‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 13 sur 170 · TII · texte numérisé non relu

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a adopté la manière de voir de Schrader et placé en 929 le schisme des dix tribus (voyez la note de la p. 368). M. Duncker soumet à son tour à la discussion toutes ces dates dans une note importante de la 4* édition de sa Geschichte des AUerihums (II, 66-69). Adoptant les résultats de Schrader, etc., il prétend seulement les corriger au moyen de l'inscription de Mésa, d'après une expression de laquelle il estime que les temps de règne d'Omri et d'Achab ont été abrégés dans le texte biblique ; il arrive à placer ainsi la séparation du royaume qui fut le résultat de la mort de Salomon à l'an 753 av. J.-G. — De l'ensemble de ces témoignages il résulte que la chronologie hébraïque ne peut être établie avec quelque approximation qu'à partir du schisme des dix tribus, que depuis ce moment les variations sont restreintes dans des limites raisonnables, que par les ressources combinées des textes de l'Ancien Testament et des monuments ou documents étrangers, on peut arriver ainsi aune certitude très satisfaisante pour la période qui embrasse les trois siècles et demi qui ont précédé la destruction définitive du royaume juif. Pour la période qui court à partir de cet événement, les mêmes difficultés n'existent pas, et les documents profanes ont permis depuis longtemps déjà d'établir les principales dates. Il n'y a donc pas lieu d'y insister. — La chronologie biblique a donné lieu à d'innombrables publications, trop souvent dépourvues de l'esprit critique le plus élémentaire. Parmi les essais faits pour concilier les données de la Bible soit entre elles, soit avec les monuments et documents étrangers, on pourra consulter avec curiosité le livre tout récemment paru de J. Raska [Die Chronologie der Bibel im Einklange mit der Zeitreclinung derEgypter und Assyrier, Vienne, 1878). —Voyez sur cet ouvragenotre article dans la Revue critique, numéro du 12 juillet 1879.

L'histoire du peuple d'Israël a pour principaux documents les livres de l'Ancien Testament; elle dépend donc de l'appréciation qui sera portée sur l'origine, la composition et la valeur historique des différentes sources bibliques. Nous devons pour notre présente étude considérer ces résultats comme connus et renvoyer à cet égard aux articles qui en traitent particulièrement. Cette histoire peut se diviser en quatre parties, correspondant à quatre périodes bien distinctes : 1" Période de formation de la nationalité Israélite (depuis les origines jusqu'à Samuel) ; 2° période de la royauté nationale [da Saiil à la ruine du royaume de Juda) ; 3*» période de la suzeraineté chaldécnne, persane et grecque (depuis Texil jusqu'à la révolte des Macchabées) ; 4° période de la dynastie hasmonéenneet de la domination romaine (jusqu'à la destruction définitive de l'Etat juif sous Hadrien).

I. Formation de la nationalité Israélite. « Mon père était un Araméen nomade ; il descendit en Egypte avec peu de gens, et il y fixa son séjour; là il devint une nation grande, puissante et nombreuse. Les Egyptiens nous maltraitèrent et nous opprimèrent, et ils nous soumirent à une dure servitude. Nous criâmes à Jahveh, Dieu de nos pères. Jahveh entendit notre voix; il vit notre oppression, nos peines et nos misères. Jahveh nous fit sortir d'Egypte à main forte et à bras

«étendu, avec des prodiges de terreur, avec des signes et des miracles. 11 nous a conduits dans ce lieu (le pays de Canaan) et il nous a donné ce pays, où coulent le lait et le miel. » Voilà le résumé de Thistoirc 4es origines Israélites que le Deutéronome (XXVI, 5-9) place dans la bouche du fidèle au moment où il dépose son offrande devant Fautcl de Jahveh, et ce résumé contient la substance de ce que les Juifs savaient raconter des commencements de leur nation. Une famille syrienne, amenée par une cause inconnue en Egj'pte, s'y développant grâce à des circonstances favorables, puis échappant par un concours d'événements où Ton vit de bonne heure l'intervention du dieu national, à l'oppression que l'on voulait faire peser sur elle et s'établissant dans la terre de Canaan, voilà tout ce qu'il est permis d'affirmer des commencements d'une nation qui devait jouer dans l'histoire du monde un rôle singulièrement supérieur à son modeste territoire. Le Pentateuque développe ce même thème avec une grande variété et une grande abondance de détails, mais- ses récits, souvent contradictoires, trahissent à l'examen beaucoup moins des souvenirs antiques que l'œuvre d'écrivains habiles à orner du brillant vôtement de la fantaisie un pas^é trop maigre. Dans l'état actuel des études relatives à l'antiquité, il nous semble difficile de dépasser ce qui est dit plus haut, dans la citation empruntée au Deutéronome, relativement aux origines dô la race israélite elle-même; les rapports de parenté que les textes de la Genèse établissent entre les descendants d'Abraham et les peuples voisins sont confirmés en une grande mesure par l'étude des langues et des religions de l'Asie occidentale. 11 ne semble pas que la tradition primitive dût remonter au delà de Jacob ou Israël, du personnage mythique qui donne son nom à la nation, ou plutôt dont la figure et le nom sont empruntés au caractère et à la désignation habituelle de celle-ci. L'on doit donc penser que les figures d'Isaac et d'Abraham ne sont venues que postérieurement à celle d'IsraôWacob. Si l'on voulait à toute force retrouver dans les légendes de la Genèse quelque événement historique, on pourrait supposer quelque réalité au conflit qui divisa Esaù et Jacob, les Edomites et les Israélites, mais dépareilles suppositions sont toujours sujettesà caution. Nous avons donc connaissance d'un groupe dépopulation syrienne, connu de bonne heure sous le nom collectif d'Israël, apparenté avec un grand nombre de nations voisines et qui fixa son séjour dans la région occidentale de l'isthme de Suez. Les annales égyptiennes nous permettent-elles de retrouver la trace de cette installation? C'est un problème dont beaucoup d'érudits ont cru pouvoir offrir une solution; mais la plupart de ces essais sont viciés par une appréciation très insufQsante des documents hébraïques eux-mêmes* Quel rapport a-t-il pu y avoir entre les immigrants israélites et les Hycsos ou telles autres peuplades venues de l'Asie en Egypte, on ne saurait le dire. On n'est pas arrivé à des résultats plus solides, nous l'avons dit, en ce qui concerne soit la durée du séjour de la petite peuplade en Egypte, soit le moment de sa sortie. La tradition la plus accréditée place l'Exode sous le règne de

Ménephtah. « Mais, dit M. Maspero, à tenir compte des monuments jusqu'à présent connus, rien encore dans Tétat de TEgypte sous Ménephtah n'indique une décomposition assez profonde pour que la révolte et la fuite d'une tribu considérable aient pU se produire heureusement... C'est seulement pendant les années qui précédèrent et suivirent la mort de Séti II que se trouvent réunies les conditions favorables à l'Exode ; décomposition et démembrement de la monarchie égyptienne, invasion étrangère, guerre contre les envahisseurs, qui s'étendirent sur tout le Delta et durèrentlongtemps. On comprend aisément qu'au milieu du désordre général une tribu étrangère persécutée par les Egyptiens et lasse de la persécution ait pu quitter ses cantonnements et prendre le chemin du désert sans être énergiquement combattue par ses anciens maîtres, trop menacés dans leur propre existence pour s'inquiéter beaucoup de la fuite d'une bande d'esclaves. » On peut juger par ces lignes de la réserve extrême qu'il convient d'apporter en ces questions. Le souvenir d'une dure oppression est resté tellement vivace dans la tradition îsraélite qu'il semble difficile de lui contester tout fondement, mais il y aurait beaucoup de présomption à vouloir retrouver des événements historiques dans tout l'entourage merveilleux dont l'Exode accompagne la sortie d'Egj'^pte. La personne de Moïse semble acquise à l'histoire, mais nullement le détail qui nous est donné de sa vie. Les renseignements précis sur l'événement merveilleux qui l'arracha tout jeune à la mort et qui, par une cruelle ironie, l'aurait rapproché de la famille royale, doivent être tout spécialement écartés comme un ornement de date relativement récente. La question se pose donc ainsi : A-t-il existé un homme du nom de Moïse qui, après avoir déterminé la peuplade israélite à quitter le territoire égyptien, s'est mis à sa tête, lui a donné les éléments d'une organisation sociale, et, après ^infructueux efforts pour faire pénétrer ses compatriotes dans le territoire proprement dit de Canaan, les a laissés établis sur la rive gauche du Jourdain, dans le territoire de Galaad ? — Toutes réserves faites sur le sens précis des différents termes employés, nous croyons pouvoir répondre affirmativement. Nous supposons donc qu'un ensemble de circonstances a provoqué l'émigration de la peuplade des « fils d'Israël » et qu'après différents incidents impossibles à restituer, ce groupe s'est trouvé en état d'affronter les populations sédentaires qui occupaient les régions montagneuses de la Syrie méridionale, régions au milieu desquelles s'ouvre la profonde dépression de la vallée du Jourdain. Quelle foi ajouter, d'autre part, soit à la durée du séjour dans le désert, soit aux indications qui nous sont fournies, sur l'itinéraire suivi, soit même à la nature de la législation dont la mise en vigueur aurait eu lieu dans les environs du massif montagneux de la péninsule arabique, au pied du Sinaï ou du Horeb? Tandis que l'Exode place à ce moment tout un développement religieux, qui est certainement l'œuvre de plusieurs siècles et tout particulièrement de l'époque de restauration qui suivit l'exil à Babylone, le Deutéronome donne une importance extraordinaire aux discours que Moïse aurait

prononcés dans les plaines de Moab, au moment même de Tinvasion du pays de Canaan proprement dit. On verra à l'article Loi Mosaïque quels sont les différents éléments dont la réunion a donné naissance à la législation hébraïque et à quelle époque on en peut faire remonter les diverses parties. Le livre de Josué. qui se charge de nous faire assister à la conquête de la Palestine et nous en indique le partage, est malheureusement de tous les livres historiques de TAncien Testament celui qui trahit le plus des vues systématiques, absolument inconciliables avec les faits, tels qu'on peut se les représenter soit par une sage induction, soit, ce qui vaut mieux encore, à Faide d'autres documents plus sincères et moins remaniés.D'après le livre de Josué, le pays de Canaan aurait été une proie facile, et la victoire aurait été rapidement déterminée par quelques succès éclatants. Toutefois le livre des Juges montre combien il faut rabattre de ces tableaux, construits après coup. Les critiques sont aujourd'hui d'accord sur ce point capital, que les premiers documents vraiment historiques que nous possédions sur l'établissement des Israélites en Palestine sont ceux que nous fournit le livre des Juges et qui peuvent être rapportés aux événements des treizième et douzième siècles avant notre ère. « En général, dit M. Reuss, le succès de l'entreprise fut loin d'être complet. Il est vrai que la légende, telle qu'elle s'est formée dans la suite des temps (livre de Josué) parle de la soumission du pays entier dans ses limites naturelles, de l'extermination de ses anciens habitants, d'une répartition paisible, rationnelle, cadastrale même du territoire entre les tribus définitivement victorieuses. Mais les textes les plus anciens, les souvenirs précis des générations les plus rapprochées de l'événement (livre des Juges) et surtout l'état des choses dûment constaté pour une série de siècles, antérieurs à la rédaction de l'histoire dans sa forme devenue populaire et traditionnelle, nous montrent clairement que les choses ne se sont pas passées ainsi. D'abord il est certain que kLpartie la plus importante du pays, celle qui aurait le mieux pu aider les conquérants à faire des progrès rapides dans la voie de la civilisation, la côte de la Méditerranée, n'est jamais tombée en leur pouvoir. La supériorité incontestable des Phéniciens et des Philistins qui, à eux deux, occupaient presque tout le littoral, opposait une barrière infranchissable aux envahisseurs. Mais, dans l'intérieur même des terres, les Cananéens se maintinrent dans un bon nombre de positions, surtout dans les places fortes, dont les étrangers qui, en fait d'art militaire, ne connaissaient que le pillage par surprise, ne savaient pas se rendre maîtres. Il en résulta tout naturellement un mélange des deux races, dont les effets se firent sentir dans l'unification du langage, dans l'adoption lente mais progressive de la vie sédentaire et dans le syncrétisme des idées religieuses. Pour longtemps encore la situation des Israélites resta précaire , et la lutte dut continuer sans cesse... Ainsi continuellement aux prises avec les uns et avec Içs autres, les Israélites durent longtemps combattre pour leur existence même et, de leur propre aveu, la -conservation de leur nationalité était sérieusement compromise. »

A dire vrai, il s'agissait moins alors pour les Benh-Israel de conserver leur nationalité que de la former. Entre les différentes tribus momentanément groupées pour s'emparer d'un territoire ardemment convoité, la lutte éclate sans cesse et pour toute espèce de prétextes. Ces tribus elles-mêmes n'ont pas toutes une existence bien déterminée, et l'histoire y a introduit par la suite une régularité qui n'était certainement pas originelle. La nationalité Israélite ne sera fondée définitivement que lorsque le sentiment de la défense contre les ennemis communs arrivera à imposer une organisation politique centrale aux groupes rivaux, révolution heureuse qui devait être précédée par bien des désordres, dont le souvenir se retrouve dans une partie des récits qui remplissent le livre des Juges. — Sans une vue claire de l'époque dite des Juges le développement historique d'Israël reste une énigme indéchiffrable. Si Ton admet en effet, avec une tradition d'origine "relativement récente, que les descendants de Jacob aient joui pendant soixante années,, sous Moïse et sous son successeur Josué, d'une direction précise jointe à tout un ensemble de prescriptions concernant la vie civile, politique et religieuse, la période qui sépare la mort de Josué de l'établissement de la royauté pourra passer pour une crise inexplicable et sans motifs. Si l'on se place au contraire au point de vue moderne, si Ton se représente un groupe de peuplades, momentanément placées sous une impulsion unique, s'emparant d'un territoire riche et abondant en productions de toute espèce, on comprendra sans peine que l'association temporaire qui avait la conquête pour but, s'étant rompue, chaque tribu, chaque clan ait repris la liberté de ses mouvements. L'époque des Juges est donc le véritable début de l'histoire Israélite ; elle nous montre les différents éléments dont le groupement formera plus tard la nationalité israélite, prenant peu à peu possession d'eux-mêmes jusqu'à ce qu'ils sentent le besoin de rescrrcr les liens de la vie commune. L'apparente unification qui aurait régné au temps de Josué doit ôtre'^mise sur le compte d'une construction théorique, plus accommodée aux goûts du temps de l'écrivain que n'avait été la réalité. La personne môme de Josué semble devoir être réduite aux proportions d'un hardi chef de tribu, nullement du chef avoué de la confédération conquérante. La plume qui a donné la dernière forme au livre des Juges a cédé, à son tour, au désir d'établir l'ordre et la régularité là où tout les excluait. Ainsi est née cette série factice d'une suite de rébellions contre Jahveh auxquelles succèdent tout autant de délivrances merveilleuses. L'examen des détails montre combien ce cadre est artificiel. Il s'agit en réalité d'épisodes relatifs tantôt à une tribu, tantôt à plusieurs, le plus souvent indépendants, avec lesquels il est impossible d'établir une histoire, mais au moyen desquels on peut esquisser un tableau de l'état général qui caractérisa les deux premiers siècles, treizième et douzième approximativement, de la présence des tribus Israélites dans la région jordanique. Il est question entre autres d'un roi de Moab qui aurait fait sentir le poids de sa puissance aux tribus du

Sud et dont un hardi aventurier, Ehud, les aurait délivrées par l'assassinat. L'histoire de Débora et de Barak offre un intérêt tout particulier parce qu'elle nous montre les tribus du Nord coalisées pour une attaque commune contre un prince cananéen. L'épisode dé Gédéon semble avoir été de bonne heure l'objet de l'attention des littérateurs. La partie véritablement antique du récit se dérobe sous des ornements dont il est assez difficile de le débarrasser à moins de le réduire à fort peu de chose, sans compter que le rédacteur a emmêlé deux récits qui racontent les mômes faits avec de graves divergences. L'histoire du fils de Gédéon, Abimélek, offre un résidu plus solide. Aux luttes contre les ennemis du dehors, cananéens, madianites, amalécites, moabites, ammonites, philistins, se mêlent des guerres entre tribus, entre les habitants du Galaad et les Ephraïmites, entre la tribu de Benjamin et une prétendue coalition des autres tribus. Au milieu de ces luttes se détache la figure énigmatîque de Samson, qui nous est représenté non pas même comme un chef débandes, encore moins un juge des tribus d'Israël, mais comme «ne sorte de héros mythologique, dont les exploits n'ont aucun caractère marqué de religion ou môme de patriotisme. Tel qu'il est cependant, avec ses graves imperfections, le livre des Juges est d'une haute valeur pour nous, en ce qu'il nous permet d'entrevoir l'état social et politique qui marque le début de Thistoire israélite. Les remaniements dont il a été l'objet laissent subsister des renseignements d'un grand prix ; nous avons dit plus haut que l'époque à laquelle se rapporte son contenu ne supportait aucune désignation chronologique ; nous demandons seulement qu'on ne répartisse pas sur une trop longue période des épisodes qui, ayant pour théâtre différentes régions de laPalestine, ont pu être, sinon simultanés, au moins très rapprochés. — On voudrait se sentir sûr le terrain solide de l'histoire avec le personnage de Samuel' (1" livre de Samuel); malheureusement cela est impossible malgré toute la bonne volonté du monde. Qu'était-ce en effet que Samuel? Si l'on en croit les récits relatifs à sa naissance et à son enfance, il fut destiné à succéder au grand-prôtre Eli dans ses fonctions auprès du sanctuaire de Silo. Puis, sans transition aucune, nous le voyons remplissant les fonctions de prophète, qui, à cette époque, ne représentent aucune idée précise : « Tout Israël, depuis Dan jusqu'à Béer-Schéba, reconnut que Samuel était établi prophète de Jahveh. Jahveh continuait à apparaître dans Silo; car Jahveh se révélait à Samuel dans Silo, par la parole de Jahveh. La parole de Samuel s'adressait à tout Israël » (1 Sam. III, 20-IV, 1). Cette caractéristique est inconciliable avec un tableau du rôle et de l'action de Samuel que nous trouvons à quelques pages de distance : « Samuel fut juge en Israël pendant toute sa vie. Il allait chaque année faire le tour de Béthel, de Guilgal et de Mispa, et il jugeait Israël dans tous ces lieux. Puis il revenait à Rama, où était sa maison, et là il jugeait Israël... » (ibid. VII, 15-17). D'après le second de ces passages, Samuel aurait exercé une sorte de judicature, fort différente de celle des juges de l'époque précédente. Sa fonction

aurait bien été celle que nous associons d'ordinaire à ce nom, à savoir celle d'arbitre écouté et vénéré, dont les décisions tranchaient les causes civiles dans un rayon qui devait s'étendre avec la réputation grandissante de sa sagesse et de son intégrité. Si nous admettons ce point de vue, qui nous semble conciliable avec les mœurs et les conditions générales de l'époque, nous n'en serons que plus étonnés de voir ce môme Samuel consulté comme un vulgaire devin auquel on va demander ce que sont devenues les ânesses de Kis, père de Saûl. C'est qu'avec ce récit nous entrons dans le cycle singulièrement obscur des épisodes que la légende et l'imagination populaires ont groupés autour de l'origine de la royauté en Israël. — D'après la version qui nous paraît la plus digne de croyance, Saiil aurait été un guerrier vaillant de la tribu de Benjamin, qui, s'étant distingué dans mainte circonstance, aurait uni par ôtre mis à la tête d'une sorte de troupe régulière et investi d'une manière de commandement général sur l'ensemble des tribus d'Israël. Il nous est en effet parlé de menaces de toute nature qui inquiétaient les tribus dans la paisible possession du sol cananéen ; aux attaques venues de rOuest, du côté des Philistins, succèdent celles des Ammonites, redoutables surtout au groupe de la nation qui avait fixé ses demeures sur les plateaux du Galaad. Mais quelle a pu être la relation entre le vieux juge dépositaire d'une sorte d'hégémonie morale et civile et le jeune chef des milices? Une tradition, assurément peu admissible, prétend que les Israélites, mécontents de la conduite des fils de Samuel, qui semblent avoir été appelés à recueillir l'héritage de leur père, auraient invité le vieillard à leur donner un roi, que Samuel aurait fort mal pris leur demande, où il aurait vu l'idée de « rejeter Jahveh, » qu'après avoir vainement cherché à dissuader ses interlocuteurs par le sinistre tableau des excès inséparables de la royauté, il aurait fini par condescendre à leur vœu. Dans ces lignes respire l'esprit d'une époque singulièrement plus récente. Ce qui est plus étrange encore, c'est de voir Samuel choisir tous les prétextes pour rompre avec celui qu'il a donné pour chef à Israël sur l'expresse désignation de Jahveh. Il y a dans les textes historiques de l'Ancien Testament un effort fait pour rattacher l'institution de la royauté à l'orgîmisation précédente; mais cet effort est incohérent. — Autant qu'on peut se représenter à l'aide de documents tronqués, remaniés, interpolés, la physionomie d'un peuple et d'un pays lointains, nous pensons pouvoir dire que l'époque qui sépare Moïse de Saiil et que clôt la grande , mais malheureusement trop mystérieuse figure de •Samuel, a été une période d'organimtion locale en l'absence d'une centralisation nationale. Les groupes urbains et ruraux se constituaient sans doute d'une façon durable, les tribus israélites mettaient leurs mœurs, leurs habitudes en rapport avec leur nouveau mode de vivre. Cette Palestine féodale n'attendait que le choc des événements du dehors pour mettre à sa tête un chef, qui fût avant tout un défenseur contre des voisins nombreux et acharnés. IL La royauté nationale. Les deux royaumes d'Israël etde Juda.

L'histoire de Tantiquité n'offre pas de sujet d'un intérêt plus vif que celui de rétablissement du rc^yaume de Saiil, David et Saloraon. Pourquoi ce royaume s'est-il constitué, dans quelles conditions, en quoi consistait le pouvoir central, quelle en a été ce que nous appelons aujourd'hui la politique intérieure et la politique étrangère ? Tout autant de questions que les textes des livres de Samuel, des Rois et des Chroniques devraient nous mettre à môme de résoudre si l'on s'en fiait à l'abondance relative de leurs renseignements. Malheureusement l'apparence est trompeuse ; les contradictions, les difficultés internes, toute espèce d'irrégularités littéraires viennent nous mettre en garde contre un tableau qui n'aurait pas été précédé par une sévère étude critique des documents. Il est clair, déjà, après un examen sommaire des textes, que la tradition s'est attachée, avec une prédilection bien naturelle d'<'iillcurs, aux épisodes qui ont le moins de prix pour l'histoire pragmatique, à des anecdotes qu'elle a reprises et amplifiées au gré de sa fantaisie. Le premier fait de guerre de Saiil, celui où il aurait, pour la première fois, marché à la tôte de contingents fournis par les différentes tribus, concerne une invasion d'Ammonites dont le danger se faisait surtout sentir dans la région transjordanique. Mais le narrateur abandonne trop tôt à notre gré le terrain de la réalité pour se lancer dans des exagérations absolument inadmissibles : « La terreur de Jahveh s'empara du peuple, qui se mit en marche comme un seul homme. Saiil en fit la revue à Bézek; les enfants d'Israël étaient trois cent mille et les hommes de Juda trente mille. » Quand, deux pages plus loin, il sera question d'une guerre avec les Philistins, de cette troupe comparable aux plus grandes armées modernes, il ne restera plus que trois mille hommes, chiffre infiniment plus vraisemblable, et ces hommes, nous est-il dit, ne disposaient que d'un très petit nombre d'armes, les Philistins ayant pris soin d'interdire en Israël le métier de forgeron et d'armurier. Si l'on voulait s'en tenir à ce que les textes les moins suspects permettent d'affirmer,on ne dépasserait guère les limites du résumé, d'ailleurs flatteur, que nous trouvons (1 Sam. XIV, i7-48) avant la longue histoire des démêlés de Saiil avec Samuel et avec David : « Après que Saiil eut pris possession de la royauté sur Israël, il fit de tous côtés la guerre à tous ses ennemis, à Moab, aux enfants d'Ammon, àEdom, aux rois de Tsoba et aux Philistins, et, partout oii il se tournait, il était vainqueur. Il manifesta sa force, battit Amalek et délivra Israël .de la main de ceux qui le pillaient. » En admettant comme vraie dans son fond cette caractéristique, le rôle de Saiil paraîtra important et digne de considération ; cette impression ne pourra que s'accroître, si l'on envisage comme le produit de la légende tout ce qui se rapporte à la jeunesse de David. — La royauté de Saiil n'était pas en effet si bien affermie qu'elle ne suscitât des jalousies. Un jeune chef de bandes, du nom de David, qui a pu servir pendant quelque temps dans les rangs des milices royales, se constitua une sorte de véritable parti et battit en brèche ce que nous hésitons à nommer déjà le trône israélite. Quels étaient ses motifs ? L'ambition, le ressentiment d'un ou de

plusieurs outrages ? 11 est impossible de le dire en présence de textes remplis des plus évidentes contradictioîis. En tout cas l'on doit rejeter dans lo domaine de la pure légende et Fonction que le jeune David aurait reçue de Samuel (invention dont la portée saute aux yeux et qui devait justifier la révolte de Fécuyerde Saiil, et la défaite du géant Goliath, qu'un texte plus sobre attribue à un autre guerrier (2 Sam. XXI. 19), et la double circonstance dans laquelle David aurait épargné les jours de son roi, etc. Ces différents traits, que la rédaction actuelle nous offre dans le plus grand désordre, dissimulent quelque peu le scandale du futur fondateur de la dynastie judéenne devenu Faille des pires ennemis de son peuple, des Philistins. Quoiqu'il en soit, au moment où Saiil succombe sous les coups des Philistins sur la montagne de Guilboa, David, qui semble avoir possédé des appuis solides dans le sud du pays, continue la lutte contre le fils de Saiil, Ischboseth (Ischbaal) héritier naturel de la royauté paternelle. Celte guerre civile, poursuivie au milieu des dangers créés par de redoutables voisins, finit par aboutir, à la suite d'une série de trahisons et d'assassinats: David est enftnle seul roi d'Israël. L'écrivain manifeste sa satisfaction du résultat obtenu avec une grande candeur: « Toutes les tribus d'Israël vinrent auprès de David à Hébron et dirent : Voici, nous sommes tes os et ta chair. Autrefois déjà, lorsque Saiil était notre roi, c'est toi qui conduisais et qui ramenais Israël. Jahveh t'a dit : Tu paîtras mon peuple d'Israël et tu serasle chef d'Israël. — Ainsi tous les anciens d'Israël vinrent auprès du coi à Hébron, et le roi David fît alliance avec eux à Hébron devant Jahveh. Ils oignirent David pour roi sur Israël» (2 Sam. V, 1-3). Ces anciens d'Israël sont en vérité bien naïfs ; car il leur a fallu sept ans(ibid.,v. 5) depuis la mort de Satilpour s'apercevoir que David était l'héritier que Jahveh lui avait destiné, et ils s'imaginent que le secours qu'ils ont donné pendant ces sept années à Ischboseth et qui lui a permis de tenir tôte à David, est resté inconnu du roi auquel ils apportent leurs hommages empressés, ou va être immédiatement effacé par leur tardive adhésion. — Bref, David, assuré de l'hégémonie sur l'ensemble des tribus par la mort de son rival, débute par un coup de maître, qui est la prise de Jébus, depuis Jérusalem. Cette forte situation était un gage d'avenir ; il se hâte d'y élever des remparts et des constructions. Après une victoire sur ses anciens amis les Philistins, nous le voyons préoccupé de doter sa nouvelle capitale d'un sanctuaire religieux.A cet effet il va rechercher ce coffre mystérieux, cette «archede Dieu » qui avait fait la réputaticîn du vieux sanctuaire de Silo et qui, à la suite de différentes circonstances, était restée échouée dans une misérable bourgade. Le récitbiblique entoure cette translation de circonstances émouvantes qui assurent à la cérémonie d'installation un intérêt exceptionnel. Il n'est d'ailleurs point question de prêtres attitrés. « Apres qu'on eut amené l'arche de Jahveh, on la mit à sa place au milieu de la tente que David avait dressée pour elle ; et David offrit devant Jahveh des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces, etc.. » (2 Sam. Vï, 17 ss.). Une tradition postérieure

s'est scandalisée de ce que Da\id eût logé Tarche de Dieu sous une simple tente et a voulu expliquer ce fait, qui n'avait nul besoin d'explication, par un ordre spécial de la divinité. La puissance de David s'affirme par de nombreuses expéditions dirigées contre les Philistins, les Moabites, les Syriens de Damas et de Tsoba, les Ëdomites, les Ammonites. Ces guerres extérieures sont mêlées d'incidents de la vie privée, d'une intrigue avec celle qui devait donner le jour à Salomon, de scènes scandaleuses ou violentes qui troublent l'entourage du roi. Il ne faut pas d'ailleurs se représenter les mœurs d'un David sur le modèle de l'organisation européenne de la famille, mais sur le patron des usages orientaux,où la polygamie est à la fois le privilège et la plaie des hautes situations. Cette polygamie, en créant des familles très nombreuses, y introduit en même temps des rivalités et bien souvent des attentats contre les personnes. Un des fils de David, Absalom, crut le moment venu de se substituer à son père déjà vieilli, voyant sans doute dans cette prisé d'armes le meilleur moyen de devancer les entreprises qu'il pouvait redouter de la part de ses frères.Couronnée de succès dans son début, la tentative du fils rebelle, qui semble avoir rallié de nombreuses sympathies, d'abord dans le sud du pays, puis auprès des tribus du Nord,' échoua par la mort misérable de son chef. David put espérer rentrer à Jérusalem, qu'il avait dû quitter au milieu des manifestations non équivoques de la malveillance populaire. Toutefois son pouvoir semble avoir été fortement ébranlé, si l'on en juge par la mauvaise volonté et l'impatience dont témoigne son entourage même et par l'hésitation des anciens de Juda à l'engager à reprendre possession de Jérusalem, alors que celui sur lequel ils avaient fondé leurs espérances avait péri. La paix intérieure, une fois troublée, sembla impossible à rétablir, sans que nous arrivions à nous rendre un compte exact des injures personnelles ou des besoins d'indépendance des différentes tribus, qui servent à alimenter cette instabilité. Les traces d'une rivalité entre la tribu de Juda et. les tribus du Nord ou d'Israël se font toucher au doigt dès le moment de la reprise de possession de son trône par le fils d'Isaï. Le prétexte de la rupture est indiqué d'une façon assez singulière dans le texte de Samuel (2 Samuel XIX, 41-43). Les hommes d'Israël auraient reproché à ceux de Juda d'avoir voulu en quelque sorte accaparer David en manifestant un empressement particulier à l'aller chercher au delà du Jourdain après la défaite d' Absalom. Un « méchant homme,») s'exprime l'écrivain sacré, du nom deSchéba, « sonna de la trompette et dit: Point de part pour nous avec David, point d'héritage pour nous avec le fils d'Isaï ! Chacun à sa tente, Israël ! — Et tous les hommes d'Israël s'éloignèrent de David, et suivirent Schéba, fils de Bikri. Mais les hommes de Juda restèrent fidèles à leur roi et l'accompagnèrent depuis le Jourdain jusqu'à Jérusalem » (Ibid. XX, lss.).L'énergie de Joab, chef des milices royales, vint à bout de cette tentative de sécession, qui semble avoir été fort sérieuse si l'on en juge parles paroles suivantes placées dans la bouche de David : « Schéba, fils de Bikri, va nous faire maintenant plus de mal qu' Absalom » (Ibid. v. 6).

Une famine, une peste, des escarmouches avec les Philistins, des actes de cruauté superstitieuse ou de faiblesse marquent les dernières années du règne de David, heureux si les compétitions domestiques n* avaient pas une fois encore compromis sa succession. Une intrigue hardie fit proclamer roi Salomon avant la mort de son père et avec son consentement; cette solution ne fut pas acceptée sans résistance, et le nouveau roi sacrifia à ses ressentiments Thomme même auquel la dynastie davidique avait dû son salut, Tillustre Joab. — On remarquera que, dans cette rapide esquisse du règne de David, nous avons systématiquement écarté les renseignements fournis par les livres des Chroniques; c'est là notre règle en tout ce qui concerne les compléments que cet ouvrage, de date beaucoup plus récente que la rédaction des livres de Samuel et des Rois, a cru devoir joindre aux renseignements donnés par les seules sources dignes de foi qu'il eût entre les mains. Les modifications que Tauteur des Chroniques a fait subir à la tradition ont constamment pour objet des institutions et des pratiques religieuses, dont il veut faire remonter l'origine à des époques qui n'en soupçonnaient ni l'existence ni l'utilité. Ainsi en est-il de prétendus préparatifs de David pour la construction du temple, du dénombrement des lévites et de la fixation de leurs fonctions, de la distribution des prêtres et des chantres en classes, etc. On trouvera la justification de notre point de vue à l'article Paralipomènes. — Il est bien difficile de porter un jugement d'ensemble sur le règne et sur le caractère de David ; ce qui nous étonne, aussi bien chez ceux qui se déclarent ses admirateurs sans réserve que chez ses détracteurs passionnés, c'est qu'ils osent fonder un jugement précis sur des textes incertains et sujets à caution ; nous croyons donc agir avec un respect plus vrai des sources par lesquelles nous possédons quelque idée de cette époque lointaine, en n'acceptant de nous ranger ni parmi les uns ni parmi les autres, ni parmi ceux qui voient en David un organisateur de premier ordre toujours dirigé par les motifs de l'ordre le plus élevé, ni parmi ceux qui en font le type du petit despote oriental, féroce et intéressé, subordonnant tout à ses instincts d'ambition et de vengeance. Si étrange que puisse paraître la première partie de la vie de David, cette lutte soutenue contre Saul et contre son fils Ischboseth, au milieu de circonstances extérieures qui recommandaient l'union nationale comme le premier devoir, il ne semble pas douteux que le royaume Israélite n'ait pris sous son sceptre une importance, une cohésion qui résistera pendant des siècles au dualisme môme de son gouvernement. — La figure de Salomon se dégage avec peine des anecdotes qui surchargent l'histoire qui nous est parvenue de son règne (1 Rois) ; quand on les écarte on se trouve en présence d'un résidu très insuffisant pour nous donner ridée de son gouvernement. Il est question du don de la sagesse que ce roi aurait reçu de Jahveh à la suite d'un sacrifice solennel offert (chose étrange !) sur le haut-lieu de Gabaon,que l'auteur déclare «le principal des hauts-lieux,») de l'usage queSalomon fait de sa sagesse pour trancher des causes civiles délicates, de la visite de la reine de Séba, etc.

Ce qui est plus intéressant, ce sont les détails relatifs à l'entretien de la maison royale; il y était pourvu au moyen d'intendances réparties sur les différents points du territoire. C'étaient là d'onéreux tributs, analogues à ceux qu'entraînent la conquête. L'écrivain veut bien cependant nous apprendre que le lute royal ne nuisait pas à la bonne chère dans le reste du pays. «. Juda et Israël étaient très nombreux, pareils au sable qui est sur bord de la mer. Us mangeaient, buvaient et se réjouissaient. » Le môme document ajoute que « Salomon dominait encore sur tous les royaumes depuis le fleuve (d'Euphrate) jusqu'au pays des Philistins et jusqu'à la frontière d'Egypte ; ils apportaient des présents et ils furent assujettis à Salomon tout le temps de sa vie. » La môme assurance est reproduite dans les termes suivants : « Il dominait sur tout le pays de l'autre côté du fleuve depuis Thipsaque jusqu'à Gaza, sur tous les rois de l'autre côté du fleuve. Et il avait la paix de tous les côtés àl'entour. Judaet Israël, depuis Dan jusqu'à Béer-Schéba, habitèrent en sécurité, chacun sous sa vigne et sous son figuier, tout le temps de Salomon » (IV* chap du I" livre des Rois). Il faut évidemment rabattre, nous en aurons plus loin la preuve, de ce tableau flatteur. En attendant, toute l'attention de l'auteur se porte sur les travaux relatifs à la construction du temple somptueux que Salomon veut substituer au modeste abri sous lequel demeurait jusqu'alors l'arche sainte. Il est difficile de ne pas voir dans cette résolution l'influence des cultes phéniciens, et le temple de Jérusalem, tel que l'a érigé Salomon, a dû ôtre construit sur le modèle des sanctuaires de Tyr ou de Sidon. Les textes l'indiquent d'ailleurs suffisamment en mentionnant l'alliance avec Hiram, roi de Tyr, la présence d'artistes et d'ouvriers phéniciens. Toutefois nous faisons nos réserves les plus expressés sur l'historicité des détails ; la fameuse prière que Salomon est censé avoir prononcée lors de l'inauguration solennelle du texnple trahit trop la manière de voir d'une époque beaucoup plus récente, pour que le doute ne s'étende pas sur toutes les parties environnantes. — Il est aussi question d'expéditions maritimes dont les ports du golfe élanitique de la mer Rouge auraient été le point de départ ; il n'est pas prouvé qu'il y eût là autre chose que des entreprises de luxe. A l'appui des plans « commerciaux » du fils de David on a fait aussi valoir la prétendue construction de Palmyre, sorte de pont jeté entre la Syrie et la vallée de l'Euphrate; mais il n'y faut voir, selon une sage critique, qu'une erreur de nom trop facilement admise par une tradition bienveillante. En dépit des soupçons éveillés par maint détail de la narration sacrée, la personne de Salomon resterait entourée d'une auréole d'opulence et de majesté paisible, rehaussée par Féclat d'une sagesse passée en proverbe, si l'auteur des livres des Rois, à la suite d'une sorte de dithyrambe, où il nous montre ce roi « plus grand que tous les rois de la terre par les richesses et la sagesse » (1 Rois X, 23), n'avait conservé un document écrit dans un esprit évident de malveillance et où les choses se présentent sous un jour beaucoup moins favorable. D'après ce document (1 Rois XI) Salomon aurait rassemblé dans son harem un grand

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nombre de femmes étrangères, qui Tauraient détourné du culte de Jahveh. « A l'époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d'autres dieux, et son cœur ne fut point tout entier à Jahveh' son Dieu, comme l'avait été le cœur de David son père. Salomon alla après Astarté, la divinité des Sidoniens, après Milcom, etc. » Le même écrivain nous parle d'une révolte des Iduméens ou Edomites asservis par David, d'hostilités permanentes avec les Syriens, des menaces de rébellion d'un certain Jéroboam qui ne devaient attendre, pour ruiner l'unité Israélite, que la mort de Salomon. On peut voir, par le contraste de ces deux sources, combien il est difficile d'asseoir une opinion raisonnée sur un personnage tel que celui qui recueillit le trône de David. Toutefois l'opinion générale, en môme temps qu'elle est portée à grandir l'image de David, malgré ses côtés regrettables, parce qu'elle voit en lui le fondateur suprême de la nationalité juive, se montre volontiers sévère pour Salomon, en remarquant avec quelle facilité se rompit l'unité du royaume après sa mort ; on le rend responsable de la sorte de dislocation intérieure qui se manifeste lors de l'ouverture de sa succession.— Les livres sacrés donnent à Salomon quarante ans de règne comme à David ; ces chiffres ronds, nous l'avons dit, sont suspects; les règnes de David et de Salomon doivent se placer, selon toutes les apparences,dans la première moitié du dixième siècle,c'esttoutce que nous en pouvons dire, la première date solide que nous rencontrions étant celle de la séparation du royaume en deux fractions, date qui d'après le calcul des assyriologues, doit tomber dans la seconde moitié du même siècle. — Les inconvénients et les charges d'une centralisation onéreuse ne suffisent pas à expliquer la prompte rupture du lien fédératif entre les différentes tribus ; cette dissociation fâcheuse se comprend beaucoup mieux quand on voit que deux tribus se disputaient l'hégémonie sur les groupesdivers dont la tradition a fait autant de tribus parfaitement distinctes, possédant chacune son individualité : ces deux tribus étaient celles d'Ephraïm et de Juda. Si l'on en juge par le nom collectif d'Israël que les livres sacrés çlonnent aux tribus du Nord groupées autour d'Ephraïm (ou Joseph), on imaginera que là était le centre le plus naturel d'attraction et que la tribu de Juda n'a dû qu'à des circonstances exceptionnellement favorables, entre autres à la conquête de Jérusalem, l'honneur d'avoir pu à elle seule tenir tête à ses rivales. Il résulte de cette réflexion que l'hégémonie attribuée au temps de David et de Salomon à la tribu de Juda sur l'ensemble de la nation n'était supportée qu'avec impatience : à plusieurs reprises nous avons vu l'unité Israélite mise en péril, maintenant nous Talions voir brisée d'une manière irrémédiable. Malheureusement les circonstances où éclata cette rupture nous sont rapportées sous une forme peu digne de créance (1 Rois XII) « Tout Israël » se serait réuni à Sichem (pourquoi à Sichem, qui d'ailleurs d'après le v. 25 du même chapitre, ne sera bâtie que plus tard ?) ; là, bien qu'on fût venu « pour faire Roboam roi, » on aurait fait ses conditions au fils de Salomon, lui demandant d'alléger c( le joug pesant»

de ce dernier. Une insolente réponse de Roboam aurait décidé la rupture. L'assemblée, reprenant le cri de Schéba, fils de Bikri, auteur d'une tentative de sécession qui eut lieu du temps de David môme, déclare qu'elle ne veut plus rien avoir de commun avec la famille de David : « A tes tentes, Israël I Maintenant, pourvois à ta maison, David I » Roboam, repoussé, gagne précipitamment Jérusalem. Nous préférons à cette mise en scène dramatique cette simple mention : « Tout Israël ayant appris que Jéroboam était de retour, ils l'envoyèrent appeler dans l'assemblée, et ils le firent roi sur tout Israël. La tribu de Juda fut la seule qui suivit la maison de David. » Roboam eut-il la pensée de reprendre par les armes la position qui lui échappait? Il est question d'une armée de cent quatre-vingt millô hommes délite réunie à cet eff*et, mais qu'on ne jugea pas à propos de mettre en marche. On fit bien, car la suite du récit montre que cette armée n'a jamais existé que dans l'imagination du narrateur, et que le petit royaume du Sud n'était pas en mesure de causer d'embarras de longtemps à son voisin du Nord, beaucoup plus puissant que lui. — Il serait un peu puéril, à la distance où nous sommes des événements et avec la connaissance très incomplète que nous en avons, de vouloir dire à qui reviennent les torts dans cette funeste division. Il semble que le royaume d'Israël, resté uni et placé sous une direction habile, aurait pu prendre dans le monde oriental la place que lui assignaient sa position exceptionnelle et les aptitudes si remarquables de sa population. On imagine un développement matériel des Benè-Israël moins disproportionné à cet admirable développement intellectuel et religieux, dont les monuments sont supérieurs à tout ce que nous a laissé le monde ancien. Il sera donc sage d'exprimer un regret plutôt qu'un jugement. Toutefois, nous n'admettrions pas qu'on fît retomber tout le blâme sur les tribus du Nord; l'expression usuelle de schisme des dix tribus contribue à cet égard à fausser l'opinion. — Le nom de Jéroboam est resté presque plus fameux encore par le souvenir d'un culte idolâtre qu'il aurait institué à Dan et à Béthel, que par la sécession à la tête de laquelle il se plaça. « Le péché de Jéroboam, fils de Nebath, » est une expression devenue courante dans la littérature sacrée pour désigner les taureaux d'or, qui étaient l'objet de l'adoration du peuple dans ces deux sanctuaires. Reste à savoir qui représentaient ces taureaux : les critiques modernes sont unanimes à dire qu'ils étaient les images de Jahveh. Ils n'y voient pas non plus une invention particulière à Jéroboam, mais une antique tradition. Nous ne remonterons point pour cela jusqu'au « veau d'or » du désert de Sinaï, qui nous semble beaucoup plutôt avoir été créé par la tradition à l'image du culte très réel pratiqué dans le royaume du Nord. Ce qu'il y a de plus curieux dans l'histoire de ce culte du veau d'or, dans cette adoration de Jahveh sous forme animale, c'est que les rois qui poursuivirent avec le plus d'ardeur les cultes étrangers ne songèrent jamais à le proscrire. Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur la réflexion qui se dégage de cette observation, sur le jour très nouveau qu'un pareil fait, at-

testé par de nombreux et unanimes témoignages, jette sur Thistoire du culte israélite. — Il est permis de regretter que les annales israélites se montrent si pauvres à partir de Tépoque de la division en deux royaumes, ou, ce qui revient au même, présentent en certains points, à côté de leur sécheresse générale, une abondance stérile dont Thistorien peut difficilement faire son profit. L'histoire de Jéroboam se trouve ainsi composée d'anecdotes relatives à des menaces prophétiques qui ne nous instruisent nullement sur son gouvernement. Son contemporain Roboam mérite les sévérités de l'écrivain pour sa propension vers les cultes étrangers. Son règne est signalé par une expédition du roi d'Egypte Sésac (Séshonq) ; le souverain étranger fit main basse sur les trésors du temple et du palais royal. Les rapports entre les deux royaumes furent mauvais pendant toute la durée du règne de Roboam. Son fils Abijam, après un règne très court, signalé également par le syncrétisme religieux cher aux Jérusalémites, laissa la place à Asa. L'écrivain sacré attribue à ce prince, dont le règne devait être fort long, une première tentative de réforme religieuse, réforme qui, d'après sa mention expresse, porta sur les cultes étrangers, mais non pas sur les hauts-lieux « bien que le cœur d'Asa fût en entier avec Jahveh pendant toute sa vie. » Nous savons, en effet, que ces hauts-lieux étaient de tout temps le sanctuaire consacré à Jahveh, et que l'idée de centraliser le culte de celui-ci dans un temple unique n'appartient qu'à une époque postérieure. Au temps d'Asa, la sourde rivalité des deux royaumes frères dégénère en une lutte ouverte. Asa, menacé de près par Baésa d'Israël, invoque en sa faveur la diversion du roi de la Syrie damascène, et oblige ainsi son ennemi à faire front du côté du Nord à un nouvel adversaire. Baésa avait fait périr Nadab, fils de Jéroboam, pendant une expédition dirigée contre les Philistins. La capitale du royaume d'Israël était alors Thirtsa. Le fils de Baésa, Ela, devait à son tour succomber à l'assassinat. Des compétitions personnelles éclatèrent pour sa succession ; elle échut finalement à un personnage du nom d'Omri, dont la famille était appelée à un rôle considérable. Omri transféra la capitale à Samarie et eut pour successeur Achab. Ce prince semble avoir favorisé l'idolâtrie étrangère plus encore que ses prédécesseurs. Non seulement le culte des taureaux d'or subsistait, mais Baal et Astarté eurent leurs autels. — La sèche monotonie du récit est ici rompue par un développement très remarquable malgré ses longueurs, ses répétitions, ses inconvénients de difl'érente nature : c'est une sorte d'épopée consacrée à la gloire des deux grands prophètes Elie et Elisée. Du milieu de cette poésie, souvent élevée, trop mélangée toutefois du merveilleux populaire, se dégagent malheureusement bien peu de faits dont l'histoire puisse faire son profit. Elie, simple prophète, mais favorisé de l'assistance divine, aurait pris en main, contre l'impie Achab et contre sa femme Jésabel, la cause de Jahveh et égorgé quatre cent cinquante prophètes de Baal et d'Astarté sur le mont Carmel, après une éclatante manifestation de la puissance divine. A ces scènes succèdent les incidents des diffé-

rentes campagnes contre la Syrie. Dans Tune d*entre elles, Josaphat, roi de Juda, figure comme allié d*Achab, et ils Tont conjointement prendre part au siège de la ville de Ramoth en Galaad, dont les Syriens s'étaient emparés. Achab y trouva la mort, et laissa le trône à son fils Achazia. Les relations d'amitié continuèrent entre les deux royaumes ; et cependant Josaphat reçoit le témoignage d'avoir suivi les bons exemples religieux de son père Asa. Achazia, au bout de deux ans, est remplacé par Joram. Ce Joram passe pour avoir combattu les cultes étrangers, tout en maintenant ridoiâtrie de Dan et de Béthel. Il s'allie avec Josaphat, de Juda, et avec le roi d'Ëdom pour une expédition commune contre les Moabites, dont le résultat dernier n'apparaît pas clairement ; les renseignements des textes hébraïques sont ici utilement complétés par la remarquable inscription de Dhibàn, récemment découverte. Le roi de Juda, Josaphat, laisse le trône à son fils, du nom de Joram, comme le roi d'Israël. Ce Joram, qui avait pour femme une fille d' Achab, est accusé d'avoir imité les cultes du royaume du Nord; sous son règne, les Ëdomites secouent un joug détesté. Les alliances de famille entre les deux dynasties régnantes devaient exercer leurs plus funestes effets sous son fils Achazia, dont la mère était la fameuse Athalie. La lutte entre le royaume d'Israël et la Syrie semble avoir été incessante; Achazia accompagne devant Ramoth de Galaad, objectif une fois encore de cette nouvelle expédition, le roi Joram d'Israël. Ce dernier, blessé, va se faire soigner à Jizréel, où le roi de Juda ne tarde pas à lui rendre visite. Cependant, un nommé Jéhu profite de l'absence du roi à l'armée pour se faire proclamer roi d'Israël; son coup de main est le débutd'une véritable boucherie, dans laquelle succombe outre Joram, d'Israël et Achazia, de Juda, son ami et parent, toute « la maison d'Achab. » Le récit hébraïque, qui manifeste une haine violente contre la descendance d'Achab, fait voir dans Jéhu l'élu des prophètes. Nous n'en sommes que plus frappés de voir le nouveau venu, après avoir extirpé les cultes deBaal etd'Astarté, respecter l'adoration de Jahveh sous la forme du taureau d'or. Le rédacteur dernier du livre s'en étonne, mais le poème ne semble pas avoir éprouvé d'embarras à cet égard (cette partie se rattache encore à l'épopée prophétique dont nous avons signalé le caractère tout particulier). Aucune nuance de blâme n'est contenue dans cette parole <c adressée par Jahveh ». à Jéhu : « Parce que tu as bien exécuté ce qui était droit à mes yeux, et que tu as fait à la maison d'Achab tout ce qui était conforme à ma volonté, tes fils jusqu'à la quatrième génération seront assis sur le trône d'Israël » (2 Rois X, 30). Toutefois, la Syrie damascène devient de jour en jour un péril plus grand pour le royaume d'Iraël ; sous le règne de Jéhu, le territoire transjordanique, le Galaad, est l'objet de ses convoitises que le succès couronne. Jéhu a pour successeur son fils Joachaz. — A Jérusalem, Athalie, mère du roi Achazia, assassiné par Jéhu, se venge, on ne sait trop pourquoi, sur ses propres petits - enfants ; l'auteur raconte avec complaisance la destinée aventureuse de Joas. Il est question sons son règne de répara*

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lions faites au temple et d*une invasion syrienne qu'on détourna par de riches et onéreux présents. Amatsia, son fils, lui succéda. Les Syriens avaient d'autre part porté des coups funestes à la monarchie du Nord, sous le règne de Joachaz. Son fils Joas reprit l'avantage; son petit-fils Jéroboam, deuxième du nom, devait jeter un grand éclat sur le trône de Samarie, menacé d'une dis* solution plus prochaine qu'on n'aurait pu le supposer. Amatsia, de Juda, fils de Joas, après avoir vengé le meurtre de son père et battu les Ëdomites, avait provoqué impiudemment Joas, d'Israël. La lutte avait eu un résultat funeste pour l'agresseur: Jérusalem prise et pillée par le roi de Samarie. Jéroboam, héritier d'un père illustre, étendit à son tour la domination d'Israël « depuis l'entrée de Hamath jusqu'à la mer de la plaine (mer Morte); » il semble môme s'être emparé de Damas, momentanément affaiblie. Pendant ce temps Ozias (Azaria) de Juda, fils d' Amatsia, reprenait quelque autorité sur ridumée. Atteint de lèpre, il fut suppléé par son fils, bientôt son successeur, Jotbam.Zacharie, fils de Jéroboam, ayant été assassiné au bout de quelques mois, Schellum lui succède et éprouve à son tour le même sort de la part de Menahem. Sous le règne de ce dernier apparaît une puissance autrement redoutable que celle de Damas, la puis* sance assyrienne. Menahem apaise cet ennemi redoutable au moyen d'un énorme tribut : c'était le roi Paul, que l'on identifie avec Tiglat- Pitéser. Pékahia, fils de Menahem, succéda à son père pour un temps fort court ; il est assassiné par Pékah, une nouvelle invasion assyrienne met le pays à deux doigts de sa perte ; c'est la date de la première déportation qui frappa les Israélites. Pour la première fois ils étaient victimes de ce procédé, cher aux despotes de l'Asie et devant lequel toute résistance nationale devenait bientôt impossible. Jotham, qui avait succédé à Ozias sur le trône de Jérusalem, est loué pour son zèle religieux, bien que l'écrivain marque expressément qu'aucune tentative de centraliser le culte de Jahveh, en abolissant l'usage des hauts4ieux, ne fut encore faite. Sous son fils et successeur, Achaz, les cultes étrangers furent au contraire l'objet de la faveur royale, et les rois conjurés de Syrie et d'Israël, Retsin et Pékah, vinrent menacer Jérusalem. Achaz sollicita le secours du roi d'Assyrie Ti^at-Piléser et se rendit à cet effet auprès de lui à Damas; l'écrivain sacré l'accuse en. outre d'avoir, pour se rendre plus agréable à son tout-puissant protecteur, transporté immédiatement dans le temple môme de Jérusalem les formes de ce culte absolument nouveau pour la Judée. — Osée, fils d'Ëla, avait ourdi une conspiration contre le roi Pékah, usurpateur lui-même; il ne semble pas cependant que le trône de Samarie dût être un obfet d'envie depuis la chute de la dynastie de Jébu et surtout depuis l'effroyable menace que faisait pendre sur Israël le redoutable voisinage de l'Assyrie. Obligé de faire sa soumis* sien au roi d'Assyrie» Salmanasar, Osée tenta de secouer le joug par uae alliance «vec l'Egypte. Prévenu de ces menées, le roi d'Assyrie ae saisit de la personne d'Osée, mit le siège devant la forteresse de Samarie et s'en empara au bout de trois ans. Les termes laconiques

dans lesquels récrivain annonce ce terrible événement, sont lugubres dans leur brièveté : « La neuvième année d'Osée, le roi d'Assyrie prit Samarie et emmena Israël captif en Assyrie. Il le fit habiter à Ghalach et sur le Chaboras, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes. » Ainsi finit le royaume du Nord, le dépositaire autorisé du grand nom d'Israël. Les transportés furent remplacés par des individus venus de l'intérieur du pays, et le territoire du royaume du Nord devint le siège du syncrétisme religieux le plus singulier (2 Rois XVU). — Cependant, à Jérusalem, Ezéchias, fils d'Achaz, entreprenait de réagir vigoureusement non seulement contre l'introduction des cultes étrangers favorisée par son père et par nombre de ses prédécesseurs, mais encore contre quelques pratiques idolâtriques conservées dans le culte de Jahveh et qui semblent avoir fait le pendant des fameux taureaux d'or du royaume d'Israël et surtout contre la multiplication des lieux de culte. C'était la première fois qu'on entreprenait de restreindre les cérémonies religieuses au seul sanctuaire de Jérusalem, avec lequel beaucoup de « hauts-lieux » proviaciaux se disputaient l'honneur d'attirer une importante clientèle. La tentative était d'autant plus hardie que les circonstances extérieures étaient plus graves. C'était le moment où Salmanasar mettait fin au royaume d'Israël. Ezéchias, menacé de près, quelques années après, par l'armée do Sanchérib, n'échappa à la prise de sa capitale que par une chance inouïe ; nous voyons enfin une ambassade échangée entre Babylone et Jérusalem. Malgré les violentes émotions qui le signalèrent, le règne d'Ezéchias devait laisser le souvenir de réformes importantes et de travaux publics considérables. Sous ses successeurs Manassé et Amon, éclate une vive réaction religieuse, qui donnerait à croire qu'Ezéchias avait dépassé ce qu'il était permis de tenter en fait de centralisation et de réformes du culte. Non seulement les hauts-lieux sont rebâtis, mais les cultes syriens de Baal et d'Astarté sojit mis sur le même pied que celui de Jahveh ; on vMt apparaître aussi la nouvelle idolâtrie de Y <i armée céleste ». Amqa est assassiné, mais son fils Josias recouvre le tr6ne. Reprenant d'une part les travaux que semble avoir nécessité l'état fâcheux des constructions du temple et de l'autre la réforme tentée par son arrière^ grand-père Ezéchias, Josias semble s*ètre appuyé sur un texte écrit pour donner plus d'autorité à son essai restaurateur. On s'imagine généralement que ce texte n'était autre que le Deutéronome, dont l'esprit est en effet le même que celui qui inspira la tentative de Josias. Après avoir détruit tous les symboles des cultes étrai^ers^ après avoir démoli tous les hauts-lieux qui se trouvaient non seolement en Judée, mais en Samarie, sur laquelle il parait avoir étendu son pouvoir, le pieux roi fait célébrer solennellement la pâque à Jérusalem. Il résulte des expressions dont se sert le récit sacré, que cette cérémonie était absolument nouvelle. « Aucune pâque pareille n'avait été célébrée depuis le temps où les juges jugeaient Israël, et pendant tous les jours des rois d'Israël et des rois de Juda » (2 Rois XXIII, 22). Des. textes tels que celui-ci sont de nature à nous faire voir

qu'il n'est pas possible d'adopter sans réserve le point de vue de* l'époque postérieure, qui a vu la rédaction des annales Israélites : là où elles parlent du retour à une loi antique, négligée depuis des siècles, nous voyons une innovation hardie, la rupture avec l'ordre de choses consacré par un long usage. Peu de révolutions religieuses ont été plus audacieuses que celle qui a prétendu substituer à de nombreuses cérémonies locales, trop facilement mélangées de coutumes idolâtriques et de rites étrangers, une centralisation rigide, rendue plus attrayante par des solennités populaires revenant à époques fixes. Josias devait avoir une fin tragique. S'étant opposé au passage de l'armée de Néchao, roi d'Egypte, qui dirigeait une expédition contre l'Assyrie, il fut battu et tué à Mégiddo. Son fils Joachaz lui succéda. Dépossédé, par le pharaon Néchao, il fut remplacé, par ordre du même souverain, par son frère Eliakim, plus tard Joïakim. Il appartenait aux Chaldécns d'achever la ruine du malheureux petit pays dont l'indépendance n'était plus guère que nominale, et qui cherchait en vain un point d'appui en Egypte contre la puissance babylonienne de jour en jour grandissante. Après plusieurs péripéties, Nébucadnézar contraignit Joïachin, successeur de Joïakim, à faire sa soumission et l'emmena captif en môme temps qu'il déportait l'élite de la population judéenne et jérusalémite. Il devait bientôt reparaître devant les murailles de la cité insurgée de nouveau sous le gouvernement du prince qu'il lui avait donné, Sédécias ; cette fois-là la ville rebelle fut brûlée et pillée, et ses fortifications démantelées. Le royaume de Juda avait cessé d'exister (588). C'est dans le livre de Jérémie qu'il faut suivre les angoisses de la pénible agonie de l'indépendance judéenne.

III. Les Juifs sous les Ciialdéexs, les Perses et les Grecs. — A partir de la destruction de Jérusalem, le cadre de l'histoire extérieure est fourni par les documents profanes ou par Josèphe, tandis que la série des évolutions de l'organisation civile et religieuse n'est racontée nulle part d'une manière suivie. Pour ce qui touche la restauration, les livres d'Esdras et de Néhémie nous fournissent de précieux documents.— La série des souverains babyloniens s'établit ainsi : Nébucadnézar, 604-562; Evil-Mérodach, 562-560; Nériglissor, 560-556; Laborosoarchod, 556-555 ; Nabonncdus, 555-538. La liste des rois de Perse est la suivante :Cyrus (jusqu'à la prise de Babylone), 558-538 ;Cyrus (depuis la prise de Babylone) 538-529; Cambyse, 529-522; Darius, 521-485; Xerxès (Assuérus, Esdras IV, 6), 485-465; Artaxerxès Longue-main, 465-424 ; Xerxès II et Sogdianus, 424 ; Darius Nothus, 424-405 ; Artaxerxès Mnémon, 405-359; Ochus, 359-338; Arsès, 338-336; Darius Godoman, 336-330. Pour la période grecque, les indications chronologiques principales s'établissent ainsi : Alexandre le Grand (depuis la défaite de Darius), 330-323 ; division de l'empire d'Alexandre, 323-301.

L$$ Ptolémées. Les Séleucides,

Ptolômée I, Lagus, 301-285 Séleucus I, Nie ^ tor, 301-288

Ptolémée II, Philadelphe, 285-246 Antiochus I, Soter, 288-261

Ptolémée III, Evergète, 246-221 Antiochus II, Théos, 261-246

Ptolémée IV, Philopota, 221-205 Séleucia II, Callinique, 246-226

Ptolémée V, Epiphane, 205-181 Séleucis III, Kéraunos, 226-224

Ptolémée VI, Philométor, 181-146 Antiochus III, le Grand, 224-187

Séleucis IV, Philopator, 187-175

Antiochus IV, Epiphane, 175-164

On peut enfin donner la suite des principaux événements qui touchent directement la Judée, comme il suit : Retour sous la direction de Zorobabel, 537 ; commencement de la construction du temple et interruption des travaux jusqu'à la seconde année de Darius, 319; achèvement du temple dans la sixième année de Darius (Esdras VI, 15), 513 ; arrivée d'Esdras dans la septième année d'Artaxerxès Longuemain (Esdras VII, 7),i58; restauration d'Esdras (Esdras VIll-X) et nouvelle interruption apportée aux travaux de la colonie (Esdras IV, 23), 438-443; arrivée de Néhémie (Néhémie I, 1), 443; son retour en Perse (?^éhémie V, 14 et XIII, 6), 433; son second voyage en Palestine, ?; Ptolémée s'empare de Jérusalem, 320; Antigone s'empare de la Palestine et de la Phénicie, 314; Ptolémée reprend la Palestine, 301 ; établissement de colonies juives en Egypte, après 300 ; développement paisible du judaïsme tant à Alexandrie qu'en Palestine, après 300 ; guerre entre Antiochus II et Ptolémée II sur le territoire judéen, 260; Antiochus le Grand prend la Palestine, 218; il est battu à Raphia, 217; les hostilités reprennent après, 204; les Juifs tombent au pouvoir d' Antiochus (voyez Daniel XI, 14), 202; la Palestine revient à l'Egypte, 199; Antiochus la récupère par la bataille de Panéas, 198; Ptolémée V la reçoit en dot, 193; Séleucus IV Philopator lève un tribut en Palestine (Daniel XI, 20), Onias grand-prôtre, ? ; Jésus (Jason) grand-prôtre de par Antiochus Epiphane, progrès de l'hellénisme à Jérusalem, 173; Ménélas (Onias) s'empare du sacerdoce en place de Jason, qui prend la fuite, 172; coup de main de Jason contre Jérusalem ; la ville est pillée par Epiphane, 169; Jérusalem occupée par Apollonius, 168; Jérusalem fortifiée, le temple pillé, le culte renversé le 23 kisleu, 167; persécution religieuse, 167; révolte des Macchabées, 167. — La période de plus de quatre cents ans dont nous venons de donner les principales dates est capitale pour la formation du judaïsme. A son début, nous assistons à la transportation violente de l'élite de la nation Israélite sur un sol étranger; à son terme, nous sommes témoins d'une tentative, non moins violente, d'hellénisation des Juifs palestiniens; mais dans l'intervalle s'est constitué ce type indestructible de la foi juive, devenue capable de braver pendant vingt siècles toutes les causes d'anéantissement. Comment cela s'est-il fait? Nous reconstruisons ce développement à l'aide d'hypothèses, qui peuvent prétendre tout au moins à la vraisemblance, en l'absence de renseignements suffisamment précis et authentiques. Tout d'abord, il paraît hors de doute que la Babylonie

est devenue le siège d'un mouvement intellectuel et religieux des plus importants, où se mêlèrent dans une remarquable proportion Fînspiration prophétique la plus haute et le souci d'une organisation cérémonielle, rituelle et civile, telle que celle dont le Deutéronome nous fournit le premier exemple. A côté du grand anonyme auquel revient la seconde partie du livre d'Esaïe, se place Ezéchiel, avec ses plans de restauration. Nous imaginons plus encore : à savoir que, dans les circonstances favorables où se trouvèrent les exilés à partir de Tavènement de Cyrus, il se forma un groupe de légistes auquel revient la plus grande part dans la confection de la loi que les soins combinés d'Esdras et de Néhémie devaient introduire en Judée, dans le courant du cinquième siècle. On sait que la première restauration tentée par Josué et Zorobabel n'avait pas produit les résultats espérés ; celle que vint favoriser Néhémie aboutit à une organisation stable. A partir de ce moment, le judaïsme comptait deux centres d'élaboration législative et religieuse, Jésusalem et Babylone, entre lesquels l'échange a dû être constant et fructueux. Nous croyons donc pouvoir attribuer aux sixième, cinquième et quatrième siècles une activité intellectuelle féconde, et c'est à cette époque, sur laquelle l'histoire a fait le silence, que nous attribuons la rédaction définitive du code mosaïque, la composition d'un grand nombre de morceaux prophétiques, l'institution de tous les organes qui assurent le fonctionnement normal et la durée d'une société. De la sorte^ quand arriva la conquête d'Alexandre, quand la Judée, disputée pendant quelque temps entre les héritiers du héros macédonien, devint pour un demi-siècle une dépendance paisible de l'Egypte, la civilisation juive était admirablement préparée pour emprunter à la Grèce tous les éléments capables d'alimenter son génie ouvert, en même temps qu'elle commençait en Egypte et en différents lieux une propagande intellectuelle et religieuse des plus fécondes. Dans cette vue, chaque siècle aurait sa part de la grande œuvre qui devait assurer au judaïsme son Indestructible vitalité. Dans le sixième siècle (époque de l'exil), la pensée prophétique aurait atteint son plus haut degré de précision et de fermeté ; pendant le cinquième, l'organisation législative aurait été tracée par les légistes de Babylone et appliquée au groupe jérusalémite. Dans le quatrième, cette organisation serait passée dans les mœurs en même temps que son influence s'établissait sur tout Vancien territoire Israélite. Dans le troisième, l'esprit juif qu'on se représente à tort comme incapable de s'assimiler la pensée étrangère, aurait commencé cette œuvre étonnante de propagande sans laquelle les succès du christianisme resteraient une énigme. Ces heureux développements ne semblent pas avoir été contrariés par le vasselage où se trouvait la Judée. Le besoin de l'indépendance politique ne devait se faire sentir avec énergie que lorsqu'un pouvoir téméraire porterait atteinte aux principes mêmes de la religion traditionnelle. Toutefois, les compétitions de l'Egypte et de la Syrie jettent une ombre sur l'évolution jusque-là suffisamment paisible de

la Judée. Elles n'étaient que le prélude des odieux attentats d'Aniiochus Epiphane qui provoquèrent la révolte des Macchabées. — U^c des plus intéressantes sources pour cette histoire est le livre de Daniel écrit précisément à la fin de cette période (voyez les articles Exil, EsdrcLSy Ecoles juives, Daniel).

IV. Les macchabées et la domination romaine (voyez surtout 1 Macchabées, Josèphe; voyez aussi notre article Asmonéens et Hérodes {les) par Ed. Stapfer). Depuis la révolte des Macchabées jusqu'à la fondation d'iElia Capitolina sur les ruines de Jérusalem, il s'étend trois siècles singulièrement agités: d'abord rétablissement de rindépendance nationale sous une dynastie indigène, puis, sous la haute tutelle de Rome, différentes administrations impatiemment supportées, enfin une terrible révolte écrasée dans le sang et une dernière agitation, dont la répression marque, sous Hadrien, la fin suprême de la nationalité juive. Cette époque est marquée par différents phénomènes intellectuels : d'une part, rétablissement d'une tradition juridique dont le développement devait aboutir aux Talmuds ; de l'autre, l'éclosion de la littérature apocalyptique et philosophique; enfin, et tout principalement, la naissance du christianisme. Nous donnons la liste des principaux événements: Les Macchabées, Révolte des Macchabées, 167; mort de Mallathias, 166; Victoires de Judas Macchabée, 166; Défaite de Lysias à Beth-Sour, 165; le temple reconquis et consacré le 25 kisleu, 164 ; Judas Macchabée assiège inutilement la citadelle de Jérusalem occupée par une garnison syrienne ; il est vaincu à Beth-Zacharia, 163 ; Judas invoque l'alliance des Romains, 162; Judas succombe à Beth- Zat en combattant contre Bacchidès, 161 ; Janalkan en lutte contre Bacchidès; la paix conclue, 159; Jonathan s'allie au prétendant Alexandre Balas et devient grand-prêtre, 152; il bat le fils de Démétrius, Démétrius II, à Ptolémaïs, 148 ; Jonathan s'allie à Démétrius II, 445 ; ne recevant pas le prix de ses promesses, il passe à Tryphon qui le retient traîtreusement à Ptolémaïs et l'assassine, 144-143; Simon se retourne du côté de Démétrius ; il reçoit le titre de grand-prêtre et d'ami du roi, 143; Simon s'empare de Jérusalem, 142; il devient prince héréditaire par la voix populaire, 141 ; il obtient d'Antiochus Sidétès le droit de frapper monnaie, 140. Simon meurt assassiné par son beau-frère Ptolémée, 135; Jean Hyrcan, grand prêtre et prince des Juifs, 135-106; après de longues luttes, il rompt entièrement les liens de la domination syrienne, s'empare de la Pérée, de la Samarie et de l'idumée ; Arà/o6u/f , iO^-iO^"; Alexandre J année, il conquiert la Philistie jusqu'à Raphia, 105-78; Alexandra occupe le pouvoir avec l'appui du parti pharisien, 78-69; rivalités entre les deux frères Aristobule et Hyrcan. Hyrcan s'attache llduméen Antipater, père d'Hérode. Scaurus tranche le conflit au profit d' Aristobule, 64; Pompée se prononce en faveur d' Hyrcan, 63; Hyrcan, grand-prêtre et prince (nasi) ; le pays, partagé par Gabinius en cinq districts (Jérusalem, Gadara, Amathus, Jéricho, Séphoris) ; Crassus pille le temple, 54 ; César, après la bataille de Pharsale, as-

sure aux Juifs des privilèges, 48 ; après rempoisonnement d'Aristo* bule, Hyrcan est reconnu par César, 47-40 ; Antipater (Antipas) empoisonné, 44 ; son fils Hérode épouse Mariamne, princesse asmonéenne, et devient tétrarque sous Hyrcan en même temps que Phasaël ; les Parthes envahissent la Palestine, donnent la couronne à Antigone, fils d^Aristobule ; Hyrcan est envoyé en captivité ; Antigone se maintient, 40-37 ; Hérode est déclaré par le sénat roi de Judée, 40. — Les Iduméens. Hérode le Grande 40 — 4 av. J.-C; il appuie Marc Antoine dans sa guerre contre les Parthes, 39; il assiège Jérusalem et s'en empare, 37 ; il est confirmé dans ses pouvoirs après la bataille d'Actium, 31; il rebâtit le temple, 20-18; il meurt à Kallirhoé, 4 av. J.-G. ; son fils Archélaûs obtient, avec le titre d'elhnarquey la Judée, la Samarie et Tldumée ; Hérode Antipas avec celui de tétrarque, la Galilée et la Pérée (4 av. J.-C. — 39 ap. J.-C.) ; Philippe, tétrarque de la Batanée, de la Gaulonitide et de la Trachonitide ; Salomé reçoit la Philistie et Jéricho ; le proconsul Quirinus, 4 après J.-C. ; Archélaiis déposé, 6; recensement de Quirinus; institution de procurateurs: révolte de Juda le Gaulonite ; procuratorat de Coponius, de Marcus Ambisius et d'Annius Rufus, 7-14; sous le règne de Tibère, Valerius Gratus reste procurateur pendant onze ans ; Ismaël ben Phabi, grandprêtre ; bientôt après, Éléazar ben Anan, un an plus tard Simon, fils de Camithos, puis Joseph et Caïphe, 14-36; Pontius-Pilatus, 25-36; Marcellus, 36; le territoire d'Hérode Antipas (Galilée et Pérée), revient à Hérode Agrippa /•% déjà possesseur des territoires qu'avaient administrés Philippe et Lysanias, 39-40; Claude y ajoute la Judée et la Samarie, de façon qu'il domine sur toute la Palestine, 41-44 ; révolte de Theudas, étouffée par Cuspius Fadus Cumanus, procurateur, 48; Hérode Agrippa 11 reçoit avec la principauté de Chalcédoine la surveillance du temple de Jérusalem, 48 ; il obtient la tétrarchie de Philippe et de Lysanias ainsi que le titre de roi, 52; Félix, procurateur, 52; Néron lui donne une partie de la Galilée, 55; Festus, procurateur, 60; Albinus, procurateur, 63; Gessius Florus, 64; Agrippa II achève le temple, 64; commencement des troubles, 64; Vespasien envoyé par Néron, 66-69; Titus achève la guerre, en prenant et brûlant Jérusalem, 70; révolte de Barcochébas (voyez notre article ), 132-135.

Sources. Le nombre des ouvrages auxquels il convielidrait de renvoyer pour l'histoire du peuple d'Israël est illimité. Nous nous bornerons à citer ceux qui ont fait époque dans la science depuis le renouvellement de cette branche de l'histoire du monde antique par l'application des procédés critiques et dont on est obligé de tenir compte, ainsi que quelques œuvres récentes. Herzfeld, Geschichte des Volkes Isra'ély 1855-57; Grœtz, Geschichte der Juden von den xUesten Zeiten bis auf die Oegenwart (III, 2« éd., 1863); Jost, Geschichte des Judenthums und seiner Secten (1857, 1" partie); Ewald, Geschichte des Volkes Israël (1" éd., Gœttingue, 1843 ss., 3 vol.; 3« éd., 7 vol., 1864) ; Weber et Holtzmann, Geschichte des Volkes Israël und der Entstehung des Chnstenthumsy 1867; Hitzig, Geschichte des Volkes Israël^ 1869;

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