LAPONIE
minante, les Lapons finirent par croire que TEglise excluait les pauvres du royaume des cieux. On les vit se confesser à leurs dieux avant de demander l'absolution du prêtre, en invoquant Tappui du dieu le plus fort, faire rebaptiser, selon les antiques rites, les enfants baptisés à Téglise et considérer les hosties, qu'ils se gardaient bien d'avaler, comme des amulettes, dont ils se servaient pour se procurer une pêche, une chasse abondante. Du reste l'ivrognerie, vice importé d'Europe, fit chez eux d'affreux ravages, et l'on vit des prêtres indignes ouvrir à la porte des églises des débits de boissons. — L'Eglise luthérienne de Danemark songea de bonne heure au salut des malheureux Lapons, dont le nombre ne s'élevait pas à plus de quinze mille âmes. L'évêquede Drontheim, Eric Bredhal, entreprit dès 1658 une mission en Laponie, mais plusieurs de ses compagnons périrent victimes de leur zèle et du fanatisme des habitants. Le doyen Paus encouragea, en 1703, le maître d'école Isaac Olseii à continuer cette œuvre et celui-ci travailla avec zèle pendant quatorze ans à la conversion de ces populations déshéritées. On ne saurait se représenter ses souffrances physiques et morales, les privations et les mauvais traitements qu'il eut à subir. Le pieux roi Frédéric IV de Danemark imprima à l'œuvre des missions en Laponie une impulsion décisive, et trouva un instrument béni de ses desseins dans le fidèle pasteur Thomas de Westen, que les Lapons reconnaissants appellent encore « le lecteur, qui aimait les Lapons » (voir Th, de Westen), Né à Drontheim en 1682, parvenu, après une enfance pleine de privations, qui l'aguerrissaient pour son œuvre si difficile, au poste de pasteur, il accepta dès 1716 les fonctions de directeur de la mission nouvelle, fonda en 1717 un 'séminaire, et consacra sa courte vie, terminée en 1726, à de nombreux voyages missionnaires. On le vit pénétrer jusque dans les régions' les plus sauvages, chez les Lapons de Overhalden, population de 283 âmes, qui n'était jamais descendue dans la vallée et dont les pasteurs établis au pied de la montagne ne connaissaient même pas le nom. Il sut par le noble exemple de son dévouement, grouper autour de lui des collaborateurs zélés : Bistock, Elias Hait* berg, Martin Lund, Rachlew, qui se fixa à Porsanger, traduisit ea finnois le catéchisme de Luther et publia .une grammaire et un lexique de cette langue, que Kund Leem professa au séminaire de Drontheim. La Bible avait déjà été traduite quelques années auparavant. En 1825, le pasteur Stockfleth donna à la mission dirigée par les frères moraves, une impulsion nouvelle en adressant au pays un appel plein de fjBU et de foi et mena pendant plusieurs années la vie nomade des Lapons. Il releva les écoles fondées en 1722 par les missionnaires Normann et Meldal, publia en langue finnoise des ouvrages d'édification et chercha à organiser les paroisses d'une manière durable. Malgré tant d'efforts, le paganisme persista encore dans les régions les plus reculées et l'on a vu, en 1864, une jeune paysanne laponne entreprendre un périlleux voyage pour faire connaître au roi de Danemark les besoins religieux du pays (Hagenbach, Varies, ûber D. Kirchengesch., YII, 655). Dès 1865, grâce à l'initiative