‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 84 sur 157 · MULLER · texte numérisé non relu

MULLER

«te., etc. — Voyez Witte, MemorUe theolog. nostr. si^iiL clariss. refm,^» Francf., 1684, p. 1891 ss. ; Bardai, Oraison funèbre de H. MûUtr, Rost.,1675.

MULLER (Julius) [1801-1878], célèbre théologien de Técole de Schleiermacher. Né àBrieg, en Silésie, d'une honnête famille de pasteurs, frère cadet d'Ottfried MûUer «philologue et archéologue distingué, il étudia d'abord le droit à Gœttingue, puis la théologie, subit à Berlin rinfluence de Neander et de Tholuck, fut admis par ce dernier dans les cercles piétistes qui donnaient alors le ton dans la capitale de la Prusse, et dut au commerce prolongé avec les écrits deTersteegen,qui répondaient à ses dispositions mélancoliques, le caractère mystique qui distingue ses ouvrages. Julius Muller débuta dans la vie publique par une modeste cure de campagne à Schœnbrunn en Silésie: son esprit acheva de mûrir dans le recueillement de la retraite et de Tétude. Nommé second prédicateur de Tuniversité à Gœttingue (1831- 35), puis professeur à celle de Marbourg (1835-39), il fut appelé à Halle par l'influence de Tholuck pour lui aider à combattre le rationalisme qui était d'ailleurs sur son déclin. Julius MûUer formait le contraste le plus accompli avec son illustre chef de file. Au* tant Tholuck était souple, animé, démonstratif, autant son nouveau collègue se montrait recueilli, replié sur lui-même, imposant par sa gravité méditative. Il n'en exerça pas moins une sérieuse influence sur les étudiants qui ne pouvaient s'empêcher d'admirer ce caractère si noble, si digne, si désintéressé et si bienveillant. Les épreuves domestiques jetèrent leur voile de deuil sur sa vie d'intérieur. Marié deux fois, il eut la douleur de perdre sa seconde femme après quatre ans seulement de l'union la plus heureuse, et de rester seul avec neuf enfants à élever. A mesure que les années s'avançaient, ses six filles, avenantes et bonnes musiciennes, exerçaient un charme particulier sur les réceptions du grave professeur. L'une d'elles épousa le surintendant général Schultze, l'autre, le prédicateur de la cour Kœgel. L'un des collègues de J. Muller, le professeur Riehm, a dépeint en ces termes l'impression qu'il produisait sur ceux qui l'approchaient: « Plein de dignité à la fois et de modestie, respirant ie sérieux le plus profond uni à une paisible sérénité, déployant une fermeté virile et une délicatesse servie par le tact le plus fin, simple et vrai, fidèle et consciencieux, avec la douceur d'un cœur débordant d'amour et la sévérité d'une conviction esclave de la volonté de Dieu, J. Millier révélait dans toute sa personne, la noblesse dun homme renouvelé à l'image de Dieu par la force de l'esprit du Christ. » — Dans son système théologique, la doctrine royale de la justification par la foi occupait la place centrale qui lui revient et pénétrait pour ainsi dire tous les autres dogmes. J. Muller est avant tout dogmatiste. Disciple de Neander plutôt que de Schleiermacher, il cherche à concilier, sans toujours y réussir, les vieille> formules dogmatiques que l'orthodoxie protestante a héritées de la scolastique du moyen âge avec les exigences de la pensée moderne. On regrette qu'il n'ait pas su se défendre dans ses écrits d'une

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