‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 147 sur 170 · LAMOIGNON DE BA VILLE — LA MOTTE-GONDRIN · texte numérisé non relu

LAMOIGNON DE BA VILLE — LA MOTTE-GONDRIN

par le calme et la tenue parfaite d*esprit au milieu des supplices journaliers. Le don de la sérénité dans le sang ne fut peut-être jamais porté si loin. » Aussi Lamoignon de Malesherbes se plaisait-il à répéter à la fin du siècle : « 11 faut bien que je rende quelques bons offices aux protestants ; mon ancêtre leur a fait tant de mal ! » — Voir Gh. Goquerel, Hist, des EgL du Désert; N.Peyrat, Hist. des pasteurs du Désert ; Revue politique et littér. du 28 octobre 1876; Gbastel, Lettres iiédUes de Jf"" de Maintenons Genève, 1875 ; Œuvres complètes de Bassuet\ Lettres choisies de Fléchier^ 1747; Hist, de redit de Nantes, III, 514; Bullet. de Vkist. du'prot., 111,173; VII, 497; Brueys, Hist. du fanatisme, ' 0. Douen.

LA HOTTE-GONDIUN, chevalier de Tordre, capitaine de cinquante lances, et lieutenant du duc de Guise dans son gouvernement du Dauphiné, s'est rendu célèbre par les cruautés qu'il exerça contre les protestants et dont les catholiques eux-mêmes étaient révoltés. Un jour qu'il était en train de raser la maison dans laquelle les protestants de Romans avaient célébré leur culte, ceux-ci accoururent en armes et le forcèrent à prendre la fuite. Par une lettre du dernier jour de février 1562, François de Guise lui enjoignit de ne pas laisser cette révolte impunie, de S'emparer du ministre par surprise ou autrement et de le faire pendre et étrangler sur-le-champ ; puis, le 4 mars, il ajouta en post-scriptum à la lettre : « De mes voisins et sujets m'ont voulu depuis trois jours faire une braverie oti ils m'ont blessé une douzaine de gentilshommes, de quoi ils se sont trouvés marchands. » C'est ainsi que le héros de Vassy racontait l'exploit qui fut le signal de tant d'autres massacres. Le lieutenant était digne de son chef, et par des supplices continuels inspirait l'effroi à toute la province aussi bien qu'à Valence oti il résidait. 11 avait fait trancher la tête au ministre Duval ; par son ordre, le châtelain de La Gôte- Saint- André, Louis Guay, homme vertueux et estimé, qui habitait Romans, fut saisi contre la foi des traités et pendu avec deux de ses coreligionnaires à la fenêtre de sa propre maison. Le ministre Jacques Roux, Amelly, Barjac, Jean du Mas attendaient leur tour en prison. Ces derniers avaient commis le crime de présenter une requête pour obtenir la liberté de leur culte. A la fin les persécutés s'émurent. Le dimanche 26 avril, les protestants de Valence s'emparèrent d'une des portes de la ville ; mais vigoureusement assaillis à leur tour, et n'étant qu'environ quatre-vingts, ils allaient succomber sous le nombre, quand un secours inespéré leur arriva. Le lieutenant du duc de Guise avait essayé la veille de répéter la s<îène de Vassy, et le baron des Adrets l'apprenant presque aussitôt était accouru à la tête de la noblesse dauphinpise. Gondrin battit en retraite avec ses troupes et s'enferma dans son hôtel; mais le feu l'obligea d'en sortir, et un parent de Louis Guay, aidé par Jean de* Vesc, seigneur de Montjoux, le tua comme il essayait de s'enfuir. La foule furieuse accrocha son cadavre à une fenêtre, représaille à laquelle Des Adrets demeura étranger, -r- Voir Rochas, Biogr. dauphinoise, art. Beaumont; H. Bordier, La France prot,, même article;

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