‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 132 sur 170 · LA FAYE · texte numérisé non relu

LA FAYE

1597, nous le voyons célébrer le culte et donner la cène au Louvre, avec son collègue Laubéran de Montigny, l'un prêchant à huit heures du matin, dans la salle basse, devant 1,500 personnes, l'autre, à dix heures, devant 4 à 500 personnes, dans la salle de Madame. D'après FI. de Rémond, La Faye n'allait chez elle que « l'épée au côté, quelquefois en manteau bleu ou violet, «avec pourpoint et chausses de chamois jaune. » Les pasteurs ne portaient donc alors la robe que dans l'exercice de leurs fonctions; plus tard, elle devint leur costume habituel, jusqu'à ce que l'édit du 30 juin 1664 leur eût interdit de la revêtir ailleurs que dans les temples. Quand Catherine eut épousé le duc de Bar, l'Eglise de Paris fut exilée à Grigny (mai 1599), où elle resta six mois, puis à Ablon (moins éloigné d'une lieue que Grigny), où elle resta six ans. Sans quitter leurs Eglises, les aumôniers de Ma> dame, au nombre de sept ou huit, la servaient « par quartiers » et rentraient chez eux quand leur temps était écoulé. En 1601, La Faye fut député par l'Ile-de-France au synode de Jargeau. Dès lors, nous le perdons de vue jusqu'au moment où l'Estoile écrit, en mars 1609 : « Le bonhomme La Faye, le plus vieil ministre de Gharenton, le plus riche et avare, mais le moins suffisant [capable], mourut en ce mois à Paris. Il étoit de maison, oncle de M*" la procureuse générale La Guesle, et fut avec un grandissime convoi porté et enterré au cimetière de ceux de la religion [le 18 mars]. Ne laissa aucuns enfants de son mariage avec Anne de la Grange. » Le cimetière où il fut conduit, sous la protection des archers du guet, était le second que les réformés eurent sur la rive gauche et qui leur appartint jusqu'à la Révocation, le cimetière SaintrGermain ou Saint-Père, touchant au Pré aux Clercs. Il est représenté aujourd'hui par le n"" 30 de la rue des Saints-Pères, et un peu plus bas que le premier cimetière Saint- Germain ou Saint-Père, situé là où est actuellement le petit jardin qui fait l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue des Saints- Pères, dont les réformés s'étaient servis de 1576 à 1604, bien qu'il ne pût contenir qu'une douzaine de corps. — Voir Aymon, 1, 138; A. Coquerel flis, Précis de VEgi. réf. de Paris ; La France proL\ Bullet, de rhisL du prot. fr., 111, 451 ; V, 153; VII, 179 ; XII, 276 ; et 2* série, I, 466 et 471. — Un homonyme du pasteur de Paris, Jean de La Faye, pasteur à LoHol (arrond. de Valence, Drôme) était poursuivi, en 1636, pour quelques paroles irrévérencieuses contre le culte des saints, et s'enfuit sans doute à l'étranger. Il est l'auteur des douze questions capucines réponduet, Gen., 1648, in-8o. On le retrouve à Loriol en 1660, encore poursuivi pour un délit de controverse : L' Anti-moine à MM, de la communion de Rome de la ville de Crest, imprimé à Die sans permission par Ezéchiel Benoît. Le parlement de Grenoble condamna l'ouvrage à être brûlé par la main du bourreau, et Tauteur aux galères perpétuelles (septembre 1660). Mais celui-ci avait gagné Bâle, où il remplit les fonctions de lecteur de l'Eglise française, pendant quelques mois de l'année 1662. Il ne mourut pas en 1676, ainsi que le dit la France protestante, puisqu'il signait encore, le 25 mars 1688, une adresse des protestants réfugiés en Suisse « aux rois, princes,

Page 1