‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 93 sur 157 · MYTHOLOGIE · texte numérisé non relu

MYTHOLOGIE

péenne fit des forces delà nature ses premières divinités; elle adora le Ciel, le Soleil, TAurore, la Tempête; elle leur prêta une âme, une intelligence, une volonté libre, des sentiments d'amitié ou de haine pour les hommes. Mais, tout en leur rendant hommage comme à des êtres supérieurs, on ne perdait pas de vue leur caractère physique. Les poètes qui chantaient Dyaus savaient parfaitement qu'il est le ciel déployé sur nos têtes ; en célébrant la sagesse de Mitra et de Varuna, « dont la volonté est inébranlable et dont la pensée ne varie jamais, » ils faisaient l'allusion la plus claire à la succession constante du jour et de la nuit. Pour le temps où le nom de ces dieux était encore le nom même du phénomène, il ne peut être question de symbole : c'est la nature qu'on adore, non pas la nature morte, mais la nature animée et tlt)ùée par un peuple naïf des sentiments dont il est plein lui-môme. » Les mythes grecs de formation première n'ont pas un autre sens, Zeus (gén. Bios) n'est qu'une transcription grecque de Dyaus (gén. Dovas), et comme lui, il signifie le ciel. Jupiter (Diespiter, Diovis, Jovis) n'est également qu'une transcription latine de Dyaushpitar (Dyaus-pater, le père des dieux et des hommes) et signifie aussi le ciel. Ce fut sans doute, dans la Grèce et à Rome, une tendance bien prononcée d'accentuer de plus en plus la personnalité de Zeus et celle de Jupiter,îde les prendre pour des personnages réels et de repousser dans l'ombre leur caractère naturaliste. Il n'en est pas moins vrai que ce caractère ne s'effaça jamais entièrement. A toutes les époques de la langue grecque et de la langue latine le mot Zeus et le mot Jupiter ont été employés pour désigner le ciel. Les Grecs, pour s'informer du temps, demandaient 6 ÇeCç tcoTei quel ciel, quel temps fait-il ? evSioç signifiait sous le ciel;^vStale milieu du jour ; luîia le beau temps. Des locutions semblables se rencontrent chez les Latins : sub dio ou sub divo vivere, sub Jove vivere (Ovide, Ffl!5ie5, II, 299), vivre en plein air ; ma/u* JuptV^r (Horace, Odes, I, i, 25), le mauvais temps. Citons encore ce vers d'Ennius, qui, au jugement de M. Bréal, ne déparerait pas les plus beaux hymnes du Rig Véda :

Adspice hoc sublime candens quem invorant omnes Jovem.

Et non seulement les mythes grecs de première formation, ceux qui ont été importés de l'Orient, ont un caractère naturaliste ; ceux qui furent conçus dans la Grèce même et qu'on peut regarder comme de seconde formation, portent la même empreinte. C'est en particulier le cas pourceux qui se rapportent àlamer, que les Indo-Européens primitifs, habitant un pays méditerranéen, n'avaient pas connue. Il suffit pour en rester convaincu de se rappeler le brillant tableau que M. Ern. Renan a tracé du mythe de Glaucus (Etudes d'histoire religieuse, 4* édit., p. 20-23). Enfin le naturalisme des mythes de la religion des anciens Grecs est encore assez transparent pour avoir été aperçu par le plus grand nombre de ceux qui en ont cherché une explication bien avant qu'on fût en mesure de pouvoir la découvrir. Les stoïciens avaient pensé que ces mythes se rapportaient aux phénomènes atmos-

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