‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 11 sur 170 · ISIDORE DE SÉVILLE · texte numérisé non relu

ISIDORE DE SÉVILLE

Victor , évêque de TunnuTium , une ville du nord de l'Afrique (sixième siècle), et embrassant Thistoire du monde jusqu'au règne d'Héraclius et dujoi Sisebut; mais au lieu de s'en tenir à la série des années, l'auteur groupe les faits en six grandes périodes ou âges du monde et suit l'ordre des règnes ; ^ le livre : Hisioria de regibus Gothorum, Wandalorum tt Suevorum^ n'est qu'un court résumé, sans importance, de l'histoire de ces peuplades , composé d'après les mômes principes que la chronique; 3® les biographies de quarantesix personnages illustres de l'Eglise chrétienne renferment des détails précieux pour l'histoire de cette période et portent le titre : Liber de viris illuslribus ou De scriptoribus ecclesiasticis ou Addiiio ad libros S. Hieronymi et Gennadii de script. eccL — Mais celui que les Pères du huitième concile de Tolède (653) ont appelé le plus grand savant de son siècle, ne s'est pas arrêté aux limites de la théologie, il a embrassé l'universalité des sciences humaines. — Dans la quatrième classe figurent les ouvrages suivants : 1** Differenliarum seu de proprietale sermonum libri duo. S'inspirant de l'exemple de Caton, Fauteur rend compte de l'analogie des mots et des choses en suivant l'ordre alphabétique, ex. : Diff. inter aptum et utile, avarum et cupiduTHybellum et proelium, ou Deumet Dominum , Trinitatem et Unitatem; ^ De ordine creaturarum^ une cosmologie embrassant Dieu, le monde, l'hiérarchie angélique, les espaces célestes, la terre, le genre humain et les choses finales ; 3^ De natura rerum ad Sisebulum regem. Ce traité d'astronomie et de météorologie a été, composé à la demande du roi Sisebut; 4** l'œuvre capitale du savant évoque, la dernière qui soit sortie de sa plume et qui, embrassant toutes les connaissances de l'époque, peut être nommée une encyclopédie ou un dictionnaire des sciences naturelles et morales, porte le titre de : Originum seu Elymologiarum libri XX. Après avoir parcouru les sciences comprises dans le cycle du irivium et du quadrimum : la grammaire, la rhétorique, la dialectique ; l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie , l'auteur traite des sciences pratiques, de la médecine, de la jurisprudence, de l'histoire et de la théologie scripturaire et ecclésiastique (lib. 1-VI). Ensuite il donne un cours complet de la doctrine chrétienne, et parle de Dieu, des choses divines et de l'Eglise (lib. YlI-YllI). Puis l'humanité fixe ses regards, les peuples dont elle se compose, les langues qu'elle parle, les rapports des peuples entre eux , et le sens des mots (lib. IX-X). De là, il passe à Tanthropologie, à la zoologie, à la cosmologie, à la géographie et à la minéralogie, et complète son livre par un aperçu des termes relatifs à l'agriculture, à la guerre, aux jeux, à la navigation, aux vêtements et aux instruments de labour et autres. Citons encore quelques lettres. Quant aux autres ouvrages attribués à Isidore, comme De norma vivendi^ exhortatio pœniiendi, liber glossarunij explan, in cantie.^ etc., ils sont ou inauthentiques ou de moindre importance. — Isidore n'est remarquable ni par la profondeur de sa science, ni par roriginalité de ses vues. Il manque de méthode et dépend entièrement des sources qu'il imite ou qu'il reproduit avec une conscience

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