‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 109 sur 170 · KNOX · texte numérisé non relu

KNOX

plus d* une fois il exhorta à la conversion la jeune et frivole souveraine, au milieu même de ses courtisans. On a accusé d'insolence le réformateur^ et Ton a représenté ses entrevues aveC Marie Stuart comme ayant un caractère quasi-inquisitorial. Il suffit, pour faire justice de ces allégations, de se rappeler que ces entrevues n*eurent lieu que sur la demande de la reine et ne se répétèrent qu'autant qu'elle le désira. Quel que soit l'intérêt mélancolique qui s'attache à.la destinée tragique de Marie, victime plus encore d'une nature passionnée et d'une mauvaise éducation que de la haine jalouse de sa cousine Elisabeth^ l'histoire impartiale doit reconnaître que c'est la cause de la vérité et de la liberté qui triompha par la défaite de Marie Stuart et de son parti. Pendant les troubles qui marquèrent le règne de Marie et l'enfance de Jacques VI, Knox n'eut d'autre préoccupation que l'extension de la foi évangélique dans le pays. Les événements politiques n'attirèrent son attention que dans la mesure où ils affectaient les intérêts de la Réformation. S'il ne comprit pas plus que ses contemporains la nécessité de séparer la politique de la religion, il demeura chrétien incorruptible dans la part qu'il prit à la politique de son pays. La santé de Knàx qui, comme celle de son ami Calvin, avait toujours été'chancelante, acheva de s'user dans ces luttes et dans ces travaux incessants qui remplirent sa vie. La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélémy fut pour lui un coup terrible. 11 dénonça du haut de la chaire la vengance de Dieu contre le roi de Franco, meurtrier de son peuple. Malgré une légère attaque d'apoplexie, il continua à prêcher aussi longtemps qu'il put monter en chaire. Une semaine avant sa mort, son collègue, les anciens et les diacres de son Ëglise vinrent dans sa chambre recevoir ses derniers conseils. « Le jour approche, leur dit-il, et il est venu, après lequel j'ai fréquemment et véhémentement soupiré, le jour où je serai déchargé de mes grands labeurs et de mes innombrables tristesses» et où je serai avec Christ. Et maintenant Dieu, que j'ai servi en esprit dans l'Evangile de son Fils, m'est témoin que je n'ai rien enseigné d'autre que la vraie et solide doctrine de l'Evangile du Fils de Dieu et que j'ai eu pour unique objet d'instruire les ignorants^ d'affermir les fidèles^ de consoler les affligés et les timides par les promesses de la grâce et de combattre l'orgueil et la révolte en leur dénonçant les jugements de Dieu. Je sais qu'on s'est souvent plaint de ma trop grande sévérité ; mais Dieu connaît que mon cœur a toujours été pur de haine à l'égard de ceux que j'ai été obligé de menacer des jugements divins. » Le 24 novembre 1572 fut son dernier jour ici-bas. Il se fît lire la prière sacerdotale et mourut paisiblement, en adressant aux amis*qui entouraient son lit des paroles de foi et d'espérance. — Les écrits de Knox ont peu de valeur littéraire. Le meilleur est son Histoire de la Réformatian en Ecosse^ publiée longtemps après sa mort (Londres, 1644, in-f*; Edimbourg, 1732). Elle a été rééditée par David Laing (Edimb., 1846, 2 vol.). ci C'est, nous écrit le docteur John Rer, d'Edimbourg, dans des notes auxquelles nous avons fait de nombreux emprunts, c'est un livre pittoresque, écrit

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avec une vigueur et une fraîcheur remarquables, rempli de pensées et d'expressions incisives, de vivacité et de saillies, qui nous révèlent en queFque mesure le secret de la puissance que posséda sa parole sur le peuple. » Ses traités pratiques, qui sont moins lus, sont inspirés par un sentiment religieux plein de ferveur. Pour ce qui est de ses pamphlets polémiques, leur tâche est finie depuis longtemps et ils n'intéressent plus que les archéologues. La grande œuvre que Knox a laissée derrière lui c'est le pays et l'Eglise qu'il aima tant et auxquels il consacra sa vie entière. 11 trouva le peuple écossais fier de l'indépendance nationale que lui avait conquise son grand héros Wallace, mais ignorant, grossier, en proie à la rapacité de ses nobles et dupe de prêtres immoraux. Il fit passer en lui une nouvelle vie, et lui inculqua cet amour de l'indépendance qui a pu défier toutes les tyrannies. L'Eglise qu'il a réformée a eu une existence singulièrement agitée, et finalement l'esprit d'indépendance qu'il lui inspira a brisé le moule d'une uniformité extérieure. Mais chacune des fractions du protestantisme écossais se réclame de lui et a la prétention de représenter son esprit mieux que ne le font les autres. La force des choses amènera chez toutes cette liberté chrétienne qu'il poursuivit, et alors pourra venir aussi cette unité qui fit partie de son idéal. C'est de Knox également que les Eglises ont appris cette importante leçon qu'elles doivent puiser leur force, après Dieu, dans le peuple chrétien, sous peine de périr. Ce fut en effet sur la conscience nationale que s'appuya le réformateur pour tenir tête à une noblesse égoïste et à une royauté hostile. Avec la clairvoyance d'un homme d'Etat, il jeta les bases d'un large système d'éducation qui devait donner à tous la faculté de lire la Bible et permettre aux fils des paysans et des ouvriers de s'élever, degrés après degrés, jusqu'à l'instruction universitaire. Si le réformateur écossais fut inférieur à bien des égards à Luther et à Calvin, il emprunta à tous deux quelques-unes de leurs plus grandes qualités, et son œuvre égala la leur, si on les juge par l'infiuence qu'elles ont exercée dans le monde. Eminent par son énergie et son courage, sa pénétration et sa sagacité, il mérite surtout l'admiration par l'intensité et la ferveur de sa foi. Le régent Morton fit de lui le plus bel éloge lors de ses funérailles : « Ici repose, s'écriat-il, celui qui ne redouta jamais la face d'un homme. » — Les matériaux pour l'histoire de Knox et de son temps ont été en partie indiqués à l'article Ecosse, L'ouvrage capital sur le sujet est celui du docteur Mac-Crie. Le caractère du réformateur a été l'objet d'études plus récentes de la part des historiens Carlyle et Froude .

Matth. Lelièvre.

KNUTZEN (Matthias), philosophe sceptique, né à Oldensv^orth, dans le duché de Holstein, vers 1640. Après avoir étudié la philosophie et la théologie à Kœnigsberg» il prêcha publiquement l'athéisme à léna où il se rendit en 1674. 11 donna le précis de son système dans une lettre datée de Rome, et que La Croze a insérée en latin et en français, dans ses Etitreiieris sur divers sujets d'histoire, de liuércuure, de religion et de critique, 1683. Dans cette lettre, Knutzen nie rexistence

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de Dieu, l'immortalité de Tâme, Tautorité de rEcriture sainte, et n'admet que Tautorité de la conscience. De là vient qu'il donna le nom de consciencieux {comcientarii) aux partisans de la secte qu'il se vantait d'avoir fondée et qu'il porte au nombre de 700, tant bourgeois qu'étudiants. Line enquête établit l'erreur de cette assertion; mais l'université d'Iéna crut de son devoir de publier un Mémoire pour justifier sa réputation. Hartnack {Hist. eccles.^ p. 2289) a cru pouvoir résumer la doctrine de Knutzen dans les six propositions suivantes : 1^ Non esse Deum neque Diabolum ; 2^ magistiatum nihilxstimandum, templa contemnenda, sacer dotes rejiciendos; 3'* loco magistratus et loco sacerdotum esse scientiam el rationem cum conscientia conjunctam^ quœ doceai honeste vivere^ neminemlœdereetsuumcuique tribuere; 4** conjugium a scortatione niMl differre; 5"* unicam esse vitam: post hanc nec prxnnum nec pœnam dari ; 6° scripturam sacram secum ipsam pugnare. A partir de l'année 1674, on n'a plus aucun renseignement sur Knutzen : on ignore entièrement quelle a été sa fin. On a de lui : i"" EpisLola amici ad amicum, dont nous avons parlé plus haut, et qui a paru séparément à Rome, en 1674 ; 2° Convenaiion entre un hôtelier latin ( catholique romain ) et trois hôies d'une religion différente, Altona, 1674 ; 3° Conversation entre un aumônier de régiment (De Brunner) et un écrivain latin, 1673 ; 4'' Schediasnia de lachrymis Chrim, 1674. — Voyez Musaeus, Ablehnung der ausgesprengten alh scheulichen Verlxumdung, ob wœre in der Universilxt lena eine neue Sekte der sogenannlen Gewissener entstanden, léna, 1674, 2* éd., 1675; Adelung, Gesch, der menschl. Narrheit., VI, 207 ss.; Bayle, Dictionnaire; ainsi qu'un article dans la Neue Monatsschrift de Berlin (avril et août 1801), et un autre de H. Rossel, dans les Studien u, Kritiken, 1844, H. 4.

KŒNIGSBERG. Voyez Universités allemandes.

KŒPFEL. Voyez ^ apiton.

KOLLENBUSGH (Samuel) [1724-1803], théologien mystique célèbre, né à Wichlinghausen, près Barmen, d'une famille pieuse de négociants, étudia la médecine à Duisbourg et à Strasbourg, se passionna pour les ouvrages des mystiques et des alchimistes, et, retenu par une constitution très délicate, se fixa à Barmen où il s'occupa surtout da propager par ses paroles et par ses écrits ses convictions chrétiennes. L'influence de Tersteegen, de B'engel, de Jacob Bœhme, est très visible dans les ouvrages de Kollenbusch dont quelques-uns seulement ont été imprimés {Erklxrung biblisclier Wahrheiten, Elberf., 1807 ss., 9 cahiers; Ooldene /Ep félin silbernen Schalen, publié à Barmen, 1854 ; des articles dans la revue de Hasenkamp, Wahrheit zur Gottseligheit, Brème, 1827 ss.). Ses disciples les plus connus sont Menken et les frères Hasenkamp. — Voyez Mitiheilungen aus dem Leben u. Wirken des sel. S. Kollenbusch, Barmen, 1853; Krug, Die Lehre des Dr. Kollenbusch, nebst verwandien Richtungen, Elberf., 1846 ; du même, Krii, Gesch, derprot.-relig. Schwœrmerei u. Sektirerei im. Grossh.Berg, Elberf., 1851 ; Gœbel, Gesch. des chrisiL Lebens in der rhein.-westph.

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evang, Kirche, 1849, 1, et son article dans la Reaî-EncykL de Herzog, VIII, 19 ss.

KORTHOLT (Christian), théologien luthérien, né à Bprg, dans le Holstein, en 1632, mort à Kiel en IS^-i, professa d'abord la langue grecque à Rostock, où il fut reçu docteur (1656), puis la philosophie et les antiquités eoclésiastiques à Kiel (1666). Il a laissé une Historia ecclesixNovi Tesiamenli qui a été publiée après sa mort (Lips., 1697)> et un certain nombre de monographies historiques fort estimées, parmi lesquelles nous citerons : De persecutionibus ecclesisB primiiivx^ veterumque martyrum crueiatibus^ Jen., 1660; Kiel^ 1689 ; trad. allem., Kiel, 1698; De Neslorxanismo^ Rost., 1662; Paganus obtrtciawr^ sivede calumniis gentilium in veteres christianos libri lil, Kiel, 1698; Liibeck, 1703. Ses traités: De canonee. scripiurx, Rost., 1665; Disquisitionet Anli'-Batonianœ, Kiel, 1700, 1708, etc., ont un caractère polémique. Au déisme naissant, Korthold opposa son pamphlet De tribus imposto^ ribus magnis (Cherbury, Hobbes et Spinosa); enfin son Tractatus theo^ logica-histarioihphilologicus de variis s. scripturx editionibus, in quo de îexiu dioinarum lUterarum originario, diversis ejm translationibus et celebriariàus operibus biblicis agitur, Kiel, 1668; 2* éd., 1686; et son Prodromus ingenui theologix culloris academicus^ seu de adparcUu ad studium sacrosanctx iheologùè^ Francf., 1704, sont des maniiels à Tusage des étudiants. — Voyez Lindemann, dans les Memoria theo^ logorum nostra xiate clarissinwrum de Pipping, Leipz., 1705, p. 571 ss., où se trouve le catalogue complet des ouvrages de Kortholt ; Nicéron, Mémoires, tome XXXI ; Bayle, Diction.; Schrœckh, Kirchengesch., ï, 173.

KOSMâS ou Gosme, marchand d'Alexandrie, qui vivait du cinquième au sixième siècle. Il fut surnommé Indicopleustes, à cause du voyage qu'il entreprit dans les Indes. Il quitta plus tard le commerce pour embrasser l'état monastique, et composa plusieurs ouvrages, dont le seul qui soit parvenu jusqu'à nous est intitulé Topographie chrétienne, où il établit le système le plus bizarre sur la figure de la terre : il lui donne la forme d'une cage dont le ciel formerait le toit. On y trouve néanmoins quelques descriptions géographiques assez exactes, notamment celle de File de Geylan. Montfaucon en a donné une édition (Paris, 1707, in-4o). — Voyez Cellier, Ilisi. des oui. sacr. et ecclés., XVI, 347 ss.; Richard et Giraud, Diction, histor., ad vocem Cosmos, où l'on trouve une analyse détaillée de la Topographie chré" tienne.

KRAFFT (Jean-Ghrétien-Gottlieb-Louis), né à Duisbourg en 1784, mort à Ërlangen en 1845, l'un des promoteurs du réveil religieux dans la Bavière. Après avoir terminé ses études à Duisbourg et exercé les fonctions de précepteur dans la famille de Neufville, à Francfort, il fut nommé pasteur de la communauté réformée de Weeze, près de Clèves, et, en 1817, il passa, dans cette môme qualité, à celle d'Erlangen ; il professa à l'université de cette ville à partir de 1818. Doué d'une grande énergie de volonté, fermement attaché aux vérités révélées dans la Bible qu'il acceptait avec une foi simple et humble, Krairt exerça une influence considérable sur le protestantisme bava-

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