‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 62 sur 157 · MONTBÉLIARD · texte numérisé non relu

MONTBÉLIARD

De nouvelles causes de conflit surgirent lorsque le comte Frédéric prit, en 1577, la direction des affaires. Son premier acte fut de faire publier dans le comté la Formule de concorde. L'opposition fut générale parmi les pasteurs ; six d'entre eux et cinq maîtres d'école refusèrent ouvertement leur adhésion. La population elle-même s'émut et protesta contre le despotisme spirituel de la cour. Néanmoins les pasteurs et maîtres d'école récalcitrants furent destitués ; ces rigueurs amenèrent|une si violente fermentation dans les esprits, que le comte Frédéric jugea prudent de sortir de la ville où il ne se sentait plus en sûreté. On songea alors, pour ramener la paix, à provoquer une discussion publique entre les principaux docteurs des deux partis. Le comte Frédéric y cpnsentit, et le Colloque de Monthéliard s'ouvrit le 21 mars 1586. Jacques Andreae, Luc Osiander et deux pasteurs de Montbéliard représentaient le parti luthérien : Théodore de Bèze, Antoine Faye et quelques autres, les réformés. On discuta longuement, mais on ne parvint pas à s'entendre (voir Actes an colloque de Monibeliard, in-4°, Montb., 1587). Théodore de Bèze proposa des mesures de conciliation qui furent repoussées. Les réformés consentirent pourtant sur ses conseils à participer à la sainte cène avec les luthériens. Cependant le parti luthérien se fortifiait : le comte George avait, en 1557, légué au séminaire de Tubingue une somme de dix mille florins destinée à l'entretien de dix étudiants du comté. Cette mesure commençait à porter ses fruits : les nouveaux pasteurs arrivaient de Tubingue imbus des doctrines luthériennes, et le nombre des pasteurs appelés de la Suisse diminuait. Pour échapper aux vexations auxquelles ils étaient en butte, beaucoup de réformés allaient célébrer leur culteàBâle. Frédéricles condamna à l'amende pour ces voyages. En vain eut-on recours aux supplications et aux prières : Frédéric fut inflexible ; les réformés durent se soumettre ou quitter le pays. Dès lors le parti réformé ne lit que décliner et il avait à peu près disparu vers le milieu du dix-septième siècle. — Jusqu'en 1793, les Eglises du comté de Montbéliard furent étroitement unies à celles du Wurtemberg. Lors dé la réorganisation des cultes par la loi du 48 germinal an X (8 avril 1802], elles furent rattachées à l'Eglise de la confession d'Augsbourg. Réorganisées par un décret du 26 vendémiaire an XIII (18 oct. 1804) elles formèrent une des six inspections de cette Eglise, comprenant cinq consistoires et trente paroisses. — Malgré les efforts et les violences de ses comtes, le pays de Montbéliard n'a jamais été complètement luthéranisé : les premiers enseignements de Farel et de Toussain y ont laissé des traces profondes et les doctrines ptirticulières au luthéranisme n'ont pas pénétré dans le fond des populations. Après la guerre de 1870-71, lorsque se présenta la grande question de la réorganisation des Eglises protestantes de France, les Eglises de Montbéliard, séparées de leurs sœurs d'Alsace, et formant désormais avec l'Eglise luthérienne de Paris tout ce qui stiit de l'Eglise de la confession d'Augsbourg en France, s'adressèrent à l'Eglise réformée et lui proposèrent la réunion des deux Eglises en une seule. Ce projet n'aboutit pas. L'inspection de Mont-

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