‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 114 sur 170 · KYRIE ELEISON — LABADIE · texte numérisé non relu

KYRIE ELEISON — LABADIE

dans la Bible, est devenu pour le peuple chrétien une monotone cantilène qu*il entonne sur un signe du prêtre ou sur un signal de Torgue.

LABADIE (Jean de), mystique du dix-septième siècle, né' le 13 février 1610 à Bourg en Guyenne, d'une ancienne famille qui appartenait à la noblesse de robe, fit ses études chez les jésuites et trouva auprès d'eux pour ses besoins spirituels une si complète satisfactien qu'il n'hésita pas à s'inscrire dans un de leurs noviciats. Ses brillantes aptitudes de prédicateur et de catéchiste lui acquirent dans sa province une précoce renommée, mais il se détacha de ses premiers maîtres lorsqu'une méditation intense de la Bible et de quelques Pères, de saint Bernard entre autres et de saint Augustin l'eut convaincu du relâchement de leur morale et de leurs erreurs dogmatiques. Depuis sa rupture avec la Société, Labadie ne cessa de mener une vie errante, moins encore à cause de l'intolérance de ses contemporains que de sa propre humeur inquiète et chimérique. U se lit d'abord recevoir chez les Pères de l'Oratoire dont il appréciait la solide érudition et la saine doctrine, puis chez les jansénistes qui l'attiraient par leur austérité, entra depuis 1643 en relations personnelles avec Saint-Cyran, et fonda, en 1644, dans son canonicat d'Amiens, pour la lecture de la Bible et des exercices communs de piété des ecclesîolx semblables à celles auxquelles trente années plus tard Spener imprima un si fécond développement. La sainte cène y fut également distribuée sous les deux espèces et leur fréquence assez considérable pour attirer l'attention de Mazarin qui renvoya prêcher en Guyenne l'indiscret novateur (1646). Les idées de Labadie sur la grâce et son ardente piété l'avaient disposé favorablement pour le calvinisme; les dégoûts dont l'accablèrent les jésuites le décidèrent, en 1650, à demander son admission dans l'Eglise réformée, où il fut reçu par le pasteur GarrissoUes de Montauban. Il ne devait point y trouver le repos : nous le rencontrons successivement à Montauban (1650), Orange (1657), Genève (1659), toujours censurant la mollesse et l'indifférence de ses coreligionnaires, toujours organisant des conventicules d'élus au sein de la masse dégénérée, toujours insistant sur l'application de la discîplhie et rêvant un retour aux mœurs de l'Eglise primitive. Les écrits mystiques, qui se multipliaient sous sa plume, lui gagnèrent des lecteurs sympathiques dans les Pays- Bas, les Shiirmann par exemple, et quelques autres riches et pieuses familles d'Utrecht. En 1666 et à leur instigation il fut nommé pasteur

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