‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 161 sur 170 · LAPONIE — LA POPELINIÈRE · texte numérisé non relu

LAPONIE — LA POPELINIÈRE

du pasteur réformé Roehrich, deux asiles furent fondés pour les pauvres Lapons; ce furent les fruits bénis delà démarche courageuse de l'humble paysanne, Marie Madeleine Màrsdotter.. — Sources : Herzog, Rcal-Enc, IX, X, XIX, 10; Rudelbach, Die Finnisch-Lappische Mission bis 1726, dans Albert Knapp, Chrisloterpe, 1833, p. 299 ss.; Uœgsivœm, Bnschreibung von Lapplandj 1748; Piper, DieZeugender Wahrheit, IV, 625. A. Paumier.

LA POP£LINIÉB£ (Lancelot Voisin, sieur de), Tun des meilleurs historiens du seizième siècle, était né à La Popelinière-de-Sainte- Gemme-La*Plaine (arrond. de Fontenay, Vendée), en 1541, et servit la Réforme de son épée avant de la servir de sa plume. Il étudiait à Toulouse, en 1562, lorsqu'y arriva la nouvelle des massacres de Vassy, Cahors, Garcassonne, etc., etc. Aussitôt les prêtres rassemblèrent des armes pour se jeter sur les protestants; mais ceux-ci ne leur en donnèrent pas le temps, et se saisirent de Thôtel-de-ville, des collèges de Saint-Martial, Sainte-Catherine et du Périgord, avec Taide des étudiants qui étaient pour la plupart partisans des nouvelles croyances. L'une des quatre compagnies formées par ces jeunes gens était commandée par La Popelinière. S'étant ensuite tenus sur la défensive, les protestants furent obligés de capituler après avoir fait des prodiges de valeur, et à peine sortis de la ville, ils furent massacrés presque tous, au mépris de la foi jurée. Il est vrai que ceux d'entre eux qui n'avaient pas pris les armes eurent le même sort, et que c'est par eux que l'on commença. La Popelinière combattit ensuite sous les ordres de La Noue. Les catholiques s'étant emparés de l'île de Ré, La Popelinière la leur enleva par un hardi coup de main, moins de vingt-quatre heures après. On lui conûa la garde de l'importante place de Mouvans, que la lâcheté de la garnison l'obligea d'évacuer quand Mayenne parut sous ses murs. Il acquit, dans sa courte carrière mili- ' taire, le renom d'un capitaine aussi prudent que brave. II écrivît ensuite La vraie et entière histoire des derniers troubles advenus tant en France qu'en Flandre et pays circonvoisins depuis ioQHjusquen 1570, ouvrage dont le succès fut tel qu'il dut le compléter, en reprenant le fil des événements à partir de 1562. LHûtoire de France^ enrichie des plus notables occurences survenues ès-provinces de VEurape et pays voisins, soit en paix, soit en guerre, tant pour le fait séculier qu'ecclésiastique depuis i^O jusqu'en 1577 (la Rochelle, 1581, 2 vol. in-f»), eut le même succès et fut contrefaite, aussi bien que les ouvrages précédents par Jean Le Frère de Laval, principal du collège de Bayeux à Paris, et Paul-Emile Piguerre, conseiller au Mans, qui les .transformèrent en pamphlets remplis de toutes les violences jésuitiques. Le roi de Navarre porta plainte au consistoire de La Rochelle contre le trop véridique historien qui ne l'avait pas assez ménagé, et le synode national, tenu en cette ville en 1681, eut la faiblesse de condamner le livre et d'en excommunier l'auteur. La Popelinière continua cependant ses travaux historiques, et paraît avoir suivi Henri IV, comme historiographe, dans la campagne de 1601. Le roi qui avait acheté l'un après l'autre les chefs de la Ligue, au prix de tant de millions, ne sut

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trouver quelques milliers de francs pour empêcher de mourir de faim l'intègre citoyen qui* avait toujours été du parti de la France. « Le seigneur de La Popelinière, gentil personnage, écrivait TEstoile, et lequel à mon gré a mieux décrit les troubles et guerres civiles de notre France pour la religion, mourut en ce temps (1608) à Paris, d'une maladie assez ordinaire aux hommes de lettres et vertueux comme il rétait, à savoir : de misère et de nécessité. » -r « J'entends avec une grande honte de notre siècle, avait déjà dit Montaigne, qu'à notre vue deux très excellents personnages en savoir, sont morts en état de n'avoir pas leur saoul à manger, Lilius Gregorius Giraldus en Italie, et Sebastianus Castalio en Allemagne. » La Popelinière fut enterré par Dumoulin dans le cimetière Saint-Germain (voyez art. La Paye), — - Voir Aymon, 1, 151 ; La France prot. ; Bullet. de Ihist, du prot, Z"*-., III, 450; XII, 251 ; Niceron, Mém., XXXIX, 380; La Croix du Maine, Biblioih, franc, 0. Douen.

LA PRIMAnDATE, dit la Barrée (Pierre de), membre d'une nombreuse famille d'Angevins protestants, écrivain distingué de la fin du seizième siècle. Il était, en 1580, gentilhomme de la chambre de Monsieur, et a laissé plusieurs ouvrages qui ne méritaient pas l'oubli dans lequel ils sont tombés : Académie française^ divisée en dix-huit journées,,,, traitant,., de l- institution des mœurs, et de ce qui concerne Ubien et heureusement vivre en tous états et conditionSj par les préceptes de la doctrine et les exemples de la vie des anciens sages et hommes illustres (Paris, 1577, in-f»), dédiée au roi, et Suite de VAcadémie. etc. (Paris, 1580, in-f^), dans lesquels sont résuméâ^toutes les connaissances philosophiques et physiologiques de son temps. La Primaudaye fit ensuite un travail analogue sur les matières religieuses et publia : La philosophie chrétienne de l'Académie française, des vrais et seuls moyens de la vie bienheureuse (Paris, 1598, in-12), ouvrage signé : De la Primaudaye, conseiller et maître d'hôtel du roi. €et écrivain était une sorte de Montaigne non. sceptique, mais pieux. Voici un passage de la Suite de V Académie, extrait de l'exemplaire de 1591 qui est à la bibliothèque nationale : « Qu'amour est désir de beauté, et que la beauté tire l'amour c'est chose que les plus ignorants ont bien CQnnue. Même quelques doctes païens ont enseigné que ce qui avoit induit Dieu de créer le monde, mais aussi à le créer beau, et de si belle forme en toutes ses parties, avait été amour. Aussi le nom duquel il est nommé rend témoignage de sa beauté. Car monde signifie autrement comme qui diroit ornement beau, et bien orné. Puis donc que Dieu l'a créé et formé par amour, il n'y a point de doute qu'amour ne soit répandue par tout le monde et qu'elle ne soit toujours attirée par la beauté, afin qu'elle soit conforme et semblable à la fontaine dont elle est sortie. D'autre part, toute beauté est comme un ray de cette beauté infinie et divine qui est en Dieu... Et l'amour qui a induit Dieu tout^puissant à la création de toutes choses est procédée de la bonté d'icelui. » Voir La France prot.

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