‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 103 sur 170 · KINGSLEY · texte numérisé non relu

KINGSLEY

écrits a exercé une immense influence. Appelé en 1860 à une chaire d'histoire moderne à Tuniversité de Cambridge, il eut le prince de Galles comme élève et comme auditeur, et les étudiants se pressaient en masse à ses cours. Il avait été nommé, un an auparavant, chapelain de la reine, puis chanoine de Chester et enfin, en 1873, chanoine de Westminster, mais à Eversley comme à Cambridge, à Londres comme à Chester, sa riche éloquence, sa parole ardente et persuasive attirait les foules. Kingsley est bien connu comme fondateur de ce que ses adversaires ont appelé, non sans dérision, le « christianisme musculaire. » Convaincu de Faction qu'exerce, sur Tâme et sur Tintelligence, la saine vigueur, l'énergie corporelle, il s'est montré le promoteur infatigable de toutes les réformes sanitaires et de toutes les améliorations sociales. Lors de l'agitation chartiste en 1848, il joua, avec le célèbre théologien Maurice, un rôle des plus importants. Us fondèrent tous deux un journal, le Socialiste chrétien, oh Kingsley dépensa ses forces et son talent à défendre la cause des ignorants et des déshérités, tout en combattant chez eux l'esprit de révolte et l'emploi de la force. Personne peut-être n'a réuni au môme degré que lui l'amour du passé pour la tradition et l'enthousiasme pour le progrès et les idées nouvelles. En religion comme en politique, comme dans le domaine social il a trouvé moyen d'allier un attachement même excessif aux coutumes, aux mœurs des siècles écoulés à une acceptation loyale et empressée des conquêtes de l'esprit moderne. De là, il faut bien le dire, les étonnantes contradictions qu'on peut sans cesse relever chez lui et dont il n'a jamais eu conscience. On le range, et non sans raison, parmi les théologiens de la Broad Church, ce qui ne l'a pas empêché de prendre fait et cause pour l'usage obligatoire du Symbole d'Athanase dans l'Eglise, et d'autre part nous le voyons apprécier certaines pratiques ritualistes et même s'y conformer jusqu'au moment où la loi les interdira. Il ne faudrait donc pas demander à Kingsley un système logique et précis. Sa nature exubérante a débordé tous les cadres. Chez lui, l'imagination et le cœur dominent et se retrouvent dans ses ouvrages scientifiques et dans ses sermons aussi bien que dans ses romans et dans ses poésies. L'amour de Dieu envers sa créature et envers la création, l'amour des hommes entre eux : telle est, pour Kingsley, la solution lumineuse de tous les problèmes, et devant cette éblouissante clarté disparaissent à son regard les objections et les difficultés qui arrêtent le penseur. Quand il mourut, à Eversley, le 21 janvier 1875, ce fut un deuil national. L'écrivain avait été souvent et vivement attaqué; l'homme n'avait pas d'ennemis et tous les partis rendirent justice à l'élévation de ses sentiments, à la pureté et à la noblesse de sa vie. L'épitaphe qu'on mit sur sa tombe résume excellemment l'histoire de sa trop courte existence : Arnavimus, Amamus, AmabimiiSy et on inscrivit au-dessus ces paroles qui avaient été le fondement môme de sa foi : « Dieu est amour. » — Kingsley a énormément écrit. Ses romans : Yeastj Altœi Locke^ Hypaiia,Westward ffq, Two Years ago^ Htreward tht Wake sont bien connus. Il a fait paraître huit ou dix

Page 1