‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 97 sur 157 · NANTES — NARBONNE · texte numérisé non relu

NANTES — NARBONNE

sacrer la riche cathédrale de Saint-Pierre, dont un autre poème de Fortunat donne Tintéressante description (f vers 583), n'eut pas le bonheur d'être loué par Grégoire de Tours, son métropolitain, dont il semble avoir été Tennemi. Foucher (après 900) re.staura la cathédrale. Le diocèse de Nantes ne s'étendait pas autrefois au delà delà Loire, c'est en 852 que le roi Erispoé, ayant acquis le pays de Retz, l'unit à révèché (Longnon, Co??gfr. scient, de Sainl-Brieue, iS12ei La Gauie nu sixième xiècle, 4876). L'université de Nantes date de 4460. — Voyez Galiia, XIV (Hauréau) ; abbé Travers, Hist. de Nantes (4750), éd.* Savagner, 3 vol. in-4*, Nantes, 4836*4844 ; Le Blant, Inscr. chrèt., n* 497 ss.; Le Grand, Les saints de la Bretagne, 4837. S. Berger.

NANTES (Edit de). Voyez Edit de Nantes.

NARBONNE (Narbo martius, Narbona), Que penser de la tradition qui fait de saint Paul de Narbonne, que cette ville reconnaît comme son premier pasteur, un disciple des apôtres? Il.nous suffira de dire que Grégoire de Tours la contredit formellement et rapporte la mission de saint Paul aux environs de Tan 250. Quant à la légende qui reconnaît en cet évoque le proconsul Serge Paul, nous dirons seulement qu'elle est de date fort récente, et était encore inconnue à Adon. Au reste, Prudence atteste que le souvenir de Paul suffisait à illustrer Narbonne : Paulo speciosa Narbo. Le nom de saint Paul a été conservé par une célèbre abbaye, autrefois située hors de la ville, (voyez ses actes dans du Bosquet et dans les Bollandistes, au 22 mars). Après saint Paul, l'histoire ne connaît qu'Hilaire, qui sut regagner auprès de Boniface 4*f, en 422, le procès qu'il avait perdu en 447 devant Zosime (voyez les lettres dans Constant et dans les collections de conciles) et maintenir son droit de métropolitain sur la province Narbonaise. Rusticus, qui vient après lui, était ami de saint Jérôme, qui lui écrivit en 444 une remarquable épitre sur la vie solitaire (Vallarsi, Ep. 425) ; saint Léon l'honora aussi de ses lettres. Une inscription célèbre, datée de 445 (Le Blant, n' 647), nous donne le récit de la consécration de l'église cathédrale, réédifiée par lui. Cette église, qui parait mentionnée par Grégoire de Tours {Gl. il/., 23), et qui fut rebâtie en 4335, est dédiée, au moins depuis le onzième siècle, à saint Just et* à saint Pasteur. L'é« vèque de Tours nous a conservé le souvenir des entreprises d'un conseiller d'Alaric contre l'église, démolie sous Louis XII, de Saint-Félix {Gl. M., 92). Les Wisigoths avaient établi l'arianisme dans la province Narbonaise ; c'est en 587 que le roi Récared, en abjurant les opinions ariennes, ramena le pays à la foi catholique. Jusqu'au onzième siècle, Narbonne avait juridiction sur la Marche d'Espagne, qui comprenait les diocèses de Barcelone, de Girone, d'Urgel et de Vich, et c'est contre son suffragant Félix d'Urgel que l'archevêque Daniel réunit en 788 (voyez Hefele, ConcUiengesch. ; 2® éd. , III ; ce savant auteur, après Pagi, doute de l'authenticité des Actes du concile) le concile de Narbonne. Toulouse fut soumise à Narbonne jusqu'à son érection en archevêché, et jusqu'à sa suppression en 4801, l'archevêché de Narbonne conserva la suprématie sur les Eglises de Saint-

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Pons, d*Aleth, de Béziers, d'Agde, de Nimes, d*Alais, ainsi que de Montpellier, Garcassonne, Lodève, Uzès et EIne ou Perpignan. On nomme parmi les archevêques Guiffrey de Gerdagne (1019-i079)i prélat remuant, plusieurs fois excommunié; Gui Foulques, qni fut Clément IV ; Bernard de Farges, qui fonda à Paris dans la rue Sainl- Gôme, en 1317, le collège de Narbonne ; Georges d*Amboise,le célèbre archevêque de Rouen ; le cardinaj Guillaume Briçonnet, premier do nom (1507-1514) et Jules de Médicis (Clément VH), 15i5-1523. U nouvelle édition de dom Yaissète nous instruira sans doute encore davantage sur les destinées de Tinquisition à Narbonne (GaUia chr,, VI), S. Berger.

NARCISSE, Romain, mentionné par Tapôtre Paul Rom. XYI, H, chrétien selonles uns, païen selon les autres.Quelques commentateurs Tout identiflé avec Narcisse, l'affranchi de l'empereur Claude, qui remplissait auprès de lui les fonctions de secrétaire (Suétone, Claud,, 28) et jouissait d'une grande faveur à la cour (Tacite, Annûte», II, 29 ss. 33. 37 ss.; 12, 1. 57.65). Mais ce Narcisse futexécutéao commencement du règne de Néron, en Tan 55 (Tacite, Annales, 13,1)» alors que Tépitre aux Romains ne paraît guère avoir été écrite atant Tannée 58. D'ailleurs le nom de Narcisse devait être très fréquent à Rome. Les Grecs font de Narcisse un évoque d' Athènes et «b martyr, et le mettent au nombre des soixante-dix disciples de Jésus- Christ. Baronius Ta placé au 31 octobre dans le martyrologe romain.

NARDIN (Jean-Frédéric), douzième enfant du pasteur Daniel Nardin et de Marie Duvernoy, naquit en 1687 à Montbéliard, dont la principauté n'a été réunie à la France qu'en 1792. Ses parents le destinaient à la magistrature ; mais des instincts mystiques le poussaient vers une autre carrière. Ayant perdu son épée en se rendant! l'université de Tubingue, et n'y trouvant plus de place dans le cours de droit, il crut voir dans ces circonstances une invitation providentielle à embrasser le saint ministère, et obtint la permission d'étudier la théologie. Le piétisme, réaction légitime et nécessaire contre U sécheresse et la raideur de rintelleclualisme et du dognatisme scolastique du dix-septième siècle, florissait alors à l'université de Halle, fondée en 1694 parFranckc, et étendait au loin son influence. A une orthodoxie pétrifiée, qui se bornait à proclamer Tinspiration divine de la confession de foi luthérienne et Tinfluence magique des sacrements, sans rien voir au delà, Spener et Prancke s'efforçaicnl de substituer une foi plus intime et une vie religieuse plus intense, lis réveillaient les &mes par des eollegia pielatis ou mutua coUoquian dans lesquels les laïques prenaient la parole aussi bien que les pasteurs, et où Ton insistait trop exclusiveméînt sur la nécessité de b conversion et de la nouvelle naissance. Dédaignant Fart et la science, hostile à tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre étroit d*une piété méticuleuse et craintive, organisant enfin comme une sorte d'ecrifjiola in eccUsiay le piétisme rencontra une vive opposition, qui le conduisit bientôt, dit Dorner, « à exagérer ses principes et à déployer €.1 face de TEglise une attitude sectaire qui était à Torigine bien éloi*

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gnéé dé l'esprit et des intentions de Spener » ; à son tour il tomba dans le rigorisme et Tintolérance. Nardin sortit de Tubingue avec les qualités et les défauts de cette doctrine qu'il avait ardemment embrassée. Aussi, peu après son arrivée dans l'Eglise d'Héricourt,où il fut appelé en 1714 par le prince de Montbéliard, son zèle inconsidéré lui suscita-t-il de nombreux adversaires. Il jugeait sans ménagement les membres du troupeau qui ne fréquentaient pas les conventicules, ne voyait en eux que des « luthériens relâchés et dissolus. » Il parlait de son Ëgiise comme d'une «nation pleine de mouillures et- d'abominations », qui ne manquerait pas a de réjeter le témoignage de Jésus et de ses enfants », et dans un langage dépourvu tout au moins d'atticisme, il attribuait les désordres excités par lui-môme « à l'envie du diable et des p....ns. » « Regardé, ^iit son biographe J.-J. Duvernoy, comme un' homme importun au monde dont il attaquait l'impiété jusque dans ses derniers retranchements, et devenu un sujet de confusion pour les ministres relâchés, Nardin se vit bientôt accusé de singularité, de piétisme et -de fanatisme ». Il fut destitué et privé de son, bénéfice en 1717 ; mais pVotégé par Le Guerchoys, intendant dé la Franche-Comté, il obtint sa réhabilitation l'aiinée suivante et reçut le diaconat de Blamont, dans lequel il mourut célibataire en 1728, âgé seulement de quarante et un ans. Outre un recueil de Psaumes et camiqufis spirituels^ Halle, 1740, qu'il faisait chanter à ses paroissiens, on a de lui un ouvrage posthume : Le prédicateur évangélique ou sermons pour les dimanches et les principaies fètes^ Bâle, 1735; Montbéliard, 1750, 1754 et Paris, 1821, quatre vol. in-8°. Là biographie placée en tête de rédîtion de 1754 fut supprimée par leconseil de régence, parce que Duvernoy y faisait l'apologie des doctrines piétistes et moraves ; elle a été rétablie dans l'édition de 1821 publiée sous les auspices de Frédéric Monod. Au point de vue de la tractation du texte, ces sermons, d'ailleurs médiocres et trop longs, inaugurèrent un déplorable système, qui n'a été que trop suivi par les prédicateurs du Réveil, et n'a pas peu contribué à former ce qu'on appelle le patois de Canaan, savoir l'aliégorisation ou la spiritualisation des textes bibliques. S'agit-il dé la naissance du Sauveur (Luc II, 1-14) et de sa circoncision (Luc II, 21)? Ces passages deviennent pour Nardin le prétexte de deux discours dont l'un est intitulé « la circoncision spirituelle», et dont l'autre roule sur la naissance de Jésus dans les âmes. S'agitil de la guérison du sourd-muet (Marc VII, 31) et de la résurrection du fils de la veuve de Naïn (Luc Vil, 11-17) ? Nardin écrit un sermon sur la « guérison de l'âme », et un autre sur la « première résurrection de l'homme » ou résurrection spirituelle, etc. Ce grave défaut, d* autant plus choquant qu'il s'allie souvent à une ferme croyance en rinspiration des saintes Écritures, est en partie imputable à l'Eglise luthérienne qui ne laisse pas le choix du texte à ses prédicateurs. 11 aurait pu être racheté soit par la vigueur de la pensée, soit par l'élan oratoire ou par l'élégance de la forme ; mais on ne trouve rien de semblable dans les sermons de Nardin. L'éloquence lui est pour

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ainsi dire inconnue; il pratique le genre simple avec bonhomie, heureux pourvu qu'il puisse, tant bien que mal, rattacher au sujet qui lui est imposé son idée favorite, savoir celle de la nouvelle naissance. 11 eut été bien étonné si on lui avait fait observer que, en détournant le sens clair, évident, de TEvangile, et en tirant de tels et tels passages des applications qui n'y sont pas contenues, il renchérissait sur la parole divine. Malgré tout, ces sermons ont édiûé bien des âmes : cet heureux résultat ne devrait-il pas désarmer la critique ? Non certes ; car ils en eussent certainement édifié davantage encore et leur action eut été plus durable, si Tauteur s'était soumis aux règles d'une saine interprétation. Bien plus sévère que nous sous ce rapport, Claude disait dans son premier sermon sur la parabole des noces : « Ces manières allégoriques et paralléliques, si j'ose ainsi parler, sont d'ordinaire de méchants jeux d'esprit qui ont le malheur de ne plaire à personne, et qui de plus n'édifient nullement la conscience. » — Voir la biographie de Duvernoy, la France prot^ et Borner, Hisl. de la théologie prot,, traduite par A.Paumier, Paris, 1870, in-8«>. 0. Douen.

NATAL ou NATALIGE, nalalis dies^ natalitium^ le jour de la naissance. Les anciens chrétiens ont désigné par ce mot le jour du martyre ou de la mort d'un fidèle, parce qu'en mourant les fidèles ont commencé une vie nouvelle et sont entrés en possession d'un bonheur éternel. Ils ont désigné aussi par ce même mot la fête célébrée pour un saint, quoique ce ne fût pas le jour de sa naissance. Par analogie ce mot a été appliqué à d'autres fêtes : ainsi on a nommé natale episcopaïus le jour anniversaire de la consécration d'un évêque ; nataHs calicis, la fête de l'institution de l'eucharistie; le natal d'une église, natalitium ecclàsiœ, la fête de la dédicace d'une église; le natal delà chaire, uatalis cathedra, la fête de la chaire de saint Pierre ; les quatre nataux, quatuor tiaiolia^ les quatre grandes fêtes de l'année : Noël, Pâques, la Pentecôte et la Toussaint.

NATALIS (Noël) ALEXANDER, célèbre dominicain, né à Rouen en 1639, fut un des plus savants et des plus laborieux écrivains de son temps. Envoyé par son ordre à Paris, il y enseigna la philosophie et la théologie au couvent des jacobins et conquit en 4675 le grade de docteur en théologie. Sa thèse sur la Simonie était dirigée contre le jésuite Launoy. Golbert, frappé de son talent, Tadjoignit aux maîtres chargés de former son fils, qui devint dans la suite archevêque de Rouen, et l'engagea à se vouer à l'étude de l'histoire de l'Eglise. Natalis entreprit, à cet effet, un vaste travail qui commença à paraître en 1677 sous le titre de Selecta hislorias ecclesiaslicœ capita ei in loca ejusdem insignia dissertation es historicx, criiicas, dogmaticdS^ e^ dont le XXIV« volume, qui va jusqu'à la fin du concile de Trente, fut publié en 1686. L'ouvrage, l'un des meilleurs qui soient sortis de l'école gallicane, est moins un récit suivi qu'une série de dissertations sur les points les plus importants de l'histoire de l'Eglise, avec un caractère polémique assez prononcé. Si l'érudition de l'auteur est incontestable, l'esprit de critique et Timpartialitédans les jugements

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lui font complètement défaut. Il compléta plus tard son œuvre par six volumes traitant de Tbistoire de Tancienne alliance. Elle parut en 1699 à Paris sous le nouveau titre Historia eccies, veteris Nooique Tesiamenti, 8 vol. in-fol. et 28 vol. in-S**, et fut réimprimée à Lucques en 1754, avec des notes de Constantin Roncaglia qui combattent certaines vues jansénistes de Natalis, ce qui Ût retirer, à la date du 8 juillet 1754, Touvrage de Tindex où il avait été mis parles, brefs d'Innocent XI de 1684, 1685 et 1687. Il existe du même auteur une Theologia dogmatica et moraliSy Paris, 1703, 2 vol. in-fol., et 11 vol. rn-8''; Commentaria in Evaugelia et Epistolas S» Pauli, Paris, 1703 et 1710, 2 vol. in-fol. ; des Prœcepla et régula ad prxdicaiores verbi divini infnrrnandos, eic,^ etc. On a publié un catalogue complet et raisonné de ses œuvres à Paris, en 1716, 1 vol. in-4°. Natalis qui en 1706 avait été nommé provincial de son ordre, fut empftché, à partirde 1712, par rétat de ses yeux, de continuer ses savants travaux. Il mourut le 21 août 1724, à Tâge de 86 ans, au couvent des jacobins. — Voyez Nicéron, Mémoires^ XXIII ; le P. Touron, Hisl. des hommes illustres de Cordre de saint Dominique^ V, 805;

NATHAN, prophète hébreu, conseiller et confident du roi David. Il détermina ce prince à renoncer à la construction déjà projetée du temple (2 Sam. VII), et lui reprocha le crime dont il s'était rendu coupable en faisant périr Urie et en abusant de Bethsabée (2 Sam. XII). Il fut le précepteur de Salomon (2 Sam. XII, 25), qu'il engagea David à reconnaître pour son successeur à la place d'Adonias, et qu'il sacra roi de ses propres mains (1 Rois, I, 34). D'après 1 Ghron. XXX, 29 et 2 Ghron., IX, 29, Nathan aurait composé des annales des deux règnes de David et de Salomon. — Il y a beaucoup d'autres personnages de ce nom mentionnés dans laBible, entre autres un Nathan, fils de David et de Bethsabée, père de Mathatha (2 Sam., V, 14 ; Luc, III, 31), ainsi qu'un des principaux des Juifs qui revinrent de Babylone avec Esdras, et qui furent envoyés par lui vers Eddo afin qu'il leur donnât des Natjiinéens pour le service du temple (1 Ësdras VIII, 16, 17).

NATHANAEL. Voyez Barthélémy,

NATHINÉENS, Nethinim, NaOïvaTue, nom que portent dans les livres sacrés postérieurs à l'exil les lévites voués aux bas offices du temple (1 Ghron. IX, 2; Esdras II. 43 ; VII, 7 ; Néh. VII, 46 ; chez Josèphe, Aniiq,, 11, 5, 1 : UpoSouXoc). Us résidaient tant à Jérusalem (Néh.. m, 26, 31 ; XI, 21) que dans les villes .lévitiques (Esdras II, 70 ; Néh. VII, 73). D'après Esdras VIII, 28, les Nathinéens avaient été proposés {iradiii, de là leur nom, de nâthan, donner) par David et d'autres rois pour seconder les lévites dans le service du sanctuaire, et dans Esdras II, 58 ; Néh. VII, 60 : XI, 3, se trouvent nommés conjointement avec eux des serviteurs de Salomon, également voués au service du temple. On peut donc se représenter sous ce nom des prisonniers de guerre, attachés en qualité de serfs au temple. Les Gabaonites, que Josué avait attachés au sanctuaire en qualité de charpentiers et de porteurs d'eau (Jos. IX, 21 ss.), formaient probable-

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ment le noyau de ces Nathinéens. D'après le Talmud, ils étaient très méprisés et ne pouvaient épouser aucune Israélite. — Voyez Schrœder, De NeihinœU, Marb., 1719 ; Will, De Nethinxis Leviianm famuliSr Alt., 1745, Winer, Realwœrterbuch ; Galmet, Diction, de la Bible. NATIVITÉ. Voyez NoêL

NAU (Michel), missionnaire français, né à Paris en 1631, appartenait à une célèbre famille de traitants ; son bisaïeul avait été ennobli pour ses bons services par Henri IV, et son père exerçait dans la capitaleles> fonctions de receveur général. Le jeune|homme, qu'animaient de tout autres pensées, entraenl656dansla compagnie de Jésus, el fut chargé par elle de diriger l'éducation de deux princes de la maison deLongoe* ville,mais il ne put dans son ardente dévotion se contenter d'une tâche aussi facile, si bien qu'il demaada à ses supérieurs d'être attaché aux missions d'Orient. Ceux-ci, charmés de son zèle, remployèrent saccessivement en Syrie, en Mésopotamie, en Perse, en' Arménie ; mais les nombreuses conversions qu'il opéra soulevèrent le fanatisme musulman. Nau ne revint en France qu'en 1682, lorsque sa santé eutété ruinée par son périlleux apostolat pour mourir à Paris le 8 mars 1683. Ses impressions de voyageur furent consignées dans une série d'ouvrages favorablement accueillis par le public pieux : Voyage nouway^ dans la Terre Sainte, enrichi de plusieurs remarques servarU à finuUi' gence de la sainte Ecriture^ Paris, 1679, in-12 ; Ecclesix Romanœ Grxcxr que vera f^ffigies et consensus ex variis tum recentibus tum antiqui monumentis accessit religio chrisiiana contra alcoranum defensa^ Paris, 1680, in-4°; Lélat présent de la religion mahométane, Paris, 168â, traduction amplifiée de l'ouvrage précédent.

NAUDË (Philippe), mathématicien et théologien, né à Metx le 28 décembre 1654, mort à Berlin le 7 mars 1729. Entré comme page à la cour de Saxe-Ëisenach, à l'âge de douze ans, il reçut la même éducation que les princes durant quatre années, au bout desquelles son père le rappela. Il apprit sans maître le latin, les mathématiques et la théologie. A la révocation il quitta la France avec sa femme, se retira à Saarbruck,puis àHanau et enfin à Berlin. 11 y fut nommé professeur de mathémathiques en 1687, et attaché à l'académie des sciences en 1704. On a de lui un certain nombre d'ouvrages en français et d'autres en allemand. Voici les principaux iJiîédiiatiomsmm sur la paix de Vdme^ Berlin, 1690, in-12 ; Morale évaiigélLque opposée a quelques morales philosophiques publiées dans ce siècle, Berlin, 1690,in-S*; Hist, abrégée de la naissance el des progrès du Kouakérisme y Coïogn&fi^ in-8° ; La souveraine perfection de Dieu dans ses divers attributs et ^ parfaite intégrité des Écritures prises aux sens des anciens réformés défendue par la droite raison contre louXes les objections des Manichéens répandues dans les livres de Bayle, Amsterd., 1708, 2 vol. in-12. Dans cet ouvrage, Naudé, plus calviniste que Calvin lui-même, prend hautement la défense du supralapsarisme contre Du Moulin, Daillé, Claude, et ne recule pas devant la monstruosité dialectique en vertu de laquelle Dieu est auteur du péché ; Examen des deux traités nouvellement mis au jour par M. de la Placette, Amsterd., 1713, i vol.

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in-lâ. Pour avoir relevé la personnalité humaine anéantie dans le système calviniste, la Piécette est i^ccusé d'horribles blasphèmes contre Dieu. Enfin le champion de Torthodoxie la plus outrée prit contre Bayle la défense de Tintolérance et publia une Réfutation du commentaire philosophique, Berlin» 1718. in-8*. — y oiv Bibliothèq , germaniq.^ XXXVI, 117; Ghaufepié, Nouv. Diction.; Niceron, Jf^m., XLU ei France proi. 0. Douen.

SATAHRB. Voyez Béarn.

S AVI6ATI0N. Partout où TAncien et le Nouveau Testament parlent de navires, et ils les mentionnent fréquemment, on voit que la navigation était chose étrangère aux Hébreux. Il est question tantôt de petites barques à rameurs (oui), tantôt de navires p)us grands à voiles ou à rameurs, navires de guerre (Nombres XXIV, 24) ou navires de commerce, . parmi lesquels on citç particulièrement ceux qui faisaient le voyage de Tharsis (voir cet article), mais qui visitaient aussi d'autres places de commerce (2 Chron. IX, 21 ; XX, 36; 1 Rois IX, 27 ; X, 11, etc.); cf. surtout Ritter, Erdkunde, Berlin, 1846. — Les Israélites étant particulièrement adonnés à Tagriculture et à la vie nomade, ne prêtaient que peu d'intérêt à la navigation et aux entreprises commerciales. Quoique leur pays fût situé sur les bords de la Méditerranée, ils n'essayèrent pas même de se mettre en possession des ports voisins et de tirer profit du voisinage de la mer. Les ports de mer, Gaeza, Askalon, Jamnia, Joppé, Dor, Akkô, Tyr étaient et restèrent presque sans interruption entre les mains des Philistins et des Phéniciens. On ne sait jusqu'à quel point les tribus de Zabu- Ion, de Dan et d'Asser prirent part au commerce et à la navigation dans les anciens temps, soit pour leur propre compte,, soit comme tributaires des Phéniciens ; les passages Gen. XLIX, 13; Deut. XXXIIU 19; Juges V, 17 ne sont pas assez précis pour nous permettre une conclusion quelconque à ce sujet. Dans ses guerres avec les Philistins, David ne profita pas de ses victoires pour s'emparer des ports de mer ; il leur laissa même Joppé qui ne devint un port juif que du temps de Simon Macchabée. Josèphe enfin rapporte (De bello judaïco, l, 21 ss. ; Antiq,, XVII, 5,1) queHérode le Grand construisit le port de Gésarée, dont il est question dans l'histoire de saint Paul (Actes IX, 30 etc.). En général le peuple ne prenait aucun intérêt aux entreprises commerciales et l'expédition équipée àEziongéber, sous le règne de David ^ est un fait tout à fait*isolé. G'est Salomon qui, le premier, de concert avec le roi de Tyr Hyram, expédiait régulièrement d'Ëziongéber et d^Elath des navires vers Ophir ; l'équipage était en grande partie phénicien et le roi de Tyr retirait la grande part des bénéfices de ces expéditions. Plus tard le roi Josaphat de Juda tenta, sans le secours des Phéniciens, une nouvelle course vers l'Inde, mais les dix navires de Tharsis qu'il équipa furent détruits par la tempête avant d'être sortis du port, ce qui découragea le roi au point qu'il refusa d'entrer en négociations avec Achazia pour l'équipement d'une flotte de cx>mmerce (1 Rois XXII, 49 ; 2Ghron. XX, 35 ss.).En générul il est peu probable que les Juifs se soient lancés dans de grandes courses mari

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