‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 88 sur 157 · MUSIQUE · texte numérisé non relu

MUSIQUE

apaiser une imagination surexcitée, comme le prouve la charmante narration du séjour de David à la cour de Saûl (1 Sam. XVI). —L'activité poétique de David et les soins qu'il prit pour Torganisation du culte sont un fait historique ; il n'est donc pas téméraire d'admettre quMl a essayé de développer une des parties essentielles du service religieux, c'est-à-dire le chant et la musique. En tout cas, si toute Torganisation du culte tel qu'il se célèbre plus tard, n'est pas l'œuvre du roi-poète, il est incontestable qu'il en jeta les bases. Quoiqu'il en soit de la question d'origine dont l'importance est peu grande, nous pouvons, par des notices épar^es du livre des Chroniques, nous faire une idée assez nette de cette organisation. Assaph fut chargé d'instituer une corporation particulière de chanteurs et de musiciens, qui se divisa plus tard en trois groupes, sous la direction de Uéman, Assaph et Jéduthun (Ëthan?). Les chanteurs furent nombreux; si les chiffres des Chroniques sont exacts, on en comptait jusqu'à 4,000. ce qui, du reste, n'aurait pas lieu d'étonner si Ton songe aux nombreux services religieux auxquels ilsdevaient participer. Ces chanteurs et ces musiciens furent-ils lévites ? Cette question n'est pas encore scientifiquement résolue. — Quant à l'enseignement du chant, il incombait naturellement aux chefs de la corporation, c'est-à-dire au m 'na s s é a ch (expression mal traduite par Luther). Nous ne savons si ce fonctionnaire était un maître de chapelle ou un chantre^ ou bien encore le compositeur et l'appropriateur des mélodies; il paraît vraisemblable que toutes ces fonctions étaient confiées au même homme et que c'était lui qui dirigeait l'exécution du chant.Quant àla manière de chanter, l'on ne saurait rien dire de précis. On ne saurait, en tout cas, pour résoudre cette question, prendre comme base d'appréciation, le chant synagogal d'aujourd'hui, car le Temple et la Synagogue n'avaient pas le même but. Si l'on en juge par le chant des Arabes d'aujourd'hui, il est probable que celui des Hébreux était une espèce de cantilène qui empruntait un caractère spécial au peuple hébreu. On a essayé de se servir des accents qui se trouvent dans les morceaux poétiques de l'Ancien Testament pour retrouver les notes et un savant moderne a môme publié les mélodies des Psaumes d'après ce système, mais cet essai ne repose sur aucune base scientifique, quand même il dénote de la part de son auteur des connaissances musicales extraordinaires. Les notes n'ont été connues en Orient qu'au dixseptième siècle ; cette date réduit à néant toutes les hypothèses musicales sur les mélodies des Hébreux. Pour cette question nous renvoyons à l'ouvrage capital de Forkel, AlUgemeine Geschichie der Masik, Leipzig, 1788-1801, I, et à l'article PsaumeSj où sera traitée la question de l'inscription de ces chants lyriques. Les instruments de musique cités dans le Pentateuque sont au nombre de cinq ; dans le reste de la Bible, il en est mentionné quinze : tandis que la tradition postérieure en connaît jusqu'à trente-six (Ugolini : haggborim). L'origine en est peu connue ; si Ton en connaissait exactement la forme, on pourrait peut-être en faire remonter un certain nombre d'entre eux au séjour des Israélites en Egypte. Quoiqu'ilen soitt ^^

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