LA FORCE — LAFORCE
chàleau de la Force (Dordogne), ses Mémoires, recueillis et imprimés parle marquis de la Grange (Paris, 1843, 4 vol. in-S"). 11 mourut pendant les troubles de la Fronde, le 10 mai 1652, âgé de quatre-vingtquatorze ans. Le pasteur De Barthe, qui l'assistait à ses derniers moments, afQrme que « la religion réformée perdit [en lui] le plus dévot, le plus zélé, le mieux instruit et le plus charitable qui puisse sortir d'une telle naissance. » — Son petit-fils, Jacques-Nom par-de- Gaumont La Force, pair de France, duc de La Force et marquis de Boisse, est célèbre par Todieuse persécution dont Louis XIV empoisonna ses quatorze dernières années, allant, dans sa furieuse passion de ramener au catholicisme, jusqu'à le faire garder à vue, dans le château de La Boulaye, par un exempt et par un prêtre, le père Bordes, qui avaient ordre d'empêcher l'incorivertissable duchesse de lui parler de religion et ensuite de communiquer avec lui. Le vieillard mourut sans avoir pu embrasser une dernière fois sa femme, Suzanne de Béringhen, séquestrée dans la chambre voisine. — Voir La France prol.] les Mém.dela Bastille; le Mercure historiq. el poliliq.^Leyde^ ikoûi 1689, 1699 ; le BuUeL de VhisL du prol. fr., 11, 66, 299, 307, 310 ; 111, 149, 472, 479; Vlll, 118 ; IX, 130, etc., et la Nouv. biogr. gêner, de Firmin Didot. 0. Douen.
LAFORCE (Asiles de). Sur le riant plateau qui domine la plantureuse et large vallée de la Dordogne. on distingue de loin le bourg de Laforce, dont le nom seul rappelle déjà l'une des gloires du protestantisme français, le vaillant maréchal Jacques-Nompar de Gaumont, duc et pair, qui vécut sous sept rois, ne fut jamais vaincu et resta toute sa vie fidèle à son pays et à sa religion. Aujourd'hui, près des ruines du vieux château, démoli en 1793, s'élèvent d'autres monuments plus modestes, des maisons de charité qui, dues à l'initiative de M. le pasteur John Bost, n'ont vécu et ne continuent à subsister que grâce aux efforts de la philanthropie chrétienne. Ces maisons, séparées les unes des autres, sont au nombre de huit et comprennent un personnel d'environ 400 pensionnaires et 50 employés de tous genres, directeurs, directrices, infirmiers, aumônier, médecins, jardinier, comptable, etc. Le premier de ces asiles a été ouvert le 24 mai 1848, avec 4 enfants. C'est la Famille, destinée à rendre un foyer à des orphelines de tout âge, à des jeunes filles abandonnées et à des filles de veufs ou de veuves incapables de veiller sur elles et de les protéger contre la misère et le vice. Ces enfants reçoivent une bonne instruction primaire et sont élevées pour être servantes ou femmes de ménage ; quelques-unes, mieux douées, deviennent institutrices. D'après le dernier rapport (1878j, elles étaient au nombre de 90. Les autres asiles se sont fondés au fur et à mesure des besoins, par une sorte d'entraînement ou d'enchaînement naturel. On demandait au directeur l'admission d'une orpheline, mais idiote, infirme, incurable, aveugle. Fallait-il la repousser parce qu'elle était trop malheureuse? Fallait-il imposer sa présence et ses infirmités à celles qui se portaient bien ? C'est pour elles que Béfheêda fut créé et ouvert le 1*' janvier 1835 (en 1878, 102 infirmes). Mais à celles-là on ne