‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 78 sur 157 · MORONE — MORRISON · texte numérisé non relu

MORONE — MORRISON

ne reparlons pas ici de remprisonnement de Morone ni du procès d'hérésie qui lui fut intenté en 1557 par Paul IV ; nous en avons donné un extrait suffisant dans Farticle Italie (réforme en). Pour le dédommager de sa longue captivité, son ami Medichino, Pie lY, lui offrit la présidence du concile de Trente réuni de nouveau le 8 janvier 1562. Le procès pour hérésie dont Morone âortit blanc comme la neige, innocentissimus et nedum culpa sed omni prorsus suspicione carexis^ Tempêcha toutefois d*ètre élu pape à la mort de Pie IV. Un de ses inquisiteurs et le plus sévère, Ghislieri, obtint la tiare et fut Pie Y. Morone, comme président du concile, fit preuve d'une grande habileté, en rapprochant les partis extrêmes, en faisant faire au pape, à l'empereur et au cardinal de Lorraine des concessions réciproques qui permirent la clôture du concile en 1563, à la grande joie de tous ceux pour qui la réforme ecclésiastique et des mœurs aurait été un décret de mort. Jusqu'à sa mort, Morone jouit d'une grande faveur auprès des papes et fut souvent chargé de missions délicates. En 1575, envoyé à Gênes par Grégoire XIH, il réussit à apaiser, par un compromis, le peuple insurgé contre les nobles et le prince Doria. En 1575, il retourna en Allemagne comme légat à la diète de Ratisbonne, au sujet de l'élévation au trône de Pologne, d'Etienne Battori, qui avait pour compétiteur l'empereur Maximilien II lui-môme. La mort de ce dernier, survenue en 1576, mit fin aux disputes. En 1578, il fut encore légat dans les Flandres, puis se retira dans son diocèse de Modène, y célébra trois synodes diocésains dans le but de réformer son clergé, et mourut à Rome le 1" décembre 1580. Il fut enseveli dans Sainte-Marie de la Minerva. — Sources: Schelhorn, Amxnitaies ecclesiasticœ hist. et Hit. y t. XII, Francfort et Leipzig, 1738; G. Gantù, Eretîci d'Italia^ t. II, Turin, 1867; Il cardinale Giovanni Morone^ commentarioy Milano, 1866 ; Tiraboschi, Sioria délia litleratura lialiana^ t. VII, e memorix modenesi ed Eslensi\ Modène, 1770-1780; F. Sclopis, Le cardinalJean Morone^ Paris, 1869. C'est une reproduction des ouvrages de M. G. Gantù, très cléricale et remplie d'apostrophes contre le protestantisme, indignes du grand statisticien turinais ; Hugo Lsemraer, Monumenta vaticana^ historiam ecclesiasiicam sxculi XVP illvslranlui, Fribourg-en-B., Herder, 1861 ; card. Quirini, Epistolœ ReginaUii card. Poli^ t. III, BrixisB, 1748; Chrétien évangélique de Lausanne, février et mars, 1878; Etudes sur la réforme a Modène au seintème siècle^ ch. Il, par P. Long. P. Long.

MORWSON (Robert), orientaliste anglais, né le 5 janvier 1782 à Morpeth (Northumberland), mort le 1" août 1834 à Ganton. Il fit ses premières études à Newcastle, sous la direction de son oncle Nicholson qui tenait une petite pension, puis sous celle d'un ministre presbytérien qui le perfectionna dans le grec et lui apprit l'hébreu. Gelte étude fit naître en lui le goût des langues orientales et, après avoir passé une année à l'académie non conformiste du Hoxton, il se plaça sous le patronage de la Société des missions de JLondres. En 1807, il partit pour la Ghine et devint en 1808 secrétaire-interprète près des subrécargues de la Gompagniedes Indes. Quand il se fut perfectionné

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