LAFORCE
pouvait davantage imposer la vie commune avec les filles -et les femmes épileptiques. On les sépara : Eben-Héser, fondé le 21 avril 1862, comptait, en 1878, 50 malades. Siloé et Béi/iel sont pour les garçons ce que les deux autres asiles sont pour les filles. M. Bost n*admettait pas que ce qui avait pu et dû se faire pour les unes ne fût pas urgent et possible pour les autres. Il ouvrit le 1"' août 1858 Siloé pour les garçons incurables, infirmes, aveugles, idiots, et la maison en compte aujourd'hui 91. Béthél, ouvert le 1*' janvier 1863, n*a pas moins de 32 garçons épileptiques. Le Repoi^ ouvert le 10 juin 1876, est un asile offert à des institutrices fatiguées, à des maîtresses d'école infirmes, à des veuves malades et abandonnées, à des femmes de divers âges, d'une certaine éducation, sans fortune, sans famille, qui se sont usées au service de l'Eglise ou dans l'enseignement. C'est un home confortable succédant aux batailles de la vie. La maison est belle, les chambres sont bien aménagées et bien meublées, le régime est bon et substantiel ; il y a salon, vastes jardins, ombrages, et vie de famille. La Retraite (25 mai 1876} est une maison du même genre, plus modeste, pour des servantes et de pauvres femmes malades ou infirmes, que leur éducation ou leurs habitudes ne permettent pas d'admettre dans le Repos. La Miséricorde enfin, inaugurée le 16 mai 1878, s'est ouverte avec 35 jeunes filles. On a du distraire deBéthesdaet d'Eben-Hézer les malades, idiotes ou épileptiques, dont les difformités physiques ou morales étaient trop effrayantes pour ne pas exercer sur leurs compagnes une fâcheuse influence. Elles entravaient la marche des asiles, paralysaient par leurs crises, leur idiotisme ou leur méchanceté, les progrès de .celles qui étaient encore susceptibles d'un certain développement. Un don de cent mille francs a permis à M. Bost de mettre immédiatement la main à l'œuvre, aussitôt que la nécessité de cette nouvelle création lui eut été démontrée par l'expérience. — Une jolie église gothique, pouvant contenir 700 personnes et se rattachant directement aux asiles, a été construite à l'aide de dons volontaires, de contributions fournies par quelques habitants de Laforce et de collectes faites en France, en Angleterre et en Suisse, par le directeur des Asiles qui en a été aussi l'architecte. Les ressources de ces divers établissements se composent des pensions, de souscriptions annuelles ; de dons, collectes et ventes; de donations et legs ; du travail des pensionnaires; du revenu des biens, meubles et immeubles ; des subventions qui peuvent être fournies par des institutions charitables, les villes, le département ou l'Etat. Chaque asile a sa cour et son jardin, des arbres, de l'air et de l'eau en abondance. On peut dire que ce qui les caractérise tous, c'est l'atmosphère de liberté qu'on y respire : point de murs de clôture, rien qui sente le cloître ou la prison. Les orphelines, comme les malades, bien que surveillées, ont le sentiment qu'elles peuvent sortir pour faire les emplettes de la maison, et cela ne contribue pas peu à maintenir parmi elles la vraie discipline et à leur donner cette apparence de contentement qui se voit sur leurs visages. La propreté est . extrême, et si l'on songe à l'état physique et moral de la moitié