‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 151 sur 170 · LANGE — LANGRES · texte numérisé non relu

LANGE — LANGRES

Clavis ktbrxi codiciSj qui a eu une série d^éditions ; 15* une Grammaire laime, écrite pour la maison des orphelins de Halle, qui a été très souvent réimprimée; et lô"" une Autobiograpkiej Halle, 1744, qui contient aussi un catalogue complet de ses ouvrages.

LAN&BBS iLvigonx)j évêché suffragant de Lyon. L*histoire des origines de cette Eglise est sortie tout entière de la plume d*un diacre de Langres, Wamahaire ou Garnier, qui envoya, vers 614, à Geraunus, évèque de Paris, les Actes des trois martyrs jumeaux, Speusippe, Eleusippe etMéleusippe. Convertis par saint Bénigne avec Faide de Léonilla, leur grand'mère et baptisés par lui, les trois saints brisent les statues de Némésis qu'ils avaient adorées et meurent sur le bûcher après avoir été torturés. Leurs corps sont transportés au bourg d*Urbatus, à deux milles de Langres, au croisement de deux grands chemins, où un temple leur est consacré {A A . S5., 17 janv., II ; Tillemont,III). Mais àc6téde ces Actes, BoUand publie, d'après un manuscrit de Welser, d'autres Actes des saints jumeaux, suivant lesquels (et cette tradition est aussi celle desMè^nées grecs) ils appartiennent à la Cappadoce et sont morts sans baptême. Le lieu dit Orbatus se trouve déjà nommé ici. Wamahaire a transporté ce nom, comme toute la légende asiatique, au lieu dit encore aujourd'hui Saint-Geômes {$s, Oamint) où Ton vénérait peut-être quelques reliques des jumeaux cappadociens. On dit que Sénator, vivant vers 366, fut le premier évêque de Langres. Saint Didier, dont le nom a été conservé par la ville de Saint-Dizier, a laissé des souvenirs troublés encore par les falsifications de Wamahaire ; ce n'est pas en 264, mais sans doute en 407 que cet évêque fut mis à mort par le roi des Vandales, auprès duquel il allait intercéder pour sa ville ; on ne sait rien de lui que par Adon (23 mai ; A A. SS. à ce jour, V ; Tillemont, XI). Dijon fut, dans les temps anciens, la deuxième capitale du diocèse de Langres ; c'était le séjour de l'illustre saint Grégoire (506-539), bisaïeul de Grégoire de Tours, magnus Dei sactrdos, signis et virltUibus clarus {H. E. Fr,^ lU, 19, cf. 15 ; YUœ Patrum, VU, 1-4). Il descendait des plus nobles sénateurs et avait occupé dignement pendant quarante ans la charge de comte d'Autun; à la mort de son épouse Armentaria, il fut élu évêque de Langres et gouverna trente-trois ans cette Eglise ; son fils Tetricus, qui lui succéda, iéleva une chapelle au-dessus du corps de son père. Fortunat a composé l'épitaphe du père et du fils. Parmi les successeurs de Grégoire, dont plusieurs sont mentionnés par Févêque de Tours, nous ne nommerons plus qu'Hérulfe (Hariolfus, 769-780), le fondateur de la célèbre abbaye d'Ëllwangen, qui établit des relations durables entre l'abbaye souabeet l'Eglise de Langres. L' évêque était autrefois comte de Langres, duc et pair du royaume. La cathédrale, d'abord dédiée à saint Jean-Baptiste, porte le vocable de saint Mammès. — Voyez Galiia, IV ; le P. Vignier, Les chron, de Vév. de L. (1665), traduites, continuées et annotées par Jolibois, Ghaumont, 1842; l'abbé deMangin, HisL du, dioc. de L. et de celui de Dijon, P., 1765, 3 vol. in-12 ; Mathieu, Ev. de L, 2« éd., 1844 ; l'abbé Roussel, Le dioc. de L., 4 vol. gr. inJ8% 1873-1879; cf. les articles Bénigne eiDijofi.

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LAN6T0N (Etienne) qui appartenait à une famille honorable de FAngleterre, fit ses études à l'université de Paris, y professa pendant plusieurs années et devint chanoine de Notre-Dame. C'est vraisemblablement pendant cette première période de sa vie qu'il rédigea ses premiers ouvrages, dont la plupart sont restés manuscrits. Nous pouvons citer parmi ses écrits un commentaire sur TAncien Testament, un poème ou Hexameron, sur Tœuvre des six jours, une somme théologique^ une somme De diversis. Toutefois, c'est surtout le rôle considérable qu*il a joué dans l'histoire religieuse et politique de sa patrie qui mérite. d'attirer notre attention. Nommé cardinal en 1206 par le pape Innocent III, son ancien condisciple et ami, il consacrait ses journées à l'étude, quand le siège de Cantorbéry devint vacant par la mort de l'archevêque Hubert. Les moines de la cathédrale, désireux de faire valoir leurs droits, contestés par le pouvoir royal, nommèrent leur sous-prieur, Réginald, avant même les obsèques d'Hubert et tinrent sa nomination secrète jusqu'à ce qu'il eût obtenu l'assentiment du pape. Mais Réginald, à peine débarqué en Flandre, se hâta de rendre son élection publique et Jean sans Terre, indigné, s^empressa de nommer au siège vacant Jean de Grey, évêque de Norwich. Les évêquessuffragants, jaloux, eux aussi, de leurs prérogatives, en appelèrent sur-le-champ à Rome. Innocent 111 saisit l'occasion favorable de cette triple rivalité pour faire valoir les droits ^bsolus du saint-siège à la fois contre les prérogatives royales et contre l'indépendance épiscopale, et désigna aux suffrages des moines son protégé, Etienne Langton, qu'il consacra à Viterbe le 17 juin 1207. Jean sans Terre irrité refusa de reconnaître le nouvel archevêque, auquel il défendit, sous peine de mort, ainsi qu'aux moines rebelles, de remettre le pied en Angleterre. Les moines se réfugièrent en Flandre et Langton à Pontivy. Après avoir vainement cherché à réconcilier Jean sans Terre avec Innocent 111 et couru les plus grands dangers; les évêques désignés à cet effet parle pape lancèrent l'excommunication majeure contre le roi et l'Angleterre. Cet interdit redoutable dura six années et peu s'en fallut que Philippe-Auguste, auquel le pape avait fait don de l'Angleterre, comme s'il pouvait disposer des peuples et des couronnes, ne s'en rendit maître. Jean sans Terre, réduit à la dernière extrémité, dut se soumettre et laisser Langton, avec lequel il se réconcilia, prendre possession de son siège. Philippe- Auguste se vengea de l'échec de son fils par l'éclatante victoire de Bouvines. Sa situation n'en était pas moins déplorable; après avoir vu passer ses possessions entre les mains de son rival et avoir courbé la tète devant Innocent III, il dut, le 19 juin 1215, subir l'humiliation suprême de signer la grande charte des. libertés anglaises, que lui imposa Etienne Langton à la tête des barons révoltés. A partir de ce moment, l'attitude de Langton se transforma entièrement. De créature du pape il devint le chanapion des libertés de l'Eglise et du peuple d'Angleterre. Innocent lll, qui envisageait avec raison l'œuvre de Langton comme une atteinte à ses prétentions au pouvoir absolu et qui semble avoir pressenti le rôle qu'elle jouera plus tiard contre

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