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se 'débarrasser traîtreusement d'un de ses plus courageux adversaire, le juge Amé Lévrier, mais Téchafaud de Bonne souleva parmi les bourgeois une si vive indignation qu'il jugea prudent d'interrompre son séjour dans une aussi turbulente cité. Sa vengeance consista dans la confiscation des terres que les Genevois possédaient dans son duché, ainsi que dans le refus d'ouïr les plaintes de Fribourg et de Berne dans un conseil uniquement composé de ses partisans, les Mameluz, le conseil dit dés Hallebardes. L'éclipsé de l'influence huguenote ne fut que passagère ; le peuple, qui demeurait invinciblement attaché à l'alliance avec la Suisse, réhabilita dans tous leurs droits les patriotes fugitifs sur la proposition de Jean Bandière (22 décembre 1523) et conclut, le 20 février 1526, pour vingt-cinq ans, un nouveau traité de combourgeoisie avec Berne et Fribourg, qui fut ratifié à l'unanimité en conseil général (25 février), malgré toutes les intrigues des émissaires ducaux et grâce à la persévérante habileté de Besançon Hugues. Des moins brillants pendant ces longs démêlés fut le rôle de P. de la Baume, qui sympathisait dans son for intérieur avec les défenseurs des antiques franchises, mais redoutait de se compromettre trop gravement auprès du duc à cause de ses bénéfices, qui envoyait à la diète de Lucens un délégué en compagnie de celui de Charles III, le sire de LuUin, pour protester contre le renouvellement de l'alliance et remettait dans le même temps à Besançon Hugues, pour la diète de Berne, des lettres rédigées en sens tout opposé. Cette dernière assemblée ayant donné gain de cause aux huguenots, le peuple profita immédiatement de sa victoire pour abattre les armoiries ducales qui ornaient la porte du château de l'isle (15 avril 1527) et abolir la juridiction du vidomne. Le 13 juillet, par représailles, les troupes savoyardes s'avancèrent jusqu'aux portes de la ville, à Lancy, et menacèrent d'enlever l'évêque le jour où il se rendrait pour ouïr la messe à Notre-Dame de Grâce. Celui-ci, dans son effroi, se jeta dans les bras des huguenots et présida le 15 juillet un conseil général où il anéantit toutes les protestations contre l'alliance, se démit en faveur des syndics du droit qu'il avait de connaître les choses civiles et demanda enfin à être reçu bourgeois de Genève, dont il lui fut délivré des « lettres respectueuses » ; après quoi il se retira dans son abbaye d'Arbois pour y demeurer à l'abri de toute nouvelle embûche. La diète de Berne, malgré sa secrète intercession, frappa d'amende et de bannissement les principaux. Mameluz (29 août 1527). Ceux-ci, loin de se soumettre, s'étant livrés à de nombreux actes de violence, le conseil de Genève condamna à mort quarante-quatre d'entre eux, confisqua leurs bienà et déclara leurs descendants inhabiles à exercer aucune charge dans l'Etat (21 février 1528). Charles 111, irrité de la trahison de son vassal, s'empara des abbayes de Suze et de Pignerol et ne consentit à les lui rendre que s'il lançait contre ses sujets rebelles une excommunication en due forme. Les Bernois, d'autrejpart, qui venaient d'adopter la Réforme (15 février 1528) pressaient les Genevois de suivre leur exemple et de secouer toute autorité ecclésiastique t « Si le pape de Rome vous
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excommunie, le pape de Berne vous absoudra. » Pierre de la Baume, après un court séjour dans sa capitale, pendant lequel il avait vainement essayé de ressaisir ses droits de juridiction, se retira le 23 août 1528 dans son abbaye de Saint-Glaude pour échapper à une prétendue conjuration des huguenots. A partir de cette époque, il changea de rôle et se montra en toute occasion le complaisant serviteur du duc et l'irréconciliable adversaire de la bourgeoisie.Cette dernière se voyait toujours davantage inquiétée dans sa sécurité et ses biens par les déprédations des « Gentilshommes de la Cuiller », une •confrérie de nobles savoyards auxquels s'étaient joints les plus ardents parmi les Mameluz. La diète de Payerne, dans un moment de faiblesse, se déchargea du verdict sur un vassal de Charles III, le comte de Gruyère ; mais les Genevois et les cantons suisses le récusèrent d'un commun accord comme juge et refusèrent de se départir <ie l'alliance. Une nouvelle diète fut convoquée à Payerne pour le SO novembre 4 530. Pierre de la Baume, qui dans l'intervalle avait donné de nouvelles preuves de sa mauvaise foi et avait refusé de reconnaître en remplacement du vidomnat un tribunal composé d'un lieutenant et de quatre auditeurs, s'adressa en désespoir à Charles- Quint, qui, le 8 novembre 1530, enjoignit au conseil et à la communauté impériale de Genève de lui remettre la connaissance des différends qu'ils avaient avec le duc et l'évêque. Ceux-ci se born"èrent à répondre très respectueusement que les ligues suisses étaient déjà saisies de la contestation. L'arrêt définitif qui fut rendu en décembre io30 confirma l'alliance, mais rétablit le vidomnat; les frais de guerre furent pris sur les biens de l'évêque. Une armée de Bernois et de Fribourgeois avait déjà auparavant mis ordre aux excursions des . « Gentilhommes de la Cuiller. » Charles III, mécontent de cet arrêt, mais redoutant d'engager une guerre sérieuse avec Berne, se retira dans ses États du Piémont. Pierre de la Baume revint une dernière fois dans sa capitale le 1"" juillet 1531 et fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang ; dans un conseil général qui se tint sous sa présidence, il exhorta son peuple à demeurer fidèle à la religion des ancêtres, mais ayant voulu profiter de l'occasion pour évoquer à lui le jugement de quelques chanoines, il rencontra une si vive opposition qu'il prit peur et repartit le 14 juillet 1533 pour Saint-Claude.'La Réforme avait désormais à Genève le champ libre. Le 12 août 1535, le conseil interdit daas la ville l'exercice du culte catholique et supprima du même coup l'épiscopat. Pierre de la Baume, qui avait été créé en 1537 cardinal par Paul III et était devenu, en 1541, archevêque de Besançon, mourutdans son prieuré d'Arbois le 4 mai 1544.— Sources : Sordet, Dictionnaire des Familles genevoises, manuscrit de la Soc. d'hist. et d'arch. de Genève. E. Strceulin.
LABADME-MONTREVEL (Nicolas-Auguste de), marquis de Montrevel, d'une ancienne famille bressane, et le dernier fils de Ferdinand de Labaume, qui avait, étant gouverneur de Besançon, livré la Franche- Comté à Louis XIY. Il naquit en 1646, embrassade bonne heure l'état militaire, et conquit chacun de ses grades par une action d'éclat ; il