KNOX
instances de ses amis, il yoalut rentrer dans sa patrie. Arrivé à Dieppe, il reçut un message qui le dissuadait de s*embarquer. Il resta donc en France quelque temps, prêchant dans la langue du pays qu'il connaissait suffisamment ; il exerça le ministère pastoral à Dieppe môme, avec Delaportè pour collègue, et leurs travaux amenèrent la fondation d'une Eglise florissante. Ses regards se tournaient néanmoins vers l'Ecosse, et il publia divers écrits à l'adresse de ses compatriotes. Le signal qu'il attendait lui fut enfin donné, et, le 2 mai looy, u remettait le pied sur cette terre écossaise qu'il ne devait plus quitter. L'heure était solennelle. L'Angleterre, qui sortait de la réaction catholique du règne de Marie, était le point de mire de la papauté et des puissances catholiques du continent, dont les intrigues et les entreprises devaient aboutir finalement au désastre de l'Armada en 1588. C'est sur l'Ecosse que se portait en ce moment l'effort principal de la coalition ; car de ce côté l'Angleterre semblait vulnérable. Si les Guises avaient pu retenir l'Ecosse dans le giron romain, elle eût été comme une tête de pont fortifiée, par où l'armée papale eût passé pour aller frapper au cœur la cause de la Réformation. Marie Stuart arriva de France le 21 août 1561 , pour prendre possession du trône de ses ancêtres. Jeune, belle, douée d'une grâce qui fascinait tous ceux qui l'approchaient, elle commença son règne au sein de la faveur universelle. Les protestants eux-mêmes se laissaient aller à espérer. Mais, sous des dehors enchanteurs, elle cachait une volonté inflexible et sa vive intelligence était au service de 'Rome ; elle avait dans le sang le fanatisme des Guises, fortifié par l'éloignement qu'inspirait à sa nature amie du plaisir les mœurs austères de la nouvelle religion. Ce fut Fénergie et la sagesse de Knox qui écartèrent les dangers que faisait courir à la cause de la réforme en Ecosse l'avènement de cette reine qui avait à sa disposition, non seulement tontes les fascinations de la grâce et de la beauté, mais encore les conseils» Tor et, au besoin, les armes de la France. Les douze années qui s'écoulèrent du retour de Knox (1559) à sa mort furent la période capitale de sa vie. Elle furent remplies de travaux de toute espèce, prédications incessantes, organisation des Eglises, établissement et développement des écoles et des universités, composition d'écrits religieux, luttes ardentes et vigilantes contre les intrigues de la cour, correspondance active avec les amis de la Réforme au dehors et au dedans. 11 est impossible de résumer ici l'activité si multiple de ces années» pendant lesquelles le réformateur sembla mener de front plusieurs existences distinctes. Ne pouvant pas se fixer à Edimbourg dès son retour de France, il visita le pays, et sa présence suffit à décider les habitants d'un grand nombre de villes à se prononcer pour le protestantisme, qui fut reconnu par le Parlement en 1560. Revenu à Edimbourg, où il exerça les fonctions du ministère, Knox continua à être l'âme du presbytérianisme écossais. Marie Stuart essaya vainement d* exercer sur lui cette puissance de fascination qu elle possédait à un si haut degré. Dans ses entrevuesfavec elle, il savait allier le respect du sujet à la franchise qui sied à un ministre de Dieu, et