‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 141 sur 170 · LAMI · texte numérisé non relu

LAMI

qui Tavaient connu et même de tous ceux avec lesquels il avait eu des contestations littéraires ou théologiques. L*ardent bénédictin avait attslqué un peu tout le monde ; on le voit tour à tour en discussion avec Bossuet, Malebranche, Arnauld, Nicole, Duguet, sans compter les autres ; et on voit aussi que tous l'aimaient, le respectaient comme un homme plein de cœur et de sincérité, de science et de piété. Voici les ouvrages les plus connus de dom Lami : De la connaissance de 5oi-wïeme, Paris, 1694-1698, 6 vol. in-12; une édition augmentée (la meilleure) en 1700 ; Le nouvel athéisme renversé^ contre Spinosa, 1696, in-12 ; Vérité évidente delà religion chrétienne^ 1694, in-12; Des sentiments de piété sur la profession religieuse^ 1697 ; Leçons de la sagesse sur rengagement au service de Dieu, 1703, in-12 ; un recueil de Lettres théologiques et morales y 1708, in-42 ; L'incrédule amené à la religion par la ra/son, 1710, in-12 ; Les gémissements de l'âme sous la tyrannie du corps, 1700, in-12 ; Conjectnres sur divers effets du tonnerre, 1689, in-12; opuscule curieux et intéressant. Les autres écrits du père Lami roulant sur des matières philosophiques sont à peu près oubliés îiujourd'hui.

LAMI (Bernard), né au Mans en juin 1640, mourut à Rouen le 29 janvier 1715 , âgé de soixante-quinze ans. Après avoir fait de bonnes études dans sa ville natale, il entra dans la congrégation *de rOratoire. 11 avait un goût prononcé pour les sciences qu*il étudia tour à tour avec ardeur plus qu'avec profondeur. Belles-lettres et linguistique, philosophie et mathématiques, critique et morale l'occupèrent successivement ; sur chacune de ces sciences il écrivit des traités presque tous oubliés aujourd'hui, mais qui furent reçus avec faveur par le public de son époque. Le père Lami passait d'ailleurs trop rapidement d'une étude à une autre pour que ses livres ne se ressentissent pas de cette inconstance et de cette précipitation. Ses idées étaient souvent étranges, ses conjectures hasardées, ses raisonnements subtils et précipités. Son style était facile et abondant, mais il manquait d'élégance et même de pureté. Il enseigna la philosophie à Saumur et à Angers, et ensuite la théologie à Grenoble. Fervent adepte de la philosophie de Descartes, il eut beaucoup à souffrir de la part des disciples d'Aristote qui allèrent jusqu'à employer contre le savant oratorien une lettre de cachet qui le privait de sa chaire et qui l'exilait dans le diocèse de Grenoble. Le cardinal Le Camus qui était alors évéque de cette ville accueillit favorablement le père Lami, l'employa dans le gouvernement de son diocèse et 16 nomma professeur de théologie dans son séminaire. Appelé plus tard à Paris, il fut envoyé à Rouen où il passa les dernières années de sa vie dans l'étude et dans la prière. Le père Lami fut un religieux modeste et austère, un savant laborieux et dont les connaissances étaient aussi variées qu'étendues. Ses ouvrages sont nombreux, nous indiquerons ceux qui sont généralement reconnus comme les plus importants : De Vart de parler, 1670, in-16, 1687, 1701, 1715, in-12 ; Traité de méchanique de V équilibre des solides et des liqueurs, etc., Paris, 1679, in-12; Eléniens de Géon'iétrie et de Matliéiaatiques, 2 vol. in-12; Démonstration

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de la sainteté et de la vérité de la Morale chrétienne^ 1706 à 1716, 5 vol. m-12 ; Apparatus biblicus sive manuductio ad sacram Scripturam tum clariàSj tum faciliiis intelligendam, 1696, in-8°; editio novissimay cum fig,, Lugduni, 1723, in-4'*; traduit en français sous ce titre : Introduction à l'Ecriture sainte, in-4*; il y en a un Abrégé, in-12. Il y a même deux traductions françaises de cet ouvrage, Tune de Tabbé de Bellegarde, l'autre de Tabbé Boyer, cette dernière est la plus exacte et la plus recherchée: Harmonia sive Concordia quatuor, Ëvangelisiaruni, 1689, in-12; 1735, in-4°; ouvrage dans lequel Fauteur avait émis quelques opinions contraires aux idées reçues et qui lui attirèrent des blâmes, notamment de M. de Harlay, archevêque de Paris. De Tabernaculo fœderis, desancta civitate Jérusalem, et de templo ejus, 1720, in-f" ; ouvrage savant et orné de plusieurs figures en taille douce, qui avait demandé trente ans de travail à son auteur et qui est encore un des meilleurs livres sur cette matière. A. Maulvault.

LA MELLETIÈBE (Théophile Brachet, sieur de), né vers 1596, était fils d'un maître des requêtes. Il étudia le droit ; mais dégoûté du barreau par le peu de succès qu'il y obtint, il se lança dans la controverse contre le catholicisme, et réussit par ses intrigues à se faire nommer ancien de l'Eglise de Gharenton. En 1620, il entreprit de concilier les doctrines opposées de Tilenus et de Caméron sur l'universalisme hypothétique, et fut député par la province de l'Ille-de- Frànce à l'assemblée politique de La Rochelle, qui l'envoya en Hollande solliciter des secours des Etats généraux. Tilenus ayant invité l'assemblée à se soumettre à la volonté du roi, La MilleUère le réfuta dans un discours, publié en 1622 et brûlé par la main du bourreau en 1626. Il y soutient la thèse reprise plus tard par Jurieu, savoir que le peuple et la royauté sont liés par un pacte réciproque, et que, le gouvernement ayant violé ouvertement ce pacte par la persécution, l'insurrection des protestants contre lui était légitime. Mis à la Bastille, en 1627, et condamné à mort comme l'un des agents les plus remuants de Rohan et du parti de la résistance, il fut gracié par Richelieu, qui lui accorda, en outre, une pension de mille écus, et devint dès lors le docile instrument du <:ardinal qui rêvait, on le sait, la réunion des deux cultes protestant et catholique. Pour favoriser ces projets, La Milletière écrivit une cinquantaine d'ouvrages, dans lesquels il attaquait Amyraut, festard, Mestrezat, Du Moulin, Blondel, et ne réussit qu'à se faire menacer d'excommunication par le synode d'Alençofl (1637) et excommunier par celui de Gharenton, en 1645. « Lorsque l'apostat quitta l'assemblée, dit ia France proie^tarue^ le président le salua par ces paroles de Jésus : Fais bientôt ce que lu fais. — Je ne suis pas Judas, répondit La Milletière. — Non, Monsieur, reprit Garrissoles, car Judas avait la bourse, et vous la cherchez. » — Deux mois après, La Milletière fit enfin son abjuration publique. Il mourut en 1666, haï des protestants et méprisé des catholiques. Elle Benoit ne vit en lui qu'un « brouillon », un esprit «inquiet», qui «ne s'était point lassé de tourmenter les Eglises», et Tallemant des Réaux en porte à peu près le même jugement :

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