‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 112 sur 170 · KRAUSE · texte numérisé non relu

KRAUSE

années qui s'ouvrirent en Prusse pour TEglise protestante depuis la réaction de 1850, Krause fut continuellement sur la brèche et défendit la liberté des convictions individuelles contre le despotisme de rOberkirchenrath et le système de compression patronné par Hengstenberg, Léo et Stahl. Son idéal fut celui du véritable libéralisme et il ne cessa de réclamer le régime représentatif, une distinction toujours plus complète entre le spirituel et le temporel, une plus grande autonomie des paroisses, une plus large participation des laïques aux affaires de TEglise. D'autre part, Tardeur de la lutte ne Tentraîna jamais à rechercher Talliance des négateurs, et dans le même temps où il réfutait les sophismes de Stahl, il afûrmait contre Textrême gauche la personnalité de Dieu, la liberté humaine, la survivance de l'individu après la mort. En toute circonstance grave nous retrouvons à son poste ce vaillant soldat du protestantisme, tout dévoué à la cause pour laquelle il donnait sa vie et convaincu de sa victoire finale : en 1848, lors du Kirchenbund confessionnel deWittemberg; en 1850, lorsque la société Gustave-Adolphe exclut de son sein le docteur Rupp ; en 1853, lors du Kirchentag de Berlin, où Stahl remporta une complète victoire sur la tendance modérée représentée par Nitzsch et Bethmann-HoUweg ; la môme année (10 septembre) au pied de la Wartbourg, lorsque le parti libéral se réveilla de sa trop longue torpeur dans la sphère pratique ; en 1863, lors du premier Protestantenverein à Eisenach; en temps et hors de temps, lors des incessantes controverses soulevées par l'article 15 de la Constitution et l'indépendance qu'il octroyait à l'Eglise, toujours promise, toujours ajournée par la crainte de la Révolution. Krause, qui écrivit de nombreux articles dans la Gazette prolestanie et tint à Berlin, dans la salle de l'Union, de nombreuses conférences sur les sujets qui lui étaient familiers : signification religieuse du Christ historique, le Christ de l'Evangile et l'Ecriture, la foi qui sauve, l'indépendance de l'Eglise, fut trop absorbé par son labeur quotidien pour concentrer ses forces sur une œuvre scientifique d'une valeur durable. Luimême, dans une lettre adressée à l'université de Zurich qui, à l'occasion du centenaire de Calvin (27 mai 1864), lui avait conféré le doctorat en théologie, écrivait : « Vous m*avez reçu dans l'association des hommes qui marquent dans la science, nullement à cause de mes travaux, mais pour reconnaître mon amour de l'indépendance et mon sens de la vérité. » Son ami Spaeth a recueilli après sa mort ses articles les plus remarquables : Les Jésuites (1852) ; Le véritable combat contre le catlwlicisme (1853) ; Notre position vis-à-vis de l'orthodoxie (1854) ; Le christianisme et les sciences naturelles (1864); Savoir et croire (1865). Krause entra en 1862 dans la seconde Chambre prussienne comme représentant de Magdebourg, réclama inutilement un synode général pour l'Eglise évangélique, se distingua par sa compétence dans la commission de l'enseignement et vota lors du conflit militaire pour la proposition de Yincke ; mais ses mandataires le trouvèrent trop conservateur pour qu'il obtînt leurs voix lors des élections suivantes. Il prit congé d'eux par une lettre qui fournit de l'élévation de son

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