‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 126 sur 170 · LA BRUYÈRE — LA CILVISE · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE — LA CILVISE

ri. » Les arguments qu'il emploie pour établir la nécessité de la foi en Dieu manquent, il est vrai, d'originalité et de profondeur; ils sont inspirés par les lieux communs de la philosophie cartésienne, tels qu'on les rencontre par exemple dans le Traité de VtxLHenu de Dieuy de Fénelon. L'esprit de La Bruyère était peu fait pour la haute philosophie, encore moins pour les austères études de la théologie. 11 accepte les dogmes traditionnels de l'Eglise sans les discuter ni les approfondir; il n'invoque même que les plus élémentaires. Rien ici ne rappelle les pages brûlantes de Pascal sur la grandeur et la misère de l'homme, sur les moyens d'arriver à la foi, sur la religion chrétienne. En résumé, l'auteur des Caractères est plus moraliste que philosophe, et plus écrivain encore que moraliste. On l'a justement comparé à un de ce#palients et habiles lapidaires qui, à défaut du don de créer et de découvrir, ont reçu le pouvoir de tailler avec art et de couvrir de brillantes facettes, non point quelque diamant {Précieux ou quelque perle rare, mais quelques-uns de ces cailloux longtemps foulés par le pied dédaigneux du passant. Aussi occupe-I-il sa place dans les rangs des grands écrivains de notre littérature qui ont eu l'heureuse fortune d'accroître et de renouveler les ressources du langage français en restant toujours fidèle à notre génie national. — Ouvrages à consulter : Les Caracières de La Bruyère, édition Walckenaer; id., édition de M. Ad. Destailleurs; Olivet, Noiice sur La Bmyère; Suard, te/.; Victorin Fabre, Eloge de La Bruyère; Sainte- Beuve, Portraits iiuéraires ; deSacy, Variétés littéraires^ t. I; Prévostr Paradol, Etudes sur les moralistes français; A. Vinet, Moralistes des seizième et dix-septième siècles; Nisard, Histoire de la littérature fran-çaise, t. IIL N. Recolin.

LA CHAISE (François de L. G. d'Aix)^ célèbre jésuite français du dix-septième siècle, confesseur de Louis XIV, issu d'une famille noble du Forez et né lili-même dans cette province, au château d'Aix, le 25 août 1624. Destiné en sa qualité de cadet à entrer dans les ordres, il fit ses études à Roanne, au collège des jésuites, et fut agréé par eux comme novice aussitôt qu'il eut achevé sa rhétorique; au nombre de ses ancêtres du côté paternel figurait un des hommes qui, sous Henri IV, avaient le plus efficacement servi la compagnie, le père Gotton, confesseur du roi. I^a variété des connaissances que possédait le jeune La Ghaise et le charme de son exposition, le désignaient pour l'enseignement : il professa pendant longtemps, avec un brillant succès, la philosophie et la Uiéologie à Lyon, et ne quitta cette ville lorsqu'il fut appelé comme recteur à Grenoble, que pour y revenir peu après, sur la demande de rac^hevôquo de Villeroy, en qualité de provincial. Son frère, qui était écuyer du prélat, avait conquis les bonnes grâces du maréchal du même nom et ce fut grâce à l'intervention toute-puissante de ce dernier que le père La Ghaise succéda, en 1673, à son collègue Ferrier dans les fonctions de confesseur. Louis XIV n*eut jamais à regretter le choix auquel l'avait invité son favori ; homme du monde, modéré par caractère, très fin, très insi-r. nuant, beaucoup plus politique que fanatique, le père de La Ghaise

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