‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 59 sur 157 · MONIQUE — MONNAIES · texte numérisé non relu

MONIQUE — MONNAIES

enfants, dont Taîné fut saint Augustin. On sait, par les Confessions^ avec quelle sollicitude maternelle et quelle foi ardente en la toutepuissance de la bonté divine, elle suivit son fils dans les voies troublées de sa jeunesse, alors qu'il fut la victime des égarements de la passion et des doutes de la pensée. Elle habita avec lui d*abord Carthage, puis Milan où elle connut Ambroise, et eut le bonheur de voir la conversion de saint Augustin. Après soa baptême, Monique se disposait à se rendre avec lui en Afrique ; mais s*étant arrêtée à Ostie, pour se reposer des fatigues du voyage, elle tomba malade et mourut peu de jours après les immortels entretiens sur la vie supérieure dont son fils nous a conservé le souvenir. Elle fut inhumée à Ostie, mais en 1430 son corps fut porté à Rome, sous le pontificat du pape. Martin Y, qui a rédigé lui-même Fhistoire de cette translation. Sa idte principale se célèbre le 4 mai.

MONEFION, MONHOIBE. La monition {admonitio) est un avertissement donné par Tautorité ecclésiastique à un clerc de corriger ses mœurs. Elle diffère du monitoire [monito^Hum), en ce qu'elle est une simple invitation charitable, accompagnée de la menace de quelque peine si on ne veut pas se corriger, tandis que le monitoire est un commandement fait par le supérieur ecclésiastique qui oblige tous ceux qui ont connaissance de quelque crime caché, à le révéler sous peine d'excommunication. — - Voyez Eveillon, Traité des excommunicalions et des monitoires ; Th. RaynauletM. Rouault, Traité desmonitoires ; Mémoires du clergé, VII, 1076, 1121.

MONNAIES. Avant Texil, les Hébreux ne connaissaient pas l'argent monnayé ; dans leurs transactions commerciales , ils calculaient d'après des sicles d'argent non monnayés, ou d'après les talents que les parties contractantes pesaient (Gen. XXIII, 16; Exode XXII, 17). Ils n'ont fait que suivre en cela les habitudes d'autres peuples de l'antiquité, chez qui, dans la première période de leur développement, le métal non fï*appé tenait lieu d'argent monnayé. Néanmoins, i l'époque d'Abraham déjà, il circulait dans l'Asie occidentale des barres d'argent d'un poids nettement déterminé et peut-être munies d'une estampille (Gen. XXXIII, 19), et dans cet Etat Israélite où tout était si nettement organisé, il est certain que, pour les petites transactions, il circulait de petites pièces de sicles d'argent et des pièces plus petites encore d'une valeur nettement déterminée, mais sans garantie de la part de l'Etat (1 Sam. IX, 8 ; Ex. XXX, 18 ; Lévit. XXVI, 3). On les acceptait volontiers, tandis que pour les grandes transactions, les deux parties contractantes continuaient encore à peser les barres d'argent. L'argent était conservé et expédié dans des bourses (2 Rois V, 23 ; XII, 10). Après l'exil, nous voyons circuler d'abord de l'argent perse, puis des monnaies gréco-syriennes et enfin, quand les rois de Syrie accordèrent au prince Simon le droit de battre monnaie, des sicles et des demi-sicles d'argent, dont il reste encore de nombreux exemplaires authentiques. Ces sicles de l'époque des Machabées ne paraissent pas, toutefois, avoir eu cours à l'étranger, car l'argent monnayé grec continua à circuler et, à l'époque

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de Jésus-Christ encore, on caloukit d'après les drachmes, les doubles-drachmes et les stater. La plus petite monnaie était le Xeittov (Marc XII, 42; Luc XII, 59). Sous la domination romaine, c'est Targent romain qui circule en Palestine et^ à Tépoque de Jésus-Christ, les payements se faisaient avec cette monnaie. Le Nouveau Testament cite comme monnaies romaines : i'' le denier, SY^vaptov ; 2"* Tas, monnaie de cuivre (Matth. X, 29 ; Luc XII, 6).

MONNARD (Charles) appartient à la Suisse allemande par sa mère et .son lieu de naissance (Rerne, 1790); à la Suisse romande par son père, ses études, sa carrière de professeur (Lausanne, 1816 à'1845]; à l'ensemble de la confédération suisse, par son activité comme magistrat, surtout comme historien ; à Funiversité de Bonn, c*est-à'dire àFAUemagne, parles dix-huit dernières années de sa vie (déc. 1846 à janv. 1865) ; mais il appartient aussi à tous les réformés de langue française par Fesprit religieux qui Ta animé dans renseignement, dans la vie publique, dans ses travaux politiques et littéraires. Ministre du saint Evangile, il a exercé quelque temps le pastorat, en 1843 et 1846, après avoir été honoré, entre 1830 et 1845, des fonctions législatives les plus élevées dans sa patrie, et avoir été quatre fois président du grand conseil, sept ou huit fois premier député de Yaud à là diète fédérale. S*il a connu, comme professeur et magistrat, les joies légitimes de la popularité, il a connu également les calomnies, les persécutions mesquines, Texpatriation et ses amertumes. Sa longue carrière (il est mort à soixante-quinze ans, toujours travaillant, toujours debout) a été trop. pleine et trop accidentée pour être racontée ici ; on en trouvera un résumé exact dans le tome III de la Galerie Suisse (Lausanne, 1880), mais sa biographie est encore à faire. Le but de cet article est de faire connaître les convictions religieuses et ecclésiastiques de Charles Monnard. — Consacré au saint ministère à Lausanne, vers 1812, il n'avait point l'intention de devenir pasteur : les études de théologie étaient à ses yeux, selon Tusage, la filière nécessaire pour arriver à renseignement supérieur; à vingtsix ans, en eCTet, après un séjour à Paris comme précepteur dans la famille du comte Duchàtel, il devenait professeur de littérature française à l'Académie de Lausanne, et, près de trente années, il resta titulaire de cette chaire. Le Réveil le repoussa d'abord plus qu'il ne l'attira, et l'on trouverait^ dans sa correspondance d'alors, des mots qui rappellent les premières impressions de Yinet. II accepta sans étonnement la loi oppressive de 1824, dirigée contre les dissidents, et tristement fameuse dans les annales vaudoises. Sous l'influence des faits, éclairé aussi parles publications de Yinet, son cadet de sept ans, alors à BÀle, et avec lequel il s'était lié par correspondance, Monnard comprit que la liberté religieuse n'implique rien moins que le devoir pour l'Etat de garantir à chacun la protection de son culte dans les limites de la morale publique. Une fois convaincu, il s'efforça de convaincre ses concitoyens ; mais, tout en étant l'un des collaborateurs principaux du Nouvelliste Vaudois^ l'organe des libéraux, il eut à lutter contre la prudence du comité de rédaction. Un procès de presse, ea

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1829, mit fin à celte position équivoque. Vinet et Monnard en furent les victimes, disons mieux, les héros. Le point de départ avait été, en janvier 1829, l'arrestation brutale, à Payeme, d*un évangéliste dissident, doué de plus de zèle que de tact, et qui tombait évidemment sous le coup de la loi de 1824. Les deux amis prirent chevaleresquement la défense de la liberté religieuse : Yinet, en montrant dans deux brochures que Tunité de culte ne pouvait s'obtenir que par le sacrifice de la conscience ; Monnard, en opposant à la loi de 1824 les droits garantis par la' constitution. L'un et Tautre furent dénoncés aux tribunaux, et Monnard suspendu provisoirement de ses fonctions à l'académie. Acquitté par le tribunal d'appel, absous par l'opinion publique, il fut suspendu administrativement pour une année (!•' sept. 1829 au 1«" sept. 1830) par un Conseil d'Etat qui voyait en lui un adversaire politique à museler. Monnard devint ainsi l'un des chefs les plus populaires de l'opposition libérale ; mais, s'il est beau de voir sa fermeté dans la polémique et au sein du Grand Conseil, il est édifiant, dans ses messages presque quotidiens à son ami Vinet, de surprendre sa sérénité en face d'une mesure illégale qui supprimait son traitement, de constater son peu d'amertume envers ses ennemis personnels. Il est à désirer que ses lettres soient toutes publiées, de môme que l'ont été celles de Vinet. Ce procès acheva de discréditer la loi de 1824 contre les dissidents ; mais elle avait jeté de profondes racines dans les couches populaires, et la révolution vaudoise du 18 décembre 1830 ne put les extirper que graduellement. Au sein de la Constituante, Monnard et plusieurs autres parlèrent inutilement en faveur de la liberté des cultes, réclamée par neuf mille pétitionnaires et plus de cent cinquante pasteurs. Aussi Monnard écrivait-il à son ami de Bâle : a N'allez pas croire que je sois abattu, ou que je désespère de la cause en laquelle j'espérais... mais la vue des hommes est triste, les petites tracasseries sont ennuyeuses, et la force des nerfs est limitée. » En 1834, la loi de 1824 fut abolie par le Grand Conseil ; seulement, malgré les efiTorts de Monnard et de ses amis, elle fut remplacée par une loi contre le prosélytisme. En 1839, nous retrouvons l'ami de Yinet dans les rangs de la minorité, protestant contre la suppression de la confession de foi helvétique, en tant que décrétée par le pouvoir civil. Il regrettait en elle moins un symbole dogmatique qu'un témoignage de l'indépendance de l'Eglise nationale. La loi ecclésiastique de 1839 fut un premier coup de cloche, annonçant les prochaines funérailles du gouvernement de 1831. Vint la révolution du 14 février 1845; elle est facile à expliquer du moment où Ton a présent à l'esprit l'état général de la Confédération suisse, et les eiforte opiniâtres du parti radical, soit pour renverser le pacte de 1815, soit pour expulser les jésuites. La position du gouvernement vaudois et de ses amis était insoutenable : les hommes de 1830 n'aimaient ni le pacte de 1815, ni surtout les jésuites, mais ils se cramponnèrent à la légalité ; issus d'une révolution, ils furent balayés par une révolution, peut-être pour n'avoir pas voulu opposer à temps à l'émeute la force armée. Monnard ne fut point môle offi-

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ciellement aax événements de février 1845; retiwi^puis deux ans du Grand Conseil et en congé comme professeur, irv^nsacrait à la continuation de la grande Histoire de la ConfédératiorP^ê^se^ séjournant tour à tour à Paris, à Berne, à Lausanne. Toutefois, la révolution acheva de le décider à échanger la chaire académique contre celle de pasteur de campagne ; ces mutations-là étaient singulièrement facilitées par le mode de nomination aux postes vacants, basé surtout sur l'ancienneté dans le clergé. A la mort du doyen Bridel, Monnard fut donc appelé sans difficulté, en juin 1845, au poste de premierpasteur de la paroisse de Montreux; vivre utile au pied de ce temple pittoresque, en face du Léman et des Alpes, avait été, dès longtemps, son rêve pour ses années de maturité. Le rêve fut brusquement interrompu. — Le gouvernement provisoire chargea le clergé de lire en chaire une proclamation essentiellement politique, un long plaidoyer en faveur de la Constitution nouvelle, qui allait être soumise à la votation populaire ; Monnard s'y refusa, d*accord avec une quarantaine de pasteurs. Un billet qu'il écrivit à cette occasion pour exhorter quelques amis à une résistance parfaitement légale à ses yeux, fut exploité par le parti au pouvoir comme s'il se fût agi d'une conspiration. Le fait est que son passé, son autorité morale dans le pays, le faisaient considérer comme un homme politique plus que comme un membre du clergé, et donnaient à toutes ses démarches une couleur accentuée. Loin de souhaiter, ainsi que Yinet, Louis Bumier et trois ou quatre autres, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Monnard croyait travailler, ainsi que la grande majorité de ses collègues, à réorganiser l'Eglise nationale. Le jour même de la démission, dans l'assemblée mémorable des 11 et 12 novembre 1845, il parla avec force en faveur d'une démission collective, il fut le principal rédacteur de l'adresse au Conseil d'Etat ; mais, en résumant la discussion, il s'écriait en toute bonne foi : « Vous voulez tous l'Eglise nationale, et je la veux aussi l » Plus tard, il se rendit à l'évidence, il comprit qu'une EgUse qui veut être indépendante de l'Etat, ne peut prétendre à rester nationale. Sa correspondance avec Louis Yulliemin, son ami intime, permet de suivre, dans son âme loyale et désintéressée, la marche de ses nouvelles convictions ecclésiastiques. Depuis sa démission, il quitta le confortable presbytère de Montreux pour desservir, tout près de là, à Clarens, la congrégation naissante de l'Eglise libre ; il prit part, dans l'été 1846, à un avant-projet d'organistition ecclésiastique, lequel fut d'ailleurs bientôt mis de côté. Enfin, au moment oh allait s'ouvrir le premier synode de l'Eglise libre, en novembre 1846, Monnard accepta un appel fort honorable comme professeur de langue et de littérature romanes à l'université de Bonn. Il ne quitta pas sans serrement de cœur cette patrie pour laquelle il avait dépensé les forces de sa jeunesse et de son âge mûr, et qu'il ne devait revoir qu'une seule fois, en 1861, quatre ans avant sa mort. — Les écrits de Monnard sont nombreux, sans même parler des discours de circonstance, ni de sa collaboration à des journaux politiques, à des revues. Quelques-uns ont un but

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