‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 96 sur 157 · NABUCHODONOSOR · texte numérisé non relu

NABUCHODONOSOR

truire à peu près Thistoire de Nabuchodonosor. Du temps de son père déjà, il fut chargé de rejeter à l'est de TEuphrate le roi d'Rgypte Nécho, qui avait tenté une expédition contre TAssyrie et Ninive/Les deux adversaires se rencontrèrent sur les bords de TEuphrate dans la quatrième année du règne de Jéhojakim (c'est-à-dire, si Tannée 609 est regardée comme la première année du règne de ce roi, en Tan 606 ou 603 avant Jésus-Christ), près de Carchémisch. Nécho fut battu et obligé de battre en retraite et Nabuchodonosor reprit le territoire que ce dernier avait occupé. Rappelé à Babylone par la mort de son père, il confia ses prisonniers jui/5, phéniciens^ syriens et égyptiens, ainsi que le butin fait pendant la guerre à ses confidents et prit possession du trône. Nous voyons d'après 2 Rois XXIV, i qu'en efiFet Jéhojakim fut rendu tributaire du roi babylonien et cela pendant une période de trois ans. La félonie du roi de Juda, qui voulait secouer le joug étranger, amena pour la seconde fois Nabuchodonosor en Palestine; il y trouva Jéhojakin qui avait succédé entre temps à son père. La ville de Jérusalem fut prise, le roi et un grand nombre de Juifs emmenés en exil et le temple pillé. Le nouveau roi Sédécias, institué par Nabuchodonosor, suivit l'exemple de son prédécesseur; il s'allia aux Egyptiens et, en 590, le roi de Babylone revint assiéger Jérusalem. Malgré un secours du pharaon Hophra, elle fut prise et détruite de fond en comble et le reste du peuple suivit les premiers exilés, à l'exception de quelques agriculteurs et vignerons que Nabuchodonosor laissa dans le pays, et Juda devint une province babylonienne, malgré quelques essais de révolte provoqués par l'Egypte. De récentes découvertes nous apprennent que Nabuchodonosor envahit à son tour ce dernier pays et l'occupa pendant un certain temps, mais nous ne savons ni jusqu'où s'étendit cette occupation, ni combien de temps elle dura. Déjà auparavant, il avait, pour assurer ses derrières avant de marcher sur l'Egypte, mis le siège devant Tyr, dont l'investissement dura treize ans, sans qu'on sache exactement quelle en fut l'issue définitive. A en juger par Ezéch. XXIX, 18, elle ne répondit pas à l'attente des Babyloniens. Nous ne savons rien des autres expéditions guerrières entreprises par Nabuchodonosor, mais, par contre, nous possédons des détails precis sur les constructions par lesquelles il illustra son règne. Il orna splendidement le temple de Bel, entoura Babylone d'une triple rangée de murailles et éleva, à côté du palais de ses pères, une demeure plus splendide encore, restaura les temples de Bel-Mérodach et de Bel-Nébo. Après un règle de quarante-trois ans, Nabuchodonosor mourut à la suite d'une attaque de folie. La chronologie précise dés faits du règne de Nabuchodonosor est des plus difficiles, à cause des sources différentes auxquelles l'historien est obligé de puiser. » Sources : Niebuhr, Geschichte Assurs and Babels, Berlin, 1857 ; Ewald et Hitzig, Geschichte der YoUcès Israël ; Schrader, Die Keilinschriften, Giessen, 1872; Monatsberichte der Akademieder Wissenschaften, Berlin, 1879; Oppert, les Inscriptions cunéiformes, etc. E. SCHERDLIN.

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KAGBHAN (Moïse Bar). Rabbi Moseh ben Nachman Ramban naquit à Gérone en 1494. Elève de Jehudah (de Paris) et de Eléazar(de Wortts), Il s'ap^qna à Tétode de la médecine el de la théologie. La latte qui édata dans les écoles juives, au sujet des doctrines de Hai^ monide, lui doaiui Toccasion de se prononcer sur cette question capitale. Partisan déclaré de ce docteur, il o€iaa|K>sa deux lettres afpologétiques; rime adressée aux communautés de TAragon, de la Navarre et de la GastUle, pour les engager à protester contre lesju^ements iniques portés sut Maîmoinde: Tautre aux rabbins de la France, fonr leur reprocher les anathèmes dont îk avaient frappé le grand maîtrr de la synagogue. Dans un ouvrage spécial, Nota lur ie livre Jad Gbazagah (Yenet.^ 1540, in-f"), il s'expliqua sur la portée religieuse etphiloBO(phique du systtoK du second Moise. Thalmudiste érudit, Nadimaaide continua eit «développa, dans ses commentaires sur la BiUe et divers traités du Thalmud, les traditions de Salomon ben Isaac de Troyes, nommé Raschi (1030-1103) et de Abraham Meir Aben Ezna (1100-1175). Ses études sur le P^ataitenque, Bjur al hattorah (Pisauffi, 1514, in»^; Venet., 1545, in-f**), son commentaire sur içAr traduit en hitin par Conrad Pellkan, et ses explications allégoriques du livre de Ruth, ainsi que ses traités thalmudiques se distinguent par la clarté du style et la précision du jugement el obtinrent, à répoque de leur paUication, un grand et légitime succès. Ge qui distingue Nachmanide, ce sont les éléments cabalistiques qu'il introduit dans ses commentaires et qu'il discute dans divers traités spéciaux. 11 enseigne que de l'Esprit premier naît une double substance; Tune céleste et spirituelle, l'autre sensible et terrestre. Cette dernière donne origine au monde visible. Les six jours de la création et les dix paroles créatrices désignent tes sphères célestes. La loi est, à. ses yeux, une révélation directe de Dieu. Par son organe, rbonune s'unit à la divinité. En lâ63, une discussion eut lieu, à Barcelone, en présence du roi Jayme d'Aragon, entre Nachmanide et les dominicains Paul Gbristiani et Raymond Martini, l'auteur du célèbre livre: Le poignard de la Foi {Pugio fidei adversus Maures et Jud;Bos^ Paris^ 1642, in-P*; Leipz., 1687). Provoquée par le gé;iéral des frères prêcheurs, Raymond de Peîlaforte, elle roula sur les grandes doctrines de l'Eglise chrétienne et fut conduite de part et d'autre avec modération. D'après les auteurs chrétiens, la victoire de Paul fut si complète que le roi l'autorisa à prêcher dans les synagogues. Les auteurs juifs, par contre, assurent que la victoire resta à leur champion et que le roi, pour honorer son talent, lui ftt hommage de trois cents écus (io. Christ. Wagenseil, Tela ignea Salanx, p. â et 24. Altorf, 1681, in-4<'). Peu de temps après cet événement, Nachmanide se rendit en Palestine (1267). Il fonda une école à Jérusalem et mourut dans cette ville. — Yoyeï la liste de ses ouvrages dans Jo« Christ. Woif, BiHiotheca hebr^e, Hamb. et Lips., 1715; cf. Rossi, Catal. Cod. Ae^., II, p. 104 et R. de Castro, BibL Espah,, I; Basnage, iTût. des /ui^^^ IX, 2* partie, p. 462 ss. et p. 492 ss., La Haye, 1716; J.-M. Jost, Geschickte

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des Judenthums und seiner Sekteriy 3* éd., Leipz., I85II, p. i3, 37, 73; J. M. SchroBckh, Christ. Kircheng., XXV, 376 ss., Leipz., 1797.

EuG. Sterk.

NIDAB. — l^ Pîls d'Aaron et frère d'Abîhu, qui tut, «ain^i que son frère, frappé par Jéhova, pour avoir offert de Fencens avec un feu autre que celui qui avait été miraculeusement offert sur Tàutei des holocaustes. Divers commentateurs ont supposé que ces deux frères étaient pris de vin, parce que, aussitôt après cet événement, Jéhova défendit Tusage du vin aux prêtres pendant leur service dans le tabernacle (Lévit.IX,24;X,l ss.).— S^Pils de Jéroboam,premierroid*lsràel, qui succéda à son père. « Il fit le mal devant le Seigneur et il imita Timpiété de son père, qui avait fait pécher Israël. » Après un règne de deux ans il fut assassiné, pendant le siège de la ville philistine de Gibethon, par Baasa, fils d*Ahia, de la tribu dlssachar, qui usurpa son royaume (4 Rois XV, 25 ss.).

HAHDH (Livre de), le septième de la série des douze'petit'S prophètes. Sous ce nom^ le canon hébreu nous a conservé quelqnes pages éloquentes dirigées contre la ville de Ninive. « L'antipathie nationale, dit M. ReusSy ou, si Ton veut, un sentiment de patriotisme vindicatif paraît avoir été Tunique mobile qui ait mis la plume à la main de Fauteur. Aucune considération morale, aucun besoin d*înstruction religieuse ne vient donner à ces textes,d'aiileurs très beaux à d'autres égards, la consécration ordinaire dans ce genre de littérature, celle d'un but plus élevé et en même temps plus pratique. » Dans un premier morceau l'écrivain exalte la puissance de Dieu, manifestée dans les phénomènes les plus terribles de la nature. Le second et le troisième morceau décrivent d'une façon imagée et saisissante la ruine de la capitale assyrienne. « Pour un témoin oculaire, remarque M. Reuss, Nahum se tient beaucoup trop dans les généralités... Il ne désigne même pas nominativement la puissance de laquelle il attend la ruine des Assyriens, et rien absolument ne trahit chez lui tme connaissance plus particulière des lieux ou des hommes qui ont dû jouer un rôle dans ce drame. » En considérant que l'écrivain est antérieur à la ruine de Ninive, mais qu'il a pu la présager à des indices certains, nous placerons la date de son œuvre vers la fin du septième siècle avant notre ère. — Voyez Reuss, Les Prophètes, I, p. 375.

N AI6S0N (Jacques- André), philosophe, Tïé à Paris en 1738, mort en 1810, disciple et ami du baron d'Holbach et de Diderot,a laissé la réputation d'un athée fanatique et intolérant, et d'un écrivain tranchant, diffus et lourd. On a de lui: Le Militaire philosophe,Lonéve^{ktnstefrésLm) y , 1768; le Dictionnaire de philosophie ancienne et moderne, d^ns YEnoychpédie méthodique, 1791-94, 3 vol. ; des Mémoires sur Diderot, publiés par Brière en 1823. La Théologie portative renferme le symbole de foi de Naigeon sur les vérités fondamentales de la philosophie et de la théologie. En voici quelques articles caractéristiques : « L'âme est une substance inconnue, qui agit d*une façon inconnue sur notre cx)rps, que nous ne connaissons guère... La spiritualité est une qualité occulte inventée par Platon, perfectionnée par Bescartes» et

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changée en articles de foi par les théologiens... Il est essentiel pour l'Eglise que notre âme soit immortelle, sans cela nous pourrions bien n'avoir pa$ besoin des ministres de l'Eglise, ce qui forcerait le clergé à faire banqueroute... 'Le libre arbitre, sans lequel les prêtres ne pourraient pas nous damner, et à l'aide duquel nous jouissons, pardessus les autres animaux et les plantes, du pouvoir de nous perdre nous-mêmes... La charité, la plus importante des vertus, qui consiste à aimer par-dessus toutes choses un Dieu que nous ne connaissons guère, ou ses prêtres que nous connaissons très bien ; de plus, elle veut que nous aimions notre prochain comme nous-mêmes, pourvu néanmoins qu'il aime Dieu et ses prêtres, et qu'il en soit aimé ; sans cela il est convenable de le tuer par charité. » — Voyez Mémoires pour servir à VHist. ecclés. du XVIil^ siècle^ IV^ 468 ss.; Damiron, Mémoire sur Naigeon, Paris, 1857.

NAIU ou NAIN, Naiv, ville de Galilée située non loin de Capernaiim, à deux lieues au sud du Thabor. C'est là que Jésus ressuscita le fils d'une veuve (Luc VU, 11). On en distingue le bourg de Naïn en Idumée où Simon, fils de Gioras, se fortifia (Jo^èphe, De bdlo

jud.^ 4, 9. 4).

NAIOTH, lieu situé près de Rama ou Ramatha, où David se retira pour échapper à Saul qui voulait le faire périr. Samuel y demeurait avec les disciples des prophètes, ce qu'indique le mot de nâioth, habitation, ou plus spécialement les bâtiments de l'école des prophètes (1 Sam. XIX, 18 ss. ; XX, 1).

NANCY. Voyez Toul.

HAN6IS. Voyez Ouillaume de Nangis,

NANTES (Namnetes) s'appelle en breton Naounet, et l'on veut que ce nom signifie la ville de Noé, car une tradition bretonne assure qu après le déluge Noé a abordé en ce lieu (P. Deschamps, DicL de Géogr., 1870). Il est vrai que Nantes ne parle pas le breton, et que la légende paraît inconnue des auteurs bretons. Au reste, l'histoire religieuse de cette ville est ancienne, et remonte aux deux martyrs, Donatien et Rogatien, les Enfants Nantais, dont la passion date de la persécution de Dioclétien (voyez leurs actes dans Ruinart, et Greg. Tur., GL M. y 60). Au temps de Glovis, au dire de Grégoire de Tours, il existait déjà à Nantes deux basiliques; l'une, dédiée aux martyrs nantais, vient d'être rebâtie à nouveau, et l'on a publié dans le Bultetin de la Société archéologique de Nantes (1874) l'intéressant compte rendu des fouilles faites dans ses fondations ; l'autre était consacrée à l'évêque saint Similien, ou saint Sambin ; démolie pendant la révolution, elle fut réédifiée en 1805. Saint Fortunat nous fait connaître par ses vers l'évêque Evemerus :

Uniea eura fuit euncta ut viseret œgrosn

Ipse quihui medicM vixit et ipse cibus^

Extutit eceUsiœ cultMn quod reddidit unurn^

Venit ad hœredem qui cumulavit opus.

Félix ille abiit, Felicem in sede re/içutt...

Saint Félix, le successeur d'Evemère, qui eut le bonheur de con-

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