‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 94 sur 157 · MYTHOLOGIE · texte numérisé non relu

MYTHOLOGIE

phériques. De nombreux mythologues de Tantiquité les prenaient pour des mythes solaires (Macrobe, Satumal. , 1,17,23). D'autres encore prétendaient que, diaprés les poésies d'Homère et d'Hésiode,. « les fables anciennes conspirent toutes à nous parler d'astronomie » (le traité L Astrologie qui est dans les œuvres de Lucien,, nmis qui n'est certainement pas de lui). Enfin, parmi les modernes, il £aut citer Dupuis, Court de Gébelin, etc. — Nous avons dit que les Indo-Ëuropéens primitifs avaient prêté aux divers phénomènes de la nature uae âme, une intelligence, une volonté libre, des sentiments d'amitié ou de haine, en un mot se les étaient représentés à l'image de rhomme. Gomment avaient-ils été amenés à cette conception? On se l'expliquera facilement, ce nous semble, si on considère qu'ils n'avaient et ne pouvaient avoir la moindre notion des lois de la nature, e^.^u'ils ne connaissaient et ne pouvaient connaître d'autres mobiles d*)^tioû que ceux qu'ils trouvaient en eux-mêmes. Les causes qui agissaient dans les phénomènes physiques étaient pour eux de même nature que celles qui agissaient dans les hommes, c'est-à-dire, le sentiment, l'intelligence et la volonté. Si le vent siffle et mugit parfois dans la forêt dont il brise ou déracine les arbres et met en fuite les sauvages habitants, comment ne lui supposerait-on pas une intention de désordre et de destruction ? Quand d'épais nuages voilaient la lumière du jour et ne laissaient tomber la pluie qui rendait la fraîcheur et la force aux plantes, aux animaux et aux hommes, que après que la foudre les avait frappés, ils s'imaginaient qu'une puissance ennemie les avait retenus dans ses replis tortueux, mais qu'elle avait été vaincue par un être tutélaire qui l'avait trappe de ses flèches de feu (le mythe de l'orage). Les forces de la nature furent ainsi regardées comme des agents doués de vie, d'intelligence et de volonté; les phénomènes comme des actes accomplis intentionnellement; le^ luttes des éléments comme des combats que des puissances surnaturelles se livraient entre elles de propos délibéré ; et les effets detr tructeurs ou bienfaisants qui en résultaient pour les hommes comme des actes volontaires d'inimitié ou de laveur de ces puissances ^Ad. Pictet, Les origines indo-européennes, t. II, p. 687). Et en réalité n'estce pas ainsi que s'est toujours représenté la nature, que se la représente encore quiconque ne comprend pas qu'elle doit s'expliquer par des lois permanentes? Ce n'est pas tout encore. Les Indo-Européens primitifs vivaient, si on peut ainsi dire, en pleine nature, et ne connaissaient pas ces inventions par lesquelles l'expérience et la civilisation ont rendu peu à peu la vie de plus en plus facile. Ils subissaient par conséquent en une bien plus grande mesure que nou^ l'influence des phénomènes physiques, météorologiques, etc., et comme de ces phénomènes les uns leur étaient favorables et les autres funestes; ils attribuèrent ces derniers à des puissances ennemies {Vritra ou Ahi dans le mythe de l'orage, les Uasyous, les Asouras, etc.), et les autres à des puissances amies et bienfaisantes. Naturellement, ils célébrèrent ces puissances bienveillantes comme des protecteurs, ils invoquèrent leur secours, et leur donnèrent lo

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