en Syrie ; recette de 1870, 41,250 fr. Société pour la propagation de l'Evangile parmi les Indiens de TAmérique du Nord (Boston, 1787). Cette société, la plus ancienne des Etats-Unis, borne aujourd'hui presque entièrement son activité au travail de la mission intérieure. Cedendant elle entretient encore quelques missionnaires parmi les restes des tribus indiennes. — 6* Pays- Bas. Société néerlandaise des missions pour la propagation du christianisme parmi les païens (Rotterdam, 1797) : Amboine, 1 station, i missionnaire, 883 communiants, 1,217 autres chrétiens, 350 élèves des écoles; Minahessa, 11 stations, 11 missionnaires, 17,000 communiants, 64,000 autres chrétiens, 9,648 élèves des écoles ; Java, 3 stations, 4 missionnaires, 760 communiants, 2,300 autres chrétiens, 370 élèves des écoles; dépenses annuelles, 208,416 fr. Association pour la propagation de l'Evangile dans les possessions hollandaises d'outre-mer (Amsterdam, 1848) : Java, 1 station, 2 missionnaires, 34 communiants, 38 autres chrétiens, 51 élèves des écoles ; Sumatra, 1 station, 1 missionnaire, 18 communiants, 18 autres chrétiens,
4 élèves des écoles ; dépenses annuelles, 42,000 fr. Comité de Java (Amsterdam, 1854) : Sumatra, 2 stations, 2 missionnaires, 77 communiants, 81 autres chrétiens; Java, 1 station, 1 missionnaire, 300 chrétiens; dépenses annuelles, 43,425 fr. Association des missions néerlandaises (Rotterdam, 1858) : Java, 6 stations, 7 missionnaires, 83 communiants, 239 élèves des écoles; dépenses annuelles, 61,750 fr. Association missionnaire d'Utrecht (1859) : Nouvelle Guinée, 5 stations, 6 missionnaires; Bali, 1 station, 2 missionnaires ; Almaheira, 2 stations, 2 missionnaires; dépenses, 81,625 fr. Association missionnaire réformée des Pays-Bas (Amsterdam, 1859) : Java, 2stations, 2 missionnaires, 384 chrétiens, 14 élèves des écoles; dépenses, 17,190 fr. Commission de missions de TEglise chrétienne réformée (Leyde, 1860), 1 école à Batavia, 1 station à Engano (Sumatra),
1 missionnaire ; dépenses de 1874, 10,000 fr. Communauté missionnaire d'Ermelo, 1 station à Java; dépenses annuelles, 4,000 fr. ; la communauté prépare aussi des missionnaires qui entrent ensuite au service d'autres sociétés. La société auxiliaire des missions de Leyde n'apasd*œuvre propre, mais donne des subventions à plusieurs sociétés. —7° Pays Scandinaves, Société des missions danoises (1821) : Inde,
2 stations, 3 missionnaires, 71 communiants, 145 autres chrétiens, 62 élèves des écoles; Groenland, 8 stations, 6 missionnaires, 4,000 communiants, 4,000 autres chrétiens ; dépenses annuelles, 30,000 fr. Société des missions norvégiennes (Stavanger, 1842) : Afrique méridionale, 10 stations, 10 missionnaires, 238 chrétiens ; Madagascar, 9 stations, 12 missionnaires, 352 chrétiens ; dépenses, 214,000 fr. Société suédoise des missions (Stockholm, 1835) travaille dans Tlnde avec la Société de Leipzig et entretient 8 écoles en Laponie ; dépenses annuelles : 50,000 fr. Association missionnaire évangélique : Afrique orientale, 3 stations, 4 missionnaires consacrés, 4 missionnaires laïques, 2 diaconesses ; Afrique méridionale, 1 station, 1 missionnaire consacré, 3 missionnaires laïques; dépenses de 1873-74, 62,100 fr. L'Eglise nationale de Suède est sur le point de commencer une œuvre missionnaire en Syrie; les fonds recueillis s'élèvent déjà à 35,000 fr. Société des missions finlandaises (Helsingfors, 1858) : Afrique méridionale, Ostations, 9 missionnaires; dépenses annuelles. 42,500 fr. De ce résumé statistique, il résulte que les missions sont actuellement entreprises par 73 sociétés, qui entretiennent environ 1.600 stations, desservies par 2.200 missionnaires. Les communiants sont au nombre de 421,000, les chrétiens, communiants ou non communiants, de 1,600,000. 400,000. enfants reçoivent l'instruction des écoles missionnaires. Le budget annuel des missions protestantes s'élève à la somme énorme de 28,000,000 de francs. Les divers pays protestants contribuent très inégalement à cette œuvre. Le premier rang appartient aux Iles-Britanniques, dont la part s'élève à 15,500,000 fr. Les Etats- Unis viennent au second rang avec près de 9,000,000 fr. L'Allemagne et la Suisse Allemande au troisième avec 2,700,000 fr. seulement. — Avant de quitter les pays chrétiens, pour voir les missions à l'œuvre sur la terre païenne, il faut dire encore un mot de la littérature des
missions, littérature très vaste et qui s*accroît chaque année d'un grand nombre de publications. Parmi ces livres et ces brochures, le plus grand nombre n'a qu*une valeur d'édification, réveille et entretient le zèle pour les missions dans les Eglises européennes. Quelquesuns seulement ont une réelle importance scientifique. Nous ne pouvons en donner un catalogue raisonné; nous nous contenterons d'indiquer les plus importants dans la bibliographie de cet article Mais nous devons parler ici de la branche la plus importante peut-être de la littérature des missions, des journaux et périodiques. Ici encore, il est bien évident que nous ne pouvons tout indiquer et que nous devrons limiter notre liste aux périodiques les plus considérables. Eo France, nous nous contenterons de citer le Journal des missions évvigéliqites^ organe de la Société des Missions évangéliques de Paris. En Allemagne, \sl Alleemeine Missions-Zeitschrifiy îondée en 1874; réd. D' Warneck; le Missionsblatt aus der Brûdergemeinde, fondé en 4838; Y Evavgelisches Missions Magazin, organe de la Société de Bàle, fondé en 4847 ; Berliner Missionsberichte^ fondés en 4825 ; le Bormer Missionsblati, fondé en 4827 ; Monaisblatt der Norddeutsciien Missionsgeselhchafï^ organe de la Société de Brème; Ev. Luth. Missionsblatt, organe de la Société de Leipzig, fondée en 4846; V Abeille missionnaire, fondée à Berlin en 4836, organe de la mission de Gossner ; le Hermannsburger Missionsblatt, fondé en 4855 ; les Neueste Nachrichlrn aus dem Morgenlande, organe de l'association de Jérusalem, à Berlin; le Calwer M issiônsblatt, qui ne se rattache à aucune société, etc. Dans les Iles Britanniques : The Mission Field^ organe de la Société pour la propagation de l'Rvangile; The Missionary Herald, organe des missions baptistes; la Chronicle of the London Missionary Society; The Church Missio7iary IntelUgeneer et The Church Missionary Record, organes de la Société des missions de l'Eglise anglicane ; les Wesleyan Missionary Notices ; The Missionary Observer, organe de la Société des missions des Baptistes généraux ; The Church of Sutland Home and Foreign Missionary Record; organe des missions de l'Eglise établie d'Ecosse; Free Church of Scolland Monlhly Record; The Missionary Herald of the Presbyterian Church of Ireland ; The Messenger and Missionary Record ofthe Presbyterian Church of England; The Missionary Record of the united Presbyterian Church, etc. Aux Etats-Unis :1e if /*«onary Herald, organe de l'American Board ; le Baptist Missionary Magazine ; le Missionary Advocate, organe des missions méthodistes épiscopales; le SpirU of Missions, organe des missions de l'Eglise épiscopale ; le Foreign Missionary, organe des missions presbytériennes ; le Home and Foreign Journal, organe des baptistes du Sud ; Y American Missionary, organe de l'association missionnaire américaine ; The Sower, organe des missions réformées hollandaises d'Amérique ; le Christian Insiruetor and Western united Presbyterian, organe de l'Eglise presbytérienne unie, etc. En Hollande : Maandberigten van het Ntderlandsche Zendelinggenoctschap, etc., organe de la Société néerlandaise des missions; Orgaan der Nederlandsche Zendingsvereeniging; De Ueidenbode, organe de l'association des missions réformées hollan-
daisBs; Krmelosch Zendingsblad, etc. En Danemark : Dansk Missions Biad\ en Norvège, Norsk Missions Tidende ; en Suède, Missionswannen^ organe de la Société suédoise des missions, et Missions-Tidning , organe de l'association suédoise des missions évangéliques ; en Finlande, MissionS'Tiding for Finland, — Après avoir parcouru ce qui intéresse les missions en Europe et aux Etats-Unis, il nous faut passer maintenant à l'examen du champ de travail lui-même et voir à l'œuvre les forces que nous venons de passer en revue. Cependant, il y aura entre la partie statistique qui précède et la partie que nous commençons une différence importante. Dans Fétudedes sociétés de missions, nous ne nous sommes occupés que du présent; nous n'avons pas parlé de quelques groupes missionnaires disparus et qui nont pas laissé de traces en Europe. En étudiant le champ de travail, nous devrons un peu plus nous préoccuper du passé et faire une place à rhistoire des missions. Le passé seul peut expliquer le présent. Nous devrons donc dire un mot des œuvres abandonnées et consacrer quelques lignes aux commencements, toujours bien modestes, des œuvres que nous verrons plus riches et plus développées. Cependant, nous nous efforcerons d'être aussi actuel que possible, et de ne parler des anciennes missions que dans la mesure où elles éclairent et font comprendre la situation présente des missions contemporaines et permettent d'en prévoir en quelque mesure les destinées futures. — Nous commençons par TAsib, notre course à travers ce vaste champ de travail. Les missions asiatiques forment trois groupes bien distincts et ayant chacun ses caractères particuliers, TÂsie mahométane ou occidentale, THindoustan et l'Asie Orientale comprenant l'Indo-Ghine, la Chine et Je Japon ; à ce dernier groupe, il convient de rattacher également les missions de la Malaisie, qui ont beaucoup plus d'affinité avec les œuvres asiatiques, qu'avec celles de la Polynésie. — Asie mahométane, 1. Turquie et pays voisins. Il s'agit ici beaucoup moins qu'ailleurs d'une mission proprement dite. Les païens ne sont que fort peu nombreux dans ces régions. La population est mahométane ou chrétienne, et les missions s'y occupent beaucoup plus du relèvement moral et religieux des vieilles Eglises déchues, que delà propagation de l'Evangile parmi les non-chrétiens. — 2. Palestine. La Société des Missions de l'Eglise anglicane y a 2 stations [Jérusalem, Nazareth) fondées vers 1854, et entretient quelques écoles parmi les chrétiens du pays. Le nombre des fidèles et des élèves des écoles varie beaucoup, et s'élève souvent à 1,000 pour retomber à oOO, et se relever ensuite, sans que ces variations puissent toujours être suffisamment expliquées. La mission de l'évêque Gobât travaille surtout au relèvement des chrétiens indigènes, au moyen d'écoles. Les premières ont été fondées en 1847 ; on en compte aujourd'hui 11. L'association de Jérusalem, de Berlin, y entretient également 2 écoles. En tout, on ccfmpte en Palestine 25 écoles protestantes, avec if400 élèves. Citons encore comme établissements missionnaires, l'orphelinat de la mission de Crischona, avec 60 orphelins, l'établissement d'instruction des diaconesses de Kaisersweth, avec 100 élèves
filles, rhôpital, des mêmes sœurs, Thôpital allemand pour les lépreux, etc. Enfin, il faudrait parler encore des établissements de la mission de Londres parmi les Juifs ; mais cela serait en dehors de notre cadre. — 3. Syrie, L'Eglise presbytérienne d'Irlande a fondé en 1813, une station à Damas, que depuis 1845 elle dirige en commun avec TEglise presbytérienne unie des Etats-Unis ; 2 missionnaires. 7 stations annexes, 16 maîtres indigènes, 60 communiants, 300 autres adhérents, 6 écoles avec 306 élèves. Plus considérable est la mission presbytérienne de Syrie, dirigée jusqu'en 1870 par le « Board » américain, et passée depuis lors sous la conduite des presbytériens unis d'Amérique, 5 stations, 30 annexes, environ 300 communiants, 1 ,300 garçons et 600 filles dans les écoles ; un séminaire théologique à Abeih, une école supérieure de filles à Beirouth ; imprimerie qui répand annuellement dans le pays un grand nombre de Bibles et d'autres livres chrétiens en langue arabe. Citons encore l'orphelinat et l'école des diaconesses de Kaiserswerth. — 4. Asie Mineure^ Arménie et autres pays voisins. L' « american Board » y a commencé ses travaux il y a bientôt 50 ans, 3 sections : Turquie occidentale, 10 stations, 60 annexes, 23 communautés, 1,063 communiants, 4,363 autres protestants, 2,500 élèves des écoles; publications nombreuses de journaux et de traités destinés aux mahométans. Dans la même région, la société de l'Eglise anglicane a également depuis 40 ans, quelques stations sans grande importance. Dans la Turquie centrale, r w American Board » avait autrefois 6 stations et n'en a plus que 2 avec 31 annexes ; 4 communautés ont pu être émancipées. Les
2 stations actuelles comprennent 25 paroisses et 1,934 communiants. Les Américains se plaignent des tentatives de l'Eglise anglicane pour s'emparer du fruit de leurs travaux. Dans l'Arménie et la Mésopotamie, les presbytériens américains ont 5 stations, avec 102 annexes, î)8 communautés, 1,259 communiants, 5,764 adhérents. Parmi les Kourdes, la môme société entretient 4 prédicateurs et instituteurs indigènes, qui ont déjà groupé environ 50 personnes dans 3 localités. — 5. Perse. Il n'y a encore dans ce pays qu'une toute petite mission, celle qu'a entreprise en 1830, parmi lesnestoriensl' «American Board » et qui a été réunie en 1870, aux presbytériens unis d'Amérique. Le centre de la mission est aux environs du lac Ourmiah :
3 stations principales, 53 annexes, 724 communiants. La société de Bàle a également commencé en 1873, une œuvre dans le sud de la Perse. — Deuxième champ de l'Asie : VHindoustan^ où l'on trouve les missions les plus diverses : 1. Bengale, A Calcutta un grand nombre de sociétés sont représentées. La société pour la propagation de l'Evangile a 3 temples à Calcutta, et environ 250 baptisés, 6 stations avec 3,684 baptisés dans la plaine au sud de Calcutta, 2 stations au nordouest de cette ville, a^ec 90 baptisés; en tout pour cette société, 13 missionnaires, 28 lecteurs et catéchistes, 9 stations et environ 4,000 baptisés. Les Baptistes ont dans la plaine des Pergunnas, au sud de Calcutta, 9 stations, avec 250 baptisés et 8 écoles avec 300 élèves. Cette mission est une des plus anciennes de l'Inde et a pendant
un temps donné les plus belles espérances ; mais les progrès paraissent, depuis quelques années, n'être plus que fort lents. A Calcutta même, les Baptistes ont d'importants établissements de traduction des livres saints, dans les diverses langues de rinde,des écoles florissantes, et 4 communautés, avec 103 baptisés indigènes. Ici aussi, les progrès sont d'une grande lenteur. On en peut dire autant des 6 stations baptistes, situées au nord de Calcutta, à Serampore et aux environs. L'école supérieure de Serampore, très florissante encore il y a vingt ans^ a perdu depuis lors plus de la moitié de ses élèves. Les succès sont plus sérieux à l'ouest de Calcutta, dans les districts de Jessore et de Backergunge, oh le nombre des baptisés est de 900 déjà et celai des adhérents non encore baptisés de 2,800. Plus rapides et plus marqués encore sont les résultats obtenus parmi les Santhals, oîi les Baptistes n'ont commencé leur œuvre qu'en 1866, et où ils ont déjà réuni plusieurs communautés importantes. A l'extrême nord du Bengale et dans la partie orientale, le sol paraît beaucoup moins fertile pour les missions. En tout, les baptistes ont au Bengale, 29 missionnaires, 116 prédicateurs indigènes, 94 stations et 2,100 baptisés. La Société de Londres est établie au Bengale depuis 1816. Elle travaille à Calcutta et aux environs de cette ville, mais sans réussir à grouper des communautés un peu nombreuses. Elle y entretient 6 missionnaires et 12 prédicateurs indigènes, dont 3 sont consacrés. Ses stations comptent 176 communiants, 797 adhérents, 878 écoliers et 141 écolières. La société de l'Eglise anglicane possède au Bengale une œuvre importante; à Calcutta seulement, plus de 400 chrétiens indigènes. Dans le district de Nuddea, depuis 1838, chez les Santhals, depuis 1855, des communautés considérables ont été rassemblées; total de l'œuvre : 13 stations, 13 missionnaires européens, 4 indigènes consacrés, 150 auxiliaires indigènes, 7,476 chrétiens, 1.183 communiants, 3,771 garçons et 597 filles dans les écoles. L'Eglise libre d'Ecosse travaille surtout au moyen d'écoles supérieures, dans lesquelles elle a 2,600 jeunes gens et 400 jeunes filles. Les conversions sont encore très peu nombreuses ; mais beaucoup de principes chrétiens pénètrent peu à peu par les écoles dans les hautes classes hindoues. La même Eglise a commencé également depuis quelques années une mission parmi les Santhals. Elle dirige en tout 6 missionnaires, 11 catéchistes indigènes, 97 baptisés, 40 communiants. Cette mission doit une réputation spéciale parmi les amis des païens, à l'activité du D' Duff, un des missionnaires les plus remarquables de notre temps. L'Eglise établie d'Ecosse entretient également à Calcutta et aux environs, des écoles avec 800 élèves et un établissement d'instruction supérieure, avec 70 élèves. Enumérons encore au Bengale, les missions de la société méthodiste, avec 95 convertis, des presbytériens anglais, des méthodistes calvinistes du pays de Galles, etc., dans le pays d'Assam, les baptistes américains et la société pour la propagation de l'Evangile, dans le sud-ouest du Bengale, les baptistes américains, et la mission de Gossner, parmi les Kolhs, une des plus florissantes de l'Inde. En résumé, les protestants indigènes
du Bengale étaient en 1861, au nombre de 20,774; en 1874, au nombre de 42,800. — 2. Provinces du Nord-Ouest de VHxndovstan, A Bénarès, révangélisation entreprise depuis cinquante ans par plusieurs sociétés se heurte à un fanatisme plus ardent encore que partout ailleurs. Les écoles seules ont jusqu'à présent quelque succès. Au nord de Bénarès, la société de TEglise anglicane a quelques stations depuis 1823, la société de Londres, 2 établissements plus récents. A AUahabad et aux environs, nous trouvons TEglise anglicane (400 convertis), les baptistes anglais et les presbytériens américains (63 membres). Au nord de cette ville, ce dernier groupe possède 4 stations importantes. Au sud-est d'Allahabad , travaillent, sur les rives du Gange, la Société pour la propagation de TEvangile à Cavnipore, à Delhi, etc., la société de TEglise anglicane à Lucknow, àFyzabad,etc. (1,000 membres), les méthodistes épiscopaux américains (16 stations, 811 communiants, la Société de Londres (2 stations, 660 enfants dans les écoles), les presbytériens américains, les baptistes anglais à Agra, à Delhi et aux environs. Total des résultats des missions dans les provinces du nord-ouest, 1861 : 4,376 chrétiens, 1,175 communiants ; 1874 : 9,316 chrétiens, 2,859 communiants. — 3. Puntijab. L'Eglise anglicane y possède plusieurs stations, le docteur Elmslie, son médecin-missionnaire à Cachemire, s'est acquis une notoriété méritée. En 1867, cette société a fondé à Lahore un séminaire théologique pour préparer des prédicateurs indigènes. Les presbytériens américains sont établis à Lodiana, depuis 4834 et ont fondé depuis un certain nombre d'autres stations dans le Pundjab, dont quelques-unes cependant ont dû être abandonnées après quelques années. A ces missions déjà anciennes sont venus plus récemment se joindre TEglise établie d*Ecosse et les presbytériens unis d'Amérique. Etat des missions dans le Pundjab, 1861 : 188 communiants, 572 baptisés, 1,819 élèves des écoles; 1873: 475 communiants, 1,403 baptisés, 7,540 élèves des écoles. Nous pourrions encore rattacher au Pundjab Tœuvre des frères moraves, dans l'Himalaya occidental, celle des presbystériens écossais unis dans le Radjepoutana, fondée en 1860 et déjà importante (75 communiants, 200 baptisés, 65 écoles avec 2,600 élèves, 5 orphelinats avec 400 enfants). Ces succès sont dus en grande partie à l'activité fidèle et intelligente du docteur Valentius. — 4. Présidence de Bombay. L'Eglise anglicane travaille depuis 60 ans, à Bombay, dans le Deccan et le Sindh, sans grand succès jusqu'à présent. L' « American Board » entretient 5 grandes stations et 21 communautés, 13 indigènes consacrés travaillent à côté des missionnaires. La société pour la propagation de l'Evangile a fondé depuis quelques années plusieurs stations qui prennent une rapide extension. Les deux églises d'Ecosse ont quelques petites stations aux environs de Bombay, et de grandes écoles dans la ville elle-même (Eglise établie : 740 élèves ; Eglise libre : 858 élèves). L'Eglise libre y possède, chose rare, un prédicateur indigène d'une très grande valeur, le Rév. Narajan Sheshadri : citons encore dans cette région, les baptistes, avec 1 station, les presbytériens
irlandais, avec 5 stations dans leGoudjerate, la société de Bâle, depuis 1837. avec 4 stations, chez les Mahrattes du sud, la société de Londres avec 1 station, fondée en 18â0. Ëtat des missions protestantes dans la province de Bombay, 1861 : 1,107 communiants, 2,636 baptisés, 6,546 élèves des écoles; 1873: 1,824 communiants, 4,654 baptisés, 6,484 élèves des écoIe.s. — 5. Provinces centrales de V Hindousian, L'Eglise libre d'Ecosse, travaille à Nagpore et aux environs depuis 35 ans. Les résultats sont encore minimes. Les progrès sont plus rapides dans les missions de la société évangélique allemande réformée des Etats- Unis, fondées seulement en 1868. Etat des missions protestantes dans rinde centrale, 1861 : 47 communiants, 138 baptisés, 255 élèves des écoles ; 1874 : 88 communiants, 345 baptisés, 522 élèves des écoles. — 6. Orissn. Sur cette côte nous trouvons des baptistes généraux, 6 stations dont 2 seulement desservies par des missionnaires européens ; grands orphelinats (650 enfants) fondés à la suite de la famine. Etat de cette mission, 1861 : 361 communiants, 943 adhérents, 350 élèves des écoles ; 1872 : 649 communiants, 2,458 adhérents, 345 élèves des écoles. —7. Télougou. Nous y rencontrons la Société de Londres, qui a commencé à y travailler dès 1805, mais n'y a groupé que de très petites communautés, sauf dans les districts de Guddapah et de Kurnool, où les succès parmi les parias sont les plus considérables ; la société de TEglise anglicane, avec quelques communautés parmi les parias et les Koïs ; la société pour la propagation de TEvangile, qui groupe déjà autour d'elle plus de 2,000 chrétiens ; l'Eglise établie d'Ecosse, et surtout les baptistes américains, qui, après avoir travaillé presque sans résultats pendant près de 30 ans, ont pu tout à coup recueillirnne moisson abondante dans le champ naguère stérile (plus de 10,000 chrétiens indigènes), la mission de Hermannsburg et les luthériens américains. Etat des missions protestantes dans leTélougou, 1861: 724communiants, 4,761 adhérents, 2,651 élèves des écoles ; 1873 : 4,007 communiants, 19,222 adhérents, 5,252 élèves des écoles. — 8. Le pays des Tamyles, partie du nord. Madras, le centre de ce pays, nous présente à Tœuvre 7 sociétés différentes. La Société pour la propagation de l'Evangile avec 3 Eglises et 1,525 baptisés ; la Société de l'Eglise anglicane y a 5 stations, 2 paroisses et plus de 20 écoles ; la Société de Leipzig avec 1,284 fidèles ; l'Eglise libre d'Ecosse, importante surtout par ses écoles (2,643 élèves) ; l'Eglise établie d'Ecosse travaille dans le même sens (393 élèves) ; la Société de Londres y a une œuvre peu considérable, ainsi que les méthodistes wesleyens. A l'ouest de Madras, dans les districts d'Arcot, nous trouvons l'importante mission cédée en 1857 à l'Eglise réformée (hollandaise) d'Amérique, par 1' « American Board » ; la Société danoise avec 2 stations, fondée en 1864, la Société de Leipzig, héritière de la plus ancienne mission protestante de l'Inde, fondée à Tranquebar en 1706 par Ziegenbalg et Pltitschau, à laquelle se rattachent les noms glorieux de Griindler, de Schwartz et de Fabricius, et qui comprend aujourd'hui plus de 450 villages et de 9,300 âmes, avec un séminaire à Poreiar ; la Société de la propagation de l'Evangile, avec 12 stations
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et 4,700 âmes ; les méthodistes wesleyens établis à Tritcbinopoly et aux environs depuis 1818, sans obtenir de grands résultats. Dans les Gattes orientales, nous rencontrons la Société de Londres et celle de Leipzig. Etat général des missions protestantes dans la région, 1861 : 5,424 communiants, 13,908 adhérents, 5,732 élèves des écoles: 1874: 9,767 commimiants, 27,609 adhérents ; 15,311 élèves des écoles. — 9. Partie méridionale du pays des Tamyles. Madura et Tinevelltf. Les missions protestantes sont à Tœuvre à Madura depuis près d^un siècle. La mission danoise commença Tentreprise et céda plus4ard ses stations à la Société pour la propagation de TEvangile, à côté de laquelle travaille depuis 1834 V «. American Board. » Ce dernier pos^ sède 11 stations avec 149 annexes, 31 paroisses organisées, dans lesquelles travaillent, à côté des missionnaires, 14 indigènes consacrés^ un séminaire théologique à Passumalai, 2 hôpitaux, etc. 1 la Société de la propagation est à Tœuvre dans les districts de Madura et de Tinnevelly, dans 7 stations et 188 annexes, où elle a rassemblé près de 14,000 chrétiens indigènes. L'Eglise anglicane y a 9 stations avec 38,000 chrétiens, 33 indigènes consacrés, un séminaire théologique à Palamcotta avec 80 élèves, etc. Etat général des missions protestantes dans la région, 1761: 7,641 communiants, 46,730 adhérents, 1 3,994 élèves des écoles ; 1873 : 10, 173 communiants, 59, 161 adhérents, 19,412 élèves des écoles. — 10. Travancore ei Cochin. La Société de Londres annonce TEvangile dans le sud delà région avec succès depuis 70 ans. Son œuvre comprend 7 stations, 9 missionnaires européens, 188 catéchistes, dont iO consacrés et plus de 30,000 baptisés et catéchumènes. Plus au nord, nous trouvons TEglise anglicane, qui s'occupe non seulement des païens, mais aussi des chrétiens de Saint- Thomas, nombreux dans le pays ; 9 stations, plus de 15,000 chrétiens, assez avancés pour que Ton ait pu donner une certaine indépendance aux communautés et les organiser en un synode. Etat général des missions protestantes de la région, 1861 : 3,004 communiants, 30,607 adhérents, 10,046 élèves des écoles; 1872 : 5,855 communiants, 45,259 adhérents, 7,685 élèves des écoles. — 11. Malabar et Ccmara. La Société de Bâle a dans le Malabar 6 stations, dont la plus ancienne remonte à près de 40 ans, et depuis 1834 plusieurs autres dans le Ganara méridional. Cette mission s'est distinguée par la création et Tentretien d'établissements industriels attachés à l'œuvre et destinés à procurer du travail aux convertis que la société hindoue repousse de son sein. Les effets de cette création sont l'objet d'appréciations contradictoires parmi les amis de l'œuvre et il est à peu près impossible à distance de s'en faire une opinion raisonnée. Plusieurs sociétés ont dans les Montagnes Bleues des stations sanitaires destinées surtout aux Européens éprouvés par le climat, mais où l'on travaille aussi à la conversion des païens. Ce sont l'Eglise anglicane, l'Eglise réformée d'Amérique et les wesleyens méthodistes. Etat général des missions protestantes du Malabar et du Ganara, 1861 : 1,274 communiants, 2,473 baptisés,- 2,255 élèves des écoles ; 1870 : 2,485 communiants, 4,780 baptisés, 2,145 élèves des écoles. — 12. Mysore. Les
méthodistes wesleyens avec des écoles'remarquables et la Société de la propagation dont Tœuvre est encore peu considérable. Etat général des missions du Mysorc, 1861 : 255 communiants, 567 adhérents 1,810 élèves des écoles ; 1873 : 458 communiants, 798 adhérents, 3,148 élèves des écoles. Si nous additionnons tous ces chiffres, nous trouverons pour les missions protestantes de l'Hindoustan, 52,600 communiants, 216,600 adhérents, 99,500 élèves dans les écoles, chiffres qui se rapportent aux années 1872, 1873 et 1874. Aujourd'hui le nomère des communiants atteint certainement 60,000 et celui des adhérents 250,000. — 13. Ceylan. Dès le dix-septième siècle, le gouvernement hollandais entreprit d'introduire le christianisme dans cette île ; mais ses grands succès apparents, obtenus par des procédés qui ne rappellent que trop ceux des jésuites, n'ont laissé aucune trace, et TEglise réformée qu'il avait cru fonder à Geylan disparut avec la domi* nation hollandaise. Depuis le commencement de ce siècle, l'œuvre a été reprise plus sérieusement, mais les progrès du christianisme sont fort lents. Nous y rencontrons parmi les Tamyles, brahmanistes de religion, 1' « American Board » avec 7 stations, 12 annexes, 570 communiants; l'Eglise anglicane avec 3 stations, les méthodistes wesleyens, la Société de la propagation. Etat des missions protestantes parmi les Tamyles à Geylan, 1861 : communiants 1,077, baptisés 2,686, élèves des écoles 4,084; 4872 : communiants 1,428, baptisés 3,032, élèves des écoles 7,953. Parmi les Gingalais bouddhistes nous rencontrons les baptistes anglais (depuis 1812)20 stations, 60 annexes; le service de cette mission est fait presque entièrement par des prédicateurs indigènes ; les méthodistes wesleyens avec 24 stations : l'Eglise anglicane et la Société de la propagation. Etat général des missions protestantes parmi les Gingalais, 1861 : communiants 2,408, adhérents 10,691, élèves des écoles 8,825 ; 1872 : communiants 3,335, adhérents 12,698, élèves des écoles 9,035. — Troisième groupe. 1. Indo-Chine, Birmanie, Les baptistes américains y ont une des missions les plus célèbres et les plus bénies de la terre, parmi les Garènes. Les baptisés étaient en 1862 au nombre de 18,342 ; en 1874, un schisme local avait réduit ce chiffre à 17,880. La Société libre des baptistes américains a pendant longtemps travaillé à part de l'œuvre générale ; mais la paix parait aujourd'hui rétablie entre les missionnaires. Parmi les Birmans proprement dits les baptistes américains travaillent à côté de la Société pour la propagation. Le nombre total des chrétiens birmans (y compris les Carènes), peut être de 20,000 environ. Siam, pays bouddhiste, n'adonné jusqu'à ce jour presque aucun résultat appréciable. Les presbytériens américains, à l'œuvre depuis 1840 ont dans 2 stations, 18 convertis et 25 élèves des écoles ; l'œuvre des baptistes américains compte 113 baptisés, l'Association missionnaire américaine a un agent qui parait s'occuper surtout de répandre dans la population des écrits chrétiens. Etat des missions protestantes siamoises, 1873 : 140 baptisés, 45 élèves des écoles. Annam, Les missions protestantes n'y ont pas pénétré encore. — 2. Chine. Les œuvres, jeunes encore, paraissent pour la plupart y faire des progrès réjouissants. Hong-Kong, On y trouve la Société
de Londres, celle de Bâle, TEglise anglicane, un orphelinat de Tasso^ ciation de Berlin ; nombre des baptisés, 600 environ. Lilong et environs. La Société de BÀle y possède 3 stations, 8 annexes, 567 communiants, 850 chrétiens, la Société du Rhin en a 3 avec 536 âmes. Â Canton et aux environs, la Société de Londres, avec 2 stations, 5 annexes, 315 communiants, 572 adhérents ; les Méthodistes wesleyens, avec 3 stations, 106 communiants, 7 écoles, 263 élèves ; les presbytériens américains , 4 missionnaires, 138 communiants, 287 élèves des écoles, 1 école supérieure pour former des évangélistes, 1 hôpital ; les presbytériens unis d'Amérique, 1 station ; les baptistes américains du sud, 1 station, 132 communiants ; la Société du Rhin. 1 station avecl école importante; les presbytériens anglais, 1 station, 13 annexes, 375 communiants ; les baptistes américains, 1 station, 11 annexes, 188 convertis. Amoy. Les presbytériens anglais, 1 station, 8 annexes, 734 membres ; TEglise réformée d'Amérique, 1 station y 5 annexes, 540 membres ; la Société de Londres, 1 station, 22 annexes, 661 membres, 1,072 adhérents. Quelques darbystesy ont également paru et se sont occupés beaucoup plus de faire du mal aux autres missions que d'évangéliser les païens. Formose. Les presbytériens anglais y ont 2 stations dont la plus ancienne remonte à 1868 et qui comptent déjà 913 membres ; TEglise presbytérienne du Canada y a fondé récemment une petite mission sur laquelle nous n'avons aucun renseignement. Fou-Cheou et province de Fou-Kien. L'Eglise anglicane avec 270 communiants et 805 autres adhérents. L'Eglise méthodiste épiscopale d'Amérique y avait en 1872, 4 missionnaires, 63 prédicateurs indigènes, 1,025 communiants, 1,921 adhérents, 12 jeunes gens se préparaient à être prédicateurs et évangélistes. L' (( American Board » a 2 stations, 16 annexes, 4 missionnaires, 1 médecin, 19 prédicateurs indigènes, 119 communiants. Enfin la Mission de l'intérieur de la Chine nous offre depuis 1868, 3 stations dans cette région. Les missionnaires sont des hommes du peuple, venus d'Angleterre et d'Ecosse, qui cherchent autant que possible à s'entretenir par leur travail et qui s'accommodent dans la mesure du possible à la manière de vivre des Chinois : 6 missionnaires, 4 évangélistes indigènes, 4 colporteurs, 5 instituteurs, 2 femmes bibliques, 1 prédicateur indigène consacré, 65 communiants. Ningpo. L'Eglise anglicane a 2 stations, 12 annexes, 3 missionnaires, 1 institutrice, 242 communiants, 196 autres adhérents ; les presbytériens américains, 9 paroisses, 48 annexes, 598 communiants ; les baptistes américains, 7 communautés, 10 chapelles, 315 membres (1874) ; la Mission de l'intérieur de la Chine, 30 stations, 11 annexes, 2 missionnaires européens, 23 agents indigènes, 114 convertis (1872). Cheou- Hing. L'Eglise anglicane, 1 station fondée eu 1870, 3 communiants. ffang-Cheou. L'Eglise anglicane, 1 station depuis 1865, 1 hôpital pour les fumeurs d'opium ; les presbytériens américains, 1 station, plusieurs annexes, 42 membres (1874) ; les presbytériens américains du Sud, 14 convertis ; la Mission de l'intérieur de la Chine vient égale* ment de s'y établir. Shang-ffaï. La Société de Londres, depuis 1843,
2 stations, 5 annexes, 167 communiants, 700 adhérents, 2 écoles de filles avec 30 élèves ; TEglise anglicane, depuis 1845, 1 station, 13 membres seulement, 1 école de garçons avec 15 élèves ; les presbytériens américains, 80 adhérents, 1 école avec 50 enfants (1870) imprimerie très importante ; l'Eglise épiscopale protestante d'Amérique, 400 communiants environ, 17 écoles avec 384 élèves ; les baptistes américains du Sud, 60 communiants ; les méthodistes américains du Sud, 79 communiants ; les baptistes américains du septième jour y ont eu une mission qui paraît abandonnée. Sou-Cheou, Les presbytériens américains du Sud, 14 communiants; les presbytériens américains, mission nouvellement fondée ; la Mission de l'intérieur de la Chine, depuis 1872, 6 stations, dont quelques-unes commencent à avoir de l'importance. Chijie centrale. La Société de Londres, depuis 1861, 3 stations, 256 communiants, 250 adhérents ; les méthodistes wesleyens, 103 membres, 2 grands hôpitaux à Han-Keau et à Wou-Tchang. dans lesquels sont soignés annuellement plus de 9,000 malades ; les épiscopaux protestants d'Amérique, 34 communiants ; les méthodistes américains, 45 membres ; les méthodistes épiscopaux d'Amérique, 6 missionnaires, 2 institutrices, 9 auxiliaires indigènes, 23 communiants, 39 adhérents ; la Mission de l'intérieur de la Chine, 3 stations récemment fondées avec 10 annexes. Pékin. La Société de Londres, 1 station, 9 annexes, 231 communiants, 322 adhérents, 1 hôpital ; l'Eglise anglicane, 1 station peu importante encore ; le missionnaire publie un journal en langue chinoise ; r <c American Board, y. 6 stations, 14 missionnaires, 1 médecin, 1 imprimeur, 14 auxiliaires indigènes, 155 communiants, 410 autres adhérents, plusieurs écoles, une grande imprimerie ; les presbytériens américains, depuis 1863, 4 missionnaires, 2 indigènes consacrés,
1 école de garçons avec 17 élèves ; l'Eglise épiscopale protestante d'Amérique, 1 missionnaire qui s'occupe surtout de la traduction du Nouveau Testament, 43 baptisés; les méthodistes épiscopaux, mission nouvelle avec 7 missionnaires, 2 institutrices, 1 femme docteur en médecine, 12 communiants. Tien-Tsin, La Société de Londres, 2 missionnaires, 48 communiants ; les méthodistes de la New Connexion, 5 paroisses, 185 communiants (1872) ; 1* « American Board, » les protestants épiscopaux d'Amérique, les méthodistes épiscopaux d'Amérique. Chi-Fou. Les baptistes anglais depuis 1861, 1 station, 2 annexes, 47 convertis ; les presbytériens unis d'Ecosse, 1 station avec plusieurs annexes, 27 communiants ; les presbytériens américains
2 stations, 7 missionnaires, 237 communiants (1873) ; les baptistes américains du sud, 2 stations, 115 membres (1873). Mandchourie. Les presbytériens unis d'Ecosse, 1 station, 13 communiants ; les presbytériens irlandais. Donner le résultat total actuel des missions protestantes en Chine me paraît impossible, à cause de la manière différente dont les sociétés présentent nt comptent les résultats qu'elles ont obtenus. Cependant on peut dire, qu'étant donnée l'extrême jeunesse de presque toutes les missions chinoises, les résultats sont encourageants. Malheureusement cette œuvre est trop souvent dans le
public européen l'objet d'une méfiance très vive. La cause en est dans les aventures du missionnaire Gûtzlafif qui, après s'être fait saluer en Europe, il y a une trentaine d'années, comme l'apôtre de la Chine, fut enfin accusé et convaincu de pratiquer à l'égard des mœurs chinoises une accommodation des plus suspectes et ne réussit pas môme à se justifier d'autres accusations qui mettaient sa moralité sous un triste jour. Mais c'était là le péché d'un individu et il serait souverainement injuste d'en rendre responsable toutes les missions en Chine. — 3. Japon. Les missions protestantes sont au Japon plus jeunes encore qu'en Chine. Jusque dans ces derniers temps le Japon a été absolument fermé à la propagande religieuse du protestantisme, et ce n'est guère que depuis dix ans que l'œuvre a pu être entreprise. Les sociétés sont aujourd'hui nombreuses ; nous allons les énumérer rapidement : les presbytériens américains sont arrivés les pren:iers, en 1859, à Yokohama. Ils ont aujourd'hui 2 stations, 46 membres, 450 assistants au culte ; les réformés hollandais d'Amérique depuis 1860 ont 3 stations et 35 baptisés ; les baptistes amériricains, héritiers de la Société libre des missions baptiâtes, y ont depuis 15 ans, une œuvre peu considérable ; 1' « American Board » a, depuis 1869, 2 stations avec 70 membres ; l'Eglise épiscopale protestante d'Amérique, 2 stations avec 1 évèque, 8 missionnaires et quelques écoles ; les méthodistes épiscopaux américains, depuis 1872, 4 stations ; l'Eglise anglicane, depuis 1869, 4 stations, 6 missionnaires; la Société de la propagation, depuis 1873, 2 missionnaires; les presbytériens unis d'Ecosse, depuis 1875, 4 missionnaires ; les méthodistes wesleyens du Canada, depuis 1875, 2 missionnaires. Toutes ces dernières œuvres sont trop jeunes encore pour avoir pu grouper autour d'elles des adhérents nombreux. — Afrique. {.Afrique occidentale. Sénégambie. Au Sénégal la Société de Paris a une œuvre intéressante dont le siège placé d'abord à Sediou, sur la rivière Casamance, a été transporté depuis 1870 à Saint-Louis, le chef-lieu des établissements français du pays. Sur la Gambie, malgré le climat meurtrier, les missions ont travaillé activement et remporté des succès importants. Les méthodistes ont fondé des établissements dans l'île Mac-Carthy, à Bathurst, etc. A cause du climat, ils en confient autant que possible la direction à des prédicateurs indigènes, 744 membres, 495 élèves des écoles, 613 élèves des écoles du dimanche (1872). Rio-Pongas. La Société pour la propagation de l'Evangile y dirige des missionnaires, envoyés et entretenus en partie par les nègres convertis des Antilles anglaises. Les communautés sont encore assez peu nombreuses. Sierra-Leone. Ici l'œuvre est plus ancienne, mais a cessé en grande partie d'être une œuvre missionnaire ; plusieurs Eglises ont pu déjà être considérées comme majeures et constituées d'une manière indépendante des missions. La Société de l'Eglise anglicane n'a plus que quelques communautés sous sa direction ; les autres, comprenant environ 5,000 chrétiens, sont entrées dans Torganisme régulier de l'Eglise épiscopale ; la Société wesleyenne, au contraire, n'a pas cru pouvoir encore abandonner son autorité sur les
5,000 chrétiens convertis par ses soins. Libéria, Les nègres affranchis et rapatriés des Etats-Unis . y sont évangélisés par les protestants épiscopaux d'Amérique, les wesleyens épiscopaux d'Amérique et les presbytériens américains ; V « American Board » y avait également commencé une œuvre en 1835, mais il Ta cédée aux épiscopaux en 1844. Côte (Vor et Cale des esclaves. Les wesleyens y ont depuis 1834 quelques stations avec 8 missionnaires et 1,600 convertis. La Société de Londres a commencé à la Côte d'or son travail en 1828 ; ses 33 ouvriers européens dirigent plus de 2,000 chrétiens indigènes. La Société de Brème travaille depuis 1847 sur la Côte des Esclaves, mais ses progrès sont très lents et l'on n'y comptait en 1872 que 137 chrétiens, dirigés par 15 missionnaires. Yorouba et Abeokouta. VEglise anglicane avec plus de 2,000 membres, les wesleyens avec 600, les baptistes américains du sud annoncent l'Evangile dans cette région. Niger^ Calabar et Cameruns, Ici encore TEglise anglicane tient le premier rang avec sa mission du Niger, avec 146 communiants et 322 convertis. Puis viennent les presbytériens unis d'Ecosse, au Calabar, depuis 1846, avec 100 membres environ, et les baptistes anglais à Gameruns et aux environs. Gabon et ile Corlsco, Fondée en 1842 par r « American Board, » cette mission a passé depuis 1870 entre les mains de l'Union des presbytériens unis d'Amérique et ne compte encore qu'un nombre relativement faible de convertis. — 2. Afrique* méridionale. Région d'Herrero et d'Ovambo. La société de Barmen, fondée depuis vingtrcinq ans, n'a pu par suite des guerres incessantes rassembler encore dans la terre d'Herrero que trois petits troupeaux, 350 âmes tout au plus. Dans le pays d'Ovambo, la mission de Barmen a cru en 1870 devoir céder son champ de travail à la société finlandaise, dont les missionnaires se sont heurtés aux mêmes difûcultés que leurs prédécesseurs ; c'est tout au plus si, jusqu'à présent on a recueilli quelques prémices dans ce sol stérile. Fays des Grands Namaquas. L'évangélisation du pays a commencé dès 1805. La société de Londres et les wesleyens y onttravaillé sans grand succès. Depuis 1867 la société de Barmen, dont les premiers établissements remontent à 1844, y reste seule à l'œuvre et parait mieux réussir ; environ 1,600 baptisés dépendent de ses stations. Chez les Petits Namaquas, la société du Rhin, les méthodistes et la Société pour la propagation de l'Evangile ont formé quelques Eglises qui semblent être en progrès. Dans les districts occidentaux de la colonie du Cap, la société de Londres a quelques petits établissements, la Société de Barmen y possède un champ béni, avec plus de 11,000 chrétiens; mais cette Eglise perdra bientôt le caractère missionnaire ; car chaque année voit s'accroître les droits et l'indépendance des chrétiens indigènes. La société de Berlin y dirige 5 stations, avec 1,640 baptisés; les frères moraves, la Société pour la propagation de l'Evangile, les méthodistes anglais, l'Eglise réformée de l'Afrique du sud travaillent sur le même terrain, où malheureusement les conflits entre missionnaires de dénominations différentes sont assez fréquents. Plus [à l'orient, dans la colonie du Cap, nous trouvons la mission
parmi les Cafres soumis où enseignent la Société de I^pndres avec 40 paroisses et plus de 30 annexes, les presbytériens unis d'Ecosse avec 5 stations et 350 communiants, l'Eglise libre d'Ecosse, avec 5 stations, 27 annexes, 26 évangélistes indigènes, 1,200 communiants, 1 école supérieure à Loredale avec 485 élèves ; les méthodistes wesleyens, avec 22 stations, 6,539 membres et environ 30,000 adhérents ; les frères moraves, 3 stations, 308 communiants, 1,389 adhérents ; la Société de Berlin, 5 stations, 217 communiants, 844 fidèles; la Société pour la propagation avec plus de 20 stations. Dans Vinièrieur dt V Afrique du sud^ nous trouvons la mission de Londres parmi les Bétchuanasavec environ 3,000 adhérents ; la mission de Berlin, dans rétat libre de TOramge ; la mission méthodiste de la même région avec 11 stations et 2,182 membres (1872) ; la Société pour la propagation de l'Evangile dont l'œuvre forme le diocèse de Blœmfontein, avec 1,200 fidèles; la Société de Paris chez les Bassoutos, éprouvée il y a quinze ans par la guerre et la dévastation, et aujourd'hui relevée de ses ruines. Plus de 6,000 anciens païens sont placés sous son influence, comme baptisés, comme catéchumènes ou comme élèves des écoles ; la mission d'Hermannsbourg pour les Bétchuanas, fondée en 1857, 14 stations, 1,300 membres, la mission de Berlin dansleTransvaal, 11 stations. Partie orientale de V Afrique du sud. Dans la Cafrerie (lite indépendante, nous trouvons les méthodistes, dont l'œuvre souvent troublée par la guerre et d'autres désordres, a réussi cependant à grouper 2,131 membres ; la Société pour la propagation avec 4 grandes stations et un grand nombre d'annexés, les frères moraves, les presbytériens unis d'Ecosse ; l'Eglise libre d'Ecosse, avec des œuvres moins considérables jusqu'à présent. A Natal, 1' « American Board, » au travail depuis 1838, avec plusieurs stations et de grandes écoles ; les méthodistes avec 1,700 membres ; la Société de Berlin avec 558 baptisés, celle d'Hermannsbourg avec 322 ; la Société pour la propagation, dont l'entreprise est ancienne, mais ne prospère vraiment que depuis dix ans; l'Eglise libre d'Ecosse, la mission norvégienne avec 105 baptisés ; TEglise réformée hollandaise. Toutes ces œuvres n'ont peut-être toujours les unes pour les autres toute la charité désisirable. Dans le pays des Zoulous, nous ne pouvons apprécierjusqu'à quel point la guerre récente a atteint les missions ; nos renseignements sont pour la plupart antérieurs à ces bouleversements. On y voyait alorsla Société norvégienne, avec 116 baptisés, la mission d'Hermannsbourg avec 158 fidèles, la Société pour la propagation de l'Evangile. — 3. Afrique orientale. Madagascar, Les chrétiens y ont longtemps été l'objet des plus dures persécutions et les missions n'y faisaient que peu de progrès. Ce temps est heureusement passé et le nombre des chrétiens s'est rapidement accru depuis l'avènement deRanavolanoII, en 1861. En 1868 on comptait 21,000 chrétiens; en 1870, 153,000; en 1871, 231,000; en 1872,280,000. Cet immense accroissement a profité surtout à la société de Londres et à la mission des quakers, qui n'est guère qu'une section de la société de Londres. Les missionnaires européens sont 26 seulement, assistés de 50 pasteurs indigè-
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nés consacrés. On compte 804 stations ou annexes, 67,385 communiants, 576 écoles avec 25,000 élèves. La Société de la propagation de TËvangile y possède 1 station et 6 annexes avec 500 baptisés ; la mission norvégienne entretient 6 stations ; TEglise anglicane 5 communautés avec 56 communiants et 300 baptisés. Autour de Madagascar, nous trouvons à Tile Maurice la Société de Téglise anglicane avec 2 stations, 170 communiants, 807 fidèles et la Société pour la propagation de TEvangile, 2 missionnaires, 106 communiants, 488 autres adhérents. Zanzibar et Mombas. La mission de TAfrique centrale qui avait travaillé à Zanzibar depuis 1863 a longtemps paru semer en vain; à File Mombas, il semblait en être de même. Les découvertes récentes de TAfrique centrale ont ramené sur ces points TattentioQ des amis des missions qui paraissaient s'en être un peu détournés. Plusieurs entreprises de missions dans l'Afrique centrale se sont constituées depuis quelques années. Parties de Zanzibar, elles ont pénétré dans l'intérieur et leur activité jusqu'à ce jour permet de concevoir de belles espérances ; mais elles sont trop jeunes encore pour que Ton puisse déjà parler de leurs résultats. A Zanzibar même, les succès sont encore minimes, comme le montrent les 17 convertis et 12 écoliers de Téglise libre méthodiste unie. Abyssinie, Dans cette région, témoin des premiers efforts de Tévêque Gobât, nous ne rencontrons malheureusement plus guère que des ruines de missions ; mission de Crischona, mission de Londres parmi les juifs, mission suédoise, toutes, malgré leurs espérances, n'ont remporté que des victoires rares et isolées insuffisantes pour les consoler de leurs nombreux échecs. En Egypte, si la mission de Crischona n'a pas réussi à atteindre son but, les presbytériens unis d'Amérique ont été plus heureux et ont réussi à grouper quelques communautés que desservent 20 missionnaires et 53 auxiliaires indigènes ; l'œuvre compte 431 communiants et 1873 élèves des écoles ; un séminaire théologique donne à neuf jeunes gens une instruction supérieure. — Amérique. Les Indiens. Aux Etats-Unis, la mission parmi les Indiens a compté aux dix-septième et dix-huitième siècles, plusieurs noms glorieux, John EUiot, Mayhew, Brainerd, etc. Aujourd'hui encore le zèle missionnaire est loin de faire défaut aux chrétiens protestants du nouveau monde ; mais il semble qu'ils préfèrent diriger leurs efforts vers le dehors et annoncer l'Evangile au loin, plutôt que de s'occuper des habitants païens de l'Union. Sur plus de 500 missionnaires que fournissent les Etats-Unis aux diverses sociétés, 50 à peine travaillent parmi les Indiens. Voici l'état des sociétés qui consacrent à cette œuvre une partie de leurs forces : 1' <( American Board » a parmi les Choktaws 1 station avec 123 communiants, parmi les Dacotas 3 stations avec 585 communiants ; les presbytériens américains ont 13 missionnaires et 1,579 communiants dans les tribus des Dacotas, desGreeks, des Séminoles ; des Ghippewas, desOmahas, des Sénécas, des Nez Percés, etc. ; la mission intérieure des baptistes américains a recueilli en 1866 l'héritage de l'œuvre de l'Union baptiste parmi les Shawnees, les Delawares, les Ottawas et les Cherokees ; les baptistes du
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sud ont 22 missionnaires et 1,995 communiants parmi les Ghoktaws, * les Greeks et les Gherokees ; les méthodistes épiscopaux dirigent 1,516 communiants sénécas, oneidas, onondagas etchippewas; les^ méthodistes épiscopaux du sud, les presbytériens du sud, Tassociation missionnaire américaine ont aussi des stations chez plusieurs tribus ; les protestants épiscopaux possèdent 4 stations chez les Dacotas et les Oneidas; les frères moraves ont rassemblé 421 Âmes parmi les Gherokees et les Delawares. Canada. Les méthodistes wesleyens possèdent chez les indigènes du hau t Ganada occidental 16 stations et ^ missionnaires autour desquels se groupent 1,800 communiants. La Société pour la propagation de TEvangile a 5 stations parmi les Indiens, avec environ 700 âmes (sans compter les nombreuses stations que cette société entretient pour prendre soin de l'état religieux des colons). Enfin, il a existé pendant un temps une mission parmi de» Indiens Micmacs du Nouveau Brunswick faite par les soins d'une société spéciale. J'ignore si cette œuvre existe encore. Territoire de la Baie d'Hudson; La société de l'Eglise anglicane avec 17 stations, 11 missionnaires européens et indigènes, 30 instituteurs, 1,339 communiants, 6,959 chrétiens indigènes, 13 écoles, 743 élèves. Gette mission s'étend sur 8 districts, dont plusieurs sont presque gagnés au christianisme; les méthodistes wesleyens ont 2 stations et plusieurs annexes, sur les bords du lac Winnipeg,7 missionnaires, 597 communiants ; la Société pour la propagation, 639 âmes. Colombie britannique. Nousy trouvons l'Eglise anglicane, 2 stations, 752 âmes ; la Société de la propagation, 1,200 âmes et les méthodistes wesleyens. Sur la Côte de Moskito nous rencontrons les frères moraves, avec 6 stations et 957 âmes et les wesleyens dont le missionnaire paraît s'occuper davantage des Européens que des Indiens. Dans la Guyane britaii" nique^ la société pour la propagation a 2 stations, 3 missionnaires et 2,950 fidèles. Gette mission paraît être la seule que les protestants possèdent dans l'Amérique méridionale. La société des missions de l'Amérique du sud a fait en Patagonie et au Brésil des tentatives auxquelles elle a dû plus tard renoncer. Les Esquimaux. Groenland. G' est ici un des plus anciens champs des missions protestantes. L'œuvre danoise qui se rattache au grand nom de Hans Egede remonte au commencement du dix-huitième siècle ; les frères moraves sont au travail depuis 1739. La mission danoise n'est plus guère qu'un souvenir ; ses stations sont devenues des paroisses ordinaires de TËglise luthérienne du Danemark ; cependant les pasteurs de ces stations s'occupent encore d'évangéliser les rares indigènes restés fidèles jusqu'à nos jours à leurs vieilles croyances. Ges postes sont au nombre de 10, auxquels se rattachent environ 2,500 esquimaux chrétiens. Les moraves possèdent 6 stations dont dépendent 840 communiants et 709 autres fidèles. Au Labrador ^ nous retrouvons encore les moraves, dont l'œuvre est également plus que centenaire, 5 stations, avec 450 communiants et 756 autres chrétiens. Nègres des Indes ocddentaies. Gette œuvre, entreprise assez tard, a été couronnée de succès rapides ; les Antilles et la colonie hollandaise de Surinam comptent
plus de 650,000 nègres protestants, dont plus de la moitié se rattache à l'Eglise anglicane et le reste se répartit entre diverses dénominations. Mais on peut craindre que la majorité de ces chrétiens n'aient reçu qu'un christianisme tout extérieur et qu'il n'y ait lieu encore de continuer parmi eux un travail indispensable d'évangélisation dont ils sont loin d'être capables d'assumer la direction. Frères moraves ; Guyane hollandaise, 13 stations, 5,413 communiants, 22,471 adhérents ; Antilles danoises, 8 stations, 2,480 communiants, 2,120 autres chrétiens; Antilles anglaises^ 32 stations, 11,323 communiants, 26,815 adhérents, 105 écoles, 8,975 élèves. Méthodistes wesleyens, 64 stations, 42,590 communiants, 121,653 adhérents; baptistes anglais, 27 stations, 4,000 membres ; Société de Londres, 13 stations, 3,800 communiants, 10,888 chrétiens ; presbytériens unis d'Ecosse, 39 stations, 5,930 membres ; Société de la propagation de l'Evangile (Eglise anglicane), 325,000 membres ; Association missionnaire américaine, 521 membres (sauf erreur cette œuvre vient d'être abandonnée) ; Eglise méthodiste unie, 7 paroisses, 1,962 membres ; Eglise épiscopale d'Amérique, une mission à Haïtï sur laquelle les renseignements nous font défaut. — Océanie. 1. Conformément à l'usage reçu en France, nous placerons en Océanie l'archipel malais, qu'à l'étranger on range généralement avec raison parmi les dépendances de l'Asie. Malaisie. Sumatra, Les baptistes anglais en 1819, 1' « American Board » en 1833 ont fait à Sumatra des tentatives de missions qu'il a fallu abandonner. La société de Barmen y a commencé en 4865 une œuvre à laquelle se rattachent aujourd'hui près de 1,500 convertis tant à Sumatra que dans la petite île voisine de Nias. Le comité missionnaire de Java à Amsterdam y a 2 stations parmi les Battas mahométans; les mennonites hollandais, 1 station avec 18 baptisés; l'Eglise réformée hollandaise, 1 station de fondation récente. Java, Le comité de Java entretient 6 stations dont les plus anciennes remontent à la première moitié du siècle dernier. L'association néerlandaise, l'association réformée de Hollande, les mennonites hollandais y ont des œuvres qui paraissent encore peu considérables ; la Société des missions néerlandaises dirige quelques stations avec ^,000 âmes environ ; l'Eglise libre d'Ecosse, la mission d'Ermelo y ont également commencé le travail de l'évangélisation. Dans l'île voisine de Bali, nous trouvons la Société d'Utrecht. Mais partout le fanatisme mahométan résiste énergiquement aux efforts tentés et les succès sont encore bien minimes. Bornéo. La société de Barmen y a fondé ses premières stations en 1835, mais presque tous les résultats acquis ont été détruits par la grande révolte de 1859. L'œuvre cependant se refait lentement, et 332 chrétiens sont aujourd'hui groupés autour des missionnaires. La Société pour la propagation de l'Evangile dirige quelques communautés avec 1,600 âmes environ. Célèbes, Ici les missions ont trouvé un terrain beaucoup moins ingrat et font chaque jour des nouveau:^ progrès. Parmi les Alifours, sur 105,000 habitants, on compte 70,000 chrétiens. A la tête de l'œuvre se trouve la Société hollandaise, depuis 1827, avec 11 stations desserviespardes
missionnaires européens, 185 eommunautés, llTauxiliams iad^aes; les missions de Gossner et d'Bitnelo y ont également des établissemenU moins considérables. Dans les autres Uês mnlaises^ novts tromotisla Société hollandaise à Amboine, à Haroukou, à Baparoua, à'Moussalaout, à Timor, à Rotti, à Sarou, etc. ; la Société d*Utrecfat à Atanaheira et à la Nourelle-Guinée ; mais toutes ces œuTres sont encore dans la période des semailles et la moisson parait encore loin. — 2. Aiustralie, Sur le continent australien» Textinction rapide de la popn-' lation aborigène laîssepeu d*avenir aux missions. 6epeiidanl«itteIqQes groupes trayaillent courageusement ce sol ingrat. Les frères mora\«s ont â stations avec 33 communiants et 103 autres adhérents; la mission d*Hermannsbourg parait agir sans grands résultats. Il en est de même de TEglise anglicane. Les presbytériens anglais semblent réussir davantage et ont groupé 35 communiants et 120 adhérents. La mission parmi les nombreux Chinois qui viennent chercher fbrtime en Australie occupe quelques missionnaires anglicans, presbytérisas et wesleyens. Nouvelle Zélande. Ici encore la disparition des indigènes gagne de vitesse les efforts des missionnaires. L'Eglise anglicane a commencé Tœuvre dès 1814 et compte aujourd'hui 18 statiow, 19 indigènes consacrés^ 62 auxiliaires indigènes, 1,513 communiants, 7,926 autres adhérents, et seulement 7 écoles avec 270 élèves ; lesmé* thodistes wesleyens, 4 stations, 375 communiants, 2,192 autres adhérents ; la société pour la propagation de l'Evangile, 1,200 âmes environ dans 4 stations ; la société de Brème a dans la petite tle de Ruapuki une œuvre qui a commencé vers 1845 et grâce à laquelle la popuh* tion presque entière est devenue chrétienne. — 3. Mèianésie, Nou/ûiUa ^i?'frride.T.Nullepart les missions protestantes n'ont eu plus de martyrs, nulle part leur sang n'a été plus fécond. C'est dans ces îles qu'ont été tués John Williams, l'apôtre de la Polynésie, en 1839, les deux frères Gordon, l'un en 1861, l'autre en 1873. La mission y a été entreprise par les presbytériens réformés d'Ecosse, continuée par une association de diverses Eglises presbytériennes. Aujourd'hui^ elle est presque achevée, et la population presque entière a accepté l'Evangile. En 1874, on y comptait 12 missionnaires consacrés, 94 catéchistes indigènes, 43 stations et annexes, 3,000 assistants au culte, 726 communiants, 70 écoles avec 2,000 élèves, 2 séminaires avec 85 élèves. Iles Loyaliy. Ici nous rencontrons la Société de Londres à l'œuvre depuis 1841. Cette société s'y est heurtée à l'Eglise catholique, qui soutenue par les fonctionnaires français chargés d'exercer dans l'archipel la souveraineté de la France, y a trop souvent fait jouer à notre pays un rôle dont nous ne pouvons que nous humilier. Cependant les progrès du protestantisme n'ont pu être arrêtés et aux 960 convertis du catholicisme, la Société de Londres opposait en 1874, 2,993 communiants et 9,740 adhérents. ^ 4. Les missions de la Méianésie proprement dite, ne se rattachent directement à aucune société. Fondées parles évoques Selwyn et Patteson, elles travaillent pour l'Eglise anglicane et reçoivent des subsides de la Société pour la propagation de TEvangile. Le champ du travail
comprend les Noii¥éUB8.Hébmdes orienlaiBS^ les ardiipels de Banks, Santa-Gruz et Salomon. Quelques centaines ûe ptlens ont déjà été eoirvertis. Mais l'éiFèque Patteson, assassine en d87i, a payé de sa Tie fiom* sèle pour révasgélisatron de oee îles. NauveUe-Oumie. La Société de Londres y.ai iondé en 1874 une tsu^re peu considérable encoie« .Les métbodirtes wesleyens s*y sont établis, ainsi qu'à la NouTelle-firetagnepliiB récemment «icore. IdORîks YUi ont longtemps été Teffroi desnairigateaiisà cause de la férocité des cannibales qui les liabitaient.JknîouTd'hni les descendants de ces cannibales sont un peuple chrétioL. Les méthodistes iresleyens ont commencé à leur annoncer TEr^rangile. 'Les premières aomées ont été pénibles. Mais le saccès est enfin vennet n'a iceasé depuis lors de s'accentuer. Aujourd'hui sur 448,000 habitants de l'archipel, on compte 124,000 chrétiens dont 25,000 communiants. Les lies sont divisées au poinft de vue ecclésiastique en 10 cercles et 92 stations. A la tète de chaque cercle, se trouve un missionnaire européen. On compte de plus 96 indigènes consacrés, 893 catéchistes, 683 églises et chapelles, 1,440 écoles avec 49,000 élèves. Aux tlês Tonga nous rencontrons également les wesleyens, qui, après deux essais malheureux en 1791 et en 1822, s'y sont établis définitivement en 1826 et ont amené à l'Evangile 19,000 personnes environ sur 22,000, dont est peuplé l'archipel. Aux îles Samoa^ la Société de Londres a fondé en 1835 une mission qui compte aujourd'hui 7 missionnaires européens, 86 indigènes consacrés, 103 catéchistes, 4,069 communiants, 27,400 adhérents et 6,036 élèves des écoles. Les méthodistes wesleyens se sont établis dans quelques unes de ces îles en 1857, au mépris d'une convention conclue par eux avec la Société de Londres. A eux se rattachent 1 ,035 communiants et 4,000 autres chrétiens. La Société de Londres a achevé son œuvre aux iles Ifervey et a pu presque entièrement remettre aux indigènes la direction de l'Eglise qui compte 2,089 communiants et 3,427 autres chrétiens. Il en est de même aux Ues Penrhyn où vivent 695 communiants et 1,232 autres chrétiens. Taïti et les îles de la Société. Les œuvres prospères qu'y entretenait la mission de Londres depuis 1797 ont été violemment troublées par suite de l'occupation de ces îles par les Français en 1645. Depuis vingt ans la Société de Paris a pris la succession de cette œuvre. Les missionnaires européens sont peu nombreux. L'Eglise est desservie surtout par des prédicateurs indigènes. On y compte près de 6,000 communiants. Iles Sandwich, Cet archipel a à peu près cessé d'être un champ de missions. En 1870^ r a American Board » a reconnu la pleine indépendance de 14,850 communiants rassemblés par ses soins. Seule la Société pour la propagation de l'Evangile y maintient encore 3 missionnaires pour environ 330 fidèles. — 5. Dans la Micronésieoik la mission est plus récente que dans la Polynésie, il reste encore beaucoup à faire. L'œuvre est entreprise surtout par 1' « American Board » et par l'association évangélique d'Hawaii, qui est étroitement rattaché au « Board »• On compte 200 communiants aux îles Gilbert, 350 aux Ues Marshall, 400 dans les Garolines. Enfin les tles Marquises sont surtout occupées.
par des missionnaires catholiques ; cependant Tassociation d'Hawaii y a 3 stations avec 120 convertis.
Bibliographie. Il va de soi que nous ne pouvons embrasser ici toute la littérature missionnaire, qui s'accroît tous les ans d'un grand nombre de volumes. Nous laisserons absolument de côté tous les écrits qui poursuivent avant tout un but d'édification. Nous ne reviendrons pas sur les journaux et les périodiques qui forment une portion notable de cette littérature. Les principaux d'entre eux ont été énamérés déjàdansle corps de l'article. Nous nous attacherons seulement à grouper ici les écrits qui peuvent le plus contribuer à faire connaître l'histoire des missions et à en éclairer la théorie. Au premier rang des documents à consulter nous devons placer les rapports des diverses sociétés que nous ne pouvons naturellement pas énumérer ici. Théorie des missions : MelvilleHome, Letters on Mission, Londres, 18^; James Hough, The Missionnary Vademecum, Lond., 1832; Will. Swan, Letters on MissUm^Lond., 1830; W. Hoffmann; Missions fragen, Heid., 1845 s^. ; Lûcke, Missionstudien, Gœii., 1841;Klumpp, Las evangeL Missionswesen, 2* éd., Stuttgard, 1842 ; Graul, Ueber SMe und Bedtutung der christU Mission, etc., Erlangen, 1865; Warneck, Dos Studium der Mission aufder Universitàl, Giitersloh, 1877; A brief view of iiit principles and procedings ofthe Church Miss. Soc, nouv. éd., Londres, 1877 ; Warneck, Die gegenseilige Beziehung zwischen der inoderntn Mission und Cultur, Giitersloh, 1879 ; Kûndig, Kirche und Mission, Strasbourg, 1876; Missions their temporal uiility, rate ofprogress and scriptural foundation, Londres, 1873; Ghristlieb, Der Missionsberuf des evangelischen Deutschlands, 1875; 0. Zœckler, DasKreuz Christi, 1875; Langhans, Pielismus und Christenthum ini Spiegelder àusseren Mission, 1864 ; Ë. Buss, Die christliche Mission, Leyde, 1876 ; Rufus Anderson, Foreign Missions, their relations and daims, New- York et Boston, 3* éd., 1870 ; Hermann, D^ À'. Gi'aàl, und seine Bedeutung fur die Mission (Erlangen, 1867 ?) ; Max Millier (et E. Stanley), On Missions, Londres, 1873 ; Henkel, Heidenthum und Christenthum, léna, 1875 ; Zahn, Was ist von der Mission der Gegenvart zu halten? Brome, 1875 ; O. Z(Bckler, Beitrxge zur Missions Apologetik, 1868; Plath, Missions Gedanken von Leibnitz, Berlin, 1869 ; Somerville, Lectureè on Missions and Evangelisation, Edimbourg, 1874; Briggs, Missions apostolic and modem, Londres, 1877 ; Fabri, Die Entstehung des Heidenthums und die Aufgabe der Heidenmission, Barmen, 1859; Plath, Die Vertretung der Missionswissenschaft auf der Universitdt, Berlin, 1869 ; Alden, Shall we hâve a missionary revival, New-York, 1878 ; Warneck, Warum ist dos XIX Jahrhundert ein Missions Jahrhundert, Halle, 1880; Warneck, Die christliche Mission, Giitersloh, 1879 ; Warneck, Die Belebung des Missionssinnes in der Heimath, Giitersloh, 1878 ; Pétri, Missionsagende, Gûtersloh, 1876; Conférence on Missions held in 1860 ai Liverpool ; Yerhandlungen derzuBremen gehaltenenlll ten allgemeinen Missions ConferenZj 1872 ; Report of the gênerai missionary conférence held at Allahabad, 1872-73; Yerhandlungen der zu Bremen gehaltenenlV ten allg. Missions ConferenZf 1876; Record ofthe gênerai miss. Conférence at Shang-Haï,
1877 ; Mildmay proceedings ofthe conférence of foreign Missions, Londres, 1878. A ces écrits qui traitent la théorie des missions ou des points qui s*y rattachent, nous devons ajouter quelques ouvrages qui, sans vouloir spécialement être [des théories des missions, ont cependant fourni à cette science des éléments importants. Outre le célèbre voyage de Graul aux Indes Orientales, nous placerons dans cette catégorie : Stier, Grundriss einer bihlischm Keryktik, Halle, 2^ éd. , 1844; Ehrenfeuchter, Praktische Théologie, 1. 1, livre II, Gœtt., 1859; Zezschwitz, System der praktischen Théologie, 11, Leipzig, 1876. — Histoire ET statistique des Missions. Si pour la théorie nous n'avons pu citer que les écrits les plus importants, à bien plus forte raison en sera-t-il ainsi pour Thistoire et la statistique dont la littérature est immense. Nous devrons nous borner à mentionner les principales histoires générales, et celles des histoires particulières qui ont pour une raison ou pour une autre une importance particulière : Grundemann, Allg, Missions Allas, Gotha, 1869 ss. ; Blumhardt, Versuch einer allg. Missions Geschichte, t. I-III, Bàle, 1828 ss. ; Leonhardi, Missions Geschichte der christl. iftrc/ic, Quedlinburg, 1843; Steger, Die prolest. Ifiwionen, Halle, 2* éd., 1857 ; Wiggers, Gesch, der evàng. Mission, 2 vol., Hambourg et Gotha, 1845-46; Ostertag, Uebersichliche Gesch. der protest. Mission, Stuttgart, 1858 ; (Blumhardt) Handbuch der Missùmsgeseh. und Missionsgeographie, 2 vol., Galw, 3' éd., 1863; Burckhardt, Kleine Missions Bibliothek, 4 vol., Bielefeld, 1857. ss.; 2'' éd., publiée par Grundemann, t. I-III, 1876-1880 ; W. Hoffmann, Missionsstunden, Stuttgard, 1847 ss.-; (Gundert) Missionsbilder, Calw, 1864 ss. ; Statistics of prolestant Miss. Societies, Londres, iSlA: Missionsstunden fur evang. Oemeinden, Nœrdlingen, 1869 ss. ; Schlank, Missions stunden fiirdasganze Kircherjahr, Eisleben, 1868 ; Wilke, Missionsbilder, 1877; W. Bvown,History ofthe propagation of Christianily, etc., Londres, 2 vol., 1814 ; Lasonder, De Geschiedenis der Christelijke Zending, etc., Utrecht, 1877 ; Sherring, Hislory of protestant Missions (ouvrage souvent cité, mais que je ne connais pas et dont j'ignore la date de publication) ; Wuttke, Geschichte der Heidenthums, 2 vol., Breslau, 1862-1863 ; Kalkar, Die evnngelischen Missionsbeslrebungen in unseren Tagen, Ërlangen, 1867 ; (Schwartzkopff) Missions Geschichte inHeften, Berlin, 1867 ss. ; Brauer, DasMissionswesm der evang. Kirche in seinem Bestande, Hambourg, 1869 ; Vormbaum, Evang. Missionsgeschichte in Biographien, Dusseldorf,t. I-IV, 1840-1861 ; H. Zschokke, Darstellung der gegenwàrt. Atubreituîig des Christenthums, Aarau, 1819 ; M. Huil, History of Christian Missions, Edimbourg, 1842 ; Brauer, Beitraege zur Gesch. der Heidenbekehrung, Altona, 1835 ss. ; K. G. G. Schmidt, Sammlung der Lebensbeschreibungen ausgezeichneter Missiannàre, 1849; Pr. EoSmeum, Missionsgeschichten, QYo\.,Foisd^m, 1859; Kalkar, Gesch. der christl. Mission, Gœii.j 1879, 1. 1; Ghristlieb, Der gegenwàrtige Stand der evang. Heidenmission, Giitersloh, 1880 ; Histoires spéciales de quelques missions : M. Kerrow, History of the foreign Missions of the Secess. and. Unit. Presbyter, CAurcA, Edimbourg, 1867; Zahn, Die Arbeilen der Norddeutschen Missionsgesellschaft,
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Brème» iS64 (et.qselimes brod&ares postérienres complétait cette histoire, oommec Van der Elbe bit zumf Ydita, iflê9;Yier Pmstàâtm im Scla!Oâf^and$^. iSOù^ etc. ; Kalkarv Dtt dansk» misti&nuclshàbr Hiatoirù. eto.,, Ck>peaiuigiie, 1871 ; G; Piitt^ Gêsek. d«r' luiher. MissUm^ Eriangexiit 1871 ;. A. Weber, LoKtr Hairtm et le^ Igisswm de Hermamubaturg^ Parisy 1870 ; UebersùfUdler^lwmdêrtfxhrigen MissiofuGeschkhie der êvang. Bmderkirche^ 1833; Ostertaf^, EtUsHhvmge^ gesclu. der etkm^ Miss^ d&ellschaft zu Bixsel^ 1865 ; de Rhodes» fîeidi. dir rheinischen Miss. Ge&.y ^ éd., Barmèn» 1871 ; Wangemaim, Geseh. der Berliner MUs. 6m.» 3.toL, 1872 ss,; HàwMns, ffisiarical Nûtieeof the Missions of the Chvarch. of Bngland^ Londres; R. Hunier, Histor^of the Missions of the free Ckurch^ Edimbourg, 1877; Rkeinische Missions Atlas j Barmen» 1878; Gedenhbuchderritein^ Mvss. Ges^lsehaft^Bdirmeat 1878 ; SuUement eochibiting the moral <md materUU progreso. cmd conditi9ni ofindia dwring ihe year 1871-7^; Platb, Gosmer^s ÊHmons unttr Mvndus undKohb^ Berlin» 1869; Plath, Hordindische MissiomeindrOcke, Berlin, 1879; M^^Weâibrecht, Frcoèenf Mlfsion m Indien, Bâle, «87S; W. Germana, Ziegenbaig utid Pluischau, Erlangen, 1868 ; W. Germann, Missionar, Ch. F. Schwofrtz^ Eriangea, 1870 ; Fenger, Gesckichu der Trankebar Mission, 1863 ; Glerk Marshman, The life and limes of Cemsifj Londres, 1858» 2 vol. ; Notrott, Bie Gossner'sche Mission unter die lûohls, 1874; Baierlein, Die evang. luth. Mission in Ostindienj Leipzig» 1874;. Graul» Die Stellung der evang. luth. Mission in Leipzig sur ostindischen Kasùenfrage, Leipzig, 1861 ; ChrisSiemily tn Os relations to Hinduismj Londres» 1873; The value of Mission in Indiaistimatedtf a laymen who hâve seen them, Londres, 1873 ; Weitbrecht, Die pro^ test. Mission in Indien^, Heîdelberg, 1844 ; Germann, Die Kirche der Thomas Christen, Gœttingue, 1877 ; Bartle Frère, Indian Missions, Londres, 1873 ; Dalton, Johannes Gossner, 2* éd., Berlin, 1878; J. Salter, The Asiatic in England, Londres, 1873 ; Paul Wurm, Gesch. der indischen Religion, Bâle, 1874; R. Schwerzer, Die Ereignisse der protesL Mission in Vorderindien, Berne, 1868; F. Stevenson, Owr Mission tothe East, 1878; R. Anderson, fftstory ofthe Missions of the Amer. Board to the oriental Churches, 2* éd., Boston, 1873; Lechler, Âcht Vortràge iiber China, Bâle ; Weitbrecht, David Livingstone, der MissUmnar und Beisende, Stuttgard, 1875 ; Moffat, Missionary Scènes and Labours^ in Sowlh&m AfHca, 1842 ; Memoirs of Will. Ellis, missionary in tii4 Soulh Sea and Madagascar, Londres, 1874 ; W. Ellis, Three visiis al Madagascar, Londres, 1858 ; Eppler, Trxnensaatund Freuden ermeaafMadugêtsear, Gûtersloh, 1874; Krapf» Travels, researches ani missionary labours.,^ in South Africa, Londres, 1860; Speckmann, Lie Hermannsburger Mission in ^ /ri AÎa, Hermannsbourg, 1876; Jolr. Mûller» Aug. Steinhauserund die westafrikanische Mission, Bâle,. 1874 ; Wangemann, Evangei, Mlssionsarbeit in Sud i4/Hfca,Berlrn;J>C. Cârly\e,3outh Africa andits Missions Fields, Londres, 4879; E.Gasalis,I^« Biissoutoe, etc., Paris, lfi60; Arbousset et Daumas, Relation d'un voyage d'exploraiion auCap de Bonne Espérance, Paris; Ch. Schrumpf, Souvenirs de V Afrique méridionale, Paris (j'ignore si l'ouvrage allemand du
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même aateup intitulé Sessuêù n'est qu'une traduction du livra précédent ou si c'est une œuvre distincte) ; Wangemann ; Die BetHner Mission %m Bassuto Land^ Berlin, 1BT7 ; Kratzenstein, Gesch* der Berliner MUtton in Sud Afrika^ Berlin, 1878 ; Ëdw. Hutchinson, The Victoria Nyanza^ a fieU for miuionartf entreprise^ Londres, 1876 ; E.-D. Young, Misn(mto Nî/assay Londres, 1877 ; Hutcbinson, The lost Continent,,, or Âfricaandthe ChurehMiss. Soc, Londres, 1879 ; Bartle Frère, Eastern Africa ae a field for missionarp labour, Londres, 1874 ; Bowditch, Mission from Cape Coast Castle to Ashantee, Londres, 1873 ; Der Asanter krieg und die Missioti au/ der Golâkûsiefitle, 1876 ; Gundert, Vier Jahre in Asanie, Bàle, 1875 ; J. Rœmer, Geschichte der Labrador Mission (1771-1871); Fritschel, Geschichte der christlichen Missionen unler den Indtanern Nord Amerikas im XVWund im XVIW Jahrh, ; Oldendorp, Gesch,. der Mission der evang, Bruder auf den dànisch westindischen In^ S0<»; 1877 ; Loskiel, Gesch, der Miss, der evang, Bruder unter den Indianer in Nordamerika, 1789 ; Ledderhose, Mission unter den freien Busknegem in Suriname^ 3* éd., 1876; R. Anderson, Ilistory of the miff. a^ the American Bosard to the Sandwich islands, 3" éd., Boston, 1872; Josenhans, Gesch, der Miss, auf den Sandwich Insein, Bâle, 1872 ; Arbousset, Tahitïetles îles adjacentes, Paris; Sargent,L»/e of Henry Marlyn, Londres, 1855 ; Besser, John Williams, der Missionnar der Sudsee, ^éë.. Halle, 1863 ; Math. Lelièvre, John Hunt, V apôtre des Cannibales ; W. Ellis, Polgnesia BesearcheSyAvoL, Londres, 1839; Turner, Nine^ tun Years in Polynesia, Londres, 1861 ; Murray, Missions in western Polynesia^ Londres, 1863 ; West, Ten Years in South Central Polynesia, Londres, 1865; W. Baur, John Coleridge Patteson, der Missiombischof von Mélanésien, GUtersloh, i876; Baliin, Morgenrôthe auf New-Guinea, Kaiserswerth, 1878; Warneck, Nacht und Morgen auf Sumatra, Barman, 2' éd., 1872. Missions catholiques : On trouvera avant tout des renseignements nombreux dans les périodiques, notamment dans les Lettres édifiantes (ilil -ilSl) et dBns les Annales de la propagation de la foi (1832) qui paraissent encore aujourd'hui en plusieurs langues. Mai&les nouvelles qu'apportent ces recueils ne sont pas toujours d'une parfaite exactitude. Outre ces journaux, nous citons; Norbert, Ménmres historiques sur les Missions des Pères Jésuites, Paris (vers 1750) ; i.-A. Marshall, Die christlichen Mission, etc.,Mayence, 1863; cetouvrage a para d'abord en anglais, mais je n'en connais que la traduction allemande; UL Hahn, Geschichte der kathoUschen Missionen, Cologne, 1851-^; Henvion de Pansey, Histoire des Missions catholiques, 3 vol., Paris,. 1846 s«» ; 0. Meyer, Die Propaganda, ihre Provinzen und ihr 5«/fc^ Gœttingue, 1852; Wittmann, Die Herrlichkeit der KircJie in ihrea Missionen, Augsbourg, 1841 ; Hue, Le Christianisme en Chine, en Tartariùetau Tibet, 2 vol., Paris, 1857; Schneider, Die kathoUschen Minionen in Zangueàar; Yenn und Hoffmann, Franz Xavier, Wiesbaésrn^ 1869 ; Kalkar, Geschichte der rœmisch^catholischen Mission, Erlangen, Ifiil. Et). Vaucher.
IDSSOH (Maximilien), parisî^en, émigré en Angleterre à la Révocation, accompagna le^ jeune comte d'Arran dans ses voyages en
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Europe, et publia, à son retour à Londres, un Nouveau voyage d'Italie (La Haye, 4691-1698, in-12), des Mémoires et observations faites par un voyageur en Angleterre (La Haye, 1698, in-12), puis Le théâtre sacré des Cévennes ou récits de prodiges arrivés dans cette partie du Languedoc, Première partie (Londres, 1707), in-12 de vi-646 pages, avec cette épigraphe : « Nous ne pouvons que nous ne disions les choses que nous avons vues et ouïes (Actes IV, 20) ; » Mélange de littérature historique et critique sur tout ce qui regarde létat extraordinaire des Cévenols appelés Camisards, Londres, 1707; Nouvel Hosanna des petits enfants, Londres, 1708; Réflexions apologétiques de V auteur du Mélange de littérature, Londres, 1708 ; Plainte et censure des calomnieuses accusations publiées par le sieur Claude Groteste de la Motte contre ceux qui ont reçu les dépositions du Théâtre sacré, Londres, 1708 ; Sentiments désiniéressés de divers théologiens sur les agitations.,, des prophètes, Londres, 1710. Peut-être Misson a-t-il aussi pris part à la rédaction des Voyages et aventures deF, Léguât (Lond., 1708, in-12). Il fut Tun des premiers adeptes de la secte fondée parles prophètes camisards ElieMarion (voir ce mot), Jean Cavalier de Sauve et Durand Fage (voir ce mot) et mourut à Londres le 23 février 1722. Aussitôt après Tapparition des Avertissements prophétiques (31 mars 1707), il fit paraître le Théâtre sacré, dans la préface duquel il prend la défense des trois inspirés (24 avril). Destiné à prouver que depuis six ans il y avait dans les Cévennes une foule d* autres prophètes, et composé presque uniquement d'une vingtaine de témoignages affirmés par serment devant les tribunaux de Londres, ce livre, assurément un des plus curieux qui existent, est de la plus haute importance pour Thistoire, puisqu'il établit d'une manière irrécusable que, dans l'insurrection cévenole, l'extase prophétique a joué un rôle capital. — Ce phénomène était, il faut le reconnaître, assez extraordinaire pour que des populations naïves y vissent une manifestation surnaturelle de l'esprit divin, et les persécuteurs, inquiets et penauds, un mauvais tour que leur jouait le diable. Des jeunes filles prédisposées à l'hystérie, des jeunes gens et des enfants maladifs, agités de convulsions épileptiformes accompagnées d'insensibilité physique, tombaient subitement à la renverse, surtout dans les assemblées, s'endormaient d'une sorte de sommeil magnétique, et improvisaient des discours parfois très étendus, remplis d'exhortations à la repentance, à la fidélité, et de menaces centre Babylone dont le règne allait finir. Ces discours, invariablement prononcés en français par des illettrés qui ne parlaient habituellement que le patois, et dont la plupart à l'état de veille eussent été incapables de dire quatre mots de suite, paraissaient plus extraordinaires encore que les convulsions, la catalepsie, les larmes de sang répandues ça et là,*et la prodigieuse rapidité avec laquelle la contagion s'étendit de la Lozère à la Méditerranée. « Dieu seul, s*écriait la foule ravie, pouvait s'exprimer d'une manière si admirable par la bouche de véritables ânesses de Balaam.» En réalité ces discours n'attestaient qu'une chose hors de contestation aujourd'hui, savoir l'exaltation de certaines facultés intellectuelles causée par l'extase aussi bien que
par le magnétisme animal. Gomme' le français était la langue sainte, c'est-à-dire la seule usitée dans les exercices religieux, il suffisait d'une mémoire et d*une imagination fortement surexcitées pour rendre les plus ignorants capables de ces harangues, dont l'incohérence et les répétitions étaient parfois rachetées par un tour vif et hardi. L'effroyable persécution de Bâville avait produit un ébranlement nerveux tel, queTépidémie prophétique atteignit jusqu'à des enfants de trois ans et au-dessous. « J'ai vu, dit Jacques du Bois, un garçon de quinze mois entre les bras de sa mère, à Quissac (Gard), qui avait de grandes agitations de tout le corps et particulièrement de la poitrine. Il parlait avec sanglots, en bon français, distinctement et à voix haute ; mais pourtant avec des interruptions, ce qui était cause qu'il fallait prêter l'oreille pour entendre certaines paroles. » Jean Vernet fut témoin d'un autre fait du môme genre au moulin de l'Eve près Vemon (Ardèche) : « L'enfant âgé de treize à quatorze mois était emmailloté dans le berceau, et il n'avait jamais encore parlé de luimême ni marché. Quand j'entrai avec mes amis, l'enfant parlait distinctement en français, d'une voix assez haute vu son âge, en sorte qu'il était aisé de l'entendre par toute la chambre. 11 exhortait, comme les autres que j'avais vus dans l'inspiration, à faire des actes de repentance. » — Les extatiques ne remplissaient pas seulement la fonction de prédicateur, mais aussi celle de devin, lançant à tort et à travers, au milieu des divagations et de quelques avertissements utiles, tantôt des ordres insensés qui soulevaient des murmures, et tantôt de terribles accusations qui coûtèrent la vie à plus d'un malheureux. « Quantité de personnes sages m'ont sérieusement affirmé, dit M« M. R. dans sa déposition, que c'était une chose ordinaire à ceux qu'on appelait inspirés, de découvrir les pensées, et de déclarer diverses sortes de choses cachées dont il était impossible qu'ils fussent informés naturellement. » Dans cette conviction, les camisards les plus expérimentés recueillaient à genoux, comme autant d'oracles, toutes les paroles sorties de la bouche des inspirés. « Les inspirations de nos prophètes ont été nos lois et nos guides, » dit Marion. « Lorsqu'il nous est arrivé des disgrâces, ça été pour n'avoir pas obéi ponctuellement à ce qu'elles nous avaient commandé, ou pour avoir fait quelque entreprise sans leur ordre... Ce sont elles, poursuit-il, qui nous ont obligés à quitternos familles pour suivre Jésus-Christ et faire la guerre à Satan ; ce sont elles qui nous ont interdit le pillage, notre devoir étant de détruire les ennemis de Dieu, non de nous enrichir de leurs dépouilles. Ce sont elles qui ont élu et conduit nos chefs, en môme temps qu'elles nous servaient de discipline militaire ; c'est grâce à elles que nous avons pu délivrer des frères prisonniers, reconnaître et convaincre des traîtres, éviter des embûches, découvrir des complots, frapper à mort des persécuteurs et remporter des victoires ; ce sont elles enfin qui ont fait triompher nos martyrs sur les échafauds. » Elles étaient accordées, dit à son tour Durand Fage, presque aussitôt que demandées, et on les demandait en toute circonstance. «Devions-nous attaquerrennemi?Etions-nous poursuivis? Lanuitnous
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surprenaitrelle ? Graignioasriious Ibs embascades? Amînttt-il fuelque acddeni?' Fallait-il marquer le lieu Hvnoe assemblée? Nous nous meUioo£ dlabord en pdères.^ Aussitôt Fesprit nous répondait, et L'inspiration nous guidait en tout... Dès qu'il s'agissait de quelqae chose sur quoi les inspirations n'avaient rien dit^ on allait ordinairement au frère Cavalier. Frère Cavalier, lui disait-on... telle- et telle chose se passe, que ferons-nous? Aussitôt il rentrait en lui-même, après quelque élévation de son cœur à Dieu, FEsprit le frappait ; oale voyait un peu agité, et il disait ce qu'il fallait faire... Nous ne posioas point de sentinelles autour de nos assemblées, quand TËsprit qui avait soin de nous, nous avait déclaré que cette précaution n'était point nécessaire. » Cette foi aveugle engendrait le fanatisme, expo sait les camisards à toutes les surprises, et les fit cent fois tomber dans des embuscades que la prudence eût déjouées; mais en même temps elle leur inspirait un héroïsme dont les guerres religieuses offiffent le plus éclatant exemple : « Quand l'inspiration, écrit Page, nous avait dit : « Marche, ne crains point », ou bien : « Obéis à mon «commandement », rien n'aurait été capable denious en détourner; je parle des plus fidèles, et de ceux qui avaient le plus éprouvé la vérité de Dieu. Lorsqu'il s'agissait d'aller au combat, j'ose dire que, quand l'Esprit m'avait fortifié par ces bonnes paroles ; «N'appréhende « rien, mon enfant, je te conduirai, je t'assisterai », j'entrais dans la mêlée comme si j'avais été vêtu de fer, ou comme si les ennemis n'eussent eu que des bras de laine. Avec l'assistance de ces heureuses paroles de l'esprit de Dieu, nos petits garçons de douze ans frappaient à droite et à gauche comme de vaillants hommes ». Les camisards vivaient donc en plein dans le prodige et le merveilleux : « Je sais^ dit Marion, que comme Dieu réprimait quand il lui plaisait la force du feot et qu'il faisait parmi nous d'aatres merveilles semblables, il arrêtait aussi la force des balles de fusil, etc. » L'ancien chef cévenol fait ici allusion à un véritable acte de folie (on se souvient des coupa de couteau que se donna son frère dans un accès de môme nature), raconté à la fois par ses deux compagnons et invinciblement attesté : Au mois d'août 1703, dans une assemblée tenue à la tuilerie de Cannes; près Serignan, entre Quissac et Sommières, le prophète Clary déclara que deux des assistants étaient dans lintention de trahir leurs frères^ et, allant droit à l'un d'eux, lui mit la main sur le bra'S. L'autre, tout effrayé, se jeta aussitôt aux pieds du colonel Cavalier. Tous deux avoisuèrent que la pauvreté les avait induits à la tentation. Puis Ckry, toujours dans l'extase, s'écria que, pour vaincre rincrédulité de eeux qui murmuraient et le soupçonnaient de s'être concerté avec les deux hommes il demandait l'épreuve du feu. Un feu de menu bois et de branches sèches de pin etd'argealas fut allumé au milieu de rassemblée, qui comptait six cents camisards et environ autant d'autres assistants. Clary entra dans le feu et se» tint debout en continuant à parler, tandis que sa femme poussait éà grands orîs. On le vit au milieu des flammes qui l'enveloppaient et le surmontaient de beaucoup. Il demeura dans cet état <c au moins un quart d'heure », jus-
qu'à cû que les.flammû& fussent éteintes, et que le bois qa*oa«rait toujours repoussé, fût tout consumé» Aloirs il sortit étant eoeore en quelque agitation. Le cousin ethomon3rme de Jean Cavalier fut: le premier à Uembrasser, « et à considérer son. habit et ses cheveux que le feu avait tellement respectés, qu'il était impossible d'en apercevoir aucune trace. » <( Sa veste blanche, dit également Fage, ne fut pa& le moins du monde offensée, ni un seul cheveu de sa tête non plus, n Impossible de. suspecter la bonne foi de ces braves- eamisards : ils se seraient laissé brûler plutôt que de cesser de croire à un miracle qui n'existait pourtant que dans leur imagination frappée, et dont le récit est inexact précisément sur le point le plus important. « Gel événement, ditAntoine Court (^Tif/. des Camisards^ édit. de 1760, 1, 443), fit grand bruit dans la province ; il m'a été attesté pour le fond par un grand nombre de témoins; mais par les informations que j'ai prises sur les lieux, la vérité se trouve altérée : i*" Clary ne séjourna pas dans le feu ; â"" il y entra deux fois ; S"" il se brûla au col du bras, et fut obligé de s'arrêter au lieu de Pierredon pour se faire panser. Le brigadier Montbonnoux ou Bombonnoux, ami intime de Clary, et qui vécut longtemps avec lui après cet événement, confirme ces trois observations ; mais il était néanmoins très persuadé que le îeu et le temps qu'il y demeura auraient dû l'endommager davantage, s'il n'y avait pas eu dans cet événement quelque chose de miraculeux ou d'extraordinaire. » — Quant aux prédictions, qœlques-unes étaient assez vagues pour finir par se réaliser de manière ou d'autre ; mais les principales, celles qui avaient trait à la destruction de Babylone et à la restauration du protestantisme dans un délai très rapproché, ne reçurent leur accomplissement, encore partiel, qu'un siècle plus tard. Avec une naïveté sans égale, Claude Arnassan rapporte la suivante, le i4 janvier 1707, sans même remarquer que la date fixée est passée et qu'elle s'est trouvée inexacte: «Je te dis, mon enfant, que bienheureuxsontceuxqui verrontl'an 1706. H se fera de grandeschoses et ce ne sera pourtant pas la fin. Le roi entendra: parler de ce grand bniit et s'en informera. Il demandera ce que font ces enfants. On lui répondra qu'ils prient Dieu, et il dira: Qu'on les laisse prier Dieu.» Quel fond faire sur des dépositions d'où le sens critique et l'exactitude sont absents à ce point ? En ce qui concerne la découverte des traîtres, rien n'empêche d'admettre que les extatiques étaient parfois donés d'une pénétration extraordinaire, qui leur permettait de saisir, sur la physionomie des personnes suspectes, la plus fugitive trace de l'émotion que faisaient éprouver à celles-ci des inspirations oii revenaient fréquemment le mot de complot ou celui de trahison. La croyance à l'infaillibilité des prophètes favorisait cette pénétration, au point de la rendre inutile en certains cas (tels que celui qu'on a vu à l'article Marion) ; cependant il nous paraît indubitable qu'ils se sont trompés la plupart du temps. De même la puissance de l'ouïe a pu être décuplée, centuplée par l'extase, comme elle l'est par le magnétisme, et par là s'expliquent bien des avertissements : « Que l'assemblée se sépare, car l'ennemi est proche >», ou bien : « Restez en paix, les