‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 116 sur 170 · LABADIE — LA BALUE · texte numérisé non relu

LABADIE — LA BALUE

membres de la maison, étrangers), tinrent les portes de leurs demeures constamment ouvertes pour indiquer qu'ils ne formaient qu'une seule famille, et adoptèrent un vêtement d'une extrême simplicité qui, aujourd'hui encore en Hollande, a conservé leur nom. D'autre part, ils se distinguèrent par leur bonne co'nduite, leurs mœurs paisibles, leur régularité à s'acquitter des impôts, leur habileté industrielle (forges, manufactures de drap et de savon). Leur constitution, malgré son caractère fortement aristocratique, admit l'éligibilité des femmes pour le comité directeur et recommanda aux simples membres comme vertu cardinale l'obéissance. Par lassitude pour l'esprit dogmatique de leur époque, ils s'en tinrent aux confessions de foi existantes et n'exigèrent de leurs adeptes qu'un sincère amour pour le Christ, leur Seigneur et Sauveur. Le culte divin que présidait un frère doué pour la parole, se distingua par son extrême simplicité, et les femmes furent libres de coudre et de tricoter pendant sa célébration. Le baptême n'étant pas obligatoire perdit de sa fréquence et la cène devint toujours plus rare à cause de la haute idée qu'on s'en faisait et par crainte de sa propre indignité. Les labadistes qui disparurent en tant que secte organisée dans la première moitié du dix-huitième siècle n'en ont pas moins exercé une réelle influence sur la régénération de l'Eglise et peuvent à bon droit être regardés comme les précurseurs de Spener et de Zinzendorf ; entre la colonie de Wiewert et les communautés moraves les analogies se présentent jusque pour des détails secondaires. — Sources : Pauli et Hund, Amilabadistes^ Hamm, 1671; Schotel, A, -M. de Shurmann^ Bois-le-Duc, 1852 ; Gôbel, Histoire de la Vie chrélienne dans la province rhénane et VEglise (^vangélique de Westphalie, Coblentz, 1852.

E. Strœhlin.

LA BALUE (Jean) naquit en 1421 à Angles, près de Montmorillon, dans le Poitou, et mourut à Ancône en 1491. Il entra dans les ordres et fut protégé par Juvénal des Ursins, évêque de Poitiers, qui l'en^ploya auprès de sa personne. A la mort de cet évêque, dont il avait su capter la conBance, il devint gAnd vicaire de l'évêque d'Angers. Il fit alors un voyage à Rome ; c'est à son retour qu'il siit, par l'entremise de Jean de Melun, se faire présenter au roi Louis XI, auprès duquel il s'insinua au point de devenir son conseiller intime. En pleine faveur auprès du roi, La Balue fut mis en possession des charges les plus importantes, il devint conseiller au parlement, aumônier, intendant des finances, secrétaire d'Etat, évêque d'Evreux et plus tard d'Angers. Dans toutes ces situations, La Balue se montra âpre au gain, occupé du soin de sa fortune plus que des intérêts de la religion et de l'Etat. Chaque faveur nouvelle lui devenait un moyen de malversation, de simonie et de concussion. Ses bienfaiteurs devinrent victimes de sa perfidie, et ceux qui avaient été les instruments de son élévation furent les premiers à en souffrir. La Balue ayant fait abolir la Pragmatique sanction pour plaire à la cour de Rome, en obtint, pour ce service, le chapeau de cardinal. Il avait une influence considérable auprès de Louis XI, aussi le voyait-on

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s'immiscer dans tous les domaines; affaires d'Ejçlise, affaires d'Etat, jusqu'aux choses de guerre, tout lui passait par les mains. Ou le voyait passer des revues et présider aux exercices des hommes d'armes. Tous les bienfaits dont le roi l'avait comblé n'empêchèrent pas La Balue de conspirer contre lui et de se liguer avec ses ennemis, notamment avec le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Mais ses intrigues avant été enfin découvertes par quelques-unes de ses lettres qu'on parvint à saisir, le roi le fit arrêter et voulut lui faire son procès. Rome s'y opposa en exprimant cette hautaine prétention « qu'un cardinal ne pouvait être jugé ju'en plein consistoire. » Louis XI ne voulant pas laisser impuni l'homme qui l'avait si odieusement trompé, le fit enfermer au château de Loches dans une cage étroite et l'y retint pendant onze ans, Gomines dit quatorze. Quoi qu'il en soit, La Balue ayant été rendu à la liberté en 1480, se rendit à Rome où le pape Sixte IV lui accorda des honneurs et des biens et poussa l'audace jusqu'à le nommer légat en France où il ne put se maintenir, comme on peut le comprendre. Il retourna en Italie et y devint évêque d'Albano et plus tard de Palestrina. Cet homme, dont l'esprit plein de ruse et d'artifice se complut dans l'intrigue, avait autant d'audace que de méchanceté ; de mœurs corrompues, il fut traître, perfide et ingrat pendant toute sa vie. A. Maulvault.

LABAN [Lâbân]. fils de Bathuel et parent d'Abraham (Gen. XXIV, .15. 29), possédait de nombreux troupeaux en Mésopotamie. Sa sœur Rébecca avait épousé Isaac (Gen. XXIV, 50 ss.) et lui-même donna ses deux filles Lia et Rachel en mariage à Jacob (Gen. XXIX). Toutefois un conflit s' étant élevé entre son gendre et lui (Gen. XXXI, 1 ss.), Jacob quitta Laban sans le prévenir, avec sa famille et ses troupeaux, en emportant même les dieux lares de bon beau-père (Gen. XXXI, 30). Poursuivi et atteint sur les montagnes de Galaad, Jacob ne restitua pas son vol, mais quitta pacifiquement Laban après avoir conclu une alliance avec lui (Gen. XXXI, 43 ss.).

LA BAUME (Pierre de), quatre-vingt-douzième et dernier évêque de Genève, appartenait à l'illustre maison des comtes de Montreuil et possédait en outre les charges et bénéfices de protonotaire apostolique, abbé de Saint-Claude, prieur d'Arbois, chanoine et comte de Lyon, ministre de Charles-Quint. Déjà coadjuteur depuis 1521, il occupa, à partir du 11 avril 1523, en son propre nom, le siège de Genève comme successeur de Jean de Savoie, D'un caractère naturellement bon et d'un esprit ouvert à la culture, mais faible, inconstant, léger, ami du luxe, des plaisirs et de la joyeuse chère, P. de la Baume laissa le duc de Savoie porter sur les franchises de son antique cité une main téméraire et hâta par sa versatilité l'avènement de la Réforme. Ce fut d'abord l'ascendant du patriote Besançon Hugues qui l'emporta dans ses conseils, mais à la première menace de son suzerain, il souffrit sans prestation de serment l'installation d'un nouveau vidomne et partit peu après pour Pignerol en Piémont, laissant la direction des afi'aires à un gentilhomme savoyard, le marquis de Saint-Sorlin. Le duc Charles III profita de son absence pour

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