‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 23 sur 170 · JACQUES I" — JACQUES II · texte numérisé non relu

JACQUES I" — JACQUES II

Buckingham. Les puritains, persécutés à outrance, se réfugièrent en 1620 en Amérique ; les pères pèlerins y jetèrent les premières assises de la grande république des Etats-Unis. Les dernières années de ce triste règne, qui se termina le 8 avril 1625, furent remplies par les négociations pour le mariage espagnol, par le mariage du prince de Galles avec Henriette de France, 12 décembre 1624, et par des luttes avec le parlement, qui faisaient déjà présager les agitations de la révolution. Les œuvres du roi ont été publiées par Tévèque Montacuti, à Londres en 1619; l'édition la plus complète est celle de 1689. On y trouve aussi" Tht book of sports dirigé .contre le sabbatisme écossais; une paraphrase de TApocalypse, où le pape est traité durement; un ouvrage sur Tabus du tabac. — Sources : Outre les histoires générales de Rapin Thoyras, Lingard, Hume, A. Wilsons, History of Great Britain being tlie life and reign of khig James, London, 1653; G. Weber, Zur Geschichlt des ReformationszeilaUerSy Leipzig, 1874, IL

A. Paumier.

JACQUES H. Le règne de Jacques l*' avait causé les malheurs de Charles I"; le despotisme de Jacques II a fait perdre aux Stuarts la couronne d'Angleterre. Jacques II, troisième fils de l'infortuné Charles I", reçut à sa naissance (24 octobre 1633) le titre de duc d'York. Tombé en 1646 au pouvoir des troupes de Fairfax et enfermé avec son frère Henri et sa sœur Elisabeth dans le palais de Saint- James, il réussit en avril 1648 à échapper à ses geôliers, se retira auprès de sa mère Henriette à Paris et ser\it sous Turenne dans les armées françaises; où il se fit remarquer par son intrépidité et atteignit bientôt un grade élevé. Pénétré d'une admiration profonde pour le grand roi et gagné à ses idées de pouvoir absolu et de dévotion à la cour de Rome, il préparait une descente en Angleterre quand s'accomplit la restauration. Nommé en 1662 grand amiral, il se signala par son courage dans le combat naval de Solebay (1664), et se rattacha en secret dès 1668 à l'Eglise romaine. Profondément corrompu dans ses mœurs, étroit et obstiné dans ses idées, implacable à l'égard de ses adversaires, ennemi juré des libertés de son pays, il fit preuve pendant sa vice-royauté en Ecosse de la plus grande cruauté à l'égard des Covenantaires. En 1670 il gagna sa femme, Anna Hyde, à sa foi nouvelle sans oser s'opposer à l'éducation protestante de ses deux filles Marie et Anne, qui régnèrent toutes deux après lui et qui épousèrent, l'aînée Guillaume, prince d'Orange, et la seconde le prince de Danemark. Après avoir perdu en 1672 toutes ses dignités lors de la publication de l'acte du Test, le duc d'York, marié en setondes noces à Marie de Modène, sut regagner la faveur de son frère et lui succéda sans opposition en 1685 h l'âge de cinquante-deux ans. Au début de son règne les tories et l'Eglise anglicane, qui professaient sans réserve le dogme du droit divin des rois et le devoir de l'obéissance passive, les universités ardentes dans leur loyalisme, le parlement, instrument docile de ses volontés, lui prodiguèrent les témoignages enthousiastes Vie leur fidélité ; mais il mit bientôt tout en œuvre pour détruire le respect et la confiance dans le cœur de ses

sujets. Il célébra publiquement la messe dans son palais, fit infliger la torture à Oatès et Dangerfield, les deux derniers témoins survi- Yants contre le complot catholique, et noua des relations étroites avec la cour de Versailles, par l'intermédiaire de Tintrigant John Churchill, frère de Tune de ses maîtresses et si célèbre plus tard sous le nom de Malborough. Plus tard il accueillit avec admiration la nouvelle de la révocation de Tédit de Nantes, et ses dragons, sous les ordres du sauvage Graham de Claverhouse, dépassèrent à Tégard des covenantaires d'Ecosse les cruautés des missionnaires bottés du grand roi. Au mois de juillet de cette même année 1685, les mécontents prirent les armes en Ecosse et en Angleterre. Deux expéditions, parties presque en même temps des côtes de Hollande, sous les ordres du duc d'Argyle et du duc de Mommouth, fils naturel de Charles II, eurent le même sort. Argyle périt sur Téchafaud à Edimboui^; Mommouth, proclamé roi à Taunton, se vit enfermé à la Tour après avoir perdu la bataille de Sedgmoor, près de Bristol, et subit le dernier supplice. Sir Jeffreys, grand juge d'Angleterre, l'un des plus affreux scélérats dont parle l'histoire, promena dans les provinces révoltées ses assises sanglantes, dont Macaulay a tracé une peinture saisissante. Les ambassadeurs étrangers pâlirent en entendant le roi raconter ces forfaits, plus froid; disait Churchill, que le marbre de sa cheminée. Le roi, la reine, les courtisans s'enrichirent à l'envi avec les dépouilles des proscrits. Arrivé dans l'automne de 1685, à l'apogée de son éphémère puissance, Jacques II s'appuya sur une camarilla de gens indignes, dont l'apostat Sunderland, l'infâme Jeffreys et le jésuite Petrc étaient les chefs. Il résolut de recourir aux quakers et aux dissidents pour renverser l'Eglise anglicane et gagna un moment à ses idées William Penn, séduit par un masque de tolérance qui cachait les plus noirs desseins. Infatué de sa prérogative, il considérait comme faciles et réalisables les plans les plus téméraires, et il alla si loin que les cardinaux en vinrent à répéter qu'il faudrait frapper d'excommunication un roi assez aveugle pour détruire par sa folie les faibles restes du catholicisme en Angleterre. Convaincu de la puissance de l'exemple, Jacques II mit tout en œuvre pour gagner au catholicisme les hommes les plus éminents, permit à l'ambassadeur de rélecteur palatin d'ouvrir une chapelle catholique à Londres, et laissa les moines couvrir l'Angleterre de couvents. S'il n'osa pas persécuter ouvertement les réfugiés protestants, il fit brûler par le bourreau un livre de Claude et suspendit le parlement de 1685 pour avoir osé refuser d'abolir la loi du Test. Il fit juger et suspendre par une haute commission ecclésiastique l'évêque de Londres, Crompton, un des chefs de la résistance. Une armée de treize mille hommes campée à Hounslow avait pour but de tenir le peuple en respect, mais l'agitation protestante prit bientôt des proportions formidables malgré les châtiments infligés à de fidèles témoins de la vérité. En Ecosse le roi ne f(it pas plus heureux et vit ses projets entravés par le sentiment protestant si vivace dans ce royaume. Clarendon refusa de jouer en Irlande le rôle odieux de destructeur des libertés évangé

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liques et se relira devant Tyrconnel qui, animé des passions de la race celtique contre ses vainqueurs, chercha à détruire le pouvoir des nombreux colons protestants. Rochester sui\it bientôt son frère Clarendon dans la retraite et, à partir de 1687, Jacques 11, abritant ses desseins sous le voile de la tolérance religieuse, travailla ouvertement à ranger TAngleterre sous Tautorité du saint-siège, auquel il avait envoyé une ambassade au mépris des lois du royaume. En 4687, le 17 février, il fit publier à Edimbourg le bill d'indulgence, en vertu duquel tous les partis, sauf les covenantaires, avaient accès aux emplois civils et militaires. En juillet il reçut en grande pompe le nonce à Whitehall, et fit même dans son aveuglement sonder les intentions de son gendre, Guillaume d'Orange. La résistance prit dès lors le caractère d'une révolution. Les universités ne voulurent pas donner des grades aux catholiques, les évêques refusèrent de faire lire Tacte d'indulgence dans les églises, et furent conduits le 8 juin 1088 à la Tour, au milieu des acclamations de la foule, qui voyait en eux des martyrs. Appelé par les vœux de toute TAngleterre, Guillaume mit à la voile le 1*' novembre, portant sur son vaisseau amiral un drapeau avec cette devise : Les libertés de l'Angleterre et la religion protestante. Jacques II reconnut trop tard le péril et fit inutilement des concessions auxquelles on ne croyait plus. Trahi, abandonné de tous, arrêté dans sa fuite, il trouva enfin un refuge à Saint-Germain auprès de Louis XIV, qui Taccueillit avec respect. En le voyant, lar^ chevôque de Reims dit à son entourage : « Voici un brave homme qui a perdu trois royaumes pour une messe. » La défaite de la Boync en Irlande anéantit d'un coup ses dernières espérances, et, jusqu'à sa mort (16 septembre 1701) il vécut dans une retraite pieuse et auslère. — Sources : Macaulay, History of England from the accession of James II; J.-S. Glarke, History of the reign of James II y London, 1816,

2 vol. in-4^ A. Palmier.

JAHEL (làél; 'laïqX), femme d'Haber ou Heber, le Cinéen, qui,

poussée par son patriotisme aveugle, assassina Sisara, le général des troupes de Jabin, roi d'Asor, qui s'était réfugié dans sa tente, en lui enfQuçant un clou dans la tempe (Juges IV, 17 ss. ; cf. V, 6.24), au mépris des lois de l'hospitalité, doublement sévères lorsqu'il s'agissait d'une tente de femme ou harem (Pococke, Morgenland, II, 5).

JAHN (Jean), théologien catholique, né à Taswitz, en Moravie, l'an 1750, mort à Vienne en 1816, orientaliste et exégète distingué. Il professa à Bruck d'abord, à Vienne ensuite, les langues orientales, l'archéologie et l'herméneutique biblique, la dogmatique. Dénoncé pour la hardiesse de ses opinions critiques, il dut échanger sa chaire de professeur contre un canonicat à l'église de Saint-Etienne. Outre de bons ouvrages de lexicographie et de grammaire, et des articles insérés dans les Archives théologiques dcBengel, Jahn a laissé : 1** Introduction aux saintes Ecritures de l'Ancien Testament, Vienne, 1793, 2 vol.; 2" éd., 1802-1803, 4 vol.; Archéologie biblique, 1797-1805; 2« éd., 1817-1825, 5 vol.; 3"» Bibiia hebraïca, 1806, 4 vol. in-8°; 4» /ntroductio in libros sacros Yeteris Fœieris in compendium redacta, 1804;

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