‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 153 sur 170 · TU LANGUE! — LA NOUK · texte numérisé non relu

TU LANGUE! — LA NOUK

tament pour servir aux petites écoles, Sens (Paris), iii-8^ Les ouvrages <ie piété que Languet a composés se ressentent de son humeur in- •quiète et belliqueuse, on n'y rencontre pas la note tendre et intime de Tonction que Ton aime à trouver dans les livres de ce genre. Son style précipité et souvent diffus ne semblait pas d'ailleurs qualifié pour les livres de cette espèce: toutefois il ne manque pas 'de noblesse, ni même d'élégance. — Sources: Ficot, Mémoires pour servir à V histoire eccUsiaHique pendant le dix- huitième siècle; Nouvelles tcclésiasUques ; Histoire de la constitution Unigenitus^ in-4''.

A. Maulvault.

LA NOUÉ (François de), l'un des capitaines et l'un des écrivains de la Réforme française, né en 1531, était un gentilhomme breton que tout semblait devoir écarter du culte nouveau : page de la cour, plus tard officier en Italie, ami des princes lorrains, il n'en devint pas moins, à la suite d'une courte et studieuse captivité à Parme, du Toyage d'Andelot en Bretagne, et des prédications du ministre Fleury, un membre de l'Eglise à laquelle il devait faire tant d'honneur. Le massacre de Vassy lui mit les armes à la main, car, malgré l'ardent royalisme qui fut toujours sa conviction politique, il professait cette doctrine, exposée plus tard dans les Discours : « Quand l'oppression est universelle et continue, Dieu hâte ses jugements qui détruisent, puisqu'on ne s'est voulu améliorer par ceux qui instruisent. » Dans les guerres de religion, que nous n'avons pas à raconter, La Noue fut, comme l'amiral de Goligny, un général plutôt habile et •constant que favorisé par la fortune'; mais, entre tous les capitaines de cette époque féroce, il se fît remarquer par sa douceur, soit à l'égard des soldats vaincus qu'il protégea après sa victoire de Luçon -contre de trop naturelles représailles, soit à l'égard du « pauvre peuple champêtre », sujet aux « charges et aux misères ». C'est <lans la Rochelle que, blessé sérieusement, les exhortations des ministres et de Jeanne d'Albret le décidèrent à laisser remplacer son bras gauche par un bras de fer, d'où son célèbre surnom. La paix de Saint-Germain et la politique antiespagnole que parut adopter €harles IX avant la Saint-Barthélémy, ouvrirent à La Noue un nouveau champ d'activité du côté des Flandres. Il ne réussit pas contre le duc d'Albe, mais il évita le grand massacre parisien. Gomme il était presque le seul survivant des illustres chefs huguenots, et comme malgré tout il était royaliste, il se trouva, au siège de la Rochelle, dans une situation très fausse et très diâcile, également suspect aux défenseurs de la ville, qui s'emportaient contre lui jusqu'à l'injure, suspect à la cour, mécontent de tout le monde et malheureux. Il revint d'ailleurs de toute illusion sur les projets du parti catholique, et encouragea ses coreligionnaires à la lutte sous le règne de Henri III. Parti de nouveau pour les Flandres, il fut fait prisonnier en 1580, et subit pendant cinq années une étroite captivité à laquelle nous devons les Discours politiques et militaires. C'est l'ouvrage d'un chrétien et d'un patriote, d'un chrétien non seulement convaincu et résigné, mais joyeux: «Les libertins s'accordent à

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