‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 118 sur 170 · LABAUME-MONTREVEL · texte numérisé non relu

LABAUME-MONTREVEL

était maréchal de camp en 1688, lieutenant général en 1693 ; enfin après Senef, Namur, Luxembourg, Gassel, il reçut le bâton de maréchal, en janvier 1703. A ce moment Torage causé par la révolte camisarde, qu*on avait d*abord cachée au roi, éclatait, non sur la tête de Bâville , véritable auteur de Tinsurrection , mais sur celle de son beau-frère et son dogue, Tinepte Broglie, gouverneur du Lianguedoc, qui, ne sachant que se faire battre par une poignée d'insurgés, fut brusquement rappelé. On lui donna pour successeur le brillant maréchal, dont la seule présence semblait devoir faire évanouir Tinsurrection. Mais à son incontestable vaillance Montrevel n^unissait pas Tintelligence supérieure qui fait les grands capitaines. Il remplaçait, par une fatuité magnifique et par des galanlanteries hors d'âge et de saison, Tesprit qui lui manquait, et ne réussissait qu'à se donner les airs d'un héros de théâtre. Aussi malgré sa cavalerie et son artillerie, malgré ses troupes régjulières et ses milices, formant en tout soixante mille hommes, ne put-il triompher de Roland, lequel n'avait que trois mille insurgés sous ses ordres et n'en voulait pas davantage. Battus par les troupes royales près de Nimes, à la tour de Bellot et à Pompignan, les camisards s'échappaient constamment du cercle de fer dans lequel le maréchal croyait les avoir enfermés, et les petits combats dans lesquels ils avaient chaque jour l'avantage, excitaient au plus haut point sa fureur. Le jour des Rameaux, des femmes, des enfants et des vieillards s'étaient réunis dans un moulin, aux portes de Nîmes, pour célébrer leur culte. Montre vell' apprend au dessert, accourt tout échaufi'é par le vin, cerne le moulin, y fait mettre le feu, et brûle en une seule fois de deux à trois cents victimes humaines : épouvantable barbarie, dont Fléchier n'eut pas honte de faire l'apologie. Un laquais du maréchal avait sauvé une jeune fille; celle-ci fut aussitôt'pendueà un arbre, et son sauveur allait avoir le môme sort, sans l'intervention de quelques religieuses. Montrevel lui fît grâce et le chassa. Peu après, il se rua sur vingt-deux paroisses du diocèse de Nîmes, qui n'exécutaient qu'avec mollesse l'ordre de « courir sus aux fanatiques, » enleva tous les suspects, au nombre de plus de quinze cents, jeta les femmes et les vieillards dans les forteresses du Roussillon, et déporta les hommes en Amérique. Il enrégimenta des bandes de pillards et de massacreurs, connus sous le nom de Florentins, lesquels attaquaient les catholiques aussi bien que les protestants, et qu'il fut obligé de combattre plus tard, parce que leurs crimes étaient trop fréquents et audacieux. Puis, satisfait de ses exploits, et à l'exemple de son royal maître, il s'oublia tout Tété à Alais dans les douceurs d'un adultère public et nullement déguisé. Les murmures de l'armée, honteuse de son inaction et du rôle de porteur de billets doux qu'il lui faisait jouer, les plaintes de Bâville qui intriguait contre lui à Versailles, et les menaces de la cour l'obligèrent à reprendre les opérations militaires. En septembre, un grand conseil fut tenu en Languedoc, pour aviser aux mesures à prendre. D'accord avec la bulle papale du 1*^ mai, exhortant les fidèles à extermine,.

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