‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 115 sur 170 · LABADIE · texte numérisé non relu

LABADIE

wallon de Middiebourg et y jouit d'abord d'un grand crédit à cause de son zèle pour la cure d'âmes et de son éloquence, mais il se brouilla bientôt avec le' synode général pour avoir accusé de rationalisme son collègue Wollzogen (de interprète scripturss) et réclamé «on-exclusion comme indigne. Après sa déposition il groupa autour de lui une eccleswla de purs dans la petite ville de Veere, puis à Amsterdam (1668), mais le magistrat ne tarda pas à interdire des réunions qu'il tenait pour dangereuses. Le pasteur schismatique comptait des disciples en Allemagne, Spanheim entre autres et Spener, avec lesquels pendant leur séjour commun à Genève il avait entretenu un commerce intime; l'abbesse d'Herford, la comtesse palatine Elisabeth, lui offrit une large hospitalité (1670) sous le prétexte qu'il avait fondé une sorte d'association monastique, mais la Chambre impériale ne se piqua pas d'un plus extrême support que la tolérante Hollande vis-à-vis de soi-disants quakers et anabaptistes et rendit en 1671 un décret d'expulsion malgré les efforts de Maurice d'Orange et de Frédéric-Guillaume de Brandebourg, le Grand-Electeur. Les bannis reprirent encore une fois la route de l'exil et plantèrent momentanément leur tente dans la ville libre d'Altona (1672). Labadiey mourutle 13 février 1674 après avoir protesté encore une fois dans son testament du bon droit de sa secte et de la correction de son orthodoxie. Après lui, la direction passa entre les mains d'Anne-Marie de Shurmann qui profita d'une guerre entre la Suède et le Danemark pour ramener son petit troupeau au château de Waltha-Thelinga, près de Wie- Avert, dans la Frise occidentale. Il prospéra, malgré le mauvais vouloir du synode frison, et recruta, de 167o à 1690, de nombreux adeptes en Hollande et sur les bords du Rhin.* Les invitations que les labadistes reçurent du gouvernement pourjfonder des colonies à Surinam (1689) et à la Nouvelle-Bohême surl'Hudson, près de Ne\v-York, et auxquelles ils eurent l'imprudence d'accéder, n'aboutirent pas à d'heureux résultats. La métropole deWiewert elle-même tomba dans une période de langueur et vit ses membres se disperser aux quatre coins de l'horizon après avoir perdu avec Conrad Bosmann leur dernier conducteur spirituel (1732). Les labadistes se sont efforcés, dans plusieurs ouvrages, d'établir leur parfaite orthodoxie doctrinale : le fondateur lui-môme, dans son Ecrit sur la\Prophétie {i66S); son Manuel de Piété (1669), sa Protestation de bonne foiy de pure et saine doclmie reformée et de générale orthodoxie (1670), sa Briève déclaration de nos sentiments touchant VEglise en général et en particulier (Herford, 1670) qu'il fit signer à ses collègues dans la direction de la communauté ; M"® de Shîirmann dans son Apologie ou Eucheria (1678). Leur attachement pour les livres symboliques éclate en toute circonstance : ils prétendent seulement débarrasser l'Eglise réformée de ses éléments impurs et la transformer en une association de régénérés. Ces derniers seuls ont le droit de recevoir le baptême et de participer à la cène. Leur amour pour les institutions de l'Eglise primitive alla jusqu'à leur copie ser\ile. Les labadistes pratiquèrent la communauté des biens, prirent leurs repas ensemble (trois tables: directoire,

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