LA BEAUMELLE — LA BRUYÈRE
pseudonyme de « Dumont, ministre du saint Evangile, » il le dénonça au gouverùement comme exerçant dans le Midi les fonctions du saint ministère. Or le pasteur Rochette avait été pendu en 1762, et La Beaumelle n'était pas et n'avait jamais été ni pasteur ni ministre. A l'instigation de Voltaire, deux de ses ouvrages furent supprimés en 1768 et 1769 ; cependant il obtint en 1772 l'autorisation de revenir à Paris, et fut môme attaché à la bibliothèque du roi, tardive faveur dont il ne jouit guère, étant mort le 17 novembre 1773. — Voir La France prot,; A. Goquerel fils, Jean Calas et sa famille^ Paris, 1869, in-8°; Nicolas, Notice sur la vie et les écrits de Laurent Angliviel de la Beaumelle, Paris, 1852, in-8°; Quérard, La Frante liuér, ; Ch. Nisard, dans YAthenœum français, 1852. 0. Douen.
LABOUDERIE (Jean), prédicateur catholique et hébraïsant distingué, né à Chalinarges, en Auvergne, l'an 1776, mort à Paris l'an 1849. II fut d'abord avocat; plus tard^ il entra dans les ordres, et devint successivement vicaire de Notre-Dame à Paris, chanoine honoraire d'Angers et de Saint-Flour, et grand vicaire honoraire d'Avignon. Il était membre de plusieurs sociétés savantes. Labouderie a laissé un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1® Pensées théx>logiqueSy Clerm., 1801; 2» Le Christianisme de Montaigne, Paris, 1819; 3<» Vie des Saints, 1820; 4** Le Livre de Ruth et la Paraphrase de VEnfant prodigue, en hébreu et en patois auvergnat, 1825 ; 5° Aphorismata opposita aphorismatibus in quatuor articulos declaralioni anno 1682 editœ, 1826; 6° Notice historique sur Zwingle, 1828.
LABRE (Benoît-Joseph), né en 1748à Amette, dans l'ancien diocèse de Boulogne-sur-Mer, qui fait aujourd'hui partie de celui d'Arras, mort en odeur de sainteté à Rome, le 16 avril 1783, se distingua dès son enfance par sa piété et la pureté de ses mœurs. Sa santé l'ayant obligé de quitter les Chartreux et ensuite l'abbaye de Sept-Fonts, où il s'était livré à de grandes mortifications, il alla à Rome et y vécut dans la pauvreté, recevant les aumônes sans les demander. Après sa mort, un décret de la congrégation des rites autorisa à lui donner le titre de vénérable. Il a été béatifié en 1861, la rumeur populaire ayant rapporté que des miracles et de nombreuses conversions s'étaient opérés sur son tombeau.
LA BRUYÈRE (Jean de), célèbre écrivain moraliste du dix-septième siècle, naquit à Dourdan vers l'année 1646. On a peu de détails sur sa vie. Son père était secrétaire du roi en 1655. Le jeune La Bruyère acheta une charge de conseiller-trésorier de France à Gaen; c'est de là qu'il fut appelé à Paris par Bossuet pour enseigner l'histoire à Louis de Bourbon, petit-fils du grand Gondé. Jusqu'à sa mort il resta attaché à la maison du prince qui avait été son élève, avec mille écus de pension. Il mourut subitement en 1696 à l'âge de cinquante ans. C'est au commencement de 1688 que parut la première édition du livre qui l'a rendu illustre, la traduction des Caractères de Théophraste avec les Caractères ouïes mœurs de ce siècle. Le succès du livre fut rapide et éclatant; neuf éditions s'écoulèrent successivement du vivant de l'auteur, c'est-à-dire dans un intervalle de huit années.