‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 63 sur 157 · MONTBÉLIARD — MONTBRUN · texte numérisé non relu

MONTBÉLIARD — MONTBRUN

béliard s'occupa dès lors activement de la réorganisation de TEglise de la confession d'Augsbourg et participa, [dans un esprit libéral, aux travaux du synode de cette Eglise, réuni à Paris du 23 au 29 juillet 1872 ; le projet de loi, élaboré par le synode, vient enfin, après bien des vicissitudes, d'être voté par les Chambres, avec quelques modifications (1879). L'inspection de Montbéliard compte aujourd'hui cinquante mille protestants, cinq consistoires, quarante-sept paroisses et cinquante et un pasteurs. Les Eglises de Belfort et de Vesoul, récemment créées, y ont été rattachées. — Voyez Duvernoy, Ephémérides du comté de Monlbéiiardj Besançon, 1832 ; Précis historique de la Réformalion ei des Eglises protestantes dans l'ancien comté de Montbéliard et ses dépendances, Paris, 1841 ; Ë. Lang, L'i Réformation au pays de Monihéliard^ Montauban, 1872; E. Mabille, Histoire succinte de la Réforme au pays de Montbéliard, Genève, 1873 ; P. E. TuefiFerd, Histoire des comtes souverains de Montbéliard y Montb., 1877. EuG. Picard.

MONTBRUN (Charles DU PUY-). illustre capitaine huguenot, membre d'une des plus anciennes familles du Dauphiné, naquit à Montbrun vers 1530 et fut converti à la Réforme par Théodore de Bèze. Sommé en 1560 de comparaître devant le parlement de Grenoble, comme coupable d'avoir favorisé l'établissement du nouveau culte, notamment à Montélimar, il se tint coi, et enferma dans les cachots de son château les soldats envoyés pour l'arrêter. Il se retira ensuite dans le Comtat Venaissin, s'empara de Malaucène où se trouvait l'arsenal du pape, et assiégé dans cette ville, conclut avec La Motte-Gondrin (voir ce mot) une convention que celui-ci viola bientôt. Menacé dans sa vie, Montbrun reprit les armes ; mais trop faible pour lutter contre des ennemis nombreux, il se réfugia en Suisse pendant que La Molle- Gondrin brûlait son château. La première guerre civile le ramena en France. Le baron des Adrets (voir ce mot) Tenvoya secourir Chalonsur-Saône à la tête de cinq cents arquebusiers; mais cette place étant indéfendable, Montbrun en sortit avec le plus grand nombre des habitants; ceux qui refusèrent de le suivre furent taillés en pièces par les catholiques. Il retourna ensuite dans le Comtat Venaissin, enleva Mornas d'assaut, fit justice des saccageurs d'Orange, s'empara de Montdragon, mais ne put empêcher la prise de Sisteron. Ce fut lui qui saisit Des Adrets quand on eut la preuve de sa défection. Dans la seconde guerre civile (1567), il aida D'Acier à repousser les attaques de Joyeuse contre Montpellier. On le retrouve aux combats de Jarnac, La Roche-Abeille, Moncontour (1569), puisa Loriol dont il s'empare (1570). 11 reçut en Dauphiné la nouvelle de la Saint-Barthélémy, et après avoir passé l'hiver à visiter les châteaux en compagnie de quelques ministres, qui l'aidaient à relever le courage de ses coreligionnaires, il recommença ses entreprises au printemps, s'empara d'Orpierre, Serres, etc., etc., qu'il refusa de rendre quand la paix fut signée à La Rochelle (1574). L'année suivante, écrasé par le nombre à Mirebel, et son cheval lui ayant brisé la cuisse en s'abattant sur lui, il fut fait prisonnier. Henri III, qu'il avait bravé et qui ne reculait devant aucune infamie, lui fit trancher

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