LAINEZ
*dans ce but avec leur maître & Venise, mais renoncèrent momentanément à leur projet devant la guerre qui venait d'éclater entre la République et la Porte et se consacrèrent tout entiers, avec un désintéressement qui contrastait avec la cupidité des autres ordres monastiques et que ne se lassaient point d*admirer leurs contemporains, au soin des malades dans les hôpitaux, à la catéchisation des enfants, à rinstruction des classes pauvres. Après que la société eut été approuvée en 1S4Û par Paul III, Lainez prit à l'élaboration de ces statuts une part prépondérante et unit à un degré véritablement remarquable avec une géniale audace la souplesse du politique et Fhabileté prévoyante jusque dans les moindres détails. Si les Constitutions pour quelques-unes de leurs grandes lignes proviennent de Loyola luimême, rinspiration première n'en remonte pas moins à son compagnon d'œuvre qui en fixa également la rédaction dans sa teneur définitive. £n 1558 la congrégation générale décréta sous sa présidence que les Déclarations seraient désormais adjointes aux Constitutions pour leur servir de commentaires et au besoin pour en rectifier le sens ; en d'autres termes elle reconnut leur supériorité sur le code primitif. Le vœu de pauvreté par exemple fut atténué grâce à une subtile casuistique et toute occasion avidement saisie pour accroître les pouvoirs du général ; la promulgation des nouveaux règlements, entre autres fut déclarée son droit exclusif. Lainez avait le premier donné l'exemple de cette soumission qu'il imposait si impérieusement à ses frères : aussi longtemps qu'avait vécu Loyola il lui avait obéi comme un enfant et un jour où il avaitencouru son mécontentement, il lui avait demandé comme punition d'abandonner la directipn spirituelle du concile de Trente pour se condamner pendant le reste de ses jours à apprendre la lecture aux petits enfants. Les efforts de Lainez pour ouvrir à ses compagnons les portes de toutes les villes d'Italie furent couronnés d'un si rapide succès que Paul IV lui offrit en récompense le chapeau de cardinal, mais le rusé Espagnol, qui renonçait volontiers à l'apparence du pouvoir pourvu qu'il en possédât la réalité, se déclara indigne d'un aussi grand honneur. Il se contenta dès les premières séances du concile de se rendre à Trente pour y défendre contre toute tentative de réforme les prérogatives du saint-siège. Les fonctions de général lui incombèrent en 1558 à la mort de Loyola, et il profita de l'interruption des travaux conciliaires pour accompagner en France (1561) le légat cardinal de Perrare, assister au colloque de Poissy, y défendre avec une éloqueace passionnée les intérêts de la curie et travailler à Técartement des obstacles encore très sérieux qui s'opposaient à la reconnaissance de son ordre. L'ascendant qu'il acquit bientôt sur Catherine de Médicis se traduisit en public par la promulgation de l'édit de Saint- Germain en Laye à la teneur duquel les huguenots devaient célébrer leur culte en dehors des grandes villes. Dans un mémoire contre l'hérésie qu'il rédigea à cette occcasion, il ne craignit pas d'écrire ces paroles significatives : a Pour satisfaire la plus petite et la plus mauvaise portion du pays, la reine se rendra odieuse à la portion la