MONTMORENCY
princesse, la suivit à la cour de François I*^ et d'Éléonore, quand elle vint occuper auprès de cette dernière le poste de confiance que le monarque lui avait assigné. Elle ne cessa d'y obtenir le respect de tous, par la pureté de sa vie et la noblesse de son caractère. On Ty considérait comme une sainte. L*hommage ainsi rendu par chacun à sa piété et à ses vertus était d'autant plus frappant qu'il contrastait avec les mœurs relâchées d'une cour dans laquelle on ne pratiquait guère d'autre culte que celui de la galanterie. Bien vue du roi, la maréchale de Ghàtillon n'avait pas tardé à Tôtre aussi de la reine, avec laquelle elle vécut dans une affectueuse familiarité, que prouverait, au besoin, le seul fait de l'hospitalité qu'Ëléonore aimait à trouvera Ghâtillon-sur-Loing, dans le château de sa dame d'honneur. — Heureuse comme mère et comme aïeule, Louise de Montmorency le fat aussi comme sœur, lorsqu'elle vit, en 1538, celui de ses frères en qui elle avait trouvé le plus ferme appui de son veuvage, élevé à la dignité de connétable de France. A trois années de là, une disgrâce dont les causes n'ont jamais été nettement établies, atteignit Anne de Montmorency et le contraignit à vivre au sein de ses domaines, dans une retraite qu'il ne devait quitter qu'à la mort de François V'. Cette disgrâce semblait être de nature à réagir sur la situation de la maréchale de Châtillon, à la cour et sur celle de ses enfants. Elle et eux avaient le cœur trop bien placé pour ne pas se ranger ouvertement du côté de celui qu'ils considéraient comme victime de préventions injustement conçues par le roi. — La maréchale se concentra plus que jamais dans ses affections de famille et dans la pratique de ses devoirs. Le sort de ses filles et de son fils Odet était assuré ; mais celui de Gaspard et de d'Andelot ne l'était pas encore, et elle s'en préoccupait fortement, lorsqu'on 1542 vint pour les deux jeunes gens le moment ardemment désiré par eux de faire leurs premières armes. En quelques années ils conquirent une brillante situation militaire. Heureuse de leurs sjuccès, leur mère Tétait aussi de la considération dont jouissait son fils aîné, le cardinal de Châtillon, et sa fille, la comtesse de Roye. La maréchale habitait, à Paris, l'hôtel de son frère le connétable, en juin 1549, lorsque, le 12 de ce même mois, elle y rendit le dernier soupir. — Des circonstances qui précédèrent sa mort, une seule nous est connue : c'est l'expression solennelle et réitérée de sa foi en la miséricorde divine, et de la ferme assurance de son salut éternel ; legs sacré de la mère chrétienne à ses enfants, qui, ainsi qu'on est autorisé à le croire, exerça une infiuence salutaire sur le développement spirituel de ceux-ci. « C'est une chose mémorable, dit un contemporain, que madame la maréchale ayant établi une si sainte forme de vie, qu'elle estoit tenue pour un rare exemple de chasteté, elle rendit, en mourant, le témoignage de la vraye et pure religion qu'elle avait reconnue ; car ayant continuellement en la bouche ce passage du pseaume de David : « Samisé- « ricorde sera de génération en génération sur ceux qui le crai- « gnent,» elle exhorta son fils aîné,Odet, qui estoit déjà cardinal, etluy defi'endit expressément qu'aucun prestre ne luy fût amené, disant que