JACQUES — JACQUES DE NISIBE
Mais ne peut-on pas supposer qu'il s'est servi d'un interprète ou d'un secrétaire qui aura rédigé la lettre dans la forme sous laquelle nous, la possédons. Sans doute c'est une hypothèse que nous venons de développer. Mais dans l'absence de tout renseignement historique; que peut faire la critique que de chercher l'hypothèse qui explique le mieuxle caractère et les particularités d'un écrit comme celui-ci?On en fait d'autres, mais qui viennent se briser contre quelque fait bien constaté. Certains critiques, comme Thiersch, SchneckenburgePj Néander, Hofmann, Iluther, Bunsen, Weiss la font remonter à une vingtaine d'années plus haut, avant la conférence de Jérusalem et la tiennent pour le plus ancien écrit du Nouveau Testament. Mais cette opinion se heurte au fait littéraire que nous avons signalé, de la relation et de la dépendance de notre épître à Tégard de celles de saint Paul. D'un autre côté plusieurs autres savants la font descendre .trente ans plus tard jusque sous le règne de Domitien. Hilgenfeld, Zeller la croient postérieure à l'Apocalypse, .y signalent des traces d'idées esséniennes et orphiques {III, 6) et expliquent parce qui se passait à Rome sous les derniers Flaviens le chapitre V. Dans cette hypothèse, tout se brouille, tout se confond. Notre épître perd tout caractère particulier et original pour devenir une simple amplification morale sans lien avec aucun milieu historique. Voilà pourquoi jious écartons ces deux hypothèses extrêmes pour la maintenir dans l'époque et dans le cercle historique où seulement elle peut s'expliquer d'elle-même. — Littérature: Introductions critiques générales au N. T. (art. Isagogique) ; Commentaires généraux sur tous les livres du N. T. de deWctte, Meyer, Bunsen, Hofmann; Bible de Ed. Reuss, etc.; Théologies bibliques du N. T., de Schmidt, Baur, B. Weiss, Immer (1878) ; Hist, de la théoL apostoL, de Reuss, etc. ; C. C. Storr, Diss, exegeL in ep. /aco^i, Tiib., 1784; G. Rosenmiiller, Der Brief Jacob, iibers. und er/a?u/.,L., 1787; Herder, Briefe zweener Brader Jesu, L., 1775; SchneckenbuFger, Annotatio ad, ep, Jac, Stuttg., 1832; P. H. Kern, Der Brief Jacobi unlers, und erkL, Tiib., 1838; J. Cellérier, Etude et comnKntaire sur Vépîire de S, Jacq,, Gen., 1850; A. Néander, Explicat: prat. de Vép, de S. /., traduit par Monod, Paris, 1851; H. Bouman, Çomni, perpétuas in Jac, epist., Traj., 1865; A. Boon, De Jac, Epistoi, cum Siracidx libro convenientia, Gron., 1860; Gaup, Ueber den Leserkreis des B, Jacob,, Br., 1861; Renan, V Antéchrist^ Paris, 1875; Holzmann, Bibel'lexicon von Schenkel, 1871, etc. A. Sabatier.
JACQUES DE NISIBE (Saint), surnommé le Grand, né à Nisibc, sur la frontière de Perse, mort vers 350. II menait depuis longtemps la vie d'ascète lorsqu'il fut appelé au siège épis*copal de Nisibe. Il n'en continua pas moins ses excessives austérités, eut à souffrir de la perses cution de Dioclétien, assista au concile de Nîcée(3â5) et à celi(i d'Antioche (3il) et, lors du siège de Nisibe par Sapor II, roi de Perse, encouragea par sa fermeté les habitants, à la résistance. On ignore l'époque exacte de sa mort ; on sait seulement qu'elie.eut lieu sous le règne de l'empereur Constance. Telle est la vie de ce personnage, dégagée du tissu de faits incroyables dont les écrivains légen-