NAVIGATION
times, quoique Jonas ait entrepris de s'enfuir à Tharsis et que la description de la tempête (Ps. CVU) nous laisse l'impression que Tauteur parle de ses propres impressions. Quant à la navigation intérieure sur le lac de Génézareth, elle a dû être très active, si ron en juge par le Nouveau Testament ; ce n'étaient pas des barques de pêcheurs seulement qui le traversaient, mais encore des barques de guerre pour défendre telle ou telle ville contre les attaques des ennemis (voy. Josèphe, De BeltojadaïcOy III, 10,1.9). C'est après la perte de leur indépendance politique que les Hébreux commencèrent à se livrer au commerce et à se disperser au delà de leurs frontières. Il n'est pas sans intérêt de lire les notices éparses dans la Bible sur la construction des navires et sur Tétat de la navigation ; on les trouve dans l'Ancien Testament : Ezéchiel XXVII, et dans le Nouveau : Arles XXVIl et XXVIII; cf. Herzog, Realencyclopxdie , XIII, 551 ; Ihlemann, Handbach der ^gypl, Alterlhumskunde (Leipzig, 1857-58). Les navires les plus grands et les mieux équipés étaient ceux de Tyr, que le prophète compare elle-même à un magnifique vaisseau. Le revêtement intérieur en était en bois de cyprès qu'on tirait du grand Hermon; les cèdres du Liban fournissaient les mâts (tôr en). Les rames, en bois de chêne de Basan,' étaient mises en nnouvement par les matelots ; la voilure et les pavillons, en lin d'Egypte brodé, étaient suspendus au mât. Au-dessus du pont (khérès) on tendait contre les rayons du soleil une tente qui, sur les barques de cérémonie, était faite de tapis de pourpre rouge et blanche. Les petites barques égyptiennes dont parle Esaïe (ch. XVIII) étaient faites partie en roseaux, partie en bois et marchaient très rapidement (Job IX, 26): mais on ne s'en servait que sur le Nil et les marais, et elles pouvaient contenir au plus deux ou trois personnes ; elles étaient néanmoins munies de voiles et se transportaient à dos d'hommes pour éviter les cataractes du Nil. Les transports du Nil, tele^ue les décrit Hérodote sous le nom de Baris, étaient plutôt des bacs en bois, avec des voiles en papyrus. L'équipage (mollakhim) comprenait les rameurs et les pilotes (khobelîm), dont le chef (rabhakobèl) était souvent le capitaine même du navire. Quant aux navires au long cours, ils devaient avoir un fort tonnage, si l'on en juge du moins par celui qui devait mener saint Paul à Rome, car outre un chargement assez considérable, il portait encore deux cent soixante-seize hommes. Les navires destinés au commerce étaient plus larges et plus profonds que les navires de guerre qui étaient plus longs, destinés qu'ils étaient à une course plus rapide. Ils portaient des voiles et étaient munis de deux, quelquefois de quatre gouvernails, dont deux à l'avant et deux à l'arrière. On les dirigeait au moyen de cordes qu'on relâchait, si le navire devait prendre sa course. La voile d'artinoon, suspendue au haut du mât, devait modérer la violence du vent. Chaque navire portait des armes qui représentaient le plus souvent l'image d'une divinité et étaient sculptées à la proue terminée en pointe. Faisaient partie aussi de l'armement d'un navire les ancres (primitivement de grosses pierres retenues par des cordes), la sonde