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mépriser et rejeter lasainte profession de la vie chrétienne, sa persuadant qu'elle chasse la joie des cœurs, et qu'elle entretient Thomme tout le long de sa vie avec une contenance morne... Mais incontinent que le vrai chrétien a reçu quelque bien, s*élève vers Dieu et reconnaît qu'il a été exaucé de lui voire qu'il Fa prévenu par sa libérale bonté, et... en méditant ces choses en son âme il vient à se réjouir et à chanter comme David au psaume vingt-troisième : Mon Dieu me pait sous sa puissance haute. C'est mon berger : de rien je n'aurai faute. » Cette sérénité vraiment édifiante dans les tourments d'une prison qui ruinait sa santé ne l'empêchait pas de soufi*rir pour son pays, dont il décrivait éloquemment les misères, et dont il prévoyait la « lourde chute^ si Dieu par sa souveraine bonté ne le soutient ». La cause du mal, il la voyait surtout dans l'impiété. Le remède, il le trouvait dans la soumission du roi tempérée par un juste équilibre des trois ordres, point de vue qui le classe dans l'école politique et libérale de son temps ; il le trouvait plus encore dans l'instruction, et dans une sérieuse instruction répandue chez les paysans eux-mêmes, car <f à toutes personnes convient de contempler, qui plus, qui moins, aux choses divines ». Délivré enfin par un échange de prisonniers, J^rançois de La Noue se retira quelque temps à Genève, dans la société deChandieu, de Lect, de Michel Roset, de Théodore de Bèze. Il reprit les armes lors de la réconciliation des Henri, se couvrit de gloire pendant trois campagnes successives, fut blessé n^ortellement au siège de Lamballe, et mourut (4 août 1591) à Moncontour, «[priant Dieu ardemment, dit un témoin, et avec les yeux élevés au ciel, sanglots et soupirs, attirant la miséricorde de Dieu ». Son fils, Odet de La Noue, avait été l'une de ses joies, et fut son digne héritier. Il prit une part importante aux synodes, aux assemblées, aux négociations qui précédèrent l'édit de Nantes. Jusqu'à sa mort arrivée en 1618, il ne cessa d'être l'un des chefs les plus respectés comme les plus pacifiques, des réformés de France, qui le nommèrent en 1605 député général ; et par deux fois il retourna dans les Pays-Bas, d'abord comme officier au service de Maurice de Nassau, plus tard en 1647 comme envoyé extraordinaire. Odet de La Noue a composé quelques belles poésies chrétiennes, admirées par l'abbé Goujet. — Voir sur François et Odet de La Noue, les articles de la France protestante ; sur François, la biographie par Amyraut, les Etudes littéraires d'A. Sayous, le livre de M'"^ Vincens, les Discours politiques et militaires, souvent réimprimés depuis 1587, la correspondance publiée par Kervyn de Volkœrsbeke, Gand, 1854. Ed. Sayous.
. LAO (André), a Cruce^ carmélite, professeur de théologie à Padoue, puis maître de théologie, membre de la congrégation des Rites et vicaire général apostolique de son ordre, fut l'un des plus puissants et des plus savants soutiens de la papauté au dix-septième siècle dans ses luttes contre le pouvoir civil et Tautorité des évêques réunis en concile. Après avoir écrit un traité de dogmatique de peu d'importance, intitulé : Disputationes Uieologicœ ad D. Thomam et De conscientia, il se rendit célèbre et presque populaire
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parmi le clergé romain par son Brevis de swnmo potuifice trackUus^ ex sacris conciliis, sanctis pcuribm prxserttm D, Aitgxistino ac 0. Thoma^ 'eimque angelica doctrinal prxcipue contra sec4arios^ per F, A. Lao^ 2* éd., RomsB, 1668. Une première édition de ce Tractatus avait été publiée à Gènes en 1656, sans le consentement de l'auteur et avec une intention secrète que Tauteur lui-même ne put découvrir ; la seconde édition que nous citons est dépouillée de toutes les erreurs que la fraude de la première y avait introduites. A. Lao dépasse dans ses opinions romaines le concile de Trente et traite avec une préférence très marquée le chap. m de son traité : De indefectibUi Romani pontificis aucihoritale « ad veriiates fideij religionis, ac morum populi christiani definiendas. » N*est-ce pas la formule de rinfaillibilité décrétée par le concile de 1870? A la demande : An S. Pontifex possit destruere religionem (ordre religieux) particiUarem riu a s. sede apostolica adprobatum^ il répond affirmativement comme aussi au sujet des droits du pape sur les biens enlevés au clergé monastique en Angleterre et en Allemagne. En outre le pape a le droit suprême de commander aux souverains sous peine d'excommunication, de faire cesser les guerres ou d'en entreprendre de nouvelles seulement dans le but d'exterminer les hérétiques et les Turcs. Le pape est un prince temporel et spirituel supérieur à toutes les puissances humaines naturelles,' car la sienne est surnaturelle (voyez le Tractatus cité). P. Long.
LAO-TSED. Voyez Orient (Religions de l'Extrême).
LAODIGEE. Il n'existe pas moins de cinq villes épîscopales de ce nom : 1° Laodicée (AaoSiyEia ; Laodicea, Laodicex ad Lycum ou super Lycu), ville métropolitaine de la Phrygie Pacatienne, située dans le diocèse d'Asie. Une communauté chrétienne s'y était fondée, probablement à l'époque du voyage de saint Paul en Phrygie et en Galatie (Apoc, I, 11 ; III, 14). L'apôtre des gentils lui adressa une lettre qui est perdue(Gol. lY, 16). Laodicée, située dans le voisinage de Golones et d'Hiérapolis (Col. lY, 13.15), était une ville de commerce florissante (Strabon, 12, 578), sur les bords du Lycus. Son nom (anciennement Diospolis, puis Rhoas) lui fut donné en l'honneur de Laodicée, épouse du roi de Syrie Antiochus II. En l'an 66 après J.-G., elle périt, avec Uiérapolis et Golones, par suite d'un tremblement de terre (Tacite, Annales, 14, 27) ; mais elle fut rebâtie déjà sous Marc-Aurèle. On connaît vingt-cinq évêques de cette ville ; le premier est Archippus, que saint Paul appelle le compagnon de son ministère. — 2" Laodicée {Laodicea ad mare), ville épiscopale de la province Théodoriade, érigée vers le milieu du sixième siècle, par l'empereur Justinien, en l'honneur de sa femme Théodora. Auparavant Laodicée était un évêché de la première Syrie, et elle ne fut mise au nombre des métro* pôles que par Septime Sévère. Elle a eu dix-sept évêques, dont le premier est le même, selon Dorothée de Tyr, que Lucius, mentionné par saint Paul, Rom. XYI, 21. — 3'' Laodicée (Laodicea Cabiosa ou ad Libanum), ville épiscopale de la deuxième Phénicie, situé au diocèse d'Antioche, sous la métropole de Damas. On en connaît trois évêques.
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— A" Laodicée [Laodicen Conihnsta ou Exvsta), ville épiscopale de la Pisidie, situé3 au diocèse d'Asie, sous la métropole d'Antioche. Elle a eu quatre évoques. On y a tenu, au quatrième siècle (entre 343 et 381), un concile auquel assistèrent trente-deux évoques. On y agita surtout des questions disciplinaires. Le soixantième canon de ce concile est célèbre, parce qu'il contient le dénombrement des livres canoniques de TAncien et du Nouveau Testament, et que les livres apocryphes n y figurent pas (voyez Hardouin, CoUect. conc.,!; Mansi,II; vanEspen, Comment, in canones et décréta juris veteris ac novi, col., 1754 ; Hefele, Conciliengesch., I, 721 ss.). — S*» Laodicée de Syrie, dans laquelle Godefroi de Bouillon établit un évèché latin (1136), qui compta neuf évêques. Ce fut la seule^ville dépendante d'Antioche qui, au temps des croisades, demeura au pouvoir des empereurs grecs.
LA!OiS{Lugdunum Clavalum, Laudunum), évôché suffragant de Reims, institué, d'après Flodoard, par saint Rémi, et dont le premier évêque fut saint Génébaud (499-550), héros d'une singulière histoire, et qui eut pour successeur son fils Latro. Gagnoald (saint Gagnou), f 633, frère de saint Faron de Mèaux et de sainte Fare, d'abord moine à Luxeuil sous Golomban, fut enterré à Saint-Vincent, et relevé en 1 196. Hincmar (857-876), neveu par sa mère de l'archevêque de Reims, célèbre par l'hostilité de son oncle et par ses malheurs, traîné devant plusieurs conciles, fut condamné au concile de Douzy(871) et eut les yeux crevés (voyez les Annales de Saint-Bertin ou d'Hincmar de Reims; Œuvres d'Hincmar, éd. Sirmônd ; Hincm. Laudun, Opp,, Migne, GXXIV ; Hefele, Conciles, ÎV ; Hist. Litt. Fr., V ; cf. v. Noorden, Hinhnar v. Rheims, Bonn, 1863, et la Vie d'H. de Laon, par le P. Cellot, dans Labbe, VHI et Mansi, XVI); Hincmar de Laon mourut vers 880, tardivement pardonné. Laon, évôché-pairie, est illustre par sa cathédrale, dédiée à Notre-Dame (Ed. Fleury, Cinquante ans de i'hisi. du Chap, N.-D. de Laon., 1541-1594, Laon, 1875), et parles abbayes de Saint-Vincent, création de Brunehaut (Dom Wyard, Hist. de S. Vinc, éd. Gardon et Matthieu, 2 vol., Saint-Quentin, 1858), de Saint-Jean, fondée vers 650 par sainte Salaberge, de saint Martin hors les murs, fille de Prémontré (1124 ; voyez Gomart,iVof. siir S. M. de L., L., 1870). Supprimé en 1801, l'évêché a été réuni en 1828 à celui de Soissons. — Voyez GalUachr,, X; Fisquet, Soissons et Laon; N. Lelong, Hiàt. du dioc. de L., Ghâlons, 1783, in-4»; Marion, LaCath.deL,,P., 1843; Demarsy, Arm. desév. de L,, P., 1865. S. Berger.
LAPIDATION (chez les Hébreux). La loi mosaïque appliquait ce genre de peine de mort : l^' A tous ceux qui avaient gravement insulté à la majesté de Jéhova, c'est-à-dire aux idolâtres (Lév. XX, 2 ; Deut. XVII, 2 ss.), aux sacrilèges (Lév. XXIV. 10 ss. ; 1 Rois XXI, 10 ss. ; Actes VI, 13; VII, 36 ss.), aux profanateurs du sabbat (Nombr. XV, 32 ss.), aux faux prophètes (Deut. XIII, 1 ss. ; XVIII, 20), aux devins et aux augures (Lév. XX, 27) ; 2? aux fils notoirement et obstinément rebelles contre leurs parents (Deut. XXI, 18 ss.) ; 3"* aux fiancées dont la virginité avait été déflorée (Deut. XXII, 20 ss.), ainsi qu'à leurs séducteurs (v. 23 ss.). Les talmudistes {Mifchna Sanhedr.