MONDE
duit de la pure volonté de Dieu : tel est le résumé du récit biblique de la création qui nous transporte, du premier coup, en plein monothéisme. En outre, ce monde a été créé bon (Gen. I, 31), en tant qu'il est propre aux usages de Thomme qui devait Thabiter (1 Tim. IV, 4), et beau, en tant qu'il y règne un ordre établi de Dieu.G'est un hosmos^ c'est-à-dire un ensemble harmonique, opposé au chaos primitif (tohou vabohou, Gen. 1, 2), d'où Dieu tira le monde (Mundus signifie net, pur, beau). Le caractère propre du monde est d'être limité ; il passe, comme tout ce qui est relatif et contingent (l Jean II, 17 ; 1 Cor. VII, 31) ; il finira (Matth. XIII, 39. 40 ; XXVIU, 20). Le monde dépend donc, dans tous ses éléments, absolument et fatalement, du créateur (Ps. GIV, 27-30) qui a donné le monde comme lieu d'habitation à l'homme. Celui-ci en a reconnu, mesuré, dirigé les forces, et y a fondé des royaumes (Job XXVIII, 1-11; Gen. I, 28; Dan. VII, 27). Ce que les Grecs, peuple artiste, ont appelé kosmos, les Hébreux, peuple religieux, l'ont appelé thébely terre arrosée (de Dieu), féconde, habitable, de la racine iabal couler. Gomme le monde n'a pas en lui-même son principe, il n'a pas non plus sa fin en lui-même; il n'a par lui-même aucune valeur propre (Matth. XVI, 26) ; c'e^ pour la gloire de Dieu qu'il est créé (Es. VI, 3); il sert à manifester sa puissance (Rom. I, 20). Voir l'art. Création. — Outre ce sens cosmologique, le mot monde a aussi un sens histçrique et désigne l'humanité (Jean XVII, 23.25). Le monde, ainsi entendu, est l'objet de la bienveillance de Dieu (Jean III, 16), bienveillance dont le témoignage le plus irrécusable a été le don du Fils de Dieu, comme Sauveur du monde (Jean IV, 42 ; XII, 47 ; 1 Jean IV, 14). Il s'est offert en victime de propitiation pour le péché du monde (1 Jean II, 2; IV, 10) qu'il a par là virtuellement vaincu et effacé (Jean I, 29). C'est donc par Christ que Dieu réconcilie le monde avec soi (2 Cor. V, 19). Christ est, dans le sens le plus vrai et le plus complet du mot, la vie du monde (Jean I, 4; VI, 33. 61; XIV, 6; 1 Jean IV, 9). — Enfin, le terme que nous analysons à une signification morale et religieuse qui est plus difficile, mais par là même plus importante à déterminer. Dans le langage des écrivains sacrés, et en particulier chez Jean, le monde désigne ordinairement non la totalité des choses créées, mais cet ensemble de principes et d'influences qui nous environnent de toutes parts, qui agissent sur nous incessamment, et où Dieu n'a aucune place. C'est le monde en tant qu'étranger à la vie de Dieu. Le monde étant le milieu où, depuis la chute, le mal règne et se développe (1 JeanV, 19), il nly a pas lieu de s'étonner qu'on ait fini par le confondre avec le mal même. Augustin l'appelait massam perditionis. En cela il exagérait. La vérité est que le monde sera pour nous ou un moyen de glorifier Dieu, ou une séduction qui nous détourne de Lui, selon que nous saurons le dominer par l'esprit (1 Cor. HI, 22) et vaincre sa puissance funeste (1 Jean V, 4), ou que nous deviendrons nousmêmes ses esclaves (Jean VIII, 34 ; Rom. VI, 16). Le monde, appelé aussi « le siècle présent » (Rom. XII, 2 ; Gai. I, 4 ; 2 Tim. IV, 10), par opposition aux réalités éternelles (1 Jean II, 17), agit sur nous princi-